Avertir le modérateur

20/04/2007

Un Autre Monde Est Non Seulement Possible, Mais D'ores Et Déjà Disponible, En Divers Coloris, Pour La (Très) Modique Somme De Quelques Dizaines De Milliers D'Euros

medium_JFKdaniel.jpg

Cette semaine, dans "Le Nouvel Observateur", le taulier, Jean Daniel (à gauche sur la photo), fait, aux pages 43 et 44, cet aveu courageux: il "souhaite (...) une victoire de Ségolène Royal".

Il en profite pour exhorter ce qu'il appelle très sérieusement la "gauche" à "faire le choix stratégique d'assumer les heureuses réformes - le retour de la "rigueur" - auxquelles l'avait conduit(e) en 1983 le plus élémentaire réalisme européen et financier".

On voit par là que Jean Daniel est parfaitement cohérent: étant de "gauche", certes, mais de droite (comme dans une chanson de l'ami Fred Alpi), c'est très logiquement qu'il appelle à voter pour la dame aux caméras.

Au reste, son vieux complice Jacques Julliard fait de son côté, aux pages 44 et 45, cette (courageuse itou) confession: il votera "dès le premier tour Ségolène Royal, sans arrière-pensées!"

On aurait toutefois (grand) tort de considérer "Le Nouvel Observateur" sous le seul angle de la soumission absolue de ses chefs aux sévères mais justes lois du "réalisme financier": on y trouve aussi l'expression d'une sensibilité plus radicalement altermondialiste.

Ainsi, dans le numéro de cette semaine, à la page 32, un certain Olivier Péretié signe un long papier subversif, dont le titre a d'ailleurs d'incontestables allures de slogan zapatiste: "Freelander 2: le songe d'une liberté".

Alors vous allez me dire: "C'est quoi, Freelander 2?"

Ben c'est tout simple: il s'agit d'un "module terrestre" qui "permet de quitter sans préavis le monde balisé et le ruban tracé".

Nous dit Olive Péretié.

Moi j'appelle ça un 4x4 - mais je reconnais bien volontiers que "module terrestre (qui) permet de quitter sans préavis le monde balisé" a tout de suite plus de gueule.

Mais bon: c'est quand même un 4x4, et ce 4x4, Olive ne l'a pas essayé sur le parking pérave d'un "Lidl" de banlieue, mais "au Maroc, au sud d'Essaouira".

(Le mec est donc, semblerait-il, un gros aventurier.)

Et le moins qu'on puisse dire est qu'il a aimé.

Vachement.

Oh, bien sûr, le Freelander n'est pas complètement parfait: sa "robe" est "un peu trop sobre, en tout cas moins baroudeuse que la version précédente".

Et c'est vrai que pour un aventurier de la trempe d'Indiana Péretié, ça doit être un peu chiant - mais pour le reste de l'humanité, franchement, est-ce que c'est vraiment gênant?

Je ne crois pas.

Et je le crois d'autant moins, que le module, nonobstant cette faiblesse de robe, est follement excitant - jugez plutôt.

Le Freelander développe "une stupéfiante aptitude à réduire à néant les entraves de toute sorte".

Le Freelander est "un moyen de transport dans tous les sens du terme".

Le Freelander, "sur la route", est "sûr et confortable".

(Avec c'est vrai une "tendance au roulis", s'il est "forcé dans les lacets serrés" - mais en dehors de quelques rudes aventuriers type Crocodile Dundee, qui aurait la témérité de "forcer" un 4x4 dans des "lacets serrés"?)

Le Freelander offre un "habitacle tout à fait convivial, un rien snob", mais un rien seulement, et "presque luxueux".

Le Freelander "permet", nous l'avons déjà souligné, mais bissons, "de quitter sans préavis le monde balisé et le ruban tracé".

(Je veux dire, Lucien, que tu vas grave te la donner dans les nids de poule de l'avenue Rapp et les collines (sauvages) du Lubéron.)

Le Freelander, tenez-vous bien, c'est là que ça devient franchement fabuleux, "sait répondre à une envie subite d'évasion comme à un irrépressible besoin de liberté".

(Le Freelander, vous l'aurez compris, est un module terrestre d'extrême gauche.)

Le Freelander n'en finit jamais de réserver de (très) bonnes surprises, puisque aussi bien "une fois découverte la bonne volonté de sa transmission 4x4 permanente couplée à l'un des quatre programmes d'adaptation au terrain, on n'a jamais fini de repousser l'horizon".

En effet, "outre la position "normale" route et tout terrain facile", le Freelander offre "le choix entre "herbe, gravillons, neige", "boue et ornières" ou "sable"".

De sorte que: "La seule option qui lui manque encore est "escalade de rochers"".

(Mais de toute façon, Lucien, on est bien d'accord que toi, tu n'as pas non plus vraiment l'intention de tenter la face nord des Grandes Jorasses, avec ton 4x4, pas vrai?)

Ah, non, faites excuse, il manque aussi une autre "option": le Freelander ne fait pas "le café" non plus - à la différence de la presque totalité des autres modules terrestres du marché, qui ont un percolateur sous le cendrier.

Mais Olive nous rassure: si le Freelander ne fait pas le café, "c'est sans doute pour rappeler qu'il ne s'agit en aucun cas d'un modèle destiné aux opérations spéciales des SAS".

(Lucien, désolé, vieux: c'est pas encore cette fois-ci que t'iras délivrer nos otages de Kaboul.)

En réalité, Olive nous l'annonce finalement, le Freelander est "juste un chameau moderne pour famille aventurière".

Et plus précisément: "Un chameau moderne qui fait comme les chèvres grimpeuses et toutes les espèces vivantes depuis la nuit des temps, il s'adapte à l'environnement'.

C'est beau comme dans un livre de Joseph Kessel.

Olive Péretié conclut: "Ce Freelander 2, dont le nom signifie liberté, permet de rêver d'un autre monde".

Famille aventurière, si papa est smicard et maman érémiste, je préfère te prévenir que ça va pas le faire tout de suite: l'autre monde façon journaleux halluciné du "Nouvel Obs" coûte quand même "30.500 à 45.500 euros selon versions".

Donc, va falloir économiser un peu avant de céder à vos irrépressibles besoins de liberté, les pauvres.

Que ça vous serve d'ailleurs de leçon: fallait pas claquer vos économies chez "Lidl".

D'ici là, gueusaille, tu peux toujours lire la presse de "gauche": ça te fera un peu rêver.

19/04/2007

La France De Tout De Suite Après

medium_Sarko_VotezLenPenVariatio.9.jpg

Veuillez trouver, ci-après, le récit, en temps réel, des (longues) heures qui ont suivi l'élection de Nicolas Sarkozy.





20:00:00
Sur France 2, Arlette Chabot, directrice de l'information, lâche ce tout premier commentaire: "YESSSS!"

20:00:02
Sur France 2 toujours, Jean-Luc Mélenchon, hagard, apostrophe la directrice de l'information: "De grâce, un peu de pudeur!"

20:00:03
Réponse d'Arlette Chabot: "Alors toi, l'enculé, je te conseille de fermer ta gueule et de te faire touuuuuut petit - si tu vois c'que j'veux dire?"



20:01:00
George W. Bush adresse à Nicolas Sarkozy un long message de félicitations qui se termine par ces mots: "Encore bravo, my couille, tu les as fortement niqués. And now, comme aurait dit Patton, ce vieux motherfucker: "Rendez-vous à Téhéran!""



20:01:24
Les résultats s'affinent: dans les Hauts-de-Seine, à Issy-les-Moulineaux, trente-cinq millions d'électeurs (99,99 % des suffrages exprimés) "ont choisi Nicolas Sarkozy, exactement comme Kravtchenko avait naguère choisi la liberté".

