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09/10/2007

Fadelarienvu, Fadelarienentendu, Fadelatendanceànousprendrepourdesbenêts

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A mon avis, quand Sarkozy en campagne braconnait au printemps dernier dans les marécages, Fadelamara était à l'autre bout du monde, au trou du cul d'un trou perdu, sans radio, sans télé, sans journaux.

Sans quoi, Fadelamara aurait forcément eu vent de ce que le rodomont décomplexé dégorgeait à traits continus.

Fadelamara aurait entendu Sarkozy, quand Sarkozy fustigeait les immigrés qui dans leurs crades baignoires décapitent force moutons.

Fadelamara aurait entendu Sarkozy, quand Sarkozy brandissait pour sa promotion la menace (fantôme) de 400 millions d'Africains, jeunes et déterminés à nous fondre sur.

Fadelamara aurait entendu Sarkozy, quand Sarkozy promettait, non pas une, aaaaapprochez, non pas deux, aaaaapprochez, non pas trois, venez, venez, venez, mais tout plein de lois sur (et contre) l'immigration.

A mon avis, depuis l'été, Fadelamara se bouche les yeux, les oreilles et le nez - sans quoi, nécessairement, elle aurait, fût-ce de ses hauteurs boutiniques, vu (un peu de) ce qui se passe dans nos rues ces temps-ci.

Elle aurait vu les rafles, Fadelamara.

Elle aurait vu les contrôles au faciès, Fadelamara.

Elle aurait entendu le hurlement du Russe qui tombe d'une corniche.

Elle aurait entendu le craquement que fait le crâne d'une Chinoise qui se défenestre.

Elle aurait pris la mesure de ce que devient la vie, au pays de la liberté, de l'égalité, de la fraternité.

Mais Fadelamara n'a rien vu, rien entendu, rien perçu.

Et la voilà qui soudain fait mine de se rendre compte qu'il y a dans le fond de l'air quelque chose de pourri - et qui s'offusque, la pauvrette: "Y en a marre qu'on instrumentalise à chaque fois l'immigration".

Et la voilà qui agite ses tout petits poings sous le nez de Brice Hortefeux: "Le jour vraiment où ce sera trop insupportable, le jour où ce sera trop dur, (...) je partirai!"

Mais là, pour le moment, ça va: il n'est après tout question que de rafles, et de tests ADN, et ça, franchement, ça n'a rien que de (très) supportable, hein, Fadelamara?

Je veux dire: tu vas pas "partir" pour si peu?



(Sur le même sujet, voyez aussi: http://olivierbonnet.canalblog.com/)

Lécher Sarko

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Hier, dans "Le Parisien", Bernard-Henri Lévy, aka BHL, soudain lâche l'une des crânes apostrophes qui font dire à ses proches que "Bernard" a des, je cite, "c******* de taureau".

Au détour d'une divagation évidemment burlesque, "Bernard" lance en effet, à la manière d'un Steven Seagal révélant naguère qu'il était le cuisinier du bord: "Moi, j'emmerde Chevènement".

Aussitôt, l'UNESCO se réunit, et stipule que le "gigantesque courage" de "Bernard" sera désormais "inscrit au patrimoine mondial de l'humanité" - car il faut, justifient les big bosses de cette vénérable institution, "des c******* phénoménales, pour oser affronter seul, au mois d'octobre 2007, quelqu'un d'aussi incroyablement puissant que Jean-Pierre Chevènement".

Je ne suis pas d'un avis différent, et je trouve cette reconnaissance d'autant plus méritée, que BHL, gentilhomme accompli, n'est pas seulement le héros poilu qui emmerde Jean-Pierre Chevènement: il sait aussi voler au secours de ceux que la vie a brisés.

Dans "Le Parisien" toujours, il observe ainsi que le chétif Nicolas Sarkozy est un garçon hyper-sympa.

BHL se lève, se trémousse, et chante, sur l'air de "Kirikou": "Sarkozy est petit, mais il est gentil, Sarkozy est petit, mais il est joli, Sarkozy est petit, mais c'est mon ami".

