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06/04/2007

(Encore) Une Leçon De Journalisme Du Professeur Giesbert!

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Vous connaissez tou(te)s Franz-Olivier Giesbert, aka FOG, iconoclaste patron de "Le Point", organe de presse mondialement renommé.

(Faites l'expérience.

Interrogez n'importe quel bourbeux paysan du fin fond du trou du cul de la Chine rurale.

Demandez lui s'il connaît "Le Point"?

Le gars va répondre: "Aaaaah, oui, bien sûl, c'est le vénélable hebdomadaile qui met toujouls de jolies photos de l'honolable Nicolas Salkozy sul sa couveltule, pas vlai?"

Demandez ensuite au foutu riziculteur s'il connaît le dilecteul de "Le Point"?

"Aaaaah, oui encole, bien sûl que oui, c'est Flanz-Olivier Giesbelt, le célèble bliseul de tabous que l'univels entier vous envie.")

Depuis deux mois, FOG a un blog: le cultissimissime blog de FOG, aka le Flog.

On y trouve, à intervalle régulier, de rudes leçons de journalisme, assez violemment déontologiques.

Le mois dernier, par exemple, FOG avait détecté, dans "un articulet" de "Libération", avec une mâle assurance, "tout ce qui explique la crise du journalisme: manque de rigueur, absence de vérification, copinage évident (avec un blogueur qui a soi-disant mauvais esprit et à qui on fait de la publicité)".

(Ce blogueur à la con, c'était moi - et je n'ai, de ma vie, jamais rencontré les auteurs de l'"articulet" qui avait si fort énervé FOG.

Je ne leur ai, même, jamais parlé.

Sacré FOG.)

Plus récemment, FOG a publié sur le Flog une "réponse à un internaute en forme de petite leçon de journalisme", où il dénonçait, avec cette rigoureuse vigueur qui n'appartient qu'à lui, "ce pseudo-journalisme qui, sous prétexte de garder les mains propres, prétend qu'il ne faut pas approcher de trop près la classe politique, ni surtout, ô horreur, déjeuner avec elle, ce qui relèverait du crime de connivence".

Vlan!

Prends donc ça dans ta gueule, Serge Halimi, crapule archéo-marxiste!

FOG, impérial, assénait alors que: "Les donneurs de leçon de pureté journalistique se condamnent à faire leurs articles en chambre avec les communiqués officiels. Ils éditorialisent. C'est évidemment moins fatigant et ça permet à l'ego de mieux se déployer, mais où est, au juste, la valeur ajoutée?"

Je résume, pour celles et ceux qui ne seraient pas rompu(e)s aux subtiles finesses de la pensée FOGielle: nous avons, en France, deux catégories de journalistes.

La première, hideuse, pratique le copinage, et recopie des communiqués officiels.

La seconde porte un prénom peu usité: Franz-Olivier.

Or.

Le juge Philippe Courroye vient, le mois dernier, d'engager des poursuites contre un certain Marc Francelet, journaliste.

Que lui reproche-t-il, d'après "nouvelObs.com"?

"D'avoir monnayé la publication de plusieurs articles "complaisants" dans la presse française sur des personnes souhaitant soigner leur image".

Plus précisément, le juge "estime que (des) paiements ont rémunéré l'intervention de Marc Francelet pour que "Le Point" publie en novembre 2005 un article sur (un homme d'affaires du nom d')Iskandar Safa, au ton très favorable".

Et là, je vous demande s'il vous plaît de vous accrocher (car c'est à peine croyable), FOG a, tranquillement: "Admis la semaine dernière dans "Le Monde" l'intervention de Marc Francelet pour l'article" incriminé.

Certes, FOG a aussi "assuré qu'il ignorait (que Marc Francelet) était payé par Safa".

(Ouf.

Ca me rassure.)

Mais tout de même, ce FOG ose tout.

Me suis-je dit.

Non sans quelque bref ricanement.

Il ose, notamment, rédiger d'une main de (rudes) admonestations à destination des mauvais journaleux qui pratiqueraient le "copinage", cependant que de l'autre (main), il publie des papiers complaisants.

Voilà ce que j'appelle: avoir du souffle.

Mais FOG assume.

FOG a déclaré ceci, qui sera bientôt gravé au fronton de nos écoles de journalisme, et que je vous supplie de bien mémoriser, tant c'est beau, tant c'est magnifique: "Dans notre esprit, même si un papier est complaisant, il est intéressant d'avoir un point de vue inédit, quitte à rééquilibrer les choses plus tard".

Aaaah.

D'aaaaaccord.

C'était donc ça.