20:01:25
André Santini, maire UMP d'Issy-les-Moulineaux, observe que: "C'est quand même vachement bien, ces machines à voter".

20:01:26
L'envoyé spécial de "Le Parisien" à Issy-les-Moulineaux, rouge de plaisir, écrit dans son petit calepin que "le maire d'Issy-les-Moulineaux est décidément poilant".

20:02:00
La fédé "socialiste" des Hauts-de-Seine dénonce "une fraude effroyable dans les villes équipées de machines à voter".

20:02:45
La police investit le siège de la fédé "socialiste" des Hauts-de-Seine, et trouve les vingt-cinq kilos d'héroïne "pure à 98%" que le commissaire Eugène Simonpaolitchitchi vient de planquer dans les chiottes.

20:06:00
Jugés en comparution immédiate, les responsables du Parti "socialiste" des "Hauts-de-Seine" prennent (très) cher: quinze ans de prison, dont quinze fermes, assortis d'une peine de sûreté de quarante-cinq ans.

20:07:00
André Santini, maire UMP d'Issy-les-Moulineaux, allume un gros cigare et demande: "Alors, puff, puff, elle est où, puff, puff, maintenant, la "fraude effroyable"? Puff, puff?"

20:07:01
L'envoyé spécial de "Le Parisien" à Issy-les-Moulineaux relève que: "André Santini n'a certainement pas fini de nous faire hurler de rire".



20:07:05
Nicolas Sarkozy fait une brève apparition au balcon de l'hôtel Meurice, et lance: "Ich bin ein Berliner!"

20:07:06
Interloqué, François Fillon, ministre de la Réforme de la réforme, se penche vers Nicolas Sarkozy: "Ben pourquoi t'as dit ça?"

20:07:08
Réponse du nouveau Chancelier: "Je sais pas, c'était bizarre, tout d'un coup j'me suis mis à penser en allemand".



20:07:03
Sur France 2, Arlette Chabot interviewe François Bayrou: "Et là, tu fais le moins le fier, hein, bâtard?"



20:07:04
Mamadou Traoré, vétérinaire à Stratford-upon-Avon (UK), en vacances à Paris, regagne son hôtel ★★★★ en sifflotant, charmé par la douceur printanière des soirées montmartroises.

20:07:05
Le commissaire Fulbert Simonpaolitchitchi (frère d'Eugène), qui passait par là dans sa Mercedes banalisée, se rue sur le vétérinaire shakespearien et lui administre, sur le sommet du crâne, dix-huit coups de tonfa en gueulant: "Mais-putain-han-Bamboula-han-t'as-pas-compris-han-qu'cétait-fini-la-loi-de-la-jungle-han?"

20:10:00
Le commissaire Fulbert Simonpaolitchitchi porte plainte contre Mamadou Traoré pour "outrage, rébellion, coups, blessures, et nombre d'autres hideuses provocations".

20:11:00
Dans un communiqué unitaire, les syndicats de policiers dénoncent: "Les conditions de travail exécrables de (leurs) collègues Simonpaolitchitchi harcelés par la vermine ethnico-religieuse, heureusement que tout ça va changer grâce à notre nouveau Chancelier".

20:11:02
Un salarié du quotidien payant du soir "Le Monde Merveilleux Du Chancelier Sarkozy" (ex-"Le Monde") rédige un long papier informatif d'où il ressort, notamment, que: "Le tonfa, c'est quand même le commissaire Fulbert Simonpaolitchitchi qui en parle le mieux".

20:23:00
Mamadou Traoré, toujours inconscient, est jugé en comparution immédiate: le juge Pierre-Louis Bruguière (frère de Jean-Louis) ordonne sa "reconduite à la frontière birmane", et précise: "Mais d'abord, vingt ans de prison."



20:24:00
Silvio Berlusconi*, revenu aux affaires une semaine auparavant à la faveur d'un putsch tranquille, adresse à Nicolas Sarkozy un long télégramme de félicitations qui se termine ainsi: "Leur-as-bien-mis-dans-le-culo-stop-si-tu-veux-stop-t'échange-Thuram-contre-Battisti-stop".

20:25:00
Consulté, le philosophe Alain Finkielkraut, tout juste promu "conseiller du Chancelier pour les affaires africaines et sportives", préconise un refus poli mais ferme: "Il est gentil, le Berlusconi, mais franchement s'il commence à nous envoyer des Bamboulas gauchistes en plus de ceux qu'on a déjà, c'est pas demain qu'on va finir premiers à FIFA 2008".



21:00:00
Le fidèle Planchet, aka Brice Hortefeux, se voit proposer, au terme de longues heures d'une épuisante négociation, "un secrétariat d'Etat au TGV Paris-Colmar, ou la porte et l'exil infâmant".

21:00:01
Ivre de rage, le fidèle Planchet hurle, mais un peu tard, qu'on ne l'y reprendra plus: "J'en ai pas chié pendant vingt ans pour me faire enculer à sec par des ralliés de la vingt-cinquième heure, bordel de merde!"

21:00:02
Réponse de Nicolas Sarkozy: "Donc, la porte, et l'exil infâmant. Ich bin ein Berliner".

21:00:03
Brice Hortefeux, rouge écarlate, se retourne une dernière fois vers le maître qui l'a séduit puis abandonné: "T'as pas fini d'entendre parler de moi!"

21:00:04
Nicolas Sarkozy charge Rachi2dati de faire déposer par le commissaire Eusèbe Simonpaolitchitchi (aîné d'une conséquente fratrie) quelques centaines de grammes de "pure colombienne" dans la salle de bains de Brice Hortefeux.

21:00:05
Se ravisant, Nicolas Sarkozy ajoute: "Puis ça serait bien si "Le Point" faisait un papier un peu complaisant - genre un point de vue inédit sur Brutus Hortefeux, quitte à rééquilibrer les choses plus tard".



21:25:00
Sur la dalle d'Argenteuil, une Française de souche, avisant une grappe de jeunes barbus encapuchonnés d'origine (évidemment) nord-africaine, observe que: "Ca fait moins les mariolles depuis vingt-cinq minutes, hein, la racaille de merde?"

21:25:01
Immédiatement, la dalle d'Argentueil s'embrase.

21:28:00
Le feu gagne: les banlieues flambent.



21:45:03
Brice Hortefeux dépose une bombe dans le bureau où Nicolas Sarkozy doit se réunir à 22.00.00 avec son nouveau ministre des Finances (Patrick Balkany), et son nouveau ministre du Golf (Christian Estrosi).



21:46:00
Le nouveau ministre de la Défense, Donald Rumsfeld, autorise le déploiement dans les banlieues franciliennes de plusieurs compagnies de légionnaires parachutistes.

21:47:00
André Glucksmann et Romain Goupil, sollicités par Jean-Marie Colombani, chef suprême de "Le Monde Merveilleux Du Chancelier Sarkozy" (ex-"Le Monde"), entreprennent la rédaction d'une tribune saluant, je cite, "la joie merveilleuse des populations d'Argenteuil enfin libérées du joug islamo-gauchiste".

21:47:02
Romain Goupil ajoute: "Mon coeur fait boum quand je vois briller dans les yeux des petits nenfants blancs de nos possessions d'Ile-de-France l'espoir d'un temps nouveau".



21:48:00
La bombe de Brice Hortefeux explose, douze minutes avant l'heure prévue, sans faire de victimes: Yves Jego, égratigné par un éclat de plâtre, fait remarquer à Nicolas Sarkozy qu'il n'a "même pas mal".

21:48:01
Nicolas Sarkozy donne un sucre à Yves Jego, pour le récompenser de son indéfectible fidélité.

