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11/09/2007

"Fucking Socialist"

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1.
Au concert des Sex Pistols, à Londres, en 2002, y avait ce gros plein de bière, totalement bourré.

A un moment donné, entre deux morceaux, Rotten a sorti un truc à la con, je sais plus ce que c'était, mais le gros plein de bière n'a pas du tout aimé - il s'est barré en gueulant: "Fucking socialist".

On pourrait traduire ça par: "Connard de socialiste".

Ou: "Putain de socialiste".

(Etc.)

Et ça m'a fait marrer, parce qu'il faut quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup d'imagination pour supposer que Johnny Rotten, retraité californien, aurait quelque chose à voir avec le socialisme.



2.
Pourquoi je vous raconte ça?

Parce que j'ai lu dans "Le Monde" que: "Manuel Valls appelle le PS à sortir d'"un certain angélisme" sur l'immigration".

Parce que j'ai lu dans "Le Monde" que: "Le député socialiste du Val d'Oise a souhaité (...) qu'à l'occasion du débat sur le projet de loi sur l'immigration, le PS définisse "sa doctrine propre", sans être "à la remorque d'un certain nombre d'associations" et en "sortant d'un certain angélisme""...

Hhhhh...



3.
Je sais pas si vous avez remarqué: les journaleux, dans ce pays, ne font même plus semblant de faire leur boulot.

A priori, quand Manuel Valls, dont c'est devenu la spécialité, dégueule son parler-vrai de pacotille, on devrait lui mettre le nez dans son vomi - ou à tout le moins lui réclamer deux, trois éclaircissements.

Lui demander, quand on parle d'immigration, l'angélisme, c'est quoi, au juste, Manuel Valls?

Et quel effet ça fait de dire tout haut ce que Sarkozy pense tout haut, Manuel Valls?

Mais non: la presse rapporte, fidèlement, les divagations de la droite (au sens large, P"S" compris), sans jamais les questionner.



4.
Bref, j'ai lu ça, et tout d'un coup, allez savoir pourquoi, j'ai repensé à ces deux mots.

"Fucking socialist".

10/09/2007

"Quand Sarkozy Et Fillon Déféquer Sur Gueule Salarié, "Socialiste" Applaudir" (Proverbe Chinois)

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Donc, François Fillon le confirme (et "Le Monde" s'en réjouit): c'en sera bientôt fini "des régimes spéciaux de retraite".

(Pan dans ta gueule, salarié de la SNCF, de la RATP, d'EDF/GDF: la droite, qui est une vieille s***** vindicative et qui n'a toujours pas digéré 1995, espère tenir enfin sa revanche.)

Le Parti "socialiste", aussitôt, applaudit.

A tout rompre.

Car le Parti "socialiste" pense, exactement comme l'UMP, que "la réforme des régimes spéciaux" ne doit pas être "un tabou".

C'est le pauvre Michel Sapin, député "socialiste", qui le dit.

Un autre "socialiste", Manuel Valls, dont la reptation trace dit-on de profonds sillons dans les moquettes roses (et grasses) de la rue de Solferino, jure ainsi qu'il "faudra aligner les régimes spéciaux sur le régime général; c'est une question d'équité et une question financière".

C'est, au mot près, ce que François Fillon ne cesse de répéter - mais il est vrai que le "petit Valls", comme on l'appelle (affectueusement) à Matignon, a plusieurs fois confessé qu'il rêvait de faire un bout de chemin avec la droite de gouvernement.

Arnaud Montebourg, encore un "socialiste", voit pour sa part dans ce très nécessaire alignement "un moyen de traduire dans les faits" la "rénovation du Parti socialiste" - et se félicite par conséquent de la prochaine "harmonisation des régimes spéciaux".

("Alignement", "harmonisation": le "socialiste", ce hideux renégat, aime à euphémiser, quand il encourage la droite à sodomiser le salariat.)

Jean-Marc Ayrault, qui préside le groupe "socialiste" à l'Assemblée nationale, est lui aussi complètement d'accord avec François Fillon pour considérer que "la réalité" des régimes spéciaux justifie la réforme, et se dit même transporté par la "prise de conscience des Français".

François Hollande, premier secrétaire du Parti "socialiste", enfin, a "mis en garde" le gouvernement contre toute "précipitation", et contre toute "brutalité".

Décryptage: d'accord pour la "réforme" (comme dit "Le Monde"), mais avec tout de même un peu de vaseline.