Tout "Bernard" est dans ce contraste: en même temps qu'il fustige (brutalement) Jean-Pierre Chevènement, qui n'est plus rien, il passe au verso de Nicolas Sarkozy, qui est une espèce de pénible totalité, une langue chargée de flagornerie sucrée.

Y a toujours eu comme ça, dans les cours de récré, de ces navrants brasseurs - qui moquent le petit binocleux maigrichon planqué sous son platane, pour mieux s'inféoder aux caïds à balles cent.

08/10/2007

Lécher "Bernard" (Suite)

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Je lis, dans un quotidien barbichu, que Ségolène Royal "va chroniquer le livre" de "Bernard"(-Henri Lévy) "pour "Paris-Match"" - et voilà exactement le genre de burlesque farce qui, de mon point de vue, n'appelle aucune espèce de commentaire...

07/10/2007

Lécher "Bernard"

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A chaque fois que paraît un bouquin de "Bernard", des "journalistes" lui font une haie (d'honneur), pâmé(e)s.

Serge Halimi les a un jour appelé(e)s, si mes souvenirs sont bons, "la brigade d'acclamation", et, fichtre, que c'était bien trouvé.

("Bernard", c'est, vous l'avez reconnu, Bernard-Henri Lévy, aka BHL - klaxon décolleté d'une vieille ""Nouvelle philosophie" dont il a été suffisamment dit et répété partout qu'elle n'avait rien ni de nouveau ni de philosophique pour qu'il soit utile de s'y attarder ici"★

Ce sont ses proches potes qui l'appellent "Bernard"', sans doute pour ce que cela permet de rimes riches - du style, "Bernard est un fêtard".)

Démonstration: "Bernard" vient de commettre un désolant pensum, trente-quatrième du genre, et, comme d'hab, ses journaleux de chevet, dont l'appendice caudal frétille à chaque fois qu'ils se trouvent une occasion de lécher, glapissent qu'il est beau - avant que de se recoucher.

Dans "Charlie Hebdo", hebdomadaire caustique, le taulier, Philippe Val, observe ainsi, dans une rare dépense de salive, qu'il s'agit d'"un livre intime et dense", qui "révèle des convictions, une vigilance et une réflexion (...)"

(Puis Philippe Val, concentré, se replonge dans la rédaction de sa biographie de Noam Chomsky, sobrement titrée "Le fils caché d'Adolf Hitler", en quoi "Bernard", espère-t-il, ne manquera pas de saluer, rendant lècherie pour lècherie, "un livre dense et fort, et qui fait vachement réfléchir".)

De son côté, "Le Nouvel Observateur", organe semainier de liaison de la gauche montres★★, consacre sa couverture, puis vingt pages d'un mièvre dossier, puis bien évidemment l'éditorial du Chef Suprême (Jean "Pontife" Daniel) à un "livre" qui "relance le débat".

Et en effet: une controverse de gros niveau, comme oncques n'en vîmes depuis celle qui opposa jadis Bouvard à Pécuchet, met aux prises, aux pages 18 à 22, "Bernard" et "Alain" (Finkielkraut) - d'où il ressort, j'en suis retourné, que "les clivages ont encore un sens".

Enfilez vos K-Way: il pleut dru du concept.

Est-ce tout?

Du tout.

Chacun(e), dans la presse (qui ment), veut s'acquitter ces jours-ci de sa contribution, forcément désintéressée, à la promotion d'un ouvrage si follement subversif, que même Laurent Joffrin en a eu dit-on le souffle "coupé".

Ce matin, dans "Le Journal du Dimanche", (JDD), une certaine Pascale Amaudric passe au verso du penseur une langue chargée d'un taux si dangereusement élevé de flagornerie, que les autorités parlent de "menace toxique" (et dépêchent le commissaire Steven S.).

Contre "l'islamisme", par exemple, "face auquel la gauche pèche par tolérance et dans lequel l'extrême gauche "se compromet"★★★, BHL propose une arme radicale: la laïcité".

S'extasie Pascale Amaudric.

Comme c'est radical, en effet.

Comme c'est nouveau.