21:48:02
Nicolas Sarkozy fait une brève allocution: "Les auteurs de ce lâche attentat nous sont connus: suivez mon regard, je me tourne vers La Mecque, et j'irai les buter jusque dans les chiottes. J'aime beaucoup Berlin".

21:48:03
Nicolas Sarkozy charge le commissaire Anatole Simonpaolitchitchi de sa toute première mission officieuse: "Apportez-moi la tête d'Alfredo Hortefeux".

22:00:00
Jean-Louis Bruguière, nouveau ministre de la Menace fantôme (quoique barbue), fait arrêter 900.000 Français musulmans, que les "renseignements fournis par un grand service ami américain" identifient comme des "cousins au troisième degré d'Oussama Ben Laden".

22:00:04
Jean-Louis Bruguière ajoute: "Et à propos de troisième degré, je vous prie de croire que ces bâtards vont pas tarder à se mettre à table".



22:25:03
A Clichy-sous-Bois, le capitaine Crochet, de-la-de-la-vieille-Légion, vétéran des guerres pascalbrucknériennes, progresse, à la tête de la compagnie "Raoul Salan" (ex-"Jean Moulin"), vers le transformateur électrique où se sont réfugiées plusieurs centaines de "moudjahidines lilianthuramistes".

22:26:00
Interviewé en direct par la directrice de l'information de France 2, qui lui demande si "tout se passe bien", le capitaine Crochet répond que: "Oui, bordel, j'adore ça, putain, ça me rappelle Phu Quoc, sans les moustiques!"



22:35:00
A la Chancellerie, Nicolas Sarkozy, littéralement ravagé par d'abominables tics nerveux, va répétant qu'il est un Berlinois.

22:35:05
François Fillon, inquiet, décroche discrètement un téléphone.



22:48:07
Jean-Pierre Elkabbach, extatique, rédige les actes du procès de Serge Halimi.



22:50:00
Quatorze infirmiers s'emparent de Nicolas Sarkozy, et le jettent, camisolé, dans leur ambulance capitonnée.

22:51:00
Plusieurs témoins terrifiés affirmeront avoir "vu passer dans la nuit une grande voiture blanche d'où s'échappait ce cri horrible: "Ich bin eiiiiin...""



23:56:00
Marie-Ségolène Royal, finalement élue Présidente, souhaite un "prompt rétablissement" au "Chancelier Sarkozy", et lance au peuple de France le traditionnel salut inaugural des "socialistes" de gouvernement: "Salarié(e)s de Renault-Vilvorde, allez tous vous faire enculer".



(23:59:00
Sur France Culture, le nouveau philosophe Alain Finkielkraut, ulcéré, crie que ça serait quand même bien qu'on cesse de lui faire un faux procès de type moscovite sur la foi d'un assemblage de citations, un, partielles, et deux, sorties de leur contexte, vu, notamment, que le mot "bamboula" était bien sûr à prendre au second degré: "Il s'agissait bien évidemment d'une amicale boutade, comparable aux joyeuses plaisanteries que nous formulions jadis lorsque, massés au bord des routes où passait le Tour de France, nous chantions vazi-Poupou-montre-nous-tes-feeeeesses".)


* Vous allez me dire que Thuram joue en Espagne, et vous aurez absolument raison, mais bon, Aznar n'a pas de Battisti à échanger - quoique, en cherchant bien du côté d'Euskadi...

18/04/2007

C'Est Comment, L'Etat Policier?

medium_Russia_OMON_Chechnya.jpg

Alors évidemment, ce n'est pas (encore) la Russie de feu Moustache - ni même celle de Poutine.

Mais ce n'est déjà plus tout à fait la sévère mais juste démocratie de notre enfance, où le gueux pouvait tout de même, fût-ce difficilement, exprimer sa détresse.

Jugez plutôt: "Des salariés menacés de licenciement ont été empêchés de se rendre à un meeting du candidat UMP par une "garde à vue en pleine campagne"".

C'est "Le Monde" qui le rapporte ce soir, au bas de sa page 11 - préférant consacrer sa Une à un "zoom sur Disneyland", où l'on apprend que "Disneyland Paris connaît un nouveau départ", et plus précisément que "la dette du parc de loisirs a été rééchelonnée, et le chiffre d'affaires a doublé en quinze ans".

Voilà qui est ravissant - et tellement plus important que la violence faite à des salariés menacés de licenciement.

Les faits: "Vendredi 13 avril, le candidat UMP était en déplacement à Meaux (Seine-et-Marne). Il devait rencontrer des habitants du quartier populaire de Beauval, puis tenir un meeting. A cette occasion, une centaine de salariés des entreprises JDC Imprimerie et LSG-Gate-Gourmet, sous la menace de licenciements massifs, souhaitaient se rendre à Meaux pour interpeller M. Sarkozy".

Sauf que: "C'était sans compter sur un imposant dispositif policier: 320 personnes, dont plus de 200 membres des forces mobiles".

(Par parenthèse, je crois savoir que Nicolas Sarkozy, qui fut certes ministre, n'est plus rien: et je voudrais par conséquent savoir ce qui, hors une trouille abjecte, justifie qu'il soit ainsi entouré, à nos frais, dans ses déplacements campagnards, de centaines de policiers?)

Témoignage de Michèle Guzman, responsable du Parti communiste, qui se trouvait avec les salariés de LSG, dans le bus qui devait les emmener à Meaux: "Une voiture de police nous attendait à la sortie de l'usine. Cinquante mètres plus loin, trois motards nous ont demandé de nous mettre sur le bas-côté".

Le bus n'a été autorisé à repartir que deux heures et demie plus tard...

Même topo exactement chez JDC, où un deuxième bus a été "stoppé dans une petite commune, où des renforts policiers avaient été postés, notamment une compagnie républicaine de sécurité" (CRS).

Témoignage d'un délégué intersyndical: "On a eu le droit pendant deux heures et demie à une garde à vue en pleine campagne, sans aucun motif".

Sans.

Aucun.

Motif.

Et pour cause: il n'est pas encore interdit aux futurs chômeurs, que l'on sache, de se rendre aux meetings de Nicolas Sarkozy.

C'est à ces minuscules petits riens totalement arbitraires, comme "une garde à vue en pleine campagne sans aucun motif", que se reconnaissent notamment les Etats policiers...

Au reste, "Le Monde" l'observe, cette histoire pue tellement, que personne, autour du courageux boss de l'UMP, n'ose en assumer la responsabilité: "Selon la direction centrale des CRS, les consignes avaient été données par la direction départementale de la sécurité publique (DDSP), sous l'autorité du préfet. La DDSP, elle, renvoie sur le ministère (de l'Intérieur). Dans l'entourage du candidat, on affirme n'être informé que du dispositif policier autour du lieu de meeting. "Pour le reste, ça relève de la préfecture", dit-on".

Ca fait un peu froid dans le dos - pas vrai?

Parce qu'à bien y réfléchir, c'est à cela, aussi, que se reconnaissent les régimes policiers: les uniformes y sont partout, leurs commanditaires nulle part, les forces de l'ordre sont une machinerie où de scrupuleux fonctionnaires obéissent à des ordres venus d'on ne sait quelle sinistre encoignure, mais se défendent le cas échéant d'avoir trop prêté la main à la répression, ah-mais-c'est-que-voyez-vous-moi-je-n'ai-fait-que-mon-travail...

(On sait où ça mène - pas vrai?)

"Le Monde" continue son hallucinant récit: "Le lendemain de ces événements, M. Sarkozy tenait une réunion publique (à) Châteauneuf-du-Pape (Vaucluse). Cette fois, pas de bus à intercepter; simplement une dizaine de perturbateurs, peu décidés à écouter l'appel à la mobilisation lancé par le candidat à la "majorité silencieuse"".

Que croyez-vous qu'il arriva?

"Repérés par le service d'ordre de l'UMP et les gendarmes, ils ont été écartés le temps du discours".

