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17/10/2007

Tranche De Vie Quotidienne, Sous Le Règne Décomplexé De Nicolas Sarkozy

C'est 20minutes.fr qui raconte ce morceau de vie quotidienne, au pays de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, sous le règne décomplexé de Nicolas Sarkozy.

"Une famille albanaise, en séjour irrégulier, a été arrêtée ce mardi matin au Centre d'accueil des demandeurs d'asile (Cada) de Fontaines-Saint-Martin, au nord de Lyon, avec l'assistance des sapeurs-pompiers".

Qu'est-ce qu'ils foutaient là, ces pompiers?

Leur mission, aux pompiers, c'est pas de sauver des gens?

Voyez plutôt.

"Trois gendarmes sont venus chercher la famille Ali, et leurs enfants de quatre ans et un an et demi, sur réquisition de la préfecture".

Quatre ans.

Un an et demi.

Ce truc, soudain, que vous sentez monter?

C'est une envie de vomir - ne vous inquiétez pas: c'est normal.

(Ca veut dire que vous n'êtes pas encore tout à fait contaminé(e) par la hideur ambiante.)

Mais: "La famille s'est d'abord barricadée dans son appartement avant de menacer de se jeter du 3e étage".

Faites gaffe, désormais, quand vous marchez dans les rues: il pleut des sans-papiers.

Depuis que Sarkozy a sommé le fidèle Hortefeux de bouter cette année 25.000 étrangers, lesdits ont cette espèce de bizarre manie de se jeter dans le vide, un peu comme s'ils n'avaient rien à foutre de fracasser le cas échéant le crâne d'un passant innocent.

Dans n'importe quelle démocratie un tant soit peu civilisée, la réaction de ces gens qui préfèrent se foutre en l'air, et leurs enfants avec eux, plutôt que de se laisser "reconduire", comme on dit si élégamment, serait interprétée pour ce qu'elle est: la manifestation ultime d'une abominable détresse.

Mais pas chez nous, pensez-vous, pas au pays de la liberté, pas au pays de l'égalité, pas au pays de la fraternité, pas au pays des sinistres penseurs de cour qui vont répétant, suivez mon regard, que les clandestins sont là pour nous ôter le pain de la bouche - puis qui se refont une virginité en signant de vibrantes pétitions contre les tests ADN.

Chez nous, quand des parents sont réduits à sauter dans le vide sous le regard de (ou avec) leurs enfants, on ne va pas non plus s'emmerder à réfléchir à ce qui motive un geste si incroyablement désespéré - parce que, voyez-vous, ça remettrait aussi en question des mois et des années de crasse démagogie électorale.

On est là pour virer: on vire.

Mais on essaie de faire ça proprement - parce que bon, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais rien n'est plus chiant à nettoyer que de la cervelle de sans-papiers, sur un trottoir.

Alors on appelle désormais les pompiers, pour "sécuriser" - pour éviter que des gueux, non contents d'être ici "en séjour irrégulier", ne souillent au surplus nos voiries.

""La présence des pompiers, c'est une sécurisation, liée aux récents accidents dans ce genre d'intervention", a indiqué la gendarmerie".

(Hé, la gendarmerie.

C'était pas des "accidents".)

Les pompiers: "Nous ne sommes pas intervenus pour assister les gendarmes. Nous avons répondu à une tentative de défenestration".

(C'est vrai que ça change tout...)

Samedi, manif (départ Belleville à 14 heures 30).

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(Merci, Anne.)

16/10/2007

Laurent J. Contre Les "Censeurs"

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Ce matin, "Libération", quotidien néo-patronal, fait à la une ce troublant constat: "Les Français veulent des médias indépendants".

("Libé" a bien sûr enquêté, avant de nous livrer cette incroyable info.

"Libé" a commandé un sondage à l'institut LH2.

J'imagine les questions pointues qui ont dû être posées aux sondé(e)s, genre: 'Tu veux des médias indépendants, ou si t'es juste un(e) pauvre con(ne)?")

Cette révélation unesque nous vaut, il va de soi, un édito (barbichu) de Laurent Joffin, boss de "Libé", qui n'allait certes pas laisser passer une telle occasion de se poser de nouveau (c'est la centième fois cette année) en opiniâtre défenseur de l'indépendance-des-médias.

Et vous allez voir: c'est goûtu.

(Barbichu, mais goûtu.)

Laurent Joffrin, dont le talent analytique sera encore vénéré dans cinq millions d'années, observe d'abord que: "Les médias sont un pouvoir".

(Ca commence fort, avouez.)

Laurent Joffrin ajoute: "Un pouvoir, aux yeux de l'opinion, est nécessairement lié aux autres pouvoirs, économique et politique".

(Notez le "aux yeux de l'opinion", où Laurent Joffrin nous suggère, sans vraiment nous le suggérer, que Laurent Joffrin n'est pas forcément du même avis que "l'opinion" - et que nous allons bientôt retrouver, sous la forme de "l'idée que se font les Français de notre système d'information".)

Laurent Joffrin continue sa (rigoureuse) démonstration: les médias, nous explique-t-il, sont "dans cette optique, un instrument de domination et non d'émancipation" - car ("dans cette optique", dont vous aurez compris qu'elle n'est pas forcément celle de Laurent Joffrin) les médias "(émanent) de la classe dirigeante, avec laquelle (ils entretiennent) des rapports coupables".

Laurent Joffrin, qui tutoie Nicolas Sarkozy, conclut (vous étiez prévenu(e)s): "Telle est, en tout cas, l'idée que se font les Français de notre système d'information".

Laurent Joffrin, qui ne déteste pas faire de loin en loin de minuscules concessions au petit peuple, concède que "l'idée" en question "n'est, il faut bien le dire, pas tout à fait fausse".

(Pas tout à fait vraie non plus, donc, mais si "l'opinion" était plus intelligente que Laurent Joffrin, vous pensez bien qu'on le saurait, depuis le temps.)

