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10/03/2008

Le Hasard Fait Bien Les Choses

Je te le dis franchement: ça serait quand même bien que tu fasses un effort.

Que tu cesses, notamment, de t'imaginer que le chef de l'Etat français, parce qu'il a, c'est vrai, de l'affection pour les patrons, leur confectionnerait, sur mesure, des ruptures destinées à les engraisser à nos frais.

Je ne te cache pas que ta disposition d'esprit me chagrine: j'aimerais assez que tu fasses un peu confiance à Nicolas.

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Bon, j'admets: il y a des hasards de calendrier qui pourraient nous amener, collectivement, si vraiment nous étions du genre à chipoter, à nous poser, fût-ce brièvement, deux, trois questions sur l'état de notre chère vieille démocratie (participative).

C'est vrai, par exemple, que le 8 janvier dernier, le chef de l'Etat français a très soudainement réclamé la suppression de la publicité sur France Télévisions - décision qui me ravit, mais dont il faut tout de même retenir, un, qu'elle va profiter à TF1, et, deux, qu'elle induit, pour France Télévisions, de nouveaux financements, publics, évidemment: et qui par conséquent seront finalement prélevés dans nos poches, en sorte que, tu l'auras compris, nous sponsoriserons le bonheur de la Une.

C'est vrai aussi, je l'apprends ce jour dans "Libé", que par l'effet d'une heureusissime coïncidence, TF1, justement, avait produit "entre mi-décembre et début janvier", juste avant que le chef de l'Etat français ne préconise la suppression de la pub sur France Télévisions, un "livre blanc, transmis à l'Elysée", qui préconisait lui aussi, vois comme la vie parfois nous réserve d'assez poilants télescopages, la suppression de la pub sur France Télévisions.

C'est vrai que la préconisation du chef de l'Etat français ressemblait dès lors d'assez près, disons comme deux gouttes d'eau, à celle de TF1.

C'est vrai, enfin, que Martin Bouygues, le boss de TF1, qui va se gaver grave quand la pub sera supprimée sur France Télévisions, est l'un des plus proches amis, c'est du moins ce qu'ils affirment, du chef de l'Etat français.

(Vois comme ces deux-là sont potes.)

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Ce qui me chagrine, chez toi?

C'est que tu refuses d'envisager ces quelques vérités pour ce qu'elles sont vraiment: de simples coïncidences, ainsi que je te disais.

Le hasard fait bien les choses: tout le monde le sait parfaitement - et il faut avoir développé de lourdes névroses, pour imaginer autre chose.

Je n'aimerais pas t'entendre penser à haute voix que le chef de l'Etat français aurait en quelque sorte, par sa déclamation du 8 janvier, fait une très jolie fleur à son copain Martin, parce que tu sais quoi?

Ce climat de suspicion que tu entretiens autour d'un homme (d'Etat) qui n'a cessé de faire la preuve de sa totale indépendance vis-à-vis des milieux d'affaires commence vraiment à me fatiguer.

Si le gars s'était ostensiblement affiché à bord du yacht d'un milliardaire, ou lui avait emprunté son avion privé, je ne dis pas: on pourrait, à l'extrême limite, s'interroger sur son rapport au patronat.

Mais là, franchement?

Faudrait avoir l'esprit tordu.

08/03/2008

Y Aurait Eu François Chérèque, Je Dis Pas - Mais Là, Franchement...

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Personnellement, je n'en fais pas mystère: je n'aime ni le syndicalisme de combat, ni le punk-rock.

(J'aime Trust et l'UMP, comme David Martinon.)

Aussi vais-je, demain, soigneusement éviter la "Journée de solidarité contre la répression antisyndicale" que la Confédération nationale du travail (CNT) organise au 33 rue des Vignoles, 75020 Paris - avec, à partir de 13 heures, une projection de "La question humaine", en présence du réalisateur Nicolas Klotz, puis une discussion avec des syndicalistes colombiens et kanaks, puis un concert des Brixton Cats.

Tu m'aurais dit: y a un gros festival de soutien à la CFDT, avec Doc Gynéco et Didier Barbelivien?

Tu m'aurais dit, y aura aussi un débat sur le thème: "Dois-je dès aujourd'hui vendre mon cul au patronat, ou si j'attends jeudi?"

Avec Laurent Joffrin et François Chérèque, qui représentent à eux seuls trois bons kilos de barbiche?

