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20/11/2007

Cocasseries Méconnues Du Folklore Syndical: Tous Les Douze Ans, Les Chef(fe)s De La CFDT Fuient Sous Les Quolibets

Ah, faut admettre: pour une belle manif, nonobstant les passages pluvieux, la manif d'aujourd'hui était une belle manif - avec des moments assez divertissants, comme quand un renommé barbichu "a été contraint de fuir sous les huées"✭.

Il ne s'agissait pas de Laurent Joffrin, mais de ce barbichu-là:

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François Chérèque, secrétaire général de la CFDT - qui, reconnu par les cheminots qu'il avait, la veille, et sur France 2, hardiment conchiés (d'une très haute hauteur), "est parti en courant avec une escorte".

Pendant qu'il se débinait, "les quolibets et les sifflets ont redoublé": quelques manifestants ont même "tenté de le suivre, mais il s'est engouffré rapidement dans une voiture, qui a filé".

Ne pas se fier, cependant, aux apparences: François Chérèque n'a pas fui par froussardise, mais pour célébrer, à sa manière discrète, le souvenir de la journée du 24 novembre 1995 - connue à la CFDT sous le nom de: "Fête à Nicole".

Ce jour-là, rappelez-vous: déjà la fonction publique manifestait, dans toute la France - contre, déjà, une réforme des retraites.

Ce jour-là, rappelez-vous: François Chérèque s'appelait Nicole Notat.

Ce jour-là, rappelez-vous: déjà Nicole Notat, secrétaire générale de la CFDT, avait dû fuir le défilé parisien, sous les huées des manifestant(e)s qui l'avaient reconnue!

Ce jour-là, rappelez-vous: déjà Nicole Notat s'était engouffrée, sous les huées, dans sa voiture, qui avait filé fissa!

Les images sont là: http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=CAB95064410

Joyeux aaaaanniversaiiiiire, Fraaaaançoiiiiis, joooooyeux aaaaanniversaiiiiire, Françoiiiiis...





✭ Nouvelobs.com.

(Merci, Pescade!)

19/11/2007

Fin De L'Etat De Grâce: "Le Monde" Fustige (Durement) Le Chef De L'Etat

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Foutre.

Il semble qu'en effet, "l'état de grâce dont jouissait Nicolas Sarkozy depuis son élection il y a six mois est bel et bien terminé", comme disent les sondeurs.

J'en veux pour preuve, non tant l'effondrement de sa "cote de popularité" (comme disent aussi les sondeurs), que le très net changement de ton du "Monde".

On sait que le quotidien vespéral des marchés avait jusqu'à présent fait la choix de flatter le chef de l'Etat dans le sens de la "réforme", en des termes qui ont révolutionné l'histoire de la flagornerie.

Mais ce soir, tout change, et "Le Monde" fustige, dans un éditorial au vitriol comme oncques n'en vîmes depuis fort longtemps (attachez vos ceintures, ça bastonne sévère): "La concentration des pouvoirs au profit du président de la République, l'absence de dialogue avec l'opposition, la disqualification [par le régime] du mouvement étudiant".

Et bon, c'est vrai: ça fait plaisir, de voir que "Le Monde" se pose enfin en contre-pouvoir.

Nonobstant, une question se pose: d'où vient ce complet retournement?

D'où vient que, du jour au lendemain - ou en l'occurence, du samedi (soir) au lundi (soir), "Le Monde" passe, de la sorte, d'un affectueux soutien à "la volonté du gouvernement de réformer les régimes spéciaux de retraite" à cette brutale dénonciation des travers les plus voyants de Nicolas Sarkozy?

La réponse est d'une grande simplicité.

Quand "Le Monde" stigmatise "la concentration des pouvoirs au profit du président de la République", l'"absence de dialogue avec l'opposition", et "la disqualification du mouvement étudiant", ça ne s'adresse pas du tout à Nicolas Sarkozy, comme je l'ai d'abord cru (et vous aussi, n'est-ce pas?)