Laurent Joffrin peut, dès lors, lancer l'une des folles controverses qui ont fait de Laurent Joffrin, à égalité avec le boss du "Figaro", le débatteur préféré de France Inter: "Comment en sortir?"

Et c'est là que ça devient goûtu.

Laurent Joffrin énonce en effet, avec beaucoup de calme dignité, que: "Certains censeurs radicaux, quand ils ne prônent pas une presse totalement idéologique, rêvent de faire des journaux ou des télévisions sans capitaux ni publicité".

(Merci de vous imprégner dès à présent de cet effroyable boba... De cette fine considération, en détachant bien les mots.)

Je lis ça, je fais comme Laurent Joffrin: je réfléchis.

(Intensément.)

Je me pose des questions.

(Intelligentes, évidemment: je viens de vous dire que je faisais comme Laurent Joffrin.)

Celles-ci, par exemple.

Qui donc, ces temps-ci, "(rêve) de (...) journaux sans (...) publicité?"

Grosso modo (je schématise gravement): les "critiques radicaux" des médias, genre Acrimed, éventuellement.

En quoi ces gens seraient-ils des "censeurs"?

En rien, évidemment.

Ils n'ont de cesse, au contraire, que de pointer, notamment, c'est presque un boulot à plein temps ces jours-ci, les mille et une censures dont nos courageux médias s'accomodent si bien.

En quoi ces gens "prôneraient"-ils "une presse totalement idéologique"?

En rien, évidemment.

Ils n'ont de cesse, au contraire, que de réclamer, notamment, c'est presque un boulot à plein temps ces jours-ci, que finisse la servile soumission de nos courageux médias aux idéologies dominantes - la hideuse inféodation de nos quotidiens barbichus aux oukases du MEDEF.

De sorte que Laurent Joffrin erre, divague, et, sereinement, substitue à une réalité un peu encombrante (Laurent Joffrin dit tout haut ce que Laurence Parisot pense tout haut) une vérité alternative, tirée par les cheveux (et la barbiche), certes, mais plus gratifiante (Laurent Joffrin lance toutes ses forces (barbichues) dans un courageux combat de chaque instant contre les "censeurs radicaux").

Quand Laurent Joffrin caquète jour après jour en ses burlesques éditos (poilus du menton) que le néo-libéralisme est l'horizon indépassable de l'humanité libérée, ce n'est bien sûr pas de l'idéologie - pensez.

Quand Laurent Joffrin organise à Grenoble un affligeant "forum citoyen" où les missi dominici du gouvernement de guerre (de classe(s)) de François Fillon viennent caqueter dans un atrium ultra-sécurisé que le néo-libéralisme est l'horizon indépassable de l'humanité libérée, ce n'est (toujours) pas de l'idéologie - pensez.

(Puisque Laurent Joffrin, qui a comme on dit à France Inter (où on l'appelle Jason Joffrin) "le débat dans la peau", leur oppose, crânement, des contradicteurs "socialistes" qui de leur côté considèrent (courageusement) que le néo-libéralisme est l'horizon indépassable de l'humanité libérée.)

Mais si des gens osent prier Laurent Joffrin de cesser de se comporter en sirène deux tons néo-libérale, en passe-plats du patronat, et de revenir à plus de mesure dans son appréhension de notre environnement (social, notamment)?

Ca, par contre, c'est de l'idéologie, et de la bien tassée - fulmine Laurent Joffrin.

Une idéologie dangereuse, de surcroît, puisque porteuse, rappelez-vous, d'une "censure radicale": un stalinisme, quoi.

Après avoir ainsi construit une réalité-bis où l'infâme Serge Halimi est une espèce de lointain clone de Lavrenti Beria et Laurent Joffrin le dernier rempart du monde libre contre les "censeurs radicaux", Laurent Joffrin peut tranquillement reprendre, comme si de rien n'était, son coutumier caquetage néo-libéral.

Une fois établi qu'il faut s'appeler Staline pour envisager "des journaux ou des télévisions sans capitaux (sic) ni publicité", Laurent Joffrin peut, tranquillement, feuler qu'"un autre modèle s'est imposé qui donne aux médias les moyens matériels de leur efficacité".

En clair: soumets-toi, journaleux.

N'essaie même pas de penser, journaleux, qu'un autre monde (professionnel) est possible - puisqu'"un autre modèle s'est imposé".

Un modèle indépassable, où les "censeurs" ne sont pas les marchands d'armes, "frères" autoproclamés de Nicolas Sarkozy, qui à la fin du mois te versent ton salaire - mais les dangereux guerilleros qui ont le culot de s'étonner que des marchands d'armes, "frères" autoproclamés de Nicolas Sarkozy, contrôlent l'information.

Rendors-toi, journaleux, et fais de beaux rêves: Laurent Joffrin veille sur ton indépendance.

15/10/2007

Fatalitas!

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Tiens: le nouveau "Libé".

Plutôt réussi, faut reconnaître.

Entendons-nous: ça reste un quotidien néo-patronal (barbichu), mais pas désagréable à regarder.

Ce qui est un peu dommage, c'est qu'une grosse coquille est venue se glisser page 4, fatalitas, au beau milieu du (burlesque) billet où Laurent Joffrin présente, justement, le nouveau "Libé".

Le texte publié dit ceci: "Une chose étrange s'est produite dans la dernière décennie: les libéraux ont réussi à dérober à la gauche l'idée de progrès".

Et voici, pour ceux qui, tôt le matin, n'auraient pas eu le réflexe de corriger par eux-mêmes, ce qui aurait dû être imprimé: "Une chose étrange s'est produite dans la dernière décennie: Laurent Joffrin a réussi à dérober à la gauche l'idée de progrès".

(Ca ne fait qu'une minuscule différence, je suis d'accord.)

Faites Passer

"UCIJ – RESF – CSP

Uni(e)s contre l’immigration jetable - Réseau Education sans Frontière - Collectifs de Sans Papiers d’Ile de France

Journée Nationale de Mobilisation samedi 20 octobre 2007

MANIFESTATION départ Belleville à 14h30

La loi Hortefeux est une atteinte à la dignité de tous !

