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27/03/2008

BHL, "Avec Un Style Tout Stalinien"

Chomsky l'a tôt diagnostiqué, qui observait, dès 1980: "Il est intéressant de voir que l'intelligentsia se sent maintenant si à l'aise, qu'elle peut publier impunément de vrais mensonges qu'elle fabrique avec un style tout stalinien, en pensant, sans aucun doute avec raison, qu'elle est intouchable dans le climat actuel".

Cela, trente ans plus tard, se vérifie chez nous (presque) tous les jours: le phénomène, boosté par le tout-au-Sarko, va évidemment s'amplifiant.

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Ainsi, dans "Le Point" de ce matin, le renommé romanquêteur que le monde entier envie à la France des idées, je veux parler bien sûr de BHL, aka Bernard, se livre à l'une de ces remarquables démonstrations qui font dire à Joe Staline, du fond de son tombeau et avec son accent typiquement géorgien: "Parrrrr les couilles d'Ilitch Oulianov, ce garrrrrçon est quand même trrrrrès forrrrrt!"

BHL, tu vas voir, tire du limogeage du sous-préfet Guigue, "démis de ses fonctions" pour "manquement au devoir de réserve qui est de règle pour les serviteurs de l'Etat", l'enseignement que la gauche "rouge (altermondialiste)" en général, et Alain Badiou en particulier, forment un hideux ramassis de nazis.

(Naturellement, ce n'est pas dit aussi nettement: ce n'est que suggéré, mais avec un peu d'insistance - et par des procédés qui, donc, rappellent d'assez près (de trop près, à vrai dire) les calomnies insanes par quoi se distinguaient naguère les tristes clercs du stalinisme.)

Bernard commence par acclamer la démission du sous-préfet viré, dixit son ministère, pour avoir publié sur le Net une tribune "très violemment anti-israélienne" (1).

(Je te rappelle que BHL est l'un des valeureux défenseurs-de-la-liberté-d'expression-foulée-par-les-mahométans
qui ont récemment pétitionné en faveur d'un autre serviteur de l'Etat, non moins tenu que Guigue au devoir de réserve.

Il s'agissait, tu l'as deviné, de l'ineffable Redeker, dont le cas montre que l'islamophobie est au banquet de la réaction le mets le plus raffiné.)

Bernard te raconte qu'il a navigué sur le Net, "sollicitant l'ami Google", afin que d'y trouver quelques renseignements sur le sous-préfet limogé.

Là, il a, dans un premier temps, (re)découvert, fidèle à sa légendaire modestie, l'excellence de sa "vieille thèse sur l'effet d'aveuglement que produit, immanquablement, la monomanie antisioniste".

(Pour le cas où tu ne le saurais pas, je te rappelle (aussi) que ce que BHL appelle une "monomanie antisioniste" est, dans la vraie vie, l'attention portée aux Palestiniens harassés.)

En guise d'illustration de cet effet d'aveuglement, Bernard pose une question où se détecte sa pleine maîtrise de la réalité: "Pourquoi n'entend-on jamais les adversaires d'Israël sur le Tibet?"

La réponse, n'importe quel écolier de CM1 te le dira, est que, dans le monde réel, qui n'a certes aucune espèce de rapport, même très lointain, avec les divagations de nos penseurs de médias, les gens qui se préoccupent du sort de la Palestine ont le souci, aussi, de celui du Tibet - ne serait-ce que pour la simple et bonne raison qu'il y a, entre la colonisation de Gaza et celle de Lhassa, plus de points communs qu'entre, disons, la vraie philosophie et la pensée de BHL (2).

(Tu relèveras, au passage, c'est à ces minucules manipulations langagières que s'identifie le stalinien orthodoxe, que Bernard présente les défenseurs des droits des Palestiniens comme des "adversaires d'Israël" - suggérant, mine de rien, que ces gens-là sont de sinistres salopards ahmadinejadiques, ennemis, non d'un gouvernement, mais d'un pays entier.)

Mais reprenons, si tu le veux bien, le fil de notre (long) récit.

Surfant sur le Net (comme Brice, à Nice, fait sur des vaguelettes), et "naviguant de site en site" (à la façon d'une espèce de Vasco de Gama new look), BHL "tombe sur toute une nébuleuse" de sites qui prennent "la défense du "courageux" fonctionnaire sanctionné".