Je sais pas vous, mais moi, franchement, il y avait looooooongtemps que je n'avais rien vu d'aussi abominablement laid qu'un "socialiste".

08/09/2007

Honneur De La Police

Il y a un nouveau mot, dans le "Petit Robert" 2008: "Rebeu".

Et pour illustrer ce mot, le "Petit Robert" a trouvé cette citation, tirée d'un roman de (feu) Jean-Claude Izzo: "T'es un pauvre petit rebeu qu'un connard de flic fait chier, c'est ça!"

Scandale!

NouvelObs.com révèle que: "Le syndicat majoritaire de la police nationale", l'UNSA Police, vient d'"(engager) une action en justice" afin "d'obtenir par ce moyen" le retrait de la citation d'Izzo.

Motif: l'UNSA Police trouve, je cite, "inadmissible qu'une institution comme la police, qui porte aide et assistance à la société, soit ainsi bafouée".

Le secrétaire général de l'UNSA Police est absolument hors de lui: "Quelle image de la police donne-t-on aux enfants, qui sont les premiers à feuilleter le dictionnaire, et en particulier aux fils et aux filles de policiers?"

Michèle Alliot-Marie, ministre UMP de l'Intérieur, n'est pas d'un avis différent: "Je ne peux que déplorer la sélection de cette phrase, (et) je pense qu'une autre citation aurait pu être retenue" - a-t-elle écrit à la directrice du "Petit Robert".

Et je dois dire que je comprends la colère des keufs et de leur ministre, parce que bon, je suppose que vous serez d'accord avec moi: il est absolument inimaginable que l'un de nos fonctionnaires de police puisse, dans la vraie vie (qui n'est certes pas un roman d'Izzo), "faire chier" quelqu'un - fût-ce à Aubervilliers.

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Il est donc parfaitement normal d'exiger, comme le fait l'UNSA Police, la prompte censure de la citation choisie par le "Petit Robert" 2008 - et il serait intelligent de la remplacer par une phrase rappelant, par exemple, que "la police (...) porte aide et assistance à la société" - même à Aubervilliers.

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J'avoue d'ailleurs que j'ai beaucoup de mal à comprendre les intellectuels (je pense notamment à Philippe Val et Alain Finkielkraut) qui ont signé cet après-midi une pétition estimant que, je cite: "Même un romancier gauchiste aussi abominablement bien-pensant que Jean-Claude Izzo a le droit de s'exprimer".

S'il ne tenait qu'à moi, le "Petit Robert" 2008?

On le foutrait au pilon.

Histoire de lui apprendre à se moquer de la police.










PS1: Je rigole, hein? Bien évidemment, ni Philippe Val, ni Alain Finkielkraut, ni aucun de nos traditionnels hérauts de la "liberté d'expression" (toujours prêts à se mobiliser pour défendre cette liberté quand elle s'exerce aux dépens des musulmans) n'a dénoncé l'ahurissante initiative de l'UNSA Police: nos fiers penseurs ferment très soigneusement leur gueule.

PS2: Les photos de l'évacuation du campement d'Aubervilliers viennent de là: http://www.liberation.fr/multimedia/galeries/societe/

PS3: Je signale à Michèle Alliot-Marie qu'il y a dans mon "Petit Robert" 2006, à la page 1086, à côté du mot "flic", cette citation d'un certain Sartre: "J'irais descendre un flic sur la place Royale". Je pose (gravement) la question: est-ce qu'il ne faudrait pas exiger (aussi) le retrait de cette phrase odieuse?

07/09/2007

Un Grand Moment D'Obscénité: Rama Yade A Aubervilliers

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1.
Hier, donc, les 150 sans-logis du camp de la Maladrerie, à Aubervilliers, sont évacués par de (courageux) fonctionnaires, de bleu vêtus.



2.
Je ne sais pas si vous avez eu la chance de voir à la télé des images de ce grand moment de convivialité: on en ressort pétri d'une vive admiration pour la "police républicaine".

("Libé" rapporte par exemple cette aimable saynète: "Une femme, un enfant dans les bras et un autre dans le dos, veut forcer le cordon de CRS. "Mon enfant! J'ai un troisième enfant dans ma tente! Laissez-moi passer!" Un policier perd patience, l'envoie au sol. Elle tombe en partie sur le dos. Pour l'enfant qu'elle porte, plus de peur que de mal, mais l'accrochage fait monter la tension".)