Là, oui, évidemment: je me serais mobilisé.

Mais la CNT, sans déconner?

Ces gens commencent à me faire salement chier, qui bloquent les réformes dont notre pays a un si cruel besoin.

Parce que c'est facile, hein, de faire des niches au patronat quand le patronat est hyper-fragilisé par le "bras de fer" (comme dit Laurent Barbiche) qui oppose la courageuse Laurence Parisot (une femme formidable) aux sombres seigneurs des Forges.

Ces gens de la CNT sont des lâches.

Vous feriez mieux de soutenir, ainsi que fait Michel Rocard, le juste combat de Laurence pour un patronat éthique, maudites feignasses rouges!

(Et quant au navrant public ras du cheveu des Brixton Cats, je te le dis assez nettement: ces gens-là sont la lie d'une jeunesse qui, majoritairement, veut qu'on la laisse travailler plus pour gagner moins - et qu'on lui foute la paix.)




PS1: De la même façon, il est absolument hors de question que je mette ne serait-ce qu'un morceau de pied à la manif de soutien aux Palestiniens, aujourd'hui à 16 heures, au métro Barbès: la pensée unique stalino-mahométane, ça commence à bien faire aussi.
(On tue soi-disant les enfants de ces pauvres bougres?
Mais attends, coco: c'est quand même pas de ma faute à moi si ces gamins traînent à pas d'heure dans les rues de Gaza, pas vrai?)



PS2: En revanche, demain, j'irai, naturellement, voter pour la gauche.
Pour les socialistes, par conséquent.
Non seulement parce que j'aime leur sincérité (ils n'attendent jamais jeudi pour lécher le cul du patronat), mais parce qu'ils viennent d'annoncer, il me semble d'ailleurs que cette ravissante info est passée trop inaperçue, qu'ils allaient promptement réintégrer l'excellent Georges Frêche - qui a si courageusement dénoncé l'envahissement de nos équipes de foot par des nègres pléthoriques.

02/03/2008

LPLP

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Après la révélation que l'intègre Denis Gautier-Sauvagnac, ex-boss de notre patronat métallurgique et fameux distributeur automatique de (gros) billets, allait palper, nonobstant sa mise en examen pour "abus de confiance", 1,5 million d'euros d'"indemnité", la pauvre Laurence Parisot (LPLP) tombe des nues et, scandalisée, "appelle les chefs d'entreprise à se mobiliser".

Elle veut - t'es assis(e)?

"Rassembler les patrons qui exigent transparence et éthique".

Pauvre, pauvre, pauvre Laurence Parisot.

Elle risque d'être vachement déçue, hein?

Je veux dire: si vraiment elle espère trouver en ce bas monde un patron épris de transparence et d'éthique, mieux vaudrait qu'elle commence dès aujourd'hui une épaisse cure de Prozac, parce qu'elle va forcément se pécho une dépression d'anthologie.

Mais bon, je ne te cache pas: de mon point de vue, LPLP sait parfaitement que la transparence et l'éthique sont les deux pires cauchemars du patronat (à égalité avec les salarié(e)s).

Elle est quand même idéalement placée, tout en haut du MEDEF, Laurence Parisot, pour vérifier, en temps réel, que la seule perspective d'avoir à (se) justifier de leurs constantes vilenies fait vomir les patrons à longs traits (odorants).

A mon avis, par conséquent: LPLP se gausse.

Même: je soupçonne qu'elle se fout un peu (trop) de notre gueule, quand elle "appelle les chefs d'entreprise à se mobiliser" contre les coutumières saloperies des chefs d'entreprise.

Elle pourrait aussi bien enrôler Vito Corleone sous la fière bannière du combat anti-mafia: ça serait pas moins grotesque.

Si les patrons jouaient le jeu de la transparence et de l'éthique, faudrait vite embaucher dans ce pays quelques dizaines de milliers de magistrats supplémentaires, parce que les tribunaux seraient carrément débordés.

Laurence P. le sait parfaitement: la seule publication des comptes (offshore compris) de n'importe quel "industriel de l'armement", par exemple, ou du BTP, suffirait à rendre fou le moins capable de nos juges d'instruction.

La transparence, pour un patron, peut aussi être, la chronique judiciaire nous l'enseigne, une espèce d'aller simple pour le carré VIP de la Santé, sans passer par la case départ, sans recevoir 1,5 million d'euros.