Sites "nombreux", il va de soi, et qui, surtout, "couvrent l'essentiel du spectre du pire", explique BHL, puisque aussi bien on y trouve "du rouge (altermondialiste)", comme du "brun (Front national et apparentés)", comme du "vert (islamiste radical)".

Tu l'as compris, ami(e), Bernie pose là, comme il fait souvent, l'équation diffamatoire qui depuis quelques années tient lieu de bagage (de cabine) intellectuel à nos clercs de télévision: altermondialistes = extrême droite = Ben Laden.

Pour le dire autrement: BHL, dont la divagation devient, là, franchement odieuse, va très naturellement utiliser le brun et le vert de sa triste palette pour calomnier la gauche de gauche - d'un pinceau plein de haine.

Il écrit, et il me faut ici le citer assez longuement, que les sites altermondialistes, et ceux des fafs et des barbus: "S'accordent tous, en fait, sur une représentation articulée en trois propositions aussi délirantes que simples. Israël est un Etat nazi. Le monde est organisé pour dissimuler cette vérité. Et le cerveau de ce complot, son chef d'orchestre clandestin, le véritable agent des noirs desseins de l'éternelle "Internationale juive", se trouve être ici, à Paris, juste au-dessus de chez Alliot-Marie qui n'est, avec Kouchner, Attali et autres nouveaux "Juifs Süss" (je cite toujours la même plaisante littérature), qu'un instrument docile entre ses mains - il n'est autre, ce juif honteux, caché, chanoinisé, mais démasqué, que... Nicolas Sarkozy lui-même!"

Oui, camarade: c'est ce que BHL écrit...

Et on aimerait, bien sûr, que Bernard, plutôt que de citer une "plaisante" mais bien vague "littérature", nous dise, précisément, de quel site rouge (altermondialiste), exactement, il extrait cette prose innommable, ce pur concentré d'antisémitisme, ces "Juifs Süss"?

Mais BHL ne nous le dit pas, et pour cause: il a évidemment pêché cette ignominie xénophobe dans un égoût nazi du Net - mais veut nous entretenir dans l'idée, pur mensonge, qu'elle pourrait aussi bien venir de la gauche.

C'est audacieux, j'en suis d'accord, mais reste assis(e), ami(e): ce n'est que le début d'un feu d'artifice qui fera date, évidemment, dans l'histoire, déjà longue, du terrorisme intellectuel.

Car le Bernard préféré de Thierry Ardisson, ayant découvert ces défécations racistes, "du coup", et tout soudain, "repense", vois comme d'un seul coup ses idées s'associent, "au philosophe Alain Badiou", qui "n'appelle plus le président par son nom mais "l'homme aux rats"".

Si tu as lu ce Badiou-là (3), tu sais que cette appellation fait une référence, explicite, à des travaux de Freud, que même Bernard doit connaître - mais qu'il fait mine d'ignorer, pour mieux souligner que Badiou appelle Sarkozy: "Juste "l'homme aux rats", comme dans les films de propagande qui passaient dans les cinémas sous l'occupation".

Alain Badiou, c'est ici nettement suggéré, n'est donc pas tant le philosophe que nous connaissons, et dont nous savons qu'il est tout sauf raciste, qu'un émule des Propaganda-Staffeln.

Un nazi, quoi.

Il suffit de l'énoncer clairement, et tout devient tellement plus simple, n'est-ce pas?

Et du coup, je suppose que je n'ai pas besoin de te faire un dessin.

BHL s'est donné pour mission de salir, pour la énième fois, la gauche de gauche, et aucune outrance ne va le détourner de cette noble entreprise.

On est là dans le registre, non plus de la seule calomnie, mais de la méchanceté la plus crasse.

On est là dans la boue.

On est là dans le tout dernier retranchement de cette intelligentsia qui depuis trente ans publie "impunément de vrais mensonges qu'elle fabrique avec un style tout stalinien, en pensant qu'elle est intouchable dans le climat actuel".

Inconsciente, encore, que ce climat se réchauffe.