Un certain Guy Parayre, "directeur général de la gendarmerie nationale", lâche, très sérieusement: "Il n'y a pas eu d'interpellations, juste des contrôles d'identité pour prévenir tout trouble à l'ordre public".

Tout va bien, alors?

Ce qui est totalement incroyable, c'est que "Le Monde", après avoir décrit des scènes qu'on dirait sorties d'un vieux film documentaire sur la RDA, fait encore semblant de s'interroger: "Nicolas Sarkozy bénéficie-t-il d'un régime policier de faveur lors de l'organisation de ses réunions publiques?"

Ben j'ai l'impression que oui, quand même?

Ils attendent quoi, les "socialistes", pour exiger une enquête sur ce qui s'est passé à Meaux?

17/04/2007

Horrible Tuerie Sur Un Campus De Bagdad

medium_hp_scanDS_69821225735.4.jpg

Un tordu abat rituellement quelques dizaines d'étudiants sur un campus étatsunien, c'est devenu un gimmick de la vie quotidienne chez l'Oncle Sam, et, tout de suite, nos journaleux à deux balles (se) posent, à grands coups d'envoyés spéciaux, les mêmes (graves) questions qu'à chaque fois qu'un tordu abat rituellement quelques dizaines d'étudiants sur un campus américain - avec dans la voix ce trémolo si particulier des grands soirs où l'actu est si formidablement spectaculaire, qu'on est quand même bien contents de faire à vingt heures ce beau mais si exigeant métier, pas vrai, coco?

Ca donne des commentaires de (très) haut niveau, type rappelons-tout-de-même-Jean-Pierre-que-la-libre-circulation-des-armes-fait-débat-aux-Etats-Unis-où-la-NRA-puissant-lobby, etc.

Des millions de tarés se baladent avec un arsenal de guerre, et ça fait "débat".

Imaginons, trois secondes, que le tordu ait gueulé des versets du Coran, pendant qu'il massacrait ses congénères?

Là, croyez-moi, le Yankee aurait vitement disparu derrière le musulman (fanatique).

On en prenait pour quinze jours de commentaires à la con sur le choc des cultures, et de communiqués victorieux de l'Amicale des ami(e)s du si fin Redeker.

Tandis que là?

Non.

Il est communément admis que le massacre annuel de quelques poignées de jeunes Etatsunien(ne)s relève, comme de juste en démocratie, d'une sévère mais courtoise confrontation intellectuelle entre, d'une part, Charlton Heston, et de l'autre, la fraction éclairée du Parti démocrate - mais ne remet pas (du tout) en question un modèle de civilisation auquel nous devons tout de même, faudrait pas l'oublier, Steven Seagal et Romain Goupil.

De sorte que certaines questions ne sont jamais posées - comme celle-ci, par exemple: qu'est-ce qui différencie, au fond, le flingueur de Blacksburg du Pinocchio de la Maison Blanche?

Réponse: régulièrement, le POTUS décide que Dieu lui a donné pour mission de massacrer en Bougnoulie quelques milliers de civils - et se met à faire de la purée d'Afghans, ou d'Irakiens.

Le malade qui a buté hier une trentaine d'innocent(e)s a fait la même chose - en plus artisanal.

Faut se mettre à la place de ce pauvre taré qui, frustré de ne pouvoir envoyer de gros navions hacher menu des peuplades exotiques, a dû se contenter de mener sa blitzkrieg préventive contre des keufs de Virginie: il a dû trouver ça un peu vexant.

Mais nonobstant la modestie de son arsenal, son périple était d'une scrupuleuse orthodoxie bushiste.

14/04/2007

Ce Plantu, Quand Même! Qu'Est-Ce Qu'Il Est Drôle!

medium_hp_scanDS_74141721540.jpg

Jean Plantureux, dit Plantu, est ce dessinateur incroyablement cocasse qui nous divertit chaque soir, à la Une du quotidien vespéral payant de Jean-Marie Colombani, de crobards aussi follement hilarants que ceux, naguère, dans "Le Figaro", de feu Jacques Faizant.

Les trouvailles de Jean Plantureux, je ne m'en cache pas, me réjouissent.

Cette façon qu'il a, par exemple, de représenter Sarko sous les traits d'un vizir: c'est d'un drôle!

Mais d'un drôle!

Un amateur éclairé d'illustrés pour la jeunesse me faisait d'ailleurs, l'autre jour encore, l'éloge de Jean Plantureux, en des termes dénués de la moindre ambiguïté: "J'aime beaucoup ce que fait Jean Plantureux, ça me rappelle un peu les Achille Talon de ma jeunesse".

Un temps, puis: "En moins rigolo, d'accord. Mais quand même".

Puis enfin: "Ah non, attendez. Maintenant que j'y pense, il me semble que ça me rappelle plutôt Iznogoud. Le vizir qui voulait être calife à la place à la place du calife, c'était dans Iznogoud, ou dans Achille Talon?"

Fin bref.

Ce que je voulais dire, c'est que je suis un fan de base de Jean Plantureux.

(La petite souris, entre nous: elle est pas irrésistible?)

Hier soir, tenez: le quotidien vespéral payant de Jean-Marie Colombani a publié le dessin de Jean Plantureux ci-dessus, qui m'a, personnellement, fait hurler de rire.

Il s'agissait, vous l'aurez deviné, d'illustrer, avec (beaucoup d')humour, la nouvelle idée, lumineuse, de Brice Hortefeux.

Je rappelle au passage, pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, que Brice Hortefeux est ministre (délégué aux collectivités territoriales).

Si, si.

Je vous promets.

C'est le monsieur qu'on voit, sur beaucoup de photos, à deux ou trois centimètres derrière Nicolas Sarkozy - un peu comme s'il attendait qu'icelui, se retournant, lui fasse l'aumône d'un geste affectueux.

Sa nouvelle idée, eurêkiste, est qu'il faudrait "oxygéner la démocratie".

(D'où les mots "ASSEMBLEE "OXYGENEE"" gravés au fronton du palais Bourbon, sur le dessin de Jean Plantureux: encore une trouvaille!)

Pour faire de l'air dans les couloirs de la vénérable institution où, de fait, se reniflent encore, nonobstant le temps écoulé, d'ultimes effluves de l'incommodant after-shave de Philippe Séguin, Brice Hortefeux propose: "Pourquoi ne pas réfléchir à l'introduction, dans le mode de désignation des parlementaires, d'une dose de proportionnelle?"

Oui, hein?

Pourquoi qu'on y réfléchit pas, cons de nous?

Parce qu'enfin, cette introduction permettrait au Pen, vers qui Nicolas Sarkozy fait ces temps-ci des moues aguicheuses en espérant que cette cour obscène passera pour un tic nerveux, d'envoyer quelques député(e)s dans les travées de la prestigieuse enceinte où le parti de Nicolas Sarkozy a entériné tant de lois sécuritaires.

En sorte que l'idée, formidablement novatrice, du fidèle Hortefeux pourrait, je dis bien pourrait, avoir de faux airs de gâterie électoraliste - même si nous savons que ce n'est pas ce qui le motive, puisqu'il a déclaré, je cite: "Si c'est un signal au FN, ça l'est tout autant en direction de l'UDF".

Un peu comme si l'UDF n'avait pas déjà un groupe - certes restreint - à l'Assemblée.

Mais revenons, si vous le voulez bien, au dessin de Jean Plantureux.

On y voit, représentée avec ce fascinant talent qui a récemment fait dire à Philippe Val que "Jean Plantureux aurait toute sa place à "Charlie Hebdo", où on mégote pas sur l'extrême subversion", une scène qui rappelle un peu, toutes choses égales par ailleurs, les photos du 6 février 1934 de nos livres-d'Histoire-de-quand-on-était-petit(e)s: des gens, armés de piques au bout desquelles est fichée la tête à Chirac (et dont les chemises brunes et les brassards "FN" trahissent, je crois, l'appartenance politique) semblent monter à l'assaut du Parlement.