3.
C'est la mairie d'Aubervilliers qui a fait donner la troupe.

Il paraît que la mairie d'Aubervilliers serait une mairie "communiste".

Le "communisme" francilien a ceci de particulier, qu'il n'hésite jamais à employer de grands moyens, pour bouter l'immigré.

Tantôt à coups de bulldozer(s), façon Robert Hue période bleue, tantôt à coups de keufs.



4.
Alors bon, tout ça est déjà incroyablement obscène, mais ce n'est en réalité qu'un début.

Car soudain, voilà que Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme de Nicolas Sarkozy, déboule à Aubervilliers.

"Je ne pouvais rester sourde".

Explique Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme de Nicolas Sarkozy.

"Ce n'est pas bien que des enfants assistent à des scènes pareilles".

Ajoute Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme de Nicolas Sarkozy.

Et ce n'est pas bien, en effet.



5.
Mais ça nous permet au moins d'établir une fois pour toutes, à quelque chose malheur est bon, que pour soigner sa com(munication), Rama Yade ose tout - et que c'est même à ça qu'on la reconnaît.

Parce qu'enfin, si Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme de Nicolas Sarkozy, était sincère.

Si Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme de Nicolas Sarkozy, pensait vraiment ce qu'elle dit, quand elle affirme "ce n'est pas bien que des enfants assistent à des scènes pareilles".

C'est tout simple: Rama Yade ne serait plus secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme de Nicolas Sarkozy.

Elle aurait depuis longtemps démissionné avec fracas - pour ne plus siéger dans le même gouvernement que le gars qui, jour après jour, planifie "des scènes pareilles".

Je veux parler bien sûr de Brice Hortefeux.

Si vraiment Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme de Nicolas Sarkozy, avait une once de considération pour les petits nenfants dont elle a hier prétendu protéger l'innocence en terrain "communiste", elle dégueulerait à la seule perspective de bosser pour le mec, Nicolas Sarkozy, qui a planifié la chasse aux "clandestins".

Sur un tel sujet, Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme de Nicolas Sarkozy, devrait soigneusement éviter de la ramener.

Parce que ça fait trois mois qu'elle "reste sourde" aux cris des enfants (et de leurs parents) expulsés.

Dans la vraie vie, ça ne la dérange absolument pas, Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme de Nicolas Sarkozy, que des enfants subissent quotidiennement des "scènes" dégueulasses où des policiers viennent les chercher pour les virer...

Dans la vraie vie, elle trouve même ça plutôt normal, Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme de Nicolas Sarkozy, qu'on traque ainsi des gosses.

Evidemment, qu'elle trouve ça plutôt normal.

Sinon, vous pensez bien qu'elle ne resterait pas sourde.

06/09/2007

Père Et Fils

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J'aime vraiment beaucoup cette photo.

Elle montre, vous les aviez reconnus, le petit François Guéant (à droite, avec la coupe melba et les ahurissantes lunettes), qui vient d'être nommé conseiller chez Rachi2dati, et qui remercie du fond du coeur son gentil papa, Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée (à gauche, avec un air un peu crispé).

Vive Le Secrétaire Général Claude Il-sung.

Vive Le Conseiller François Jong-il.

Vivent Les Dynasties Sarkoziques.

05/09/2007

Conformisme De L'Anticonformisme: Rions Un Peu Avec Jean-Pierre Elkabbach

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On sait, naturellement, que le système dominant se maintient par des mensonges.

C'est ainsi, par exemple, que ses chiens de garde les plus serviles vont partout proclamant leur indépendance, et le cas échéant leur iconoclasme, et de toute façon leur ferme refus des convenances convenues - quand tout, dans leur(s) vie(s) et leur(s) oeuvre(s), marque leur veule soumission au sarkozysme.

Bourdieu écrivait: "Il s'agit de retourner la représentation dominante (pour) montrer que le conformisme est du côté de l'avant-garde", et que "la vraie audace appartient à ceux qui ont le courage de défier le conformisme de l'anticonformisme".

Pourquoi je vous (re)parle de ça?

Parce que je lis dans "Le Monde" un "entretien avec Jean-Pierre Elkabbach, président d'Europe 1" qui annonce, très calmement: "Nous entrons cette année dans une phase d'anticonformisme".

Je me frotte les yeux, mais ce mec est, de toute évidence, dramatiquement sérieux...

Pour bien savourer le truc, il faut se rappeler deux, trois minuscules détails - sans même remonter à l'exceptionnel "anticonformisme" dont Jean-Pierre Elkabbach faisait preuve, quand Jean-Pierre Elkabbach faisait campagne pour un grand "OUI" acclamatoire à l'Europe libérale du bon Estaing.