Ca s'adresse à Hugo Chavez, contre qui "Le Monde" mène, depuis maintenant huit siècles, une espèce de croisade hallucinée - guettant obsessivement ses moindres écarts, et attendant le jour où, tombant le masque, le président vénézuélien, aka l'Affreux Caudillo, s'augmentera le salaire de (presque) 210 %.

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16/11/2007

Versailles

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On sait que les Versaillais, non moins haineux et revanchards qu'à leur accoutumée, ont (re)pris (tous) le(s) pouvoir(s), au soir du 6 mai dernier.

Il manquait un scribe à cette restauration: nous l'avons.

Alain Duhamel, c'est son nom, se lance en effet, dans le nouveau numéro du "Point" (où la décomplexion culmine vers des sommets), dans la réhabilitation (courageuse) d'un "mal-aimé" dont le nom tinte agréablement à l'oreille de la réaction, puisqu'il s'agit, tenez-vous bien, de: "Monsieur Thiers".

Hhhhh...

Il n'est certes pas nouveau que la droite récrit son histoire, et plus généralement l'Histoire - mais, n'est-ce pas, on a quand même le souffle qui soudain se raccourcit quand elle donne du "monsieur" à la phénoménale ordure qui fit hacher les Communards dans l'une de nos pires boucheries...

Mais la pudeur n'éblouit pas les yeux des journaleux, et "monsieur" Duhamel, dans son éditorial, ose d'abord ceci, qui déjà en dit long: "Dans la mythologie de la gauche, Adolphe Thiers incarne l'une des figures les plus détestables du XIXe siècle français".

J'ouvre mon dictionnaire, et j'y trouve qu'une mythologie est un "ensemble" de "mythes" et de "légendes" - cependant qu'un mythe est "un récit fabuleux", ou une "pure construction de l'esprit", ou une "image simplifiée, souvent illusoire"...

Retenez le choix de ce mot: dans ce "mythologie", déjà, pointe l'idée, nouvelle, que dans la véritable vie, Thiers n'était pas le mauvais bougre - et qu'il y a loin, du mythe, quand le mythe vient de la gauche, à la réalité.

Notez aussi, mais cela va de soi, que cette "mythologie de la gauche" n'est pas celle d'Alain Duhamel - qui a, lui, nonobstant ses diverses rugosités, quelque chose comme de la tendresse pour: "Monsieur Thiers".

Certes, concède Alain Duhamel: "Il est vrai que Thiers a beaucoup à se faire pardonner".

Certes, il y a dans ce beaucoup: "Les terribles massacres de la Commune".

(Terribles, en effet.)

Certes, par conséquent, "Thiers n'est pas une belle âme" - et Thiers "constitue donc", je vous prie de lire très lentement ces quelques mots: "Une cible trop vulnérable pour les nostalgiques de toutes les révolutions".

Je vous prie: un peu d'attention.

Nous venons d'entrer, ensemble, dans une dimension mal connue, où l'un des pires criminels de l'histoire de l'humanité, par la grâce d'une poignée de mots, devient: "Une cible trop vulnérable"...

Dès lors, Alain Duhamel, qui n'a certes pas la nostalgie de toutes les révolutions (puisque aussi bien l'acmé de la subversion est pour lui de balancer dans "Libération" de burlesques éditoriaux) peut (enfin) lâcher le gros MAIS qui lui démangeait le clavier.

"Il est vrai que Thiers a beaucoup à se faire pardonner", MAIS.

"Cependant".

(Hhhhh...)

Thiers.

"Ce mal-aimé éternel, aussi vilipendé durant sa vie que depuis sa mort".

(Hhhhh...)

"Est aussi un authentique homme d'Etat".

Et non le moindre, puisque "la multiplicité de ses talents impressionne"...