(Pour les abruti(e)s qui n'auraient pas compris, les mots "extrême droite" sont écrits en gros, sur la chemise (brune) du borgne du milieu.)

Nicolas Sarkozy, costumé en vizir, ne cache pas sa joie: "Des gens qui détestent tellement Chirac ne peuvent pas vraiment être mauvais", dit-il.

(Noter, par terre, le poignard ensanglanté: l'hommage (discret) à Goscinny est ici badigeonné d'un épais vernis culturel, façon toi-aussi-mon-fils, et tout le bazar.)

Jean Plantureux nous suggère ici que Sarko est quand même un peu chelou, puisque, regardez bien, l'assaut moyennement démocratique des gars qui viennent de procéder à la décollation de Chirac lui tire une larme de joie.

Mais Jean Plantureux, dans le même temps, nous rassure: ce qui anime Sarko, nous dit-il, ce n'est pas tant l'idéologie, que le désir de tuer le père.

Sarko n'est pas facho: il a juste un gros problème d'inconscient.

Ouf.

Comme dit Jean-François Kahn: "Quelque part, il est fou".

Mais comme dit Jean-François Kahn: "Le qualifier de "facho" ou de "raciste", comme s'y risque l'extrême gauche, est une stupidité".

Bon.

Admettons.

Si, si: admettons.

Je veux dire: il fait beau, il fait chaud, on ne va pas non plus se pourrir le week-end à cause d'une bulle de Jean Plantureux.

(Puis comme dit souvent l'Dalaï: "A chaque fois que tu envoies des pensées d'amour et de tolérance vers Jean Plantureux, jeune padawan, tu bétonnes ton karma, et du coup, c'est mathématique, tu augmentes grave tes chances de te réincarner en maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), et là, sincèrement, à toi le gros pognon, om mani padme hum".)

Oui, mais.

A bien regarder le dessin de Jean Plantureux.

Qui découvrons-nous, juste là, juste au milieu des chemises brunes, aussi franchement rigolard que son voisin borgne?

Un monsieur en chemise rouge!

Garibaldi?

Non!

Mais bien plutôt - c'est écrit dessus: un mec d'"extrême gauche".

Aaaaaah, ben dites?

Nous revoilà, pour le coup, en terrain connu - pas vrai?

Jean Plantureux, à quelques jours du premier tour, nous adresse un message (très) moyennement subliminal, mais de facture franchement classique, puisqu'il s'agit d'un refrain traditionnel, et quelque peu dégueulasse, du répertoire néo-libéral: l'extrême gauche et l'extrême droite, nous explique-t-il d'un trait de Rotring, c'est rigoureusement la même chose.

Voyez d'ailleurs comme ces gens-là se marrent ensemble comme des baleines, au moment d'investir le Parlement!

(Voyez aussi comme Sarko, décidément, ne fait pas seulement de l'oeil à Le Pen, mais aussi, comme chacun(e) sait, à Besancenot, le putschiste.)

Sacré Jean Plantureux.

Qu'est-ce qu'il est drôle.

13/04/2007

Porcherie

medium_Sarko_VotezLenPenVariatio.7.jpg

Eugèn(ist)e Sarkozy lorsqu'il ne régurgite pas, sur l'inégalité (génétique) parmi les hommes, des saloperies du siècle dernier, dit tout haut ce que Le Pen dit tout haut.

Même "Le Monde", où l'on a tout de même passé beaucoup de temps à flatter la basse croupe d'Eugène Sarkozy, a fini par s'en apercevoir: "Le président du FN et le candidat de l'UMP se font des clins d'oeil par presse interposée".

Ces deux-là aiment, faut croire, se renifler: c'est de la pornographie hardcore, ça serait bien de prévoir une signalétique adaptée - je rappelle à Jean-Marie Colombani que certains de ses lecteurs ont des enfants.

Même "Le Monde" l'observe (le moyen de faire autrement): le petit Sarko et le gros Pen "s'envoient des clins d'oeil appuyés qui peuvent laisser entendre que les barrières posées hier par Jacques Chirac entre l'extrême droite et la droite pourraient être levées"'.

Notez le conditionnel: "Pourraient".

Comme si ce n'était pas déjà fait.

"Le Monde", confronté à l'évidence, continue donc à tortiller du cul.

Dans "Libé", Eugène Sarkozy a tranquillement déclaré: "Celui qui est le moins à droite qu'avant, c'est Le Pen!"

C'est, au mot près, ce que ne cesse de répéter le boss du FN.

Dans "Libé", Eugène Sarkozy, après avoir longuement sollicité ses neurones, a formulé ce puissantissime raisonnement: "Ce n'est pas parce que Le Pen touche quelque chose que cela devient interdit".

(La presse adore, quand Sarko "touche".

Les journaleux se précipitent pour lui sentir les doigts, sitôt qu'il a "touché".)

Eugène Sarkozy énonce posément qu'"il y a un problème d'immigration, avec un système d'intégration qui ne marche plus".

Eugène Sarkozy "(fait) un pas vers M. Le Pen en confirmant qu'il a abandonné l'idée d'accorder le droit de vote aux immigrés dans les élections locales, un sujet primordial pour le FN".

Mais "Le Monde" continue à se draper dans ses conditionnels à deux balles: fume, c'est de la déontologie.

12/04/2007

Visite Guidée: Chez FOG

medium_hp_scanDS_66301822729.11.jpg



1.
C'est aujourd'hui, si je ne Mabuse, que Franz-Olivier (déontolo)Giesbert (aka FOG), iconoclaste patron du si follement subversif hebdomadaire "Le Point" (où l'on brise tous les deux mois, non sans courage, le répugnant tabou de "l'assistanat"), doit répondre aux questions que se pose le juge Philippe Courroye sur ce qu'il savait précisément de l'affaire dite "Francelet".

Du nom du journaliste Marc Francelet, que le juge Philippe Courroye soupçonne d'avoir monnayé la publication dans la presse, et notamment dans le si follement subversif hebdomadaire "Le Point", d'articles "au ton très favorable" sur l'homme d'affaires Iskandar Safa.

Je rappelle, pour celles et ceux qui n'auraient pas suivi, que Franz-Olivier (déontolo)Giesbert, qui n'hésite jamais à dispenser à ses pair(e)s de sévères mais justes leçons de journalisme, a, d'après "nouvelObs.com", tranquillement "admis la semaine dernière dans "Le Monde" l'intervention de Marc Francelet pour l'article" en question.

Je m'empresse de préciser, car c'est de nature à nous rassurer, que FOG a tout de suite précisé qu'il "ignorait" que l'interventionniste "était payé par Safa".

Ouf.

Au reste, FOG l'a posément spécifié: "Même si un papier est complaisant, il est intéressant d'avoir un point de vue inédit, quitte à rééquilibrer les choses plus tard".

Je ne doute pas que le juge Philippe Courroye saura mesurer la TED (teneur en déontologie), élevée, de cette dernière considération.

Je ne doute pas (non plus) que FOG saura produire, pour sa défense, la copie des papiers où "Le Point" aura, éventuellement, "rééquilibré les choses", après la publication de l'article incriminé*.

Enfin je suppose que FOG ne manquera pas d'inviter celles et ceux que cela intéresserait à vérifier sa propre TED en se plongeant, sur son blog, dans les sévères mais justes leçons de journalisme qu'il infl... Dispense régulièrement, ainsi que je le mentionnais plus haut, à ses confrères et soeurs, dont les carences éthiques le navrent - et comme je le comprends.