Il faut se rappeler, par exemple, que le proprio d'Europe 1, qui tous les mois verse à Jean-Pierre Elkabbach de conséquents émoluments, est un certain Arnaud Lagardère, qui se définit lui-même comme le "frère" de Nicolas Sarkozy.

Ou que Jean-Pierre Elkabbach, envisageant il y a peu l'embauche d'un(e) journaliste politique, a cru devoir consulter Nicolas Sarkozy - avant de se récrier: "Ben quoi, bordel, c'est quand même normal de prendre l'avis d'un spécialiste, oui ou merde?"

(Mais Jean-Pierre Elkabbach, que l'on sache, n'a pas consulté José Bové, ni Olivier Besancenot.)

Dans sa navrante hagiographie de rentrée, "L'aube le soir ou la nuit", Yasmina Reza raconte une rencontre, en Algérie, entre Abdelaziz Bouteflika et Nicolas Sarkozy - et signale qu'il n'y a "pas de journaliste, excepté Jean-Pierre Elkabbach qui est là en tant qu'amical témoin".

C'est ce témoin amical qui se flatte aujourd'hui, et pourquoi se gênerait-il, d'avoir trouvé, pour sa "grille de rentrée", quelques "symboles de l'anticonformisme".

Des gens comme "Laurent Baffie" - pour qui le fin du fin de la transgression consiste à demander à Raymond Barre si ça marche avec les meufs.

Ou comme: "Jacques Attali" - qui vient justement d'être chargé par Nicolas Sarkozy d'une (délicate) mission où son légendaire anticonformisme fera évidemment des merveilles.

Le monde est petit, chez les rebelles.

03/09/2007

Ptoui, Ptoui...

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Christine Lagarde, ministre des Finances, a donc, nous dit son chef méchu (photo), assez durement déconné.

(Mais on ne l'y reprendra plus.)

Christine Lagarde avait, dimanche, annoncé à la radio un "plan de rigueur" visant "la fonction publique pour l'essentiel".

(Son message, sommairement décrypté, pouvait également s'énoncer comme suit: "Va quand même bien falloir qu'on trouve du très, très gros pognon, pour financer les multiples cadeaux somptuaires que nous ne cessons de consentir à nos bon(ne)s ami(e)s les nanti(e)s, et le mieux est quand même de prendre ce très, très gros pognon aux fonctionnaires, ces grosses feignasses - qui sont aussi communistes, pour beaucoup".)

Que.

N'a.

Vait.

Elle.

Pas.

Dit.

Là!

"Paaaaas du tout.

Y a pas le moindre plan de rigueur en vue pour la fonction publique, promis, juré, craché, ptoui, ptoui".

A répondu lundi François Fillon.

(Sans bien se rendre compte (sa mèche lui cachait la vue) que son nez s'allongeait alors si démesurément qu'on aurait presque dit celui de Nicolas Sarkozy, le jour où Nicolas Sarkozy a promis, juré, craché, ptoui, ptoui, que, lui vivant, JAMAIS l'Etat ne cèderait ses parts du capital de GDF - qu'allez vous encore imaginer là, maudits gauchistes.)

"Ce qu'il y a, c'est qu'on va juste réduire un peu nos frais généraux, en supprimant une vingtaine de milliers de postes" - a précisé François Fillon.

Où ça?

François Fillon: "Dans la fonction publique".

Donc, un plan de rigueur?

François Fillon: "Ah ben non, merde, confondez pas tout, là on se défait seulement d'une (très) grosse poignée de grosses feignasses de fonctionnaires - des gens qui, notez-le, sont bien souvent, aussi, des agents du Komintern, surtout dans l'Education nationale".

Et alors?

François Fillon: "Et alors on vire surtout des profs".

Donc: François et Christine disent la même chose.

Nous sommes bien d'accord.

Mais ça va plus loin que ça - et nous devons relire, pour bien le comprendre, ce que Denis Sieffert, le boss de "Politis", écrit dans son éditorial de la semaine.

Il observe en effet que "les nouvelles coupes claires annoncées dans l'Education nationale" ne sont pas de "vulgaires mesures d'austérité".

Il précise: "Le choix de réduire massivement le nombre d'enseignants n'est jamais économique".

Il conclut: "C'est un choix de société".