En cinq ans, nous aurons eu droit à quatre lois, à de multiples décrets et circulaires, à tout un arsenal d’inspiration xénophobe et raciste, à une inacceptable atteinte aux -déjà faibles- droits des étrangers.

Demain, une nième Loi, où s’illustre Brice Hortefeux, à la tête du sinistre ministère de l’identité nationale, de l’immigration et du codéveloppement sera soumise à l’avis du Conseil Constitutionnel.

Contre cette loi, radicalement contraire aux principes d’égalité et de non-discrimination de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (ratifiée par la France), de la Convention Internationale des migrants, de la Convention de l’ONU...

Test ADN, proposition d’exclusion de l’hébergement d’urgence...

Réagissons !

Nous qui sommes riches de nos multiples résistances et solidarités, des parrainages «hors la loi !» des sans-papiers ! aux mobilisations dans les écoles contre les innommables expulsions des familles, de la résistance spontanée des passants et militants lors des rafles aux positions des chercheurs et des universitaires, à celles des syndicats solidaires des initiatives de tant de professions (assistantes sociales, personnel enseignant, inspecteurs du travail, personnels hospitaliers, pilotes de ligne, avocats, magistrats), nous disons non !

Le 20 octobre manifestons notre soutien à tous ceux qui sont poursuivis pour le délit de solidarité, comme l’instituteur Florimond Guimard en procès à Aix le 22 octobre.

Le 20 octobre manifestons notre volonté de voir appliquer une autre politique respectueuse cette fois des familles, des enfants, des travailleurs immigrés !

Expulsions Rafles - Lois Hortefeux / Sarkozy NON !
Solidarités - Résistance OUI !

Informations et analyses de la loi : contreimmigrationjetable.org, educationsansfrontieres.org"

14/10/2007

A Donf

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Fadelamara, "secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la ville" au sein du gouvernement de guerre (de classe(s)) où le colonel (de réserve) Brice Hortefeux se charge quant à lui de vider "la ville" de son trop-plein d'immigrés, répond ce matin aux fines questions d'une paire de journaleux du "Parisien".

Je ne vous cache pas que chacune des considérations dominicales que Fadelamara développe en cette occasion pourrait fonder le socle d'un ambitieux programme de recherche universitaire sur le foutage du gueule.

Par exemple, quand la paire du "Parisien" pose à Fadelamara cette question hyper-intelligente: "Quand vous employez un langage cru - du type "glandouille" ou "dégueulasse" - est-ce spontané ou n'y a-t-il pas du calcul?"

Fadelamara, tranquillement, répond: "Le fait d'utiliser au sein même du Conseil des ministres le verlan "à donf" (NDLR: à fond), c'est délibéré".

(Instruction n° 2007-25/b, du colonel Brice Hortefeux au corps préfectoral: "Pécho les reunois, pécho les rebeus, take no prisoners".

Non, je rigole.)

Fadelamara, lancée, affûte sa réponse: "Il est important, même si ça en choque certains, de rappeler, à travers ces mots, la réalité de la violence sociale qui existe dans notre pays".

Et je vous demande ici un peu d'attention, car il n'est pas si courant que l'extrême tartuferie se donne si libre cours.

En 26 mots, pas un de plus, pas un de moins, Fadelamara établit qu'en effet, elle a définitivement fait le choix de nous prendre pour des imbéciles.

Parce que bien sûr, dans la vraie vie, Fadelamara est secrétaire d'Etat au sein, justement, du gouvernement de guerre (de classe(s)) qui jour après jour nous accable de cette "violence sociale" dont elle fait ce matin semblant de s'offusquer.

Parce que bien sûr, dans la vraie vie, Fadelamara bosse pour la vieille droite haineuse et revancharde qui depuis six mois et sous le couvert dégueulasse de la "réforme", s'acharne au burin sur tout ce qui pourrait, de près ou de loin, ressembler à des garanties sociales.

Parce qu'enfin on voit mal en quoi il serait "important (...) de rappeler" dans un verlan de pacotille que cette violence fait quotidiennement des victimes - sauf bien sûr à vouloir suggérer, dans un accès de crasse démagogie à deux balles, que ces victimes ne comprennent que le dur langage de la rue, man; option qui, dans le meilleur des cas, puerait si fort le mépris de classe, qu'elle en deviendrait franchement gerbante.

Fadelamara, cependant, n'en démord pas: "On a des personnes qui souffrent depuis trop longtemps, avec un profond sentiment d'abandon" - et qui manifestement ont très envie qu'on leur porte secours, non en cessant de casser l'Etat social, car ce n'est pas (du tout) pour ça que Nicolas Sarkozy et Fadelamara sont au pouvoir, mais en "parlant d'eux" en verlan, jusqu'au "sein" même "du Conseil des ministres".

Souriez, miséreux: vous êtes sauvés.

Fadelamara conclut par ces mots sa docte réponse: "Avoir recours au coeur du pouvoir au parler-banlieue, c'est une manière de dire: "Ils sont là, ils existent, nous parlons d'eux"".

(Pour ma part, je ne serai que (très) moyennement étonné, la prochaine fois qu'à force d'être si ouvertement moqués les jeunes (et moins jeunes) ressortissants de nos départements et territoires d'outre-périphérique (DOP-TOP) ajouteront le brûler-banlieue au "parler-banlieue".)

Je vous passe les autres grotesques réponses de Fadelamara: elles sont du même tonneau.

Et j'en arrive à cette question, grave, que lui pose la paire du "Parisien": "Comment réagit-on dans les quartiers?"

J'aime ce que cette interrogation révèle de l'univers mental de nos compétents journaleux.

Je vous prie: mobilisez vos souvenirs.

Je vous prie: essayez de vous remémorer, disons, les dernières déclarations de François Fillon sur la "relance de la croissance".

Ou les derniers appels de Xavier Bertrand à "reboucher le trou (sans fin) de la Sécu".

Et dites-moi.