Pascale Amaudric en tire la seule conclusion possible: "Ce (que BHL) aime avant tout, c'est installer les controverses autour de ses propres combats, tous urgents, tous fondamentaux".

Car - je vous jure que je n'invente rien: "Ses combats sont réels, "réellement réels"".

(Hhhhhhhhhh...)

Il est vrai que "Bernard" ne se laisse guère de choix: "Sa vigilance ne permet pas le répit tant les pestes brune, rouge et verte (l'islamisme) sont toujours à nos portes, voire déjà, par "une dangereuse contamination virale", dans les esprits"...

Les divisions de choc du Pacte de Varsovie s'apprêtent, une fois encore, à nous fondre sur, mais un philosophe se lève - et c'est, Pascale Amaudric nous le révèle: "Un jeune homme libre".

Soyons justes: ce n'est pas faux.

Il n'est pas faux d'affirmer que "Bernard" est "libre".

"Bernard" est libre, en effet, de "corriger, voire (d') empêcher", en défenseur cohérent de la liberté d'expression, "la parution d'articles qui lui déplaisent".

Fort de son incroyable "impunité médiatique", il "se permet" aussi "beaucoup de liberté dans ses "enquêtes" au Pakistan, en Afghanistan, en Algérie".

(Etc.)

Cela, deux pénibles empêcheurs de flatter en rond, Nicolas Beau et Olivier Toscer l'ont formellement établi (et documenté) au terme de leur propre "enquête", parue l'an dernier★★★★, "au coeur des réseaux médiatiques français, avec leurs arrangements et leurs petites lâchetés, sur les traces de leur plus belle imposture: Bernard-Henri Lévy".

Ce que narre ce livre est absolument accablant.

Mais la presse (qui ment) l'efface de la photo, comme la "Pravda" faisait jadis - car il nuit, gravement, à l'image du "jeune homme libre" qu'elle ne finit jamais de pourlécher, le cul solidement calé sur un ultime vestige de sa dignité passée: la déontologie.







★ "D'une révolution conservatrice, et de ses effets sur la gauche française", par Didier Eribon, éd. Léo Scheer, 2007.
★★ "Une Rolex sinon rien", exige-t-il ce jeudi.
★★★ Vous n'avez rien contre une petite calomnie, en passant?
★★★★ "Une imposture française", éd. les arènes, 2006.

Le Minist(è)re De La Guerre

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Donald Kouchner, méticuleusement, nous prépare à l'idée que décidément, il nous faudra, bientôt, guerroyer contre l'Iran.

Il y a une grosse quinzaine de jours, il nous avait, rappelez-vous, suggéré tout de go de nous "préparer au pire".
 
Le pire?
 
Qu'était-ce?
 
"Mais la guerre, monsieur".
 
Avait-il précisé, avec dans la voix le trémolo qui signale une forte émotion, et une pensée rigolarde pour le serment d'Hippocrate - qui stipule, en son troisième commandement, que: "Tu ne hacheras point les populations persanes".
 
Donald Kouchner, dont le courage (légendaire) ne va tout de même pas jusqu'à la témérité, avait ensuite assuré que nous l'avions mal compris, sot(te)s que nous sommes: "Quand je dis qu'il faut se préparer à la guerre, il va de soi que ça ne veut pas (du tout) dire qu'il faut se préparer à la guerre".
 
Devait-il expliquer.
 
Même son épouse, Daisy Kouchner, l'avait trouvé, sur un tel coup, un peu léger: "Tu sais, Donald chéri, tu fais ce que tu veux, mais si tu continues à prendre les gens pour des cons, ils vont finir par ne plus regarder l'émission où je traite semaine après semaine tes copains de la majorité présidentielle".
 
Avait-elle estimé.
 
Emu, Donald Kouchner avait alors prêté l'un de ces romantiques serments qui se font de moitié à moitié:  "Je te jure, Daisy (et je crache, ptoui, ptoui), de libérer le belliqueux néo-conservateur qui est en moi".
 
Promesse tenue: Donald Kouchner vient finalement de répéter ce qu'il avait d'abord dit - la guerre, la guerre, la guerre. 
 