2.
Ceci posé, j'en arrive à ce qui m'amène aujourd'hui: je voulais justement profiter de l'absence (temporaire) de FOG pour improviser une visite guidée, mais gratuite, de son cultissime blog, autour du thème: "Comment flatter quotidiennement (ou presque) l'encolure d'un seul et même candidat?"

(Je veux parler, bien sûr, d'Eugène Sarkozy, qui postule, un peu comme cela se faisait jadis en Berchtesgadie, que les délinquants sont des salauds dès le berceau - à l'exception toutefois des maires UMP des Hauts-de-Seine qui détrousseraient leurs contribuables.)


3.
Notre visite du blog de FOG commence le 2 avril dernier.

Ce jour-là, FOG, à 19.22, tance brutalement Eugène Sarkozy, l'accusant de "se payer les journalistes".

FOG, qui, de l'avis de plus d'un expert, est lui-même journaliste, l'observe alors avec beaucoup de netteté: "Les candidats ne passent plus rien à notre métier" - c'est "frappant avec (...) Sarkozy (...) comme ça l'était (...) avec Ségolène Royal".

L'extrême sauvagerie de la charge donne des sueurs froides à la dream team de campagne du candidat UMP - et fait dire à Brice Hortefeux que: "Si Foggy nous lâche, on est hyper-mal, putain de bordel de merde".


4.
Fausse alerte: à 19.25 ce même 2 avril, c'est à dire trois minutes après avoir grondé Eugène Sarkozy, FOG, sans doute pris de remords, corrige sa copie - et pose, dans un nouveau billet au ton beaucoup plus onctueux, qu'en effet les journaleux, cette engeance, se comportent parfois un peu comme des salauds avec Eugène Sarkozy.

De sorte qu'à bien y réfléchir, Eugène Sarkozy n'a peut-être pas complètement tort, mettez-vous à sa place, de "se payer les journalistes" - et que FOG a sans doute crié un peu vite, sur son blog, trois minutes plus tôt.

Alors bien sûr, FOG ne l'énonce pas aussi directement: l'amour a ses pudeurs.

Il commence par signaler qu'il "vient de terminer" le "nouveau livre" d'Eugène Sarkozy.

(Jamais FOG ne (se) demande où et quand Eugène Sarkozy a bien pu trouver le temps d'écrire un nouveau livre.)

Ce livre, autant l'énoncer clairement: FOG l'a beaucoup aimé.

Il a beaucoup aimé son "ton nouveau" - un ton "plus rassembleur, plus social, et aussi, d'une certaine manière, plus national".

(En somme: tout ce qui différencie le véritable chef d'Etat du commun des mortel(le)s.)

FOG, manifestement désireux de prouver (ne serait-ce qu'à Brice Hortefeux) qu'il a vraiment lu jusqu'au bout le si plaisant nouveau livre d'Eugène Sarkozy, affine son compte-rendu: "Ce qui m’a le plus frappé, c’est peut-être son passage à propos du capitalisme : « Je ne crois pas à un capitalisme sans morale ni éthique. » Ou encore : « Je ne crois pas à un capitalisme où ceux qui échouent gagnent plus que ceux qui réussissent. » Ou bien : « L’économie de marché ne peut fonctionner sans les règles et les institutions qui empêchent que le riche devienne toujours plus riche et le pauvre toujours plus pauvre. »"

C'est, en effet, bouleversant - et tellement sincère, sous la plume d'Eugène "Vladimir Illitch" Sarkozy, qui a tant donné de sa personne pour terrasser l'hydre capitaliste.

Mais ce n'est pas tout - ainsi que le relève notre inconditionnel: "Quelques pages plus tard, il [Eugène Sarkozy] va plus loin : « J’en ai assez de voir l’Etat abaissé, le service public dénigré. » Après quoi, il se livre à un éloge des fonctionnaires. Il exalte aussi « la France de Léon Blum et de Mandel, celle de Saint Louis et de Carnot, de Jules Ferry, de Clemenceau et de Jaurès, celle de Pascal, de Voltaire, de Victor Hugo, celle de Camus et de Sartre. »"

FOG lâche alors ce cri du coeur: "Plus rassembleur, tu meurs !"

(De telle sorte qu'on ne voit pas qui oserait ne pas voter pour Eugène Sarkozy.)

FOG lance alors cette conclusion, évidente, qui lui permet de corriger son emportement de 19.22: "On est loin du croquemitaine ultra-libéral et néo-thatchérien qu’on nous décrit ici ou là. Chers confrères, il va falloir changer de disque."

Oui: "Chers confrères, il va falloir changer de disque" - et convenir qu'Eugène Sarkozy est plutôt un homme de gauche.

Sinon faudra pas non plus vous étonner, quand Gégène se paiera la presse.

Ce que FOD nous explique, ce 2 avril, c'est que si Eugène Sarkozy a fini par se montrer un peu exaspéré par les journalistes, faut quand même pas oublier que c'est eux qui ont commencé, en essayant, les gueux, de le ranger à tout prix dans le même tiroir que Reagan, alors que la place de cet homme est, de toute évidence, aux côtés de Jaurès.

On continue la visite?


5.
Le 5 avril, Franz-Olivier (déontolo)Giesbert dénonce, dans un billet furieusement iconoclaste, "la mascarade du débat".

Il observe d'abord: "Il paraît qu’il faudrait organiser un débat entre les douze candidats."

Et ça, FOG nous l'annonce franco: c'est une monstrueuse connerie.

Car, nous explique-t-il: "Un vrai débat, c’est à deux. A trois, c’est déjà trop. Alors, imaginez, à douze avec le même temps de parole pour tout le monde !"

Et tiens - pendant que vous y êtes: imaginez aussi que FOG publie ce billet au moment précis, la coïncidence est des plus divertissantes, où Eugène Sarkozy, toujours sujet à de grandes peurs, refuse catégoriquement le débat "entre principaux candidats" auquel Bayrou et Royal ont, de leur côté, accepté de participer!

Ne dirait-on pas (même si nous savons que bien sûr il s'agit d'un hasard de calendrier) que FOG justifie ce refus d'Eugène Sarkozy, quand il affirme qu'"un vrai débat, c'est à deux. A trois, c'est déjà trop"?

(Et si je peux me permettre: pourquoi FOG n'a-t-il cessé, dans ses formidables émissions culturelles, de faire "débattre" plus de trois invité(e)s?)

La visite continue, n'oubliez pas le guide.


6.
Le 9 avril, FOG restitue à son lectorat, sous une forme à peine altérée, un morceau des propos de campagne des pin's parlants d'Eugène Sarkozy.

Le Pen vient, rappelez-vous, de positionner Eugène Sarkozy en "candidat issu de l'immigration".

Franz-Olivier (déontolo)Giesbert, dont la radieuse intelligence brille comme un phare dans l'interminable nuit marxiste, en tire la seule conclusion possible: "Cette attaque montre bien que Sarkozy est (le) pire ennemi (de Le Pen)".

Et qu'importe si, dans la réalité, le boss du Front trouve au contraire que celui de l'UMP est quelqu'un avec qui on peut "dialoguer": le principal est que FOG puisse dire à peu près la même chose que Brice Hortefeux, lorsque celui-ci déclare de son côté que les propos du Pen "condamnent le fantasme de connivence entre la droite et l'extrême droite"...


7.
Le 9 avril toujours, FOG, pour la deuxième fois de la journée, vole au secours d'Eugène Sarkozy, dont les considérations désuètes sur les nouveaux-nés pédophiles suscitent quelque émotion.

A 15.37, le patron de "Le Point" balance un nouveau billet sur son blog pour constater que: "Il y a une part d’épreuve physique dans une campagne présidentielle. Quand vient la fatigue, les bourdes suivent. J’ai toujours été frappé par l’incroyable énergie de ces candidats increvables qui épuisent leurs entourages. Mais parfois, ils craquent. Et c’est le faux pas."