Car "l'école forme des citoyens. C'est à dire des gens qui ne se réduisent pas à leur qualité d'usager (ou) de consommateur (...), et qui n'agissent pas seulement leurs émotions".

Or, "Nicolas Sarkozy n'a que faire de ces citoyens-là. Tout son système, au contraire, repose sur l'avilissement du citoyen en petit propriétaire gouverné par ses émotions et jaloux de son pré carré".

En un pauvre con, également, qui ne se posera pas de questions déplacées, quand François le méchu viendra lui promettre, jurer, cracher, ptoui, ptoui, que, non, pas du tout, voyons, il n'est pas du tout question d'une rigueur à géométrie variable, qui s'appliquerait à des petits fonctionnaires pour mieux complaire à de gourmands copains...

Magyd Cherfi Contre Les Tabous

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C'est "Marianne" qui nous annonce l'heureuse nouvelle: dans son nouveau livre, Magyd Cherfi, "ancien parolier de Zebda", parle des "banlieues" - et singulièrement de "la vie dans les cités".

(Les cités, les banlieues, c'est un peu la même chose, hein?

Pas vrai?)

Déjà, c'est chouette.

Mais le mieux, c'est que Magyd Cherfi en profite, nous dit "Marianne", pour casser quelques (pesants) tabous.

(Et ça, franchement, sous la plume de, je cite, "l'ex-leader d'un groupe dont le radicalisme fut une marque de fabrique", c'est quelque chose comme une divine surprise.)

Et donc, Magyd Cherfi "jette un regard tendre mais sans complaisance sur la vie dans les cités".

(Dans la vraie vie, en effet, la complaisance nuit beaucoup à la tendresse, comme disait Yasmina Reza.)

Jugez plutôt: "Heurts intercommunautaires, hostilité à l'égard des "céfrans", posture victimaire et responsabilité des parents: Magyd Cherfi ne contourne aucun sujet".

C'est foutrement courageux, et en même temps bien normal, puisque aussi bien Magyd Cherfi écrit pour: "Faire entendre sa voix dans le "brouhaha des tabous"".

(Ark, ârk, ârk.)

Je suis comme vous: quand je lis qu'un mec va nous parler sans "tabous" des "banlieues" et de leurs "cités", je me dis, hey, en voilà encore un qui va nous restituer au mot près le discours de Sarkozy et de ses (nombreux) copains de la presse décomplexée - mais en essayant de nous le présenter comme un truc formidablement nouveau et redoutablement iconoclaste.

Et ça marche à tous les coups - ainsi que nous pouvons ici encore le vérifier.

Parce qu'enfin, si on réfléchit vingt secondes, les "heurts intercommunautaires"?

L'"hostilité à l'égard des "céfrans""?

(Téma comment que je parle comme la racaille ethnico-religieuse!)

La "posture victimaire"?

La "responsabilité des parents"?

Mais est-ce que ce n'est pas exactement ce dont nos dignes médias nous abreuvent depuis des années, sitôt qu'ils s'aventurent dans nos départements et territoires d'outre-périphérique (DOP-TOP)?

Il manque juste les hordes salafistes qui font rien qu'à stocker des mortiers lourds dans les caves de la cité Staline, pour que le programme soit vraiment complet - vraiment conforme au discours dominant "sur la vie dans les cités".

"Marianne", c'est l'une de ses marques de fabrique, continue donc à nous présenter comme la mère de toutes les transgressions le simple énoncé de ce qui pourrait constituer le sommaire de n'importe quelle émission à deux balles sur les "banlieues", de n'importe quel "dossier" hâtivement bâclé par n'importe quel hebdomadaire (ou preque) "sur la vie dans les cités".

C'est à ça que se reconnaissent les penseurs modernes - quand ils crient "attention, tabous", on entend: "La droite, c'est par là".

02/09/2007

Sluuuuuurp...

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Une langue, chargée d'un très gros taux de flagornerie, vient se poser tout soudain sur le chef de l'Etat: elle appartient à Jacques Espérandieu, qui est le "directeur de la rédaction" du "Journal du Dimanche".

Dans son éditorial de ce matin, il salue, évidemment, "la fusion Suez-Gaz de France".

Ladite, nous le savons, est une gigantesque scélératesse.

(Une de plus.)

Mais c'est pour cela justement qu'elle ravit nos journaleux - et notamment ceux qui, c'est le cas d'Espérandieu, émargent (crânement) chez l'amusant Lagardère, proprio du "Journal du Dimanche" et "frère" (c'est du moins ce qu'il affirme) du chef de l'Etat.