La complaisance, dans "Le Point", n'est pas (du tout) du "copinage" - mais le (courageux) développement d'un "point de vue inédit".

Sacré FOG.

Il est "convoqué la semaine prochaine devant les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) dans le cadre de l'affaire du journaliste Marc Francelet" - rapporte "nouvelObs.com".

Détail rassurant: "Franz-Olivier Giesbert se rendra à la convocation "avec sérénité", a-t-il déclaré à l'AFP, sans autre commentaire".

Ben tu m'étonnes, qu'il est serein.

Il doit être carrément impatient de montrer aux limiers de la BRDE les papiers où "Le Point" a (courageusement) "rééquilibré les choses" à propos d'Iskandar Safa.

Ceci fait, je n'en doute pas: FOG reviendra, sur le Flog, dispenser quelque (rude) "leçon de journalisme".

04/04/2007

Une (Fantastique) Révélation Du Penseur Du Mercredi (Que Le Monde Entier Nous Envie): "Les Banlieusards (Au Teint Cuivré) Sont Des Sales Bâtards Lepénistes"

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De la même façon que le dimanche est le jour du Seigneur, le mercredi est celui du Penseur (que le monde entier nous envie): je veux parler, bien sûr, de Philippe Val, patron de "Charlie Hebdo".

L'homme dont le (courageux) travail de vulgarisation de l'existentialisme bushiste a récemment fait dire à Brice Hortefeux: "Nico, ma vieille couille, ça serait bien qu'on lui trouve un petit quelque chose au ministère de la Terrequinementpas, quand on sera présidents, à Philou".

Ce matin, par exemple, Philippe Val, dans un éditorial qui marquera d'une pierre blanche l'Histoire des Idées, fait cette révélation hallucinante: Le Pen "est", ces jours-ci, "dans une stratégie complexe".

Dans une stratégie si complexe, même, qu'il faut, vous l'aurez compris, toute la fière intelligence d'un Philippe Val, pour la disséquer - avec, je dois dire, une rigueur documentaire assez implacable.

Z'êtes prêt(e)s?

C'est parti.

Philippe Val part d'un constat: "Dans ce qu'il est convenu d'appeler "les quartiers", où, comme chacun sait, on a vu se former des queues à la mairie pour obtenir une carte d'électeur, un slogan est en train de se transformer en mot d'ordre: il faut faire péter le système".

Si c'est Val qui le dit, ça doit (nécessairement) être vrai: en véritable philosophe de terrain, Philippe Val se rend plusieurs fois par jour dans le 9-3, histoire de humer l'humeur des fairepéteurs de système.

(Par conséquent, je vous remercie, par avance, de tenir pour acquis, d'ores et déjà, que les gens qui ont "formé des queues pour obtenir une carte d'électeur" avaient derrière la tête une (sale) idée qui montre assez combien cette racaille est, par définition, nuisible.)

Philippe Val, ayant maté ces "queues", s'inquiète (et on le comprend), car: "Parmi les synonymes de "système", le plus courant est le mot "établissement", francisation lepénienne du mot anglais "establishment"".

(Et de fait, nous avons tou(te)s en mémoire les images, effroyables, de ces hordes (fanatiques) de jeunes bougn... Banlieusards qui, à l'automne 2005, hurlaient: "Sus à l'établissement!")

Or, ce mot, dont la rac... Les jeunes des banlieues abusent, "désigne une bande de pourris - et accessoirement de Juifs - qui ont inventé la démocratie afin de voler aux pauvres qui vivent ici pour donner aux riches qui vivent nulle part".

Ecrit, posément, Philippe Val.

Vous l'aurez, dès lors, compris: Philippe Val, très simplement, vient de poser, en quelques phrases, que "les quartiers", qui sont un peu notre Afghanistan à nous, en plus dangereux, sont notoirement peuplés de soudard(e)s antisémites.

Les pouilleux qui forment "des queues" puantes "à la mairie" sont des cons et des salauds, qui s'apprêtent à imposer, par les urnes, quelque chose qui ressemble d'assez près au nazisme.

Philippe Val, qui réfléchit plus vite que l'ombre de Condoleeza Rice, continue tranquillement son (brillantissime) exposé: "Le Pen est devenu tendance dans les banlieues".

Philippe Val, blasé, ne voit rien là, d'ailleurs, que de très classique: "Ce fantasme de "faire péter le système" en s'alliant à n'importe qui - on a vu le même genre de démarche dans le phénomène islamo-gauchiste - n'est pas nouveau".