On se dit que là, en dépit de la sympathie affectueuse qu'il n'a cessé de lui témoigner, FOG va condamner le (gros) "faux pas" eugéniste, pour le moins terrifiant, de l'héritier UMP de Jaurès.

Or: non.

Pas du tout.

FOG a trouvé deux exemples autrement plus importants de "bourdes" à nous soumettre.

D'abord: "Cette charge de Jospin contre un Chirac décrit comme « vieux » et « usé », dans un avion, pendant la campagne présidentielle de 2002".

FOG observe: "Je suis sûr qu’elle était provoquée par une fatigue qui, en l’espèce, tournait à l’irascibilité. Elle est en tout cas à l’origine du dévissage de l’ancien Premier ministre."

C'est hyper-intéressant, et ça permet d'occulter le "faux pas" d'Eugèn(ist)e Sarkozy.

FOG enfonce d'ailleurs, le clou, avec, cette fois-ci, une abominable erreur de Marie-Ségolène Royal, qui, tenez-vous bien: " Déclare (...) que le régime des talibans en Afghanistan doit faire l’objet de pressions internationales alors qu’il est tombé en 2OO1".

Commentaire FOGien: "Heureusement pour elle, la presse a pratiquement passé cet incident sous silence... "


8.
Heureusement aussi, pour Eugène Sarkozy, que FOG efface de la photo ses misérables divagations: le rodomont de l'UMP sait du moins (comme nous) que si d'aventure il prend le pouvoir, il pourra compter sur des journalistes à sa mesure.


9.
Au reste, pas plus tard que ce matin, dans "Le Point", FOG, dans un magnifique éditorial, confirme sa vocation, en déplorant que: "Après avoir tourné autour de grands sujets comme l'école, la campagne (ait) pris, depuis quelque temps des chemins de traverse".

Le professeur (d)G. se désole: "On en (vient) à débattre entre ciel et terre de graves questions comme l'inné et l'acquis".

FOG s'inquiète: "Au train où vont les choses, c'est sûr, on va finir par évoquer le sexe des anges et les crottes de chien".

Pour FOG, les tristes errements d'Eugène Sarkozy et les "crottes de chien" sont donc des sujets d'égale importance: le principal étant de se réserver, dans leur traitement, la possibilité de "rééquilibrer les choses plus tard"?






* Je ne saurais trop conseiller, sur cette affaire, la lecture de ce que révèlent cette semaine les galopins de chez www.bakchich.info, qui ne respectent rien.

11/04/2007

"Libération" Déplore Que "La Gauche" Fasse Comme Dans Les Bouquins (Ridicules) De Laurent Joffrin, Directeur De "Libération"

medium_laurent_joffrin.thumbnail.5.jpg

"Libération", quotidien comique, le déplorait hier, à la Une puis sur plusieurs pages: notre cher et vieux pays, dangereusement oublieux de son long passé insurrectionnel, "serre à droite".

J'ai lu ça, je me suis frénétiquement frotté les yeux - parce que bon, faut pas déconner: cette France où "les thématiques" droitières "se sont peu à peu imposées", c'est quand même le pays joli dont Laurent Joffrin et Renaud Dély, boss (barbichu) et boss-adjoint de "Libération", n'ont cessé, depuis des années, d'exiger l'avènement.

Faut quand même se rappeler, au moment où "Libé" lâche des petits cris d'orfraie sur le thème au secours-la-droite-revient, que depuis maintenant pas mal d'années, ces deux rigolos n'ont cessé, à grands coups de bouquins ridicules, mais totalement interchangeables, d'infliger à ce qu'ils nomment, drôlement, "la gauche" (alors qu'il s'agit du Parti "socialiste"), de rudes admonestations ériclebouchistes, sur le thème: "Tant que vous ne démantèlerez pas les kolkhozes, faudra pas vous étonner que Laurent Joffrin continue à prodiguer d'hypocrites mais caressantes flatteries à Eugène Sarkozy".

(Je résume.)

Pas plus tard que le mois dernier, par exemple, Laurent Joffrin a fait publier un grotesque opuscule (dont nous avons déjà parlé ici) pour exiger de cette "gauche" (qui a de si longue date vendu son cul au(x) marché(s)) qu'elle renonce, une fois pour toutes, à ses traditions collectivistes.

(Et fasse retirer de la rue de Solférino le buste géant de Staline qui défigure la salle "Jack Lang" des cocktails raffinés.)

Il suffit de jeter, après avoir lu ce délirant manifeste, un rapide coup d'oeil à la liste sans fin des menus présents dont le P"S" de gouvernement n'a cessé de gratifier le patronat, pour comprendre que "Libération" est dirigé par un gars qui a de la réalité une vision horriblement déformée: c'est probablement ce qui explique l'inconcevable tartuferie du numéro d'hier, où un certain Pascal Virot se demandait gravement, dans un long et sidérant papier, si "les Français auraient basculé à droite"?

Les Français, ma couille, je sais pas.

Mais les "socialistes", oui.

Très certainement.

La faute à qui, notamment?

Aux tristes clowns qui ne cessent, depuis des années, de répéter, en laquais dociles du néo-libéralisme, que "la gauche (...) reste prisonnière d'une grille de lecture poussiéreuse, brandit des références obsolètes, et se sert d'outils devenus inefficaces" (Dély), ou que (c'est rigoureusement la même chose, mais dite avec des mots un peu différents) "la gauche procède toujours par réflexes, par idées toutes faites, par dogmes assénés" (Joffrin), cependant qu'"une orthodoxie dépassée entrave encore l'action du camp progressiste" (Joffrin encore) et que, pour condenser, "une bien-pensance paralysante empêche la gauche d'épouser son temps" (Joffrin toujours).

Pascal Virot citait longuement, dans son papier d'hier, ces considérations du journaliste Eric Dupin, frappées au coin d'une certaine espèce de bon sens: "Nombre d'idées de droite ont pénétré ses adversaires politiques. Les gauches occidentales sont engagées dans un recentrage spectaculaire. C'est désormais la gauche, et non la droite, qui n'a plus confiance en elle-même. (...) La gauche inscrit son action dans le cadre mental de l'adversaire. Sa capitulation idéologique, plus ou moins inconsciente, la met en situation de faiblesse".

Dit autrement: la "gauche" fait, poliment, là où Laurent Joffrin et ses clones lui conseillent de faire.

Les mots (très moyennement subversifs) d'Eric Dupin sont donc, au fond, comme de lourds coups de pompes aux fessiers des bosses de "Libé" - qui, du fond de leur folie, pensent toujours que le conseiller de l'ombre de Marie-Ségolène Royal s'appelle Friedrich Engels, et que la planification décennale dont Jean-Louis Bianco se fait le discret champion risque de beaucoup nuire, à terme, à la paysannerie française.

N'allez pas croire cependant que nos drôles aient mesuré l'ineptie de leurs pseudo-questionnements sur la droitisation du pays.

Renaud Dély, un peu comme s'il n'avait pas même lu ce que Pascal Virot lui envoyait dans la gueule via Eric Dupin, a continué hier, dans un édito selon sa manière, à mâchouiller son antienne préférée: "Ségolène Royal ne pouvait laisser son camp continuer à s'illusionner sur l'état de la société française".

Ben, Renaud?

Pourquoi t'en fais pas un bouquin?

10/04/2007

Eugène Sarkozy Osera-T-Il Aussi, Nonobstant La Racaille Compassionnelle, Instaurer Dans Nos Maternités Un Rigoureux Tri Sélectif?

medium_images.2.jpg

Eugène Sarkozy a, comme on sait, récemment observé, dans un entretien avec un philosophe lecapitalismeestunexistentialismiste, que le monde est rempli de nouveaux-nés pervers, rongés (notamment) par une ferme intention de violenter des mineur(e)s.