(Ainsi: "Eût-il été écouté que la guerre de 1870, l'humiliation nationale et l'irrésistible ascension de l'Allemagne bismarckienne n'auraient peut-être pas eu lieu"...

Hhhhh...)

Je n'entre pas dans le détail, vous avez compris le message: de la même façon que les pires bourreaux ont de l'affection pour les petits nenfants et se montrent joueurs avec leurs animaux de compagnie, Adolphe Thiers, massacreur hideux, avait de belles qualités secrètes - et la gauche se grandirait à les lui reconnaître, au lieu que de se vautrer dans la "mythologie".

Je ne doute pas (du tout) que nous lirons bientôt, et au prétexte d'une biographie publiée ces jours-ci, d'autres hommages à "monsieur Thiers", et ça se passe naturellement de trop de commentaire(s) - mais tout de même, notez, je vous prie, comme, par une progression évidemment logique, après avoir, hier, corrigé la Révolution française, "on" refait aujourd'hui une beauté à Versailles.

Notez comme, lentement, "on" avance d'un siècle vers l'autre - et prenons date, s'il vous plaît: car je ne doute pas qu'un jour prochain, "on" nous entretiendra, par-delà de "terribles" moments, des vertus méconnues de certain maréchal...


NB: Par ailleurs, mais vous allez voir qu'on reste au fond dans le sujet versaillais, allez jeter un coup d'oeil à ça, qui vaut son pesant de vilenie: http://www.lepost.fr/article/2007/11/16/1052911_sans-papiers-bougez-avec-la-poste.html

15/11/2007

CFDT

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"Trop De Musulmans", Dit-Il: Mais La Presse Fait Comme Si Elle N'Avait Pas Entendu...

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Jean Quatremer est journaliste à "Libération", où il "couvre", depuis 1990, "l’actualité européenne".

Il a d'abord été (1) "responsable (d')un supplément hebdomadaire de huit pages consacré à la construction communautaire": il est aujourd'hui "correspondant auprès de l’Union".

Le mec, a priori, n'a par conséquent pas le profil du rigolo qui va lâcher des ragots sur le Net pour se déconstiper les doigts.

(Après ça, tu penses absolument ce que tu veux de ses convictions, mais tu dois quand même reconnaître qu'après avoir passé 17 ans sur le sujet, il doit être un peu mieux informé des petits (et moins petits) secrets de l'Europe institutionnelle que, disons, ta voisine d'en face, qui travaille dans la boulange.)

Pourquoi je vous raconte ça?

Parce que Jean Quatremer a justement balancé hier, sur son blog (2), "l'histoire" qui, affirme-t-il, "se raconte dans les chancelleries européennes", et que voici: "Nicolas Sarkozy, recevant le Premier ministre irlandais, Bertie Ahern, le 21 septembre, puis suédois, Fredrik Reinfeldt, le 3 octobre, se serait livré à une véritable diatribe anti-musulmane devant ses invités".

Jean Quatremer met dans son récit de la retenue: il ne survend pas son info, mais suggère que les témoignages qu'il a recueillis sont dignes de foi - et ce qu'il narre est hallucinant.

Il écrit: "Selon mes sources, le chef de l’Etat s’est lancé dans une diatribe confuse d’une vingtaine de minutes, "dans un langage très dur, très familier, choquant pour tout dire", contre le "trop grand nombre de musulmans présents en Europe" et leurs difficultés d’intégration".

Au passage, Sarkozy "a aussi décrit de façon apocalyptique le "choc de civilisation" qui oppose les musulmans à l’occident - le tout, manifestement, pour justifier son opposition à l’adhésion de la Turquie à l’Union".

Jean Quatremer précise, avec toujours de la retenue: "Ses interlocuteurs, qui n’en sont toujours pas revenus, ne sont même pas sûrs de l’avoir bien compris, tant le discours était décousu et surtout hors de propos avec l'objet de ces rencontres, la préparation du Sommet de Lisbonne des 18 et 19 octobre".

Mais "ils en ont, en tout cas, retiré la désagréable sensation que Sarkozy, non seulement avait un sérieux problème avec les musulmans, mais avait du mal à maîtriser ses nerfs".

Bon.

Ce que nous avons là, répétons-le, c'est un récit fondé sur le seul témoignage de "sources" évidemment anonymes (dont Jean Quatremer précise qu'elles sont "très, très bonnes"): les "premiers ministres irlandais et suédois ont oublié d'enregistrer l'entretien".

Ce récit est-il crédible?

Force est de constater qu'au lendemain de sa mise en ligne, aucun démenti n'a été publié par l'Elysée.

D'autre part, Jean Quatremer le rappelle avec beaucoup d'à-propos: "Cette idée du "choc des civilisations" a déjà été développée, de façon plus policée, par le chef de l'Etat, dans une indifférence assez étonnante, le 27 août dernier, dans son discours aux ambassadeurs".

Sarkozy avait alors estimé que le "premier défi, sans doute l'un des plus importants" auquel doit faire face la France est: "Comment prévenir une confrontation entre l'Islam et l'Occident?"

Sarkozy avait ajouté: "Ce n'est pas la peine d'employer la langue de bois: cette confrontation est voulue par les groupes extrémistes tels qu'Al Qaeda qui rêvent d'instaurer, de l'Indonésie au Nigéria, un khalifat rejetant toute ouverture, toute modernité, toute idée même de diversité".

Sarkozy avait rajouté: "Si ces forces devaient atteindre leur sinistre objectif, nul doute que le XXIe siècle serait pire encore que le précédent, pourtant marqué par un affrontement sans merci entre les idéologies".

Sarkozy avait conclu: "Nous aurions tort de sous estimer la possibilité (...) d'une confrontation, entre l'Islam et l'Occident: (...) l'affaire des caricatures en a été un signe avant-coureur".

(Applaudissements nourris de la droite bushiste.)

On sait, par ailleurs, que le candidat Sarkozy a durement fustigé, du temps qu'il faisait campagne dans les marécages, les musulmans-qui-au-fond-de-leurs-baignoires-égorgent-des-moutons: et si on fait la somme de ces divers signaux, le récit de Jean Quatremer sonne vrai - ô combien.

Dès lors, évidemment, une (grave) question se pose: pourquoi une "histoire" de ce calibre est-elle cantonnée à un blog - si lu soit-il?

Comment se fait-il que nulle part elle n'est reprise, après avoir été, naturellement, recoupée?

Comment se fait-il qu'elle n'est pas dans "Libé"?

Comment se fait-il qu'elle n'est pas dans "Le Monde"?

Mettons que je sois Laurent Joffrin, et que je découvre un truc aussi énorme sur le blog de mon correspondant auprès de l'Union?

Je sonne le branle-bas, nom de Dieu, et je balance long comme le bras de la bonne grosse enquête sur ce qui ressemble d'assez près à de l'islamophobie galopante au plus haut sommet de l'Etat!

Mettons que je sois l'un des bosses du "Monde"?

Je lâche mes limiers aux basques de Bertie Ahern et Fredrik Reinfeldt, sur le thème: "Est-ce que c'est vrai, ce qu'on raconte?"

Mais là: rien.

Dans "Libé", hier, il y avait bien, en page 17, un papier de Jean Quatremer, stipulant que Sarkozy avait, la veille, "parlé" de la Turquie "durant une rencontre à huis-clos".

Mais pas un mot de ce que Jean Quatremer, dans le même temps, évoquait sur son blog.

Et c'est quand même vachement étrange, parce que si vous réfléchissez, le hobby de nos journaleux (et de leurs bosses), depuis l'élection de Sarkozy, est de lui coller de si près au train, que le moindre de ses propos leur fait dégorger d'interminables exégèses (d'où il ressort généralement que oui, mais non, mais oui): son divorce, rappelez-vous, les a même rendus fous!

Et voilà que Sarkozy dévisse, et se déboutonnant récite, à ce qu'on raconte, le bréviaire pénique du trop-de-musulmans - et là, qu'est-ce qui se passe?

Rien!

Mais rrrrrien!

Les mêmes, qui n'hésitent jamais à nous infliger dru du feuillet sur ce que Sarkozy a dit à cinquante marins pêcheurs de la Bretagne, soudain se désintéressent du sujet Sarkozy, quand le sujet Sarkozy semble avoir fustigé des millions de ses concitoyens - les trouvant "trop nombreux"!

D'où vient-ce?

D'où vient que cette islamophobie, totalement décomplexée, n'est vérifiée nulle part?

Serait-ce, je n'ose y croire, que les mêmes journaleux qui à dates fixes, et entre deux critiques (sans tabou) de l'islam, se demandent gravement si on peut critiquer l'islam - serait-ce qu'au fond d'eux-mêmes eux aussi considèrent qu'en effet il y a quand même beaucoup de musulmans dans leurs entourages?

Comme je disais: je n'ose y croire!



(1) http://bruxelles.blogs.liberation.fr/about.html
(2) Là: http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/11/sarkozy-et-les-.html

(Merci, Pescade!)

14/11/2007

Vivre Et Penser Comme Des Sarkozystes

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Regardez quand même ces images✭, que les télés (qui mentent✭✭) n'ont pas montrées, de ce qui s'est passé hier matin à Nanterre: non tant pour elles-mêmes, que pour ce qu'elles révèlent de la psychologie de masse des jeunes gens qui ont déjà fait le choix de vivre et (de) penser comme des sarkozystes.

Regardez le troupeau haineux des gorets hystérisés qui lorsque paraissent les gardes mobiles, réclame du sang de gréviste(s) et grogne, jusqu'au hurlement: "Allez les bleus!"

Il n'y a là aucune espèce d'ambiguïté: les gorets savent ce qu'ils font.

Le dernier des sous-connards analphabètes nourri depuis sa plus jeune enfance de menteries médiatiques sait parfaitement qu'en France, quand des keufs équipés pour le combat de rue investissent un campus, leur intention est de casser des gueules d'étudiants.

Acclamer ces mecs-là, c'est, par anticipation, acclamer ce cassage de gueule.

Acclamer ces mecs-là, c'est acclamer, par anticipation, le bruit dégueulasse que feront leurs matraques sur les crânes et les couilles de carabins dont le seul crime ou délit est de s'être mis en grève.

Les gorets que ré-jouit la promesse du massacre ne sont évidemment pas nouveaux, dans notre paysage: ils sont là depuis toujours - planqués derrière "les bleus", et de la voix leur enjoignant de réprimer sans faiblesse.

Ils étaient là, n'en doutez pas, en 1942.

Ils étaient là, n'en doutez pas, en 1961.

Les imputrescibles gorets décomplexés - dont le courage se déploie sous la protection des matraques.

Alain Badiou✭✭✭: "Je ne suis pas en train de dire que (...) Sarkozy ressemble à Pétain. Pas du tout. Je dis que la subjectivité de masse qui porte Sarkozy au pouvoir, et soutient son action, trouve ses racines inconscientes, historico-nationales, dans le pétainisme".

Alain Badiou: "C'est ce que j'appelle un transcendantal: quelque chose qui, sans apparaître à la surface (d'où que notre situation ne "ressemble" pas à la séquence du règne de Pétain), configure de loin, donne la loi et son ordre, à une disposition collective".

Alain Badiou: "Nous dirons sans hésiter que Sarkozy relève du transcendantal pétainiste".



✭ Là: http://www.dailymotion.com/relevance/search/Nanterre/video/x3gyl5_blocage_events
✭✭ Voir: http://blog.monolecte.fr/
✭✭✭ "De quoi Sarkozy est-il le nom? Circonstances, 4", Lignes, 2007.

13/11/2007

Vérité Vespérale, 2

Editorial du "Monde", ce soir: "L'université en otage".

J'Aime Ramer, C*******

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"Galère", au singulier.

"Galères", avec un "s".

Le mot revient ces jours-ci en boucle, dans les journaux, à la télé, sous la plume et dans la bouche des grotesques pitres qui prétendent nous informer.

Les grèves sont des "galères", nous disent-ils, et nous ne faisons plus guère attention à ce que véhicule ce minable clicheton - mais la fonction de ce mot, "galère", est de nous suggérer que les grévistes sont de sinistres gardes-chiourmes, qui vont sous le fouet nous enchaîner à nos bancs de nage.

(Salauds de grévistes: les journaleux couchés n'ont pas fini de leur faire payer l'instinct de liberté qui, par contraste, révèle si crûment leur propre soumission aux pouvoirs qui les tiennent.)

Ca fait plusieurs jours, par exemple, que France 2, à 20 heures, et alors même, c'est ce qui est nouveau, que nulle grève n'a commencé, (nous) balance de la "galère" à toutes les sauces, et du galérien par anticipation: l'autre soir, par exemple, je vous jure que je n'invente rien, France 2 suivait sur un marché une brave petite mâme qui achetait quelques primeurs - et le commentaire nous révélait, j'ai failli péter ma télé, qu'elle "faisait le plein de vitamines, avant une semaine difficile"...

Hhhhh...

(Je sais que ça exige des nerfs d'acier, mais il faut, en temps de grèves, s'infliger ne serait-ce qu'un peu de l'épreuve des "20 heures", pour bien deviner que même aux heures les plus rouges du stalinisme, la télé soviétique devait parfois se montrer moins veule.)

Ce matin, autre exemple, non moins goûtu, "Le Parisien" barre sa une de ce (très) gros titre: "Grève: comment éviter la galère".

C'est un gigantesque moment de journalisme, où on ne nous conseille pas (encore) de stocker des réserves de sucre en prévision de temps difficiles, mais où fleurissent d'avisées recommandations ("penser au taxi-moto, investir dans une bicyclette, trouver une nounou sur Internet, partager sa voiture ou celle d'un autre"), et où, naturellement, investigation oblige, de futurs galériens partagent leurs petites astuces:

"Lever à 4 heures".

"Je partirai beaucoup plus tôt pour attraper le train".

"Une seule solution, la marche".

(Hhhhh...)

Par avance, on devine ce que les mêmes hurleront dans les prochains jours, honte à vous, grévistes, libérez-nous, grévistes, et que fait le gouvernement, et va-t-il oui ou non faire donner la troupe contre les preneurs d'otages?

Nulle part on ne trouve, ça va de soi mais ça va encore mieux en le disant, la moindre fausse note, favorable au "mouvement social", dans cet ahurissant catalogue de la débrouillardise anti-grèves.

Nulle part il n'est question de celles et ceux que ravit ce que "Libé" ce matin appelle "une semaine cauchemardesque" - et qui pourtant sont des millions.

Nulle part évidemment il n'est dit, ça va de soi mais ça va encore mieux en le soulignant, que dans cette affaire les véritables galériens sont les salarié(e)s que le régime veut enchaîner à des pensions rognées - cependant que son chef s'élargit l'émolument de presque 210 %.

J'aime ramer, c*******.




Mise à jour, 13.11.2007, 11.25.
Nouvelobs.com annonce l'heureuse nouvelle que le régime n'a pas (du tout) l'intention de laisser dans leur "galère" les carabins "anti-blocages" dont les médias nous narrent depuis quelques jours le calvaire: "Universités: les CRS délogent les grévistes de Nanterre à coups de matraque. Environ 150 étudiants bloquaient l'entrée de l'université depuis ce matin suite à un vote, hier, en assemblée générale. Les forces de l'ordre les ont violemment évacués vers 10h."
(Le mot important, ici, est "vote".)