Mordez l'apocalypse: entre la vermine frontiste qui n'en finit plus de grouiller au-delà du périph et la camarilla islamo-gauchiste embossée à Saint-Germain-des-Prés, l'Occident chrétien est quand même très mal barré.

C'est, presque au mot près, ce que Nicolas Sarkozy ne cesse de répéter.

C'est également ce qui fait dire à Brice Hortefeux: "Nico, ma boule, est-ce que tu ne crois pas qu'on devrait trouver à Philou un petit quelque chose du côté de l'île de la Jatte? Est-ce qu'il ne l'a pas cent fois mérité?"

03/04/2007

Pollution Nocturne

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En bas de chez vous, no sé, mais en bas de chez moi, dans le hall de mon immeuble, veux-je dire, près des boîtes aux lettres, y a un petit panneau qui suggère aux déposeurs de pubs de passer leur chemin, vu que l'accès leur est, devinez quoi?

Interdit.

Ver.

Bo.

Ten.

Vietato.

En théorie.

Parce que dans la pratique, ça les dissuade pas du tout, ces briseurs de couilles, de lire sur un écriteau qu'ils ne sont pas les bienvenus.

De sorte qu'on passe une à deux heures chaque matin (j'en rajoute un peu) à chercher le vrai courrier au milieu d'une livre et demie de saloperies en tout genre, du style "Y-a-des-grosses-réducs-chez-Carreprix", ou "Si-t'as-envie-de-vendre-ton-appart-appelle-moi-je-paie-cash" (je loue, connard), ou encore "Le-Palais-Des-Mille-Dragons-vient-d'ouvrir-près-de-chez-vous-menus-enfants-à-six-euros".

(J'ai rien contre un bol de riz de temps en temps, hein, mais j'ai des fois l'impression que tous les Noiches de Paris se donnent rendez-vous dans ma putain de boîtes aux lettres.)

Enfin bref.

Tout ça pour vous dire que l'autre matin, qu'est-ce que je trouve, entre deux factures et une carte postale de Machin qui se la coule douce à Lucques?

Un truc particulièrement atroce, avec dessus, en gros, la gueule de Nicolas Sarkozy.

(Prononcer: "Charkeuziy", à la hongroise.)

Je vous le remontre, histoire que vous mesuriez l'effroi qui m'a saisi:

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Le matin, on a beau dire, ça fout grièvement les jetons de trouver ça au milieu du courrier, mais bon, j'avoue: je l'ai lu - et il s'agissait, vous l'aurez deviné, d'un message de Nicolas Charkeuziy.

Et ça commençait comme ça: "Mes Chers Concitoyens, Je veux être le Président qui lutte contre les injustices".

Ourgh, ai-je pensé.

Ca va être surpuissant, dans le foutage de gueule.

Et de fait: ça l'était.

Parce que bon.

Je veux bien que Nicolas Charkeuziy nous écrive, tranquillement: "Beaucoup d'entre vous vivent des injustices inacceptables".

Je veux bien que Nicolas Charkeuziy dénonce: "L'injustice des discriminations pour tous ceux qui sont jugés sur leur origine et non pas sur leurs compétences".

Mais, venant du rodomont qui ces temps-ci vomit tant de conséquentes saloperies sur les immigré(e)s, ça me fait, grosso merdo, le même effet que si je tombais sur un discours de Benito Mussolini dénonçant les méfaits de l'huile de ricin.

Le gars voudrait se faire passer pour Mère Teresa: mais l'odeur le trahit.

02/04/2007

Un Salarié De "Libé" Raille Ses Burlesques Patrons

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Ce matin, dans les pages "Rebonds" de "Libération", un certain Grégoire Biseau, journaliste à "Libération", moque longuement ses risibles bosses, Laurent Joffrin (photo) et Renaud Dély, dans une tribune dont le titre d'origine devait justement être - du moins est-il permis de le supposer : "Les Gracques pris en flagrant Dély de déni".

(Mais il est finalement devenu: "Les Gracques pris en flagrant délit de déni".)

Grégoire Biseau écrit en effet: "Voici donc les Gracques, un nouveau groupe de hauts fonctionnaires socialistes, qui appelle à une alliance entre François Bayrou et Ségolène Royal. Après leur coming out il y a quinze jours, les Gracques ont récidivé cette semaine en publiant dans "Le Point" une lettre à Ségolène Royal qui détaille leur feuille de route programmatique".

Grégoire Biseau demande: "Comment ces brillantes personnalités, qui ont dans le passé récent occupé des positions très importantes dans plusieurs cabinets de ministres socialistes, justifient-elles leur projet d'alliance?"