Est-ce qu'un seul de nos dignes encartés de presse a demandé à François Fillon ou Xavier Bertrand comment on réagissait "dans les quartiers" à leurs divagations?

Non, bien sûr.

Dans l'imaginaire collectif de ces mecs-là, ça fait des (looooongues) années que ça dure, "les quartiers" sont un espace fantasmatique, peuplé, non de gens qui vivent (et pensent) comme vous et moi, oh ben non alors, on le saurait, mais de primitives peuplades foncées de peau, qui n'ont probablement aucune idée, même imprécise, de ce que pourraient bien être la "Sécu" ou la "croissance"; mais qui, par contre, doivent nécessairement donner leur avis sur Fadelamara - sous réserve, bien sûr, que la question leur soit posée en verlan, histoire de se mettre à leur niveau.

(Les journaleux expérimentés laissent même, pour les remercier, un peu de menue verroterie aux natifs des "quartiers" qui ont accepté de ne pas les faire bouillir dans leurs grandes marmites.)

Les mêmes pousseront des petits cris apeurés, quand "les quartiers" s'enflammeront.

Les mêmes convoqueront, comme d'hab, leurs minables experts, "sociologues" de médias, pour commenter l'embrasement.

Les mêmes négligeront, comme d'hab, de se regarder pour ce qu'ils sont - emmurés dans leur perception totalement paranoïaque de la réalité.



Bon, j'arrête: ça me fait trop chier.



(Cependant retenez que le mot de la fin revient ce matin au "Journal du dimanche", qui observe, non sans perspicacité, que: "Fadela Amara rentre dans le rang".

L'autre jour, elle avait, rappelez-vous, agité ses petits poings en criant: "Le jour où ça sera vraiment trop insupportable, je partirai (du gouvernement)".

Depuis, elle rétropédale: "Hier, la secrétaire d'Etat a catégoriquement exclu de démissionner, même en cas d'adoption des tests ADN".

Elle trouve ça carrément supportable, Fadelamara, les tests ADN.

Elle est à donf.)

13/10/2007

Lécher Bernard (Mais Faire Semblant De Ne Pas (Trop) Lécher Bernard)

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Maurice Szafran, big boss de "Marianne", est comme Nicolas Sarkozy: totalement décomplexé.

Comprendre que ça ne le gêne absolument pas, Maurice, de nous prendre pour des neuneus de niveau 8.

Ce matin, par exemple, "Marianne" offre à BHL, pour la promotion de son nouveau bouquin, huit pages que Maurice commente ainsi, dans un encadré furieusement déontologique: "Des lecteurs, et quelques observateurs pointilleux des médias, ne manqueront sans doute pas de s'étonner que nous consacrions, à l'instar de la plupart de nos confrères, autant de place à Bernard-Henri Lévy".

Ca fait pas vingt secondes que Maurice nous parle, que, déjà, il erre.

D'abord, ce n'est pas "la plupart" des "confrères" de Maurice qui fait depuis dix jours une épaisse haie d'honneur à BHL: c'est l'ensemble des médias (qui mentent), journaux, magazines, radios, télés, qui l'acclame, jugeant que BHL est formidablement nouveau, quand il énonce gravement que la gauche va devoir se réformer pour se moderniser, puis que la gauche va devoir se moderniser pour se réformer, puis, au passage, que Nicolas Sarkozy "n'est pas raciste".

(Quand déboule un (traditionnel) pensum de BHL, c'est devenu un théorème, nos journaleux battent des mains, ravis de se (et de nous) donner l'impression d'être assez intelligents pour assimiler une "pensée" dont l'extrême complexité va jusqu'à postuler que le capitalisme fait la joie des familles - mais quand paraît un livre sur BHL qui démontre, preuves à l'appui, que ces lècheries fondent "une imposture française", les mêmes ferment très soigneusement leur gueule à double tour, et décrochent leur téléphone pour demander aux attaché(e)s de presse de chez Grasset quand sera publié le prochain BHL, car un bon léchage de c** se prépare longtemps à l'avance.)

Ensuite, personne, évidemment, ne va s'étonner que "Marianne" consacre "autant de place" à BHL, pour la simple et bonne raison que ça fait des années que ça dure, et qu'à chaque fois que nous arrive un clownesque essai de l'ex-nouveau philosophe, "Marianne" lui passe au fondement une langue chargée de flagornerie.

(Je crois me rappeler par exemple, mais je peux me tromper (et j'ai la flemme de vérifier), que c'est Maurice lui-même qui a naguère salué par un long feulement amoureux la publication du "romanquête" halluciné de BHL sur Daniel Pearl - qui a consterné les neuf dixièmes (et demi) de la planète.)

Maurice, pourtant, veut marquer sa différence: "Nous nous intéressons non pas à la star BHL, mais à son livre, aux idées qu'il y défend, à la continuité historique et théorique que ces pages mettent en perspective".

Explique-t-il - et c'est beau comme un éditorial savant de "Philosophie Magazine".

Concrètement, ça donne un long papier où "Marianne" soutient notamment que "le nouvel ouvrage de BHL a le mérite de renvoyer à des interrogations sur la gauche qu'on ne saurait éluder": c'est, presque au mot près, ce qui depuis une dizaine de jours s'énonce partout dans la presse qui ment - et qui fait semblant de ne pas voir que les "interrogations" de BHL sont dans le meilleur des cas la millionième déclinaison des (graves) questions que les benêts "socialistes" nous posent depuis grosso modo vingt ans, et qui peuvent se résumer comme suit: "Pour aller à droite, c'est par où?"

Maurice, nonobstant, n'en démord pas: il est un (gros) cran au-dessus de ses confrères.

Si Maurice déroule devant BHL un moelleux tapis rouge, ce n'est pas (du tout) parce que Maurice aurait le goût de promotionner de burlesques bouquins: c'est parce que "l'hypocrisie a des limites".

(Je suis complètement d'accord.)

Maurice: "Nous nous plaignons sans cesse, avec amertume, avec rage, dans cet hebdomadaire et dans tous les autres journaux, que le débat et la réflexion sur la gauche, ses évolutions, sa place dans la société française et européenne, soient évités, contournés, interdits (...)".

Or: "Lévy, au moins, a le mérite de s'intéresser aux idées, de les triturer, de les malaxer, de les retourner, de construire un corps de doctrine, d'ouvrir des perspectives, de donner du sens".

Et ça, n'est-ce pas, c'est quand même assez rare.

(S'il vous plaît, arrêtez de ricaner bêtement, je n'arrive plus à me concentrer.)

Dès lors, Maurice pouvait-il faire le choix (douloureux) de ne pas consacrer un long dossier promotionnel au bouquin de BHL?

Non, bien sûr.

Car: "Ce livre fait réfléchir".

(A la différence, par exemple, de "Oui-Oui, chauffeur de taxi", qui est plus directement tourné vers le seul divertissement.)

Mieux même: "Ce livre permettra à coup sûr de débattre, de polémiquer, et, surtout, de réfléchir".

Evidemment, il se publie chaque jour, dans ce pays, des livres qui font "réfléchir" - mais dont Maurice jamais ne parlera.

Tenez.

Au hasard.

(Non, je rigole.)

Prenez le catalogue de La Découverte, et dites-moi s'il vous plaît quand Maurice a dédié huit pages à la promotion de l'une de ses moindres productions?

Ne cherchez pas: ça n'existe pas.

"Réfléchir"?

"Débattre"?

Avec plaisir.

Mais entre amis - parce que bon: l'hypocrisie a des limites.

12/10/2007

Perfide Albion!

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Un spectre, évidemment hideux, hante nos caisses primaires d'assurance maladie, et ce n'est pas (du tout), comme on pourrait le craindre sur la foi de présupposés laidement josébovistes, celui de la droite haineuse et revancharde qui ces temps-ci bousille tout ce qui peut ressembler à des parapets sociaux - mais bien plutôt celui de la cohorte immense des "faux chômeurs, faux malades" et autres gueux parasitaires qui ourdissent contre nous de gigantesques "fraudes sociales".

Ainsi que le relève dans son nouveau numéro, et sur la foi, notamment, du "livre choc d'un flic", l'hebdomadaire "L'Express".

Ce n'est pas nouveau - loin s'en faut.

C'est à intervalle régulier que nos vaillants médias nous suggèrent que les pauvres, ces guenilleux allocataires, sont aussi des fraudeurs, et je ne vais pas revenir sur ce que véhiculent ces mises en garde réitérées: nous avons tou(te)s compris qu'elles comblaient d'aise "les casseurs de l'Etat social" - comme dit Michel Husson dans un livre éponyme, paru je ne sais plus quand chez La Découverte, et que vous devriez lire, si vous avez trois minutes.

Ce qui cette fois-ci est original, c'est que "L'Express", où l'on a la bosse des maths, avance une estimation, chiffrée, du préjudice que nous infligent les fraudeurs (sociaux) - pendant que les nanti(e)s font de la philanthropie.

Estimation terrifiante: "19 milliards d'euros détournés" - chaque année.

On lit ça, on enrage - salauds de pauvres, salauds de fraudeurs, vous avez intérêt à rendre l'argent.

Salauds.

Mais.

Quand on s'intéresse aux calculs (savants) qui ont permis à "L'Express" d'arriver à ces 19 milliards d'euros, on bascule dans la dimension, mal connue encore, d'un journalisme iconoclaste - qui, lorsqu'il manque chez nous (en France) d'éléments pour documenter ses cris d'alarme, n'hésite plus à les chercher ailleurs.

En Grande-Bretagne, dans ce cas précis.

Vous allez voir: c'est magique.

"L'Express", dans un encadré parfumé à la transparence, pose pour nous la question: "Comment "L'Express" a-t-il pu estimer la fraude à 19 milliards d'euros?"

(Oui: comment?)

Réponse: "L'Express" fonde sa "démonstration" (les guillemets sont de moi) "sur deux rapports".

Le premier de ces deux rapports, "publié en mars 2007 par le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), concerne les cotisations".

D'après ce document, "le montant de la fraude aux cotisations sociales★ oscillerait entre 8 et 15 milliards d'euros par an".

Jusque là, tout va bien.

(Même si, personnellement, je trouve ces mecs du CPO un peu légers, de se ménager dans leurs calculs une marge d'erreur de presque 100%...)

C'est juste après que ça devient totalement sidérant, quand on apprend que le second "rapport" consulté par "L'Express" est "un audit du National Audit Office (NAO), la Cour des comptes britannique, datant de juillet 2006", qui "s'intéresse, lui, aux prestations" - et non plus aux cotisations.

Quoi???

La Cour des comptes britannique a enquêté sur des prestations versées en France???

Non, justement.

(Je me disais, aussi, non mais de quoi se mêlent encore ces foutus Anglais?)

La Cour des comptes britannique a enquêté en Grande-Bretagne, et le résultat de son investigation a été que "2,3 % des prestations sociales versées en Grande-Bretagne chaque année seraient détournées".

(Retenez le conditionnel.)

De sorte que, j'y insiste un peu lourdement pour que vous compreniez bien ce qui se passe, le rapport de la Cour des comptes britannique ne nous apprend absolument rien de ce qui se passe en France.

Mais ce minuscule détail, trois fois rien en vérité, n'a pas (du tout) arrêté les journaleux de "L'Express" - les gars ne sont pas du genre à s'emmerder pour si peu.

Tranquillement, ils ont "appliqué aux 500 milliards d'allocations distribuées en France" le taux (2,3 %) relevé outre-Manche par la Cour des comptes britannique - pour "chiffrer à 11 milliards d'euros les escroqueries probables".

(Retenez le "probables", ajoutez-le au conditionnel de tout à l'heure: ça commence à faire beaucoup, hein?)

"L'Express", évidemment, prend soin de préciser que ce taux britannique appliqué à notre cher et vieux pays est "jugé crédible par tous les experts nationaux" - dont nous devinons que "L'Express", pour être aussi affirmatif, les a tous consultés; mais qui cependant ne sont pas nommés.

Je veux bien.

Mais ça reste, me semble-t-il, un peu gênant, pour le dire gentiment, que "ce chiffre" (qui, ajouté "au bas de la fourchette de l'estimation du CPO", donne "un total de 19 milliards") n'ait aucune espèce de véritable valeur, puisqu'il ne concerne tout simplement pas ce qui se passe chez nous.

En même temps, positivons: cette nouvelle façon de faire du journalisme est pleine de promesses.

Il me revient, par exemple, que nous ne savons guère mesurer chez nous l'implantation réelle de la mafia - et soudain ce n'est plus un problème: regardons ce qui se passe en Italie, appliquons à nos marches sudistes les taux relevés en Calabre, et le tour sera joué.

"L'Express" pourra titrer: "MAFIA. UNE VERITE ATROCE, QUI FOUT GRAVEMENT LES JETONS".






★ Fraude "essentiellement due au travail au noir et aux emplois sous-déclarés" - donc, si je comprends bien, au patronat.

Eric Z. Contre Le Komintern (Dans Un Pays Ravagé Par Les Haines "Ethniques")

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"Le Monde" publie ce soir, dans ses pages "Débats", une "réplique" du "journaliste et essayiste" Eric Zemmour "au président de SOS-Racisme", qui l'avait dans ces mêmes pages qualifié quelques jours auparavant de "réactionnaire".

Je vous épargne le début de cette burlesque tribune, où Zemmour, qui écrit dans "Le Figaro" et se produit le samedi chez Ruquier, se pose en victime d'une police "de la pensée".

Voyez plutôt le moment où, fièrement, il revendique d'avoir, en homme de goût, "lu Pierre-André Taguieff" (arrêtez de vous marrer, c'est chiant), et d'avoir dès lors "compris que le progressisme antiraciste n'était que le successeur du communisme, avec les mêmes méthodes totalitaires mises au point par le Komintern dans les années 1930".

Je ne vais bien sûr pas commenter cette ineptie: j'ai l'intuition que la mémoire des victimes du totalitarisme soviétique mérite mieux que ça.

Mais retenez je vous prie, pour ce que cela nous révèle de leur sens de l'équité, que ce sont les mêmes gros penseurs, qui poussent des cris d'orfraie sitôt qu'on a le malheur de les trouver réacs - mais qui de leur côté n'hésitent jamais à traiter celles et ceux qui ont le front de ne pas se plier à leurs (petites) vues de "staliniens"; exactement comme s'ils ne savaient pas ce qu'a réellement été le stalinisme★.

Calomnie, obsessive, dont la fonction, il va de soi, est de salir, en l'assimilant inlassablement à l'un des régimes les plus criminels de l'histoire de l'humanité, ce que Zemmour, après Taguieff et tellement d'autres, nomme "le progressisme antiraciste" - incarnation, dans l'esprit de ces menus clercs, du mal absolu.

Ce fin subterfuge, où se reconnaît une rare subtilité conceptuelle (et stratégique), ouvre, à peu de frais, une brèche où ces gens, régulièrement, prétendent, comme dit joliment Zemmour, "réintrodui(re) le réel dans le débat récent autour de l'immigration" - et c'est un festival.

(Relevons d'ailleurs, et dès l'abord, que cette réintroduction commence, au cas précis, par un gigantesque bobard, puisque aussi bien "le débat autour de l'immigration" est tout, sauf "récent".)

Zemmour, dans "Le Monde", se fait d'abord statisticien, pour nous révéler que: "Selon le ministère des affaires étrangères, 30 % à 80 % des actes d'état civil sont frauduleux en Afrique".

(30 %, 80 %: du point de vue de notre comptable, c'est du pareil au même.)

En quoi ce pourcentage africain nous concerne-t-il?

Zemmour nous l'explique: "Les mariages entre Français et étrangers représentent désormais près de 30 % des mariages transcrits dans notre état-civil; la moitié de ces 90 700 mariages ont été célébrés à l'étranger en 2005; la progression en dix ans des mariages de Français au Maghreb et en Turquie a explosé de 731 %".

Est-ce tout?

Non.

Ce n'est pas tout.

Zemmour précise encore "En 1994, ils étaient 1 129 ressortissants algériens à épouser un Français".

Or: "En 2005, ils sont 12 457".

Soit: "Onze fois plus".

Mon Dieu.

C'est une invasion.

Les Algériens, comme les Turcs, ont une arme secrète, pour nous étouffer sous le(ur) nombre: ils nous marient, par milliers.

Ils sont très forts.

Zemmour, après avoir ainsi quantifié un péril (maghrébin) qui se multiplie quand même par onze tous les onze ans (quand on y réfléchit c'est hyper-flippant), ôte sa blouse de mathématicien amateur, et se lance dans une espèce d'imprécation hallucinée, d'où il ressort, notamment, je vous jure que je n'invente rien, que: "Dans les cours de récréation de nos écoles, les enfants se regroupent par clans ethniques qui s'ignorent ou se détestent: "Les rebeus, les reunois, les feujs, les noichs ou les çaifrans"".

Et de préciser: "L'insulte suprême est: "Sale Français!"".

(Avec un point d'exclamation!)

Et c'est vrai que, là encore, ça fout gravement les jetons.

Sauf que.

Si je vérifie près de chez moi.

Dans les cours de récré de mes enfants, pleines de "rebeus" et de "reunois" et de "feujs" et de "noichs", etc, on signale si peu de clanismes "ethniques", voyez-vous, qu'on n'en signale même pas du tout.

"Les rebeus, les reunois, les feujs, les noichs et les çaifrans" jouent ensemble - et, parfois, se foutent ensemble sur la gueule, ainsi qu'il arrive, hélas, dans les cours de récré.

"Les rebeus, les reunois, les feujs, les noichs", sont même, tenez-vous bien, des Français comme les autres.

De sorte que l'insulte suprême n'est pas (du tout): "Sale Français!"

(Avec un point d'exclamation.)

Mais je n'espère plus que Zemmour puisse même envisager d'envisager une réalité si emblématique d'un "multiculturalisme" qu'il exècre - car il tient, manifestement, à détecter partout des haines "ethniques".

Ainsi, posément, il énonce que: "Des bandes ethniques s'affrontent à la gare du Nord".

(S'il vous plaît, retenez-le: une baston entre noirs dans une gare parisienne est l'affrontement de "bandes ethniques", alors qu'une bagarre entre blancs dans une fête villageoise, non.)

Puis, Zemmour lâche, dans un ahurissant débondage, que: "Lors de la présidentielle, on a vu à l'oeuvre un terrifiant vote ethnique".

Ah ouais?

Ah ouais.

Vraiment?

Vraiment.

La preuve - selon notre journaliste: "94 % des électeurs qui se disent musulmans ont voté Ségolène Royal; 77 % de ceux qui se disent catholiques pratiquants ont voté Nicolas Sarkozy".

Pof.

Pof.

Pof.

J'ai lu ça, je me suis d'abord dit, ah, tiens, c'est la première fois qu'on me suggère d'envisager comme une ethnie les "catholiques pratiquants", c'est marrant, ça change, ça met de la nouveauté dans ma vie.

Puis j'ai pensé, attends, sous la plume du gars qui vient de nous effrayer avec du Maghrébin épouseur?

Sous la plume du gars qui vient de fustiger les "bandes ethniques" de la gare du Nord - mais qui manifestement ne considère pas leurs affrontements comme des guerres de religions?

Sous la plume de ce gars, ai-je conclu, cette invitation à ethniciser les "catholiques pratiquants" et les "musulmans" après "les rebeus, les reunois, les feujs, les noichs ou les çaifrans" doit signifier quelque chose de très particulier.

Mais quoi?




★ Le prochain bouquin de Taguieff s'appelle ainsi, je crois: "La stalinisation des esprits".
Afin, j'imagine, de mieux poser que si tu n'applaudis pas frénétiquement au spectacle d'un fier intellectuel égrenant à la télé des odes à Sarkozy, c'est parce que, d'évidence, tu as les mains tâchées du sang de millions de koulaks.

11/10/2007

Oooooh, Le Jolivre!

Oh, oooh, oooooh, le jolivre!

Me dit-on.

Et je suis absolument d'accord.

La couverture, en particulier, me ravit★.

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C'est la première fois qu'un de mes bouquins est republié au format de poche (dans une version, il va de soi, revue, corrigée, actualisée) - et ça me comble d'aise, à un point que vous n'imaginez pas.

Ce jolivre coûte sept euros.

(Si vous êtes un milliard et demi à l'acheter, ma banquière m'appelle Monsieur Jean D'Ormesson, et je me tire aux Seychelles.)

Vous le trouverez dans n'importe quelle épicerie de quartier, mais vous pouvez, aussi, le commander chez www.editionslibertalia.com - sans frais de port.

(Eric Le Boucher, chroniqueur néolibéral au "Monde", le relevait la semaine dernière: "Libertalia écrase les prix".)

Pour autant, je ne voudrais pas non plus que vous pensiez vous en tirer pour une poignée d'euros: ce n'est pas ce qui va se passer.

Du tout.

Ca va pas être possible.

Du tout.

Quand vous serez chez www.editionslibertalia.com, vous allez en effet profiter du voyage pour commander, aussi, le jolivre de Thierry Pelletier, "La petite maison dans la zermi", d'abord parce que c'est un bouquin absolument formidable, ensuite parce que ça me ferait de la peine, comme je dis souvent, de m'attaquer à votre animal de compagnie.

Et c'est pas fini.

Vous ne pouvez pas le savoir, mais "La position du penseur couché" ne se lit qu'en écoutant le dernier disque de Fred Alpi: "Se reposer ou être libre".

Qui se commande chez www.fredalpi.com.

(Extrait: "J'entendais encore ce matin un intellectueur à gages, qui étalait à la radio le contenu de son bagage. Il justifiait, oui il cautionnait, l'ignorance et la misère - il se croyait nouveau, ce laveur de cerveau, il n'était que réactionnaire".)

Ce disque, un philosophe de renom, qui n'a pourtant pas la réputation d'aimer le rock'n'roll dégénéré, l'a entendu - par hasard.

Et voyez l'effet que ça lui a fait★.

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Bon.

Je fais les comptes.

Mon jolivre, sept euros.

Le jolivre de Pelletier, dix euros.

Le disque d'Alpi, douze euros.

J'arrondis, et ça vous fait une journée à trente euros: je sais que c'est beaucoup, mais dites-vous bien que je penserai très fort à vous - aux Seychelles.




★ Merci qui?
Merci Bruno.
Allez, d'urgence, faire un tour chez Bruno: http://nono-le-hools.com.




(D'aucun(e)s, mesquin(e)s, me signalent, quelques heures après la mise en ligne de ce billet abusivement autopromotionnel, que: "Tant qu'à fourguer ta production maraîchère, ça serait aussi bien que tu apprennes à insérer dans tes réclames des liens sur lesquels on aurait juste à cliquer - au lieu que de se faire sauvagement ch*** à recopier d'interminables adresses".
J'entends, mais je n'ai jamais su faire ça.
Jamais.
Rien que d'y penser, j'ai des frissons d'angoisse.
Des suées.
Raaah.)

10/10/2007

Pascal (Bruckner) A Signé La Pétition De Philippe (Val)

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Un copain, l'autre jour, m'expliquait, en substance: "Moi, tu comprends, je l'ai signée, la pétition de "Charlie Hebdo" contre les tests ADN, parce que là, tu comprends, il ne s'agit pas de signer "pour" Philippe Val et ses potes, mais "contre" une loi dégueulasse".

Oui, mais non.

C'est pas comme ça que ça marche.

Du tout.

Ca, c'est un raisonnement à la Philippe Val, du type, à signataire donné, on ne regarde pas le pedigree.

Mais dans la vraie vie, c'est quand même un peu compliqué de pétitionner avec des gens qui n'ont de cesse que de nous signifier qu'un immigré, ça va encore (à l'expresse condition bien sûr, qu'il ne vienne pas en plus nous réclamer de nous repentir d'avoir construit à ses primitifs grands-parents des routes goudronnées), mais que trois immigrés, bonjour les dégâts: ces gens-là on le sait consomment beaucoup d'allocations, et pour tout dire ôtent "parfois" le pain de la bouche de nos petits blancs.

Quand je découvre, par exemple, ce matin, que Pascal Bruckner a signé la pétition de "Charlie Hebdo", et que "Charlie Hebdo" se gargarise en couverture de cette contribution, je me dis que la machine à nous prendre pour des neuneus oublieux tourne à plein régime.

Parce que moi, je suis désolé, mais quand je l'entends parler de l'immigration, Pascal Bruckner, s'il y a bien une chose dont je n'ai pas envie, c'est de signer une pétition avec lui - merci, je crois que je vais passer mon tour.

Pascal Bruckner est le monsieur qui a, "Libération" l'avait relevé, "défendu" au mois d'octobre 2006, "dans une interview à l'édition dominicale du "Matin" de Lausanne, (...) le durcissement des lois suisses sur l'immigration, (...) qui met pratiquement fin à toute possibilité de regroupement familial et verrouille le droit d'asile".

Pascal Bruckner, essayiste fameux, avait alors déclaré, avec beaucoup de cette inimitable dignité qui souvent caractérise les intellectuels de médias: "La Suisse montre la voie à l'Europe, c'est une question de bon sens★, commençons par intégrer nos immigrés, par en faire de vrais Suisses, de vrais Français ou de vrais Espagnols, avant d'en laisser entrer d'autres".

(Comme je disais, un immigré, ça va, mais dès qu'ils sont un peu nombreux, ça devient difficile d'en "faire de vrais Français"...)

Plus récemment, Pascal Bruckner a posément précisé, dans la revue de "Bernard"(-Henri Lévy), qui a signé lui aussi la pétition de "Charlie Hebdo", que: "Seul l'Etat-providence, par les allocations qu'il nous fournit, nous rappelle que nous sommes encore d'un lieu, d'une administration".

Mais que: "L'Etat-providence, précisément, n'est pas extensible à l'infini, ses ressources sont limitées et le filet de sécurité qu'il tend autour des plus démunis ne peut s'étendre à tous sans craquer".

Et que de surplus: "Il suppose un équilibre démographique délicat qu'un afflux massif de personnes peut rompre sans peine".

(Comme je disais: l'immigré consomme beaucoup d'allocations et pourrait bien, s'il affluait massivement, ôter complètement le pain de la bouche de nos petits blancs.

Dites.

Ca ne vous rappelle rien?

Vous n'avez pas l'impression d'avoir déjà entendu ça?)

Pascal Bruckner, évidemment, est libre, après avoir ainsi théorisé la nécessaire imperméabilisation de nos frontières, de parapher le vibrant appel de "Charlie Hebdo", au motif, noble, qu'"on ne sélectionne pas les individus sur des critères génétiques" - ainsi que la pétition le stipule.

Mais une fois que t'auras enlevé du paysage les tests ADN (qui de fait seront probablement escamotés, Sarko serait bien sot de ne pas s'offrir à si peu de frais ce petit supplément d'humanité), questions.

Est-ce que les rafles cesseront?

Est-ce que les Noiches vont arrêter de se défenestrer?

Ben non - puisque les pétitionnaires de "Charlie Hebdo" sont tou(te)s d'accord, ou presque, pour considérer que, "certes", il faut "trouver les moyens de maîtriser l'immigration" - ainsi que l'exigeait Philippe Val dans son éditorial de la semaine dernière.

La sélection des individus sur des critères génétiques donne des nausées à nos signataires, mais enlevez les critères génétiques et maintenez la sélection - et les voilà qui tout soudain se rappellent qu'ils ont un dîner hyper-important, et que non, désolé, ils ne pourront pas manifester avec vous contre une loi qui, au fond, n'était le navrant "détail" des tests ADN, n'est pas si choquante, allons, allons, vous ne voudriez tout de même pas qu'un "afflux massif de personnes" interrompe le versement de vos allocations?

Philippe Val: "Bien sûr, la loi Hortefeux pose des problèmes, qui eux aussi ont fait l'objet de débats parlementaires".

Mais l'amendement ADN "touche à un principe".

Philippe Val pétitionne contre les tests ADN, mais pour le reste, s'en remet, confiant, au Parlement, où la (vraie) gauche est, comme on sait, massivement représentée.

Question de principe.

Ce que Philippe Val ne dit pas, c'est que le contrôle des flux migratoires, qu'il appelle de ses voeux, se fait au faciès.

Le régime n'a rien trouvé de mieux, pour expulser chaque année 25.000 "clandestins" foncés de peau, que de contrôler dans nos rues tout ce qui, de près ou de loin, peut ressembler à un basané - c'est pas moi qui le dis: ce sont les syndicats de policiers, qui ne sont pas exactement les pires adversaires politiques du chef de l'Etat.

Les maîtriseux (des flux migratoires) me gonflent, quand ils circonscrivent méticuleusement leur protestation à une pétition de principe contre les tests ADN.

J'aurais préféré quelque chose de plus vaste, genre, on ne traque pas les enfants "clandestins", ni leurs parents, et on cesse de pousser les sans-papiers au désespoir abominable qui les fait se défenestrer.

Mais ça, évidemment, les pétitionnaires ne l'exigent pas du tout - puisque, rappelez-vous, je viens encore de vous le répéter, ils souhaitent, comme Sarkozy, comme Hortefeux, se prémunir contre un "afflux massif" de gueux dépenaillés.

Comme si, dans la vraie vie, les cadeaux somptuaires dont le régime abreuve quotidiennement les nantis n'étaient pas foutrement plus coûteux que 25.000 immigrés par an...

Pétition?

Piège à c***.



★ Ah, le "bon sens"...
Le bon gros "bon sens"...

 
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