(1) Et, de fait, assez riche en conneries insupportables - comme par exemple une comparaison entre le Reich hitlérien et l'Etat hébreu.
Tu peux lire là-dessus, avec beaucoup de profit, ceci: www.rue89.com/passage-benbassa/fallait-il-sacrifier-le-sous-prefet-bruno-guigue.
Tu peux noter aussi, on va y revenir, que BHL use de la même scandaleuse comparaison quand il met sur un même plan un propos de Badiou et "les films de propagande qui passaient dans les cinémas sous l'Occupation".

(2) Lis également, je te prie: blog.mondediplo.net/2008-03-24-Tibet-Palestine

(3) Si ce n'est pas le cas, il est grand temps: "De quoi Sarkozy est-il le nom?" est paru aux éditions Lignes.

26/03/2008

God Save Your Mad Parade

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God save the queen
The fascist regime
It made you a moron
Potential H-bomb

God save the queen
She ain't no human being
There is no future
In England's dreaming

Don't be told what you want
Don't be told what you need
There's no future, no future,
No future for you

God save the queen
We mean it man
We love our queen
God saves

God save the queen
'Cause tourists are money
And our figurehead
Is not what she seems

Oh God save history
God save your mad parade
Lord God have mercy
All crimes are paid

When there's no future
How can there be sin
We're the flowers in the dustbin
We're the poison in your human machine
We're the future, your future

God save the queen
We mean it man
We love our queen
God saves

God save the queen
We mean it man
And there is no future
In England's dreaming

No future, no future,
No future for you
No future, no future,
No future for me

No future, no future,
No future for you
No future, no future
For you

25/03/2008

Allons-Nous Tolérer Longtemps L'Arrogance Inouïe De Ces Roumain(e)s?

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Les gueux ces temps-ci deviennent, je suppose que tu l'as noté, dangereusement irrévérencieux.

Je dirais même qu'on ne les tient plus, et toi, je ne sais pas, mais pour ce qui me concerne, j'escompte que le patronat les matera, parce que j'en ai un peu ras le cul de cette plèbe geignarde qui se prend pour le centre du monde - et refuse d'envisager que ses légitimes propriétaires puissent eux aussi passer par les affres des fins de mois difficultueuses.

Je pense, naturellement, aux salarié(e)s de l'usine (Renault-)Dacia de Pitesti, Roumanie, dont l'âpreté au gain a quand même quelque chose de profondément répugnant.

Voilà des gens qui, au sortir du (long) règne de Nicolae Sark... Ceaucescu, n'étaient rien.

Mais ce qui s'appelle: rien.

Voilà des gens qui ressemblaient d'assez près à des merdes post-communistes, infoutues de se prendre en main et qui, mollement avachies au coin du ballast, regardaient passer le train festif de la mondialisation sans même que l'idée les effleure de se faire une place dans le wagon de queue.

Des branleurs, quoi - recroquevillés sur leurs avantages acquis et totalement hermétiques aux joies saines du Capital.

Arrive (Renault-)Dacia, qui leur offre, excusez du peu, de retrouver leur dignité - sous la forme d'un salaire de folie de, tiens-toi bien, 285 euros mensuels.

Byzance.

(Je vois monter à tes yeux des larmes, et comme je te comprends: moi aussi, je pleure de joie, à chaque fois que m'est donné de mesurer concrètement la joliesse du libéralisme.)

285 euros bruts, naturellement - faut pas non plus exagérer, trop de subite luxuriance aurait tué à coup sûr le salariat désoviétisé.

Bon, (Renault-)Dacia les sort du caniveau dégueulasse où ils cuvaient leur communisme.

(Renault-)Dacia fait de ces loqueteux assistés des libres citoyens du Marché du même nom.

(Renault-)Dacia les ouvre, comme on ferait d'une huître, aux Beautés de la Concurrence.

(Renault-)Dacia leur allonge tous les mois une petite fortune.

Et que font ces bâtards?

Est-ce que tu crois qu'ils remercient (Renault-)Dacia?

Est-ce que tu crois qu'ils vont rendant, comme nous aurions fait, toi et moi, mille et mille grâces à leur si généreux mécène?

Peeeeenses-tu!

Les voilà qui se mettent en grève!

Générale, de surcroît!