Bien sûr, il ne l'énonce plus aussi crûment.
 
Il préfère passer par une périphrase en faisant mine de ne pas vouloir passer par des périphrases: "On peut parler de conflit de haute intensité ou de l'acmé de la crise - mais quand on évoque des bombardements sur un pays, pour moi, ça s'appelle la guerre".
 
Et en effet: ça revient au même.
 
Donald Kouchner continue par conséquent à nous préparer au pire.
 
Seule nouveauté: pour justifier, par anticipation, le prochain bombardement de l'Iran, qui, pour lui, "s'appelle la guerre", Donald Kouchner use désormais du procédé, quelque peu affligeant mais tellement efficace, breveté sous le nom de: "Foutage de gueule façon Rumsfeld".
 
Conscient que le seul prétexte du nucléaire va faire marrer tout le monde, après que la France vient de s'engager à fourguer une centrale à Kadhafi pour lui dessaler son eau de mer, Donald Kouchner, qui est à la géostratégie ce que Brice Hortefeux est à la solidarité entre les peuples, "accuse" désormais "l'Iran de tous les maux en Irak" - ainsi que le relève nouvelObs.com.
 
Il peut nous arriver, à nous, qui sommes un peu superficiel(le)s dans notre appréhension de ce qui se passe en Irak, de considérer que les "maux" dont souffre ce pays sont plutôt le résultat, effroyable, de la sale guerre de Bush.
 
Mais Donald Kouchner est d'un avis très différent: de son point de vue, "le déclenchement des conflits inter-chiites, comme à Kerbala il n'y a pas longtemps, qui a fait des dizaines de morts, sinon des centaines"?
 
"Le fracas entre les milices que l'on attribue à Al-Qaïda"?
 
Le gros méchant bordel sanglant?
 
"Tout cela", Donald Kouchner l'affirme, est de la seule responsabilité de l'Iran.
 
De sorte que, vous l'aurez compris, la guerre à laquelle nous sommes prié(e)s de nous préparer sera aussi, et c'est beau comme une promesse de Colin Powell devant l'ONU, une guerre de libération - de l'Irak.
 
Il suffira en somme de quelques frappes (ciblées) sur Téhéran, pour que Bagdad redevienne un lieu paisible.
 
Quand je découvre ça, j'ai l'impression de remonter le temps.
 
J'ai l'impression d'entendre Bush et sa clique nous certifier qu'en réalité, leur sale guerre, d'abord justifiée par des "armes de destruction massive" qui n'existaient pas, avait pour unique objectif de rétablir la démocratie en Irak.
 
J'ai comme l'impression, pour le dire autrement, que le ressort grossier du bon docteur Kouchner, qui soudain brandit contre l'Iran les maux de l'Irak (et non plus seulement le nucléaire), a déjà servi.
 
Et ça me fout les jetons. 
 
 
 

Terrorisme Intellectuel: BHL Remet Cent Balles Dans Le Bastringue

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C'est vrai que ça faisait longtemps, au moins deux ou trois semaines, qu'un penseur de compétition (ou de cons pétitions) ne nous avait pas fait le coup.

Et là, c'est "Bernard" qui s'y colle, dans son dernier bouquin.

(Celui qui, d'ores et déjà, fait dire à 99,99% de nos journaleux qu'il ne s'est, je cite: "Jamais rien écrit d'aussi fort, d'aussi formidablement fort, et je sens que nous tenons là de quoi nourrir jusqu'au mois prochain nos merdiques "débats"".)

Quand je dis "Bernard", je veux parler, vous l'aurez compris, de Bernard-Henri Lévy, aka BHL.

(C'est un autre intellectuel de très gros niveau, l'un de ceux que pâme le chuintement nocturne d'un F-111 yankee dans un ciel arabique, Alexandre Adler, qui l'appelle "Bernard" dans le "Nouvel Observateur" de la semaine, et je me suis dit que j'allais faire la même chose, y a pas de raison.)

Or donc, "Bernard", à son tour, vomit, après avoir fait mine, comme à l'accoutumée, de beaucoup réfléchir, que, ouvrez les guillemets, l'antiaméricanisme est un antisémitisme, fermez les guillemets.