Grégoire Biseau répond: "L'un des leurs (...), interviewé dans l'édition du "Monde" d'hier (...), déclare: "Il est temps que le PS fasse sa mue idéologique et accepte l'économie de marché"".

Grégoire Biseau commente: "On se frotte les yeux".

Et de fait: on se les frotte, avec même une certaine vigueur.

Parce que dans la vraie vie, comme le rappelle impitoyablement Grégoire Biseau: "Qui en 1983 a fait le choix historique de la rigueur et de l'intégration économique européenne? Le gouvernement de Pierre Mauroy. Qui en 1986 a amorcé la libéralisation du système financier, étape préliminaire à l'ouverture de notre économie aux capitaux étrangers? Le gouvernement de Laurent Fabius. Qui au début des années 1990 a théorisé les bienfaits de la désinflation compétitive? Pierre Bérégovoy, d'abord en tant que ministre de l'Economie puis en tant que Premier ministre. Qui en 1992 a fait campagne en faveur du traité de Maastricht et de l'euro? François Mitterrand. Qui en 2000 a signé l'ouverture à la concurrence du marché du gaz et de l'électricité au sommet européen de Lisbonne? Lionel Jospin. Qui a privatisé France Telecom et vendu l'Aérospatiale à Lagardère? Le même Jospin. Qui a même envisagé d'ouvrir le capital d'Areva? Laurent Fabius".

Dans la vraie vie, donc, les veules renégats de la rue de Solférino, qui n'ont eu de cesse que de brader au capitalisme décomplexé leurs parties "socialistes", sont, très simplement, de droite.

Et les Gracques racontent, littéralement, n'importe quoi.

Leurs nez s'allongent, démesurément, sitôt qu'ils prennent la parole, et leur Gepetto ressemble d'assez près à Claude Bébéar.

Grégoire Biseau, qui a décidément tout l'air d'être de plaisante compagnie, enfonce le clou à grrrrrands coups de burin: "On se gratte alors la tête et on demande à nos amis des Gracques ce que serait alors un projet socialiste qui accepte (enfin!) l'économie de marché? (...) A moins que ne se cachent dans le pacte présidentiel de Ségolène Royal quelques bombes qui nous auraient échappé. Une loi pour encadrer les salaires et les stock-options des patrons français? Non. Des mesures pour réguler l'activisme forcené des fonds d'investissement sur le fonctionnement de nos entreprises? Non plus. Un projet pour rééquilibrer les conditions de concurrence entre les industries des pays signataires des accords de Kyoto et les autres, libérées de toute contrainte? Toujours non".

Marie-Ségolène Royal est de droite: c'est toujours bien de le rappeler, fût-ce en creux.

Grégoire Biseau conclut, dans une adresse aux Gracques en forme de GROSSE pierre dans le jardin fleuri de ses propres chefs: "Messieurs, il n'y a aucune honte à vouloir voter Bayrou. Encore faut-il l'assumer. Car chercher de mauvaises excuses pour soulager une éventuelle mauvaise conscience, ça, en revanche, ce n'est pas très élégant".

Alors vous allez me dire: quel rapport avec les patrons de "Libé"?

J'y arrive.

Grégoire Biseau ne peut ignorer, lorsqu'il rédige sa tribune, que les Gracques ne sont pas seuls, dans leur "déni".

Deux hommes, parmi beaucoup d'autres, partagent, au mot près, le triste délire de ces hauts fonctionnaires: il s'agit de Laurent Joffrin, boss (barbichu) de "Libération", et de Renaud Dély(re), boss-bis (glabre) de "Libération".

Ces deux-là, qu'une espèce de sourde maniaquerie tient de fort près, passent leur temps à publier, à tour de rôle, des livres totalement grotesques, pour exhorter la gauche à faire (enfin) sa mue, à briser (enfin) ses tabous, pour accepter (enfin) l'économie de marché.

(Ouvrages drolatiques dont nous avons déjà parlé ici, et dont je ne vais donc pas vous infliger de nouveaux morceaux (interchangeables)).

Il est donc bien évident, même si son auteur ne l'énonce pas aussi nettement, que la tribune de Grégoire Biseau est pour lui une façon taquine de confronter ses patrons à l'affligeante médiocrité conceptuelle de leurs bouquins respectifs.

Grégoire Biseau leur a, ce matin, adressé un message clair: "Messieurs Dély et Joffrin, il n'y a aucune honte à vouloir être de droite. Encore faut-il l'assumer. Car chercher de mauvaises excuses pour soulager une éventuelle pauvaise conscience, ça, en revanche, ce n'est pas très élégant".

Merci, Grégoire Biseau.

 
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