LPLP, quand elle prétend mobiliser le patronat contre les pratiques traditionnelles du patronat, essaie ici de nier une réalité, certes assez dérangeante, qu'on ne peut vraiment comprendre qu'en faisant un (bref) détour par la banlieue.

Oui, oui: la banlieue.

Cette gigantesque zone de non-droit basanée où une jeunesse fanatisée autodafe le mercredi plusieurs dizaines de kilos de "Charlie Hebdo".

Et donc, imaginons, je te prie, qu'un Arabo-musulman de nos possessions d'outre-périphérique, nous l'appellerons Mouloud Gautier-Sauvagnac, se fasse gauler par des keufs avec, dans les poches, quelques liasses de billets.

Imaginons que les forces-de-l'ordre, au terme d'une rapide investigation, découvrent que Mouloud Gautier-Sauvagnac a passé pas mal d'années de sa vie à distribuer du cash, par dizaines de milliers d'euros.

Imaginons que le gars, mis en examen, prévienne posément le commissaire Moulin qu'il n'a aucune intention de lui dire précisément ce qu'il a fait de ce pognon - et qu'au demeurant il peuvent, les juges et lui, se fourrer au cul leurs pénibles questions, vu que les-vrais-durs-ne-dansent-pas.

Est-ce que tu crois, sincèrement, qu'après ça les flics vont relâcher Mouloud Gautier-Sauvagnac au terme de sa garde à vue, en l'assurant de leurs sentiments les meilleurs?

Tut, tut, tut: c'est pas du tout comme ça que ça va se passer.

Mouloud va en chier, je te l'annonce.

T'as suivi?

Bon.

Prenons maintenant le cas de l'intègre Denis Gautier-Sauvagnac, aka "DGS".

Il se fait gauler.

Une rapide investigation permet de poser qu'il a distribué dans son entour, entre 2000 et 2007, quelque chose comme 19 millions d'euros, en espèces.

Il est mis en examen pour "abus de confiance".

Qu'est-ce qu'il fait?

Il fait un gros doigt majuscule aux keufs et aux juges, et tranquillement leur annonce que non, ça va pas être possible de leur dire à qui exactement il a filé ce très gros pognon.

Est-ce que les autres le fourrent au trou, comme ils feraient à coup sûr avec Mouloud (1)?

Penses-tu.

Il ressort peinard de sa garde à vue, les mains dans les cheupos.

Question: est-ce qu'à ce moment-là ses voisins de patronat lui mettent un grand coup de pied aux parties génitales?

Peeeeenses-tu.

Les voilà qui, au contraire, lui votent son "indemnité": 1,5 million d'euros, en remerciement de ses bons et loyaux services, et avec ça, te fais pas chier, Denis, si jamais t'as des frais de justice, c'est nous qu'on les paiera, c'est toujours ça que n'auront pas nos pauvres enculé(e)s de salarié(e)s.

Question: est-ce que Laurence Parisot convoque la presse, pour lui annoncer que trop c'est trop et qu'elle va publier une liste exhaustive des bénéficiaires des largesses de la métallurgie, au nom il va de soi de la transparence et de l'éthique?

Fume, it's from Belgium.

Elle brasse beaucoup d'air, s'agite, s'indigne - mais pendant ce temps-là, il va de soi: l'omerta est scrupuleusement respectée.

Questions: est-ce que le triste régime qui jour après jour nous étouffe de son hystérie sécuritaire s'émeut, autrement que par de bouffonnes déclarations, de "l'affaire Gautier-Sauvagnac"?

Est-ce que le triste régime qui prétend réinjecter dans nos écoles de la "morale" et du "civisme" lance à l'aube 1.200 keufs (et 2.400 journaleux) sur le siège du patronat métallique - afin que de s'emparer des provocateurs qui d'une très haute hauteur défèquent sur la justice?

Absolument pas.

Tout ce petit monde, ça fait trois mois que ça dure, trouve ça très bien, que DGS ferme sa gueule.

Transparence?

Ethique?

Morale?

Civisme?

Cassez-vous, pauvres ****.






(1) Il va de soi: je n'aime pas les prisons - pas même pour les parrains du patronat.

01/03/2008

Omerta

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Je suppose que tu connais Laurence Parisot?

C'est la big bosse du MEDEF.