Il affirme, précisément, que: "L'antiaméricanisme est une métaphore de l'antisémitisme".

(De la même façon que la "philosophie" apparaît parfois dans nos médias comme une métaphore de la connerie crasse - ai-je pensé.)

Bien évidemment, cette forte maxime de "Bernard" n'a rien de nouveau.

(La dernière fois qu'un penseur prénommé "Bernard" a su formuler une idée nouvelle, peu de gens le savent: il s'agissait d'un certain Bernard-Henri Dupont (1740-1793), écrivain public à Montluçon.)

Comme je disais au début de ce billet, c'est avec une tenace régularité que nos clercs de télévision nous révèlent que si t'aimes pas George W., t'es une ordure antisémite, et que, par conséquent, si tu considères qu'il n'est pas forcément nécessaire de lancer des F-111 chuinteurs sur le (tiers-)monde arabo-musulman, t'es un nazi de fort calibre.

Vous pensez que j'en rajoute?

Nenni, ami(e)s: voyons, si vous le voulez, quelques rapides exemples.

En 2004*, un "politologue" de renom planétaire, Pierre-André Taguieff, affirme que: "Depuis l'automne 2002, l'antiaméricanisme à la française s'est de plus en plus clairement teinté de judéophobie".

En effet, "à l'approche d'une intervention militaire contre le régime totalitaire de Saddam Hussein, la propagande irakienne a réactivé (un) vieux thème d'accusation (...): la guerre d'Irak serait une guerre voulue et préparée par Israël et les sionistes".

Et bien sûr, les altermondialistes qui ont manifesté contre la guerre en question se sont laissés prendre à la propagande irakienne - car ces gens sont quand même, à la base, des pauvres cons.

Du point de vue, toujours incroyablement fin, de "Pierre", ces manifestants sont d'ailleurs de la même espèce que ceux qui ont naguère livré l'Europe à l'hitlérisme, puisque, "dans les deux situations historiques considérées, en 1936-1939 et en 2002(-2004), l'opposition à la guerre contre une dictature reconnue comme telle prend la forme d'une puissante vague "pacifiste", au discours de propagande constellé d'amalgames polémiques".

Conclusion: "La dénonciation néo-gauchiste de la "busherie" peut aussi glisser vers les "antisionistes" de l'autre bord, les néo-fascistes (...)".

On le constate: "Pierre", après avoir tranquillement fabriqué un amalgame dégueulasse entre les Münichois et les manifestants alters qui protestent contre la (très sale) guerre de Bush, brandit cet amalgame comme la preuve que sa démonstration tient la route.

L'extrême rigueur de ses travaux, dont nous avons ici un exemple très pur, a conduit le "New York Times" à se demander: "Who the fuck is Pierre-André Taguieff???"

Mais continuons si vous le voulez bien notre exploration du merveilleux pays où l'antiaméricanisme est un antisémitisme**.

Plus près de nous, au printemps 2006, un essayiste fameux, Pascal Bruckner, a très calmement craché: "Si le débarquement de juin 1944 avait lieu aujourd'hui, l'oncle Adolf jouirait de la sympathie d'innombrables patriotes et radicaux de la gauche extrême au motif que l'Oncle Sam tenterait de l'écraser"....

Pour le dire autrement: si "l'oncle Adolf" (ainsi que l'appelle joliment le taquin "Pascal") revenait aujourd'hui, les gens de gauche qui ont manifesté (comme des salauds) contre la guerre bushique se presseraient à son chevet, dans leurs uniformes vert-de-gris.

"Pascal" redit par conséquent ce que disait "Pierre", mais de façon beaucoup plus obscène encore - et cela ne pouvait que séduire Philippe Val, boss de "Charlie Hebdo", qui fréquemment frétille de l'appendice caudal, quand apparaît dans ses parages une bonne saloperie, bien épaisse, bien diffamatoire.

Dès lors, conquis par la puissance du raisonnement de "Pascal", par la force de son argumentation, par l'iconoclasme de sa formulation, "Philippe", à son tour, observe en octobre 2006 que: "L'opinion française est travaillée par une sorte de racisme anti-américain auquel Bush sert de prétexte".