Eugène Sarkozy, lorsqu'il régurgite ainsi de hideux fantasmes eugénistes, ne peut ignorer, sauf à confesser une crasse inculture, qu'ils ont notamment eu, naguère, la faveur d'un Autrichien moustachu, du côté de Berchtesgaden.

Mais ce minuscule détail n'est pas de ceux qui pourraient dissuader Eugène Sarkozy: le gars parle "sans tabous", sous les applaudissements nourris d'une poignée de penseurs à deux balles - cependant que la presse (qui ment) lui passe entre les fesses une langue chargée d'amour.

Pour Eugène Sarkozy, la fin justifie les moyens - même (très) dégueulasses.

Eugène Sarkozy, en théorisant que les criminels sont ce qu'ils sont dès l'instant où ils deviennent autre chose qu'un spermatozoïde errant, fait aux rascals néo-libéraux la promesse, implicite, que si Eugène Sarkozy prend le pouvoir, leur pognon (qui n'est jamais que la somme de nos économies) ne sera bientôt plus dilapidé en coûteux programmes sociaux et/ou médicaux - autant d'inutiles gouffres, puisque, rappelez-vous, le voleur et le violeur sont nés mauvais.

(Cette dernière considération ne semble cependant pas s'appliquer au maire UMP d'une ville de la proche banlieue parisienne qui, affligé du gène de pillage, n'a cessé, des années durant, de piquer l'argent des vieilles mémés qui avaient eu l'imprudence de voter pour lui: Eugène Sarkozy a pour cet ami beaucoup de sympathie.)

Les bétonneurs milliardaires qui font à Eugène Sarkozy la grâce d'être ses potes auront compris que leur avenir, sous le règne du misérable rodomont de l'UMP, aurait la forme d'une gigantesque tirelire, où le blé gaspillé par la vermine compassionnelle dans de somptuaires altruismes leur serait plutôt versé, pour qu'ils bâtissent, demain plus qu'hier, de grosses prisons où le crime serait, dès le berceau, contenu.

La "nouvelle" théorie de l'inégalité génétique parmi les hommes du trouillard de la Croix-Rousse est donc aussi porteuse d'une promesse de schlague: Eugène Sarkozy nous annonce, de façon à peine subliminale, qu'il pourrait bien cogner grave, sitôt qu'élu, sur la natural born racaille qui ne cesse de le ridiculiser en lui interdisant de se rendre, en banlieue(s), dans les soi-disant "zones de non-droit" où il prétendait rétablir un "ordre" nouveau.

En les posant a priori, un peu comme cela se faisait dans les démocraties populaires, comme d'irrécupérables canailles dont nulle médication (fût-elle, surtout, sociale) ne saurait juguler une appétence pour le Mal inscrite au fin fond de leur(s) code(s) génétique(s), Eugène Sarkozy s'ouvre la possibilité, classique, de traiter les délinquants, réels ou supposés, comme des nuisibles.

Eugène Sarkozy, quand il vomit sa bile, ne flatte pas seulement la grasse croupasse d'une population basse du Front dont les démagogues haineux et menteurs n'ont toujours eu qu'à se féliciter: il rassérène encore le capitalisme décomplexé, dont nous savons depuis lurette qu'il s'accomode plutôt (beaucoup) mieux de l'extrême droite que de, mettons, Salvador Allende.

Nous avons, dans le discours d'Eugène Sarkozy, l'esquisse (ou la promesse) d'un gouvernement de flics et d'actionnaires, dont l'inspiration, dans le meilleur des cas, serait à Washington.

A l'aune de cette promesse, le fait que son effroyable délire eugéniste soit, aussi, du point de vue de la science, une monstrueuse hérésie, ne doit pas surprendre: l'irrationnel a toujours été la roue de secours de l'autoritarisme.

08/04/2007

Eugène Sarkozy S'Extrême Droitise: La Presse Adore

medium_Sarko_VotezLenPenVariatio.6.jpg

Eugène Sarkozy dit tout haut ce que Le Pen dit tout haut.

Ainsi peut on lire, dans le "projet" présidentiel d'Eugène Sarkozy (déposé l'autre semaine dans ma boîte aux lettres), qu'Eugène Sarkozy veut "sortir les quartiers difficiles de l'engrenage de la violence et de la relégation", et que pour cela il faut, de son point de vue, "maîtriser l'immigration".

Eugène Sarkozy, qui a la trouille d'aller dans lesdites banlieues, pose donc, très sereinement, un signe d'égalité entre, d'une part, la "violence" des "quartiers difficiles", et d'autre part l'"immigration".

En même temps, Eugène Sarkozy aurait tort de se gêner: la presse adore, littéralement, l'entendre dégueuler son venin extrémiste.

Certes, la presse observe, avec cette objectivité qui fait sa grandeur, qu'Eugène Sarkozy calque son "discours" sur les traditionnelles saillies du Pen.

Mais la presse oublie, très gentiment, de préciser au fond ce que signifie cet alignement, et se fait une obligation de reproduire, à la virgule près, l'affreux délire d'Eugène Sarkozy.

(On serait dans les années 20, on aurait un candidat penché sur la copie de son voisin Benito?

La presse vulgariserait fidèlement son plagiat, et titillerait d'une langue avide le cul du copieur - après avoir tout de même, car on a dans ce métier sa déontologie, mentionné au passage son alignement sur le Duce.)

La presse acclame Eugène Sarkozy, qui a si bien senti la nécessité de flatter des croupes extrême droitières.

Ce matin, "Le Journal du Dimanche", propriété d'Arnaud Lagardère, salue ainsi, à la Une, l'irrésistible ascension d'Arturo Sarkozi, en TRES gros caractères: "POURQUOI IL MONTE..."

(Car il monte, ainsi qu'aurait dû le prévoir l'imprécautionneux bolchevik Alain Genestar, viré de chez Lagardère pour crime de lèse-Eugène Sarkozy, quand le seul "délit" toléré dans cette éthique enceinte semble être celui de lèche-ledit.)

La même Une précise, pour que tout soit parfaitement clair: "La droitisation de sa campagne réussit" à Eugène Sarkozy.

La haine, coco, on a beau dire: c'est gravement vendeur.

A la page 3, un article répète que "SARKOZY CREUSE L'ECART", et que "le "à droite toute" de la campagne profite au candidat".

La signataire de ce formidable papier, une certaine Virginie Le Guay, raconte que, "vendredi matin", au "point presse rituel" des féaux de Nicolas Sarkozy, "les sujets qui fâchent ne sont pas évoqués. Pas un mot, par exemple, sur la manifestation la veille à Lyon, qui a contraint le candidat à annuler une étape de son itinéraire, prétextant un improbable* retard d'avion. Rien non plus sur la plainte - finalement jugée irrecevable - à propos de son appartement de Neuilly. Rien toujours sur l'interview parue dans "Philosophie Magazine", dans laquelle Nicolas Sarkozy se déclare enclin "à penser qu'on naît pédophile" et s'interroge sur la "fragilité génétique" des jeunes qui se suicident chaque année".

Ben Virginie, mon amie?

Si vraiment ça te choque à ce point là, que tes courageux confrères ne posent aucune question sur les sujets qui fâchent, quand ils vont à la soupe: pourquoi tu les poses pas, toi?





* J'adore ce "improbable". Tout le monde sait que l'avion de Sarkozy est arrivé à Lyon EN AVANCE de quelques minutes, et que le trouillard de l'UMP a menti, en prétextant un retard. Mais Virginie Le Guay n'ose pas l'énoncer aussi directement: elle est trop polie.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu