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02/01/2008

J'Ai Exercé Mon Droit De Visite Du Blog De David Assouline, Sénateur "Socialiste"

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Aux bals de ceux qui nous prennent pour des cons oublieux, tu n'auras aucun mal à reconnaître les "socialistes": ils se déhanchent sous les boules à facettes, et jamais la honte ne leur éblouit les yeux.

David Assouline est l'un d'eux.

"Sénateur depuis octobre 2004, élu du XXème arrondissement de Paris depuis 1995", il "occupe aussi la fonction de Secrétaire National à la Défense du Parti Socialiste".

Et il te raconte sur son blog: "Aujourd'hui 2 janvier 2008 à 14 h 30 j'ai exercé mon droit de visite, réservé aux parlementaires, du Centre de rétention administrative de Vincennes" (1).

Il précise que ce n'était pas la première fois, mais la "quatrième (...) depuis 2005".

De cette quatrième visite, où il a bien évidemment découvert des choses terribles, David Assouline retient finalement que: "Ces centres de rétention administrative constituent en fait un lieu carcéral sans en avoir les règles et le statut juridique".

Que: "Comme les autres Centres de Rétention, leurs statuts sont hybrides, conçus dans l'urgence il y a de nombreuses années comme lieux temporaires qui se sont pérennisés sans réelles discussions sur leurs statuts, sur les droits, sur les normes et les conditions de vie des détenus".

Qu'"ils sont à l'image de la situation générale des sans-papiers dans notre pays "ni expulsables ni régularisables", symboles d'une hypocrisie du pouvoir qui joue avec des drames humains et un sujet dramatique et complexe par démagogie, souvent électoraliste, et réussir durablement à fusionner les électorats de droite et d'extrême-droite comme à l'élection présidentielle" (2).

David Assouline conclut - et c'est émouvant comme du Rocard, période toute-la-misère-du-monde: "Il est temps d'avoir un vrai débat sur ces centres et de légiférer avec au cr (3) les principes humanistes et respectueux des droits humains que la France devrait s'honorer de défendre sur son propre sol comme dans le reste du monde".

A la fin de l'envoi, il touche: "Cela commence par s'opposer avec force au projet de directive européenne qui prévoit d'étendre à 18 mois la durée de rétention des sans-papiers!"

Les mots importants sont, dans cette longue péroraison: "Conçus dans l'urgence il y a de nombreuses années".

Ces mots, tu l'auras noté, entretiennent un flou chronologique assez travaillé.

Or, c'est amusant: les premiers centres de rétention administrative (CRA) ont été créés, tu sais quand?

Il y a 24 "nombreuses années" - en 1984 (4).

Est-ce que le ministre de l'Intérieur s'appelait Nicolas Sarkozy, en 1984?

Pas.

Du.

Tout.

En 1984, le ministre de l'Intérieur s'appelait Pierre Joxe.

Il était, par conséquent, "socialiste".

Par la suite, "la durée maximum de la rétention", dont l'excellent David Assouline s'offusque aujourd'hui que la droite veuille encore l'augmenter, "n'a cessé de s'allonger", passant par exemple de 7 jours en 1981 à 10 jours en 1993, puis à 12 jours en 1998, sous le règne du cocasse Lionel Jospin, "socialiste" compétitif (4).

Si je te résume le truc: les "socialistes" ont créé les CRA, puis les "socialistes" ont crânement allongé, non moins (du tout) que la droite, la durée de la rétention au sein de ces dignes centres.

Et tiens, pour la route: vois ce "projet de décret relatif à la rétention administrative", soumis au Conseil d'Etat le 26 septembre 2000 par "le Premier ministre, sur le rapport du ministre de l'Intérieur", dont l'article 2 stipulait que: "Les étrangers mentionnés à l'article premier sont maintenus (...) dans des établissements créés, après agrément du ministre de l'intérieur et, le cas échéant, du ministre de la Défense, par le préfet territorialement compétent et dénommés "centres de rétention administrative" (...)" (5).

Dis-moi.

Qui était à Matignon, en 2000?

François Fillon?

Ou Lionel Jospin, derechef?

Est-ce que t'as entendu là-dessus, en 1998 ou en 2000, David Assouline, élu à Paris depuis 1995?

Ou pas?

Dans la vraie vie, les "socialistes" sont, comme la droite, partisans de "construire une politique de l'immigration", pour "apporter des réponses aux inquiétudes et surtout aux réelles difficultés que vivent nos citoyens dans des centaines de quartiers".

(A partir d'ici, toutes les citations entre guillemets sont de Malek Boutih, et non de Brice Hortefeux, comme tu pourrais le penser.)

Les "socialistes" veulent, comme la droite (et comme "Charlie Hebdo"), "mettre fin à la non-maîtrise des flux migratoires".

Les "socialistes" veulent, "sans tabous", comme la droite, "sortir d'un simple rapport humanitaire et charitable avec l'immigration", par une "immigration (...) véritablement contrôlée et organisée".

Etc.

Etc.

Evidemment, tout cela suppose et implique le remplissage régulier des CRA: c'est pour ça que les "socialistes", loin de réclamer leur fermeture immédiate, s'en accommodent si bien.

C'est pour ça qu'ils réclament en tout et pour tout, pour donner l'illusion qu'ils s'opposent à la politique de Brice Hortefeux, un "vrai débat" - qu'ils n'ont bien sûr jamais organisé, quand ils étaient au pouvoir.

Les "socialistes" veulent de plus longues chaînes, pour les détenu(e)s des CRA: c'est leur conception de l'"humanisme".

Il faut l'énoncer posément: les "socialistes" ont, sur l'immigration, les mêmes vues, grosso merdo, que Sarkozy.

L'unique différence est que la droite haineuse et revancharde, du moins, ne nous joue pas du violon pour nous faire croire qu'elle est gentille.

Et tu sais quoi?

Je préfère!


(1) http://www.david-assouline.info/
(2) Je suis d'accord avec toi: cette phrase est bizarrement construite.
(3) Camarade, quand tu abordes un sujet si grave, tu pourrais au moins te relire?
(4) http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1849
(5) http://www.gisti.org/doc/actions/2000/retention/projet-decret.html

Les Petits Métiers Oubliés (1): Journaliste Au "Figaro"

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Hier, le proprio du "Figaro", Serge Dassault, sénateur UMP qui vend de la mort venue du ciel quand il ne vend pas du papier, a frénétiquement léché Sarkozy à la une de son baveux, adressant: "Tous (s)es voeux à la France, qui a choisi un président dynamique et courageux".

Précisant: "Nos encouragements et notre appui l'accompagnent pour réformer un pays dont les habitudes ont besoin d'être changées".

Car - ainsi que ne manquait jamais de le souligner feu Jean-François "Je vois des rouges partout" Revel, penseur de gros niveau (1): "La France est encore paralysée par une lutte des classes toujours vivace".

(Hhhhh...)

Evidemment, s'il y avait encore eu ne serait-ce qu'un ou deux journalistes au "Figaro", on l'aurait immédiatement su, car ils auraient, dans l'instant, démissionné - plutôt que de continuer comme si de rien n'était à collaborer à une feuille que son proprio, annonçant à la une qu'il "appuie" Sarkozy, transforme en sous-"Pravda".

Mais tu l'auras noté: les salariés maison n'ont pas bronché.

Merveilles de dressage, ils sont restés cois.

Leur boss peut s'essuyer les semelles sur leurs claviers: ils ferment leurs gueules.

Etienne Mougeotte, célèbe fourgue de temps de cerveau disponible devenu directeur des rédactions figariennes, confirme ce soir, dans "Le Monde" (2), que le visqueux message d'amour de Serge D. au (tout) petit chef de l'Etat français a suscité, en interne, "zéro réaction".

Car, n'est-ce pas: "Le propriétaire a quand même le droit de présenter ses voeux une fois par an".

Le gars fait ce qu'il veut: il est chez lui, oui ou merde?

Y a pas là de quoi fouetter un chien de garde.

Journaliste au "Figaro"?

Encore un petit métier oublié.








(1) Il avait notamment pronostiqué, rappelle-toi, que la perestroïka était en réalité une (rusée) ruse du KGB, destinée à mieux affermir l'emprise de l'Union soviétique sur le monde.
Dans le même temps, il avait aussi annoncé, entre autres prophéties hallucinées, que la percée électorale du FN au début des années 1980 serait un feu de paille.
Tu vois que le gars était en effet le génie de gros niveau que ses pair(e)s n'ont cessé de célébrer.

(2) "Le Monde", évidemment, adore trouver des pailles flagorniques dans les yeux de ses concurrents, pour mieux dissimuler à son lectorat les grosses poutrasses, dans ceux de ses propres journaleux - genre le fidèle Ridet.

01/01/2008

Pinocc...

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Dans la Cérémonie des Voeux du (tout) petit chef de l'Etat français, j'ai bien aimé le moment où il a dit: "Nous pouvons, par l'effort de tous, bâtir une société où la vie sera plus facile".

C'est là que son nez a commencé à s'allonger démesurément.

Il fallait entendre, naturellement: "Vous pouvez, par vos efforts à tous, enculés de salauds de pauvres, contribuer à bâtir une société où vous en chierez comme des chiens, mais où la vie sera toujours plus facile pour les riches - n'oubliez jamais que c'est pour ça qu'ils m'ont élu".

(C'est quand même fascinant, hein, cette façon qu'il a de passer tant de temps à mentir.)

J'ai bien aimé aussi, et dans le même ordre d'idée, quand il a déclaré sans rire: "J'ai mis tout mon coeur à être le président de tous les Français".

(Tu rêves du genou.)

Mais le passage que j'ai (de très loin) préféré, c'est celui où, toute vergogne bue et rebue, il a énoncé que: "La France (...) doit être (...) au service (...) des persécutés, de ceux qui attendent au fond de leurs prisons que la France parle et agisse pour eux".

Pendant ce temps: l'Etat français traque et rafle et persécute et parque dans des camps de la honte des milliers de sans-papiers - hommes, femmes, enfants (de trois semaines).

La droite haineuse et revancharde, la droite ultra, ose absolument tout, c'est à ça qu'on la reconnaît: va falloir qu'on cesse, ami(e)s, quand le mensonge devient dogme à de si hautes hauteurs, d'être si mous du cul.

 
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