Le prouve-t-il?

Evidemment pas.

"Philippe" fait ici comme font ses copains de chambrée: ils diffament, calomnient, injurient - mais jamais ne documentent, et pour cause, leurs misérables "réflexions".

J'arrête là: vous aurez compris que BHL n'invente absolument rien, quand il affirme aujourd'hui que "l'antiaméricanisme est une métaphore de l'antisémitisme".

Il décline, pour la mille et millième fois, le sinistre fantasme qui permet à nos penseurs médiatiques d'insulter, sous les applaudissement (nourris) d'une presse tragiquement suiviste, les outrecuidants scélérats qui osent ne pas se prosterner aux pieds de la clique bushiste.

Ca porte un nom: c'est du terrorisme intellectuel.

Oh.

A ce propos.

Je suis tombé sur un specimen de choix.

Un pacifiste spécialement fielleux, que travaille, d'évidence, une criminelle pulsion gauchiste: il a par exemple osé affirmer, dans "Marianne", que "la France n'est pas nourrie d'antiaméricanisme".

Non content, il a même précisé: "Ne confondons pas l'administration Bush et l'Amérique!"

Daladier?

Non: Dominique de Villepin.






* Dans la revue "Tohu-Bohu".
** Je le signale pour l'anecdote: l'excellent Robert "Bobby" Redeker, humaniste célèbre, n'a pas manqué non plus d'observer que le discours des opposants "néo-pacifistes" à la deuxième guerre d'Irak pouvait se comparer à la "propagande vichystonazie".

05/10/2007

Soudain Une Infamie

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Voyez l'infamie, quand soudain elle est dite sans fard.

Voyez l'insulte, quand soudain elle se donne pour ce qu'elle est.

Voyez la morgue satisfaite, quand soudain elle (s')avance à découvert.

Voyez le gigantesque mépris où cet homme nous tient.

Ce chef de l'Etat.

Voyez comme il nous prend, définitivement, pour des con(ne)s de haut vol - et ne se donne plus du tout la peine de le dissimuler.

Hier.

A Sofia (Bulgarie).

Nicolas Sarkozy.

Evoquant la libération des infirmières et du médecin détenus en Libye, que son épouse, dit-il, a si bellement su libérer.

Avec, dit-il, "beaucoup de courage et de sincérité, beaucoup d'humanité et beaucoup de brio".

(Avec aussi, dans sa besace, du matériel de guerre pour l'ami Kadhafi, et jusqu'à une centrale atomique pour lui, j'essaie de l'écrire sans ricaner, dessaler son eau de mer - mais cela sera tu, bien sûr.)

Hier, donc.

A Sofia.

Nicolas Sarkozy.

A déclaré, toute honte bue, toute pudeur oubliée: "Chaque fois que quelqu'un est humilié, est persécuté, est opprimé, il devient automatiquement français".

Hier.

A Sofia.

Nicolas Sarkozy nous a par conséquent signifié qu'il nous concédait, au mieux, l'intelligence d'un banc de soixante millions de mollusques bivalves, plus couramment appelés huîtres, moyennement doués pour la souvenance - et il va quand même falloir qu'on finisse par lui signifier que ça va plus être possible.

Il va quand même falloir qu'on lui rappelle, à Nicolas Sarkozy, qu'on n'hiberne pas, depuis le printemps dernier.

Depuis qu'il a pendant sa campagne braconné dans les marécages, fustigeant l'étranger campé sur nos marches méridionales.

Depuis qu'il a pris le pouvoir, lâchant sur l'immigré la troupe du colonel (de réserve) Brice Hortefeux.

Il va quand même falloir qu'on lui dise, à Nicolas Sarkozy, que nonobstant le médiatique ronronnement où il nous enserre, on devine un peu ce qui se passe, depuis son accession aux "responsabilités", au pays de la liberté, de l'égalité, de la fraternité.

Qu'on lui parle des humiliés, des persécutés, des opprimés, des crevards laminés par la faim qu'on refoule aux frontières.