Orthodoxie néo-libérale oblige.

Or donc, Espérandieu l'écrit: "La fusion Suez-Gaz de France (...) est (...) le dossier (...) le plus significatif du pragmatisme, de la capacité d'adaptation du président de la République".

(Ptoui, ptoui, non, Monsieuuuuur Leeeee Prééééésiiiiideeeeent, je ne crache pas sur vos talonnettes, vous pensez bien que jamais je ne me permettrais, Monsieuuuuur Leeeee Prééééésiiiiideeeeent: je cire vos richelieux, Monsieuuuuur Leeeee Prééééésiiiiideeeeent.)

Il condède, certes, que: "La fusion oblige à privatiser Gaz de France et donc à renier la parole de l'Etat qui s'était engagé en 2004, par la voix de son ministre des Finances de l'époque, à ne pas descendre sous les 70 % de participation dans l'entreprise gazière".

Et que: "D'ailleurs, ledit ministre (...) s'appelait Nicolas Sarkozy".

Mais - je vous le demande avec, tout de même, un peu de gravité: pouvons-nous, en conscience, tenir grief d'un si minuscule reniement au chef de l'Etat (qui est aussi le "frère" de l'employeur de Jacques Espérandieu)?

Pouvons-nous, décemment, énoncer que le chef de l'Etat est une espèce de burlesque Pinocchio stressé - au seul motif qu'il ne tient pas sa promesse de ne jamais (jâââââmais) privatiser GDF?

Evidemment pas.

Soyons un peu raisonnables: nous parlons de Nicolas Sarkozy, Petit Monier.

Si le gars (se) renie, c'est bien malgré lui, et pour la bonne cause: c'est même à ça qu'on le reconnaît.

Jacques Espérandieu l'a d'ailleurs (très) bien compris: loin de s'en offusquer, il voit dans le bobard gazier de Sarkozy "'l'occasion rêvée pour le Président d'imprimer sa marque".

(Lagardère: "Merci, Jacques, et bravo!")

Alors évidemment, tout n'est pas gagné.

Oh ben non, alors.

Si le chef de l'Etat devait triompher sans péril(s), où serait je vous prie le plaisir de le flatter?

Espérandieu nous rappelle donc, avec beaucoup de sérieux, qu'il faut encore "éviter les couacs de dernière minute".

(Fichtre.)

Et aussi: "Tenter de convaincre des syndicats toujours aussi réticents".

(Mais "tenter" seulement, puisque aussi bien, comme je disais, on va pas se laisser emmerder par des communistes.)

Espérandieu rappelle enfin une ultime difficulté, dont vous allez tout de suite mesurer l'énormité: il "reste", aussi, "à prouver que, comme le pensent les experts, cette solution était bien la meilleure pour le pays".

Car le chef de l'Etat est comme ça: il trouve toujours pour nous ce qu'il y a de meilleur.

De sorte que le boss du "Journal du Dimanche" peut enfin poser, en guise de conclusion, LA question qui nous tarabuste si obstinément: "Pourquoi il aura fallu dix-huit mois pour y parvenir", à cette solution qui est "la meilleure pour le pays"?

Ben, Jacques, rappelle-toi: il y a dix-huit mois, nous n'avions pas Monsieeeeeur Leeeee Prééééésiiiiideeeeent...

01/09/2007

Vivement Le Petit Matin!

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Nicolas Sarkozy, manifestement assuré de n'avoir plus en face de lui de véritables opposants, l'a donc répété, "Le Monde" le rapporte: "Le Grand Soir, c'est fini!"

(En clair: Lasciate ogni speranza, voi che, etc.)

Fort de son incontestable popularité (il est, nous dit la presse, "acclamé" par 120 % des Françai(se)s, qui aimeraient assez le serrer dans leurs petits bras et lui couvrir de bisous le sommet du crâne), Nicolas Sarkozy, décidément décomplexé, a redit aussi, en fidèle serviteur des Marchés, que désormais nous ne pouvions décemment plus "accepter l'incantation sur le capitalisme".

Nicolas Sarkozy, invité à préciser mieux sa pensée, a doctement énoncé que, franchement: "On ne vas pas raconter des histoires, dire (...) qu'on va en terminer avec le capitalisme".

Naaaaan, je rigole.

C'est pas Nicolas Sarkozy, qui a dit ça.

Je vous rassure.

C'est François Hollande.

 
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