12/11/2007

Vérité Vespérale

Et voilà encore une info qui m'avait complètement échappé - mais dont fort heureusement "Le Monde" fait ce soir sa une: c'est dans ces moments-là qu'on mesure la vraie valeur de notre quotidien vespéral, en même temps que l'utilité qu'il y a, en démocratie, à (disposer) librement, pour la modique somme d'1,30 euro par jour, d'un journal de référence - un vrai.

Cette info, la voici, telle que "Le Monde" (nous) la délivre: "Les syndicats de la SNCF et de la RATP engagent l'épreuve de force sur les retraites".

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Vous en aviez entendu parler, vous, sincèrement?

Parce que moi: non.

Jamais.

Ja.

Mais.

J'en étais (sottement) resté à l'idée que c'était Nicolas Sarkozy, qui avait engagé "l'épreuve de force sur les retraites", en prévenant les cheminots (mais pas que) de son intention de leur serrer la ceinture (cependant que lui-même se la desserrait de presque 210 %), et de ce qu'ils avaient dès lors le choix, démocratique, de fermer leur gueule à double tour, ou de fermer à double tour leur gueule.

C'est vous dire si j'errais dans l'erreur - et si je sais gré au "Monde", journal de référence, de rétablir ce soir la vérité, en posant que ce n'est pas (du tout) le chef de l'Etat, qui a engagé "l'épreuve de force" - mais la racaille syndicale.

Je ne sais pas vous, mais moi?

Ca me rassure quand même vachement, d'observer à intervalle régulier (de 24 heures) que la presse (vespérale) reste un puissant contre-pouvoir.

J'en profite pour vous signaler que "Le Monde" (nous) livre ce soir le témoignage de Patrick Devedjian, qui souhaite justifier "la position avancée du chef de l'Etat" quand le chef de l'Etat prévient qu'il ne cèdera pas un pouce de terrain à la racaille syndicale, et qui trouve, pour ce faire, ces mots très forts: "Il ne faut pas oublier que c'est l'homme de la maternelle de Neuilly".

Je suis absolument d'accord avec Patrick Devedjian: au-delà de la digne pudeur où baigne son opportun rappel, je trouve qu'en effet, maintenant qu'il en parle, il ne faut pas oublier.

Il ne faut pas oublier que Nicolas Sarkozy est, si mes souvenirs sont bons, l'homme qui a longtemps expliqué au preneur d'otages de "la maternelle de Neuilly" qu'il était son "ami", son meilleur "ami", qu'il se faisait fort de maintenir avec lui ce lien amical privilégié, que bien évidemment il ne lui serait fait aucun mal, et caetera.

Et juste après: le gars s'est fait buter.

Quand on sait que le régime et la presse (qui ment) nous gavent ces jours-ci de grévistes "preneurs d'otages": c'est vrai que ça donne à réfléchir.

Sacré Devedjian.

L'homme des rappels qui tuent.

Laids "Socialistes"

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Rien, décidément, n'est aussi indiciblement laid qu'un "socialiste" à guillemets, imposteur, félon, renégat, profanateur.

Vous me direz que déjà ces gens-là ne sont presque plus rien, que le monde entier a compris qu'ils ne sont capables de rien, qu'ils n'ont pas une idée, que leur seule motivation est l'envie de régner sur de pathétiques fiefaillons qui jour et nuit les taraude, que par conséquent ils n'ont, de longue date, ayant senti que les vents dominants soufflaient de la gauche vers la droite, plus d'autre ambition (mais celle-ci les dévore) que de se laisser (em)porter par la bourrasque.