Qu'on lui redise que c'est un certain Nicolas Sarkozy qui a mis en place une répression qui dans nos rues, jour après jour, humilie, persécute, opprime.

Et rafle.

Et contrôle au faciès.

Et renvoie pour finir la gueusaille basanée vers ses cauchemars d'origine.

Pour une seule et unique raison.

Pour la seule et unique raison que le constant souci du même Nicolas Sarkozy (et de ses fidèles féaux) est de montrer au monde que si t'es pas né blanc (depuis cinq générations) du côté de Saint-Germain-en-Laye, "devenir automatiquement français" va être vachement compliqué - dans le meilleur des cas.

Nicolas Sarkozy: "Chaque fois que quelqu'un est humilié, est persécuté, est opprimé, il devient automatiquement français".

Nous: "La moquerie et la menterie érigées en système de gouvernement?

On a longuement réfléchi - et ça va pas pouvoir le faire".




PS: Même stupéfaction chez http://www.lepost.fr/perso/birenbaum, ce matin - les grands esprits se rencontrent, comme disait Georges-Marc Benamou à Jean-Marie Colombani.

04/10/2007

Mais Quelle Jolie Robe!

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Le 28 septembre, Tony Parker, basketteur, a offert un vêtement à Nicolas Sarkozy, chef de l'Etat.

Cécilia "Prada" Sarkozy, épouse du chef de l'Etat et femme de goût: "Ooooooh, mais quelle jolie robe!

Tu pourras la mettre l'été prochain à Wolfeboro, hein, chéri?"

Le chef de l'Etat, sombre, n'a pas répondu.

Neuilly Qui Rit

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Nicolas Sarkozy l'a répété hier aux parlementaires UMP, qui s'inquiètent un peu de le voir, je les cite, "filer nos postes à de répugnants félons "socialistes"": il n'y aura, sous son règne, rien qui puisse ressembler, fût-ce de fort loin, à des "nominations de connivence, ou de complaisance".

Pas de ça chez moi.

C'est pas le genre de la maison.

Des nominations de connivence, non mais vous me prenez pour qui, les mec(que)s?

Des nominations de complaisance, non mais sans déconner vous m'avez bien regardé?

Dans les secondes qui ont suivi cette espèce de prestation de serment, un curieux phénomène a frappé une banlieue parisienne: à Neuilly, des gens très comme il faut ont pouffé.

C'était, en soi, troublant - car cette population n'avait, dit-on, plus ri depuis le (fameux) dimanche de juillet 1982 où Charles Pasqua, interrogé sur son emploi du temps dans la nuit du 14 décembre 1959 au 15 octobre 1968, avait répondu:

"Le SAC, dites vous?

Non, je ne vois pas."

Mais le plus stupéfiant est qu'après avoir laissé libre cours à leur hilarité, les rieurs, pris d'une espèce de folie, ont soudain scandé:

"Pas de connivence, DA-VID MARTINON!

Pas de complaisance, DA-VID MARTINON!"

Puis chacun(e) est rentré(e) chez soi.

Ils sont quand même vachement bizarres, à Neuilly.

03/10/2007

Je La Signe Pas, Ta Pétition, Philippe Val - J'Ai Pas Envie De "Trouver" Avec Toi "Des Moyens De Maîtriser L'Immigration"

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Donc: le caustique hebdomadaire "Charlie Hebdo" et son boss légendaire, je veux parler de Philippe Val, nous lancent "une pétition contre la loi sur les tests ADN".

Laurent Joffrin, dans "Libération", applaudit: "Oooooh, ooooooooh, c'est beau, c'est courageux, ça me rappelle un peu le maquis des Glières, en plus couillu, il va de soi".

Pour Laurent Joffrin, décidément jamais avare d'un clicheton à deux centimes d'euros, nous avons là, excusez du peu, la "naissance d'un front républicain".

(Je me demandais, aussi: est-ce que certains signataires ne sentent pas un peu la vieille droite sécuritaire?)