(La patronne des patrons, comme clichetonnent les journaleux qui des maîtres de forges aiment lécher le cul.)

C'est, aussi, une laborantine de haut niveau, qui réfléchit beaucoup, et qui jamais n'hésite à révolutionner la science politique par de stupéfiantes révélations - elle a notamment déclaré, le 21 février dernier, l'AFP le rapporta: "Ce que j'aime beaucoup, c'est quand Nicolas Sarkozy dit qu'il aime les usines; je trouve ça formidable".

(Recopie-la je te prie dans ton calepin: ça te fera de l'usage aux longues soirées d'hiver.)

Mais le trait le plus marquant de son caractère est incontestablement sa (touchante) naïveté: ça fait 3.000 ans qu'elle dirige le MEDEF, mais à chaque fois qu'on trouve dans ses coulisses l'une de ces fières saloperies par quoi le capitalisme s'est toujours caractérisé, je sais pas si t'as remarqué?

Laurence P. tombe des nues, et nous (re)fait la (culte) scène du: "Aaaaah.

Mais je ne savais pas.

Mais je n'étais pas au courant.

Mais je suis aba.

Sour.

Die.

Par ce que vous m'apprenez".

Ainsi, quand on a "découvert" (je me comprends) que Denis Gautier-Sauvagnac, aka "DGS", patron de la fédération patronale de la métallurgie, avait passé beaucoup de son temps à distribuer dans son entour, entre 2000 et 2007, du (très, très) gros pognon, en espèces, comme de juste, pour "fluidifier le dialogue social" (et non, il va de soi, pour financer la droite haineuse et revancharde qui prétend régner sur nos vies)?

Laurence Parisot a presque pleuré de rage impuissante, car elle ne savait rien, promis, juré, craché, ptoui, de cette pratique mafieuse: on lui avait rien dit, elle pensait, ah, la bonne pâte, que le patronat était comme un sirop de vertu(s).

A ce moment-là, n'est-ce pas, je me suis dit, ah ben, après ça, tu peux être certain qu'elle va grave les tenir à l'oeil, Parisot, les parrains de la métallurgie.

Comment qu'elle va te les surveiller: voilà des mecs, espère, qui pourront plus (du tout) lever le petit doigt sans que dans la seconde elle en soit prévenue.

Genre, hey, vous m'avez enfumée un fois, vous ne m'y reprendrez pas.

Or: non.

Ce n'est pas du tout ce qui s'est passé.

Voilà qu'on "découvre" aujourd'hui que les mêmes ont filé du (très) gros pognon, 1.250 fois le smic, à Gautier-Sauvagnac, non pour acheter son silence, que vas-tu imaginer là, mais pour le récompenser d'une vie de bons et loyaux services (et de fidélité aux traditions calabraises, puisque aussi bien il n'a toujours pas dit à qui précisément il avait distribué du cash).

Et que nous dit Laurence P.?

Je te le donne en mille?

Et même en 1.250 (fois le smic)?

Elle.

Ne.

Savait.

Pas.

Elle est "furieuse", nous dit ce matin "Libération" (qui aime beaucoup le patronat).

Et là, je suis désolé, mais y a que deux possibilités.

Ou Laurence Parisot est une espèce de nulle intégrale, totalement incompétente, qui ne sait rien de ce qui se passe dans sa boutique et sous le nez de qui peuvent se fomenter les pires vilenies sans qu'elle s'en aperçoive, occupée qu'elle est à se pâmer aux pieds du petit chef de l'Etat qui aime tant les usines - et elle devrait, d'urgence, être virée.

Ou Laurence Parisot nous prend, c'est triste à dire, pour des gros(se)s con(ne)s, quand tous les trois mois elle "découvre" que dans les recoins du MEDEF des mariolles high-tech se comportent comme dans un film de Coppola.

Personnellement, je ne te le cache pas: je penche pour la deuxième solution - parce que si vraiment Laurence Parisot avait une grosse envie de nettoyer les semelles (très) merdeuses du patronat métallurgique, sais-tu ce qu'elle ferait?

Elle romprait l'omerta, et nous dirait, fissa, dans quelles profondes poches a fini le (très, très) gros pognon que DGS a dispatché entre 2000 et 2007.

Elle demanderait aux seigneurs du métal de cracher le morceau.

Rien de plus simple.

Mais, tu notes?

Elle dit pas, et elle demande pas.

 
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