Et je sais tout cela, mais eux font mine de ne pas le savoir, et continuent à pérorer - inconscients que des temps approchent où leur effectif se comptera sur les doigts d'une main de Maurice Herzog, retour de l'Annapurna.

Je lis ainsi, dans "Libération", que deux minuscules apparatchiks, "rénovateurs" autoproclamés du P"S", Gaëtan Gorce et Manuel Valls pour ne pas les nommer, ont additionné leurs neurones pour appeler samedi, et à l'Assemblée nationale, à une "modernisation du clivage droite gauche" - qui est bien entendu, et comme d'habitude, une droitisation à marche (très) forcée.

Les "socialistes" sont laids, disais-je, et cela se vérifie jour après jour, et cela ne se dément jamais: les enfants, les voyant, hurlent d'effroi, et sitôt qu'ils ouvrent la bouche, des citoyen(ne)s pris de nausées, par centaines de milliers, montent à l'assaut des pharmacies (afin que de vider leurs stocks de Vogalène royal).

Pour désigner désormais la poignée de caciques, ultraminoritaire, qui au sein de leur parti n'est pas complètement résolue à brader sa pudeur, ces rénova-de-mes-deux-teurs ont trouvé ce mot, singulièrement élégant: "Fondamentalistes".

Du point de vue de cette burlesque nomenklatura, je le répète lentement parce qu'il est rare que l'indignité se donne si complaisamment à voir, "l'aile gauche" du P"S" est un ramassis de "fondamentalistes".

Le mot, évidemment, a été soigneusement pesé.

Il renvoie, il va de soi, vers ce que cette appellation désigne, dans notre imaginaire collectif - où les fondamentalistes sont grosso modo les pileux fanatiques des monts de l'Asie centrale que l'Oncle Sam, jadis, arma.

On voit par là que les "socialistes" ont un bel avenir dans le néant conceptuel: à bout d'arguments depuis que tout le monde a compris qu'ils disent à mi-voix ce que Nicolas Sarkozy hurle sans complexe(s), les voici réduits à meugler, entre deux brisages des mêmes "tabous" qu'ils ne cessent de briser depuis 20 ans, que la gauche de leur parti est quelque chose comme un nid benladiste.

(Pauvres, pauvres, pauvres mecs.)

Après quoi, posément, cramponnés aux sièges dont un peuple dupé leur a trop vite fait le cadeau, ils réclament pour la cent trente millième fois "une révision complète et sans tabou de (leur) projet politique", et finalement appellent, je vous jure que je n'invente rien, à: "Faire de la gauche le "parti de l'entreprise"".

Evidemment cela fait bondir la concurrence, et dans "Le Parisien", Julien Dray, ulcéré d'être pour un temps doublé sur sa droite, essaie de reprendre la main: "Occuper les voies de chemin de fer et même les facs me semble contre-productif".

Déclare-t-il.

(Hhhhh...)

Le dernier mot cependant revient à une femme qui n'est pourtant pas Louise Michel, puisqu'il s'agit de Josiane Balasko.

Elle a demandé hier, avant une manif de soutien aux mal-logés: "Je me demande ce que foutent les mecs du Parti socialiste; où est l'opposition?"

Bravo, Josiane Balasko.

Et voici la réponse: les mecs du Parti "socialiste", conscients de leur infinie laideur, ne paraissent plus aux manifs, non seulement parce qu'ils n'ont que foutre des misères de la plèbe, mais parce qu'aussi, lucides, ils craignent, et comme on les comprend, d'y être accueillis par des lancers d'oeufs pourris et de tomates.

Les gens du Parti "socialiste", pendant que la gueusaille manifeste pour les sans (papiers ou logis), planifient la prochaine étape de leur absolue soumission aux magnifiques lois du Marché.

Désormais un monde les sépare de la gauche, et pour finir je ne sais pas où est l'opposition, mais je sais où elle n'est pas: rue de Solférino.

 
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