Faut se rappeler d'abord que ce n'est pas la première fois que Philippe Val nous fait le coup: au moment de la grotesque "affaire des caricatures", il avait déjà pétitionné, pour la liberté d'expression - avec, déjà, Bernard-Henri Lévy (BHL) dans le rôle du cosignataire sympa.

Quand on sait que BHL est le gars qui relit de près les papiers que lui consacre la presse (qui ment), et qui n'hésite jamais à les corriger à grands coups de gros ciseaux, on se dit que c'était, déjà, un très conséquent foutage de gueule.

Cette fois-ci, Philippe Val nous signale que sa nouvelle contribution à l'émancipation de l'humanité n'est pas une vulgaire pétition à la con, du genre de celles qu'il ne signe jamais, les trouvant atrocement gauchistes, mais une, ouvrez les guillemets: "Pétition d'"ouverture"".

A la manière de Sarkozy, quoi.

Philippe Val observe en effet que: "Jamais une pétition n'a rassemblé autant de gens qui, sur toutes sortes de sujets, notamment politiques, sont opposés".

Philippe Val en tire cette conclusion, pleine de joliesse: "C'est donc au-delà de leurs divergences, parfois profondes, qu'ils ont mêlé leurs signatures, pour signifier leur attachement aux principes républicains du vivre ensemble".

C'est beau comme un livre de Paulo Coelho, et Philippe Val sait de quoi il parle - pour une fois: le "vivre ensemble" est justement cette petite chose qu'il ne cesse de piétiner semaine après semaine, dans de brutaux éditoriaux où tout(es) ceux (celles) qui pensent à gauche de Pierre Méhaignerie nous sont présenté(es) comme des suppôts de l'internationale djihadiste, où Chomsky est le clone pervers de Faurisson, où le militant qui éprouve un peu de compassion pour les Palestinien(ne)s est un "connard" antisémite, etc.

Philippe Val est à peu près aussi crédible, en apôtre du "vivre ensemble", que Dominique de Villepin en défenseur du progrès social.

Et, justement: Villepin l'a signée, la pétition de Philippe Val.

Et quand Dominique prend dans sa main la main de Philippe, on a quoi?

On a une sinistre farce.

Parce que la défense du "vivre ensemble", n'est-ce pas, ce n'est pas seulement le refus des tests génétiques du colonel Brice Hortefeux.

Le "vivre ensemble", c'est le refus, catégorique, de poser l'immigré(e) en perpétuel bouc émissaire, en "problème" (de société) qu'il faudrait promptement solutionner, de peur que des hordes barbares ne finissent par nous submerger.

Le "vivre ensemble", c'est, aussi bien, le refus d'ajouter sans fin aux lois sur l'immigration des lois sur l'immigration.

Or, dites-moi.

Là, nous avons le colonel Brice Hortefeux, qui sur le sujet légifère comme un fou.

Mais nous savons que ses nouveaux textes viennent s'empiler sur de précédentes lois sécuritaires.

Et dites-moi encore: il était où, Villepin, quand ces précédentes lois ont été adoptées?

Quand déjà le législateur nous signifiait que "vivre ensemble", oui, mais avec moins d'immigré(e)s?

Il était aux Maldives, Dominique?

Ou à Matignon - en train de nous expliquer que foutredieu, on ne pouvait certes pas laisser venir à nous la misère du monde?

Vous me direz: il aurait eu tort de se gêner.

"On" l'a entendu, Villepin.

"On" l'a entendue, la droite pré-sarkozique, lorsque déjà elle harassait l'immigré(e).

"On" a retenu la leçon.

"On" la récite aujourd'hui, avec sa pseudo-justification de merde, en ces termes: "Certes, il faut trouver des moyens de maîtriser l'immigration pour que tout le monde y trouve le meilleur compte possible".

Maîtriser le flot des guenilleux foncés de peau qui s'amassent sur nos frontières, par centaines de millions.

Signé: Philippe Val, ce matin, dans "Charlie Hebdo".

Ta pétition d'ouverture, Philippe Val?

Elle pue le "coup" médiatique négocié sur un coin de table, non aux tests ADN, oui à la "maîtrise des flux migratoires".

Ta pétition d'ouverture, Philippe Val?

Tu te la fumes.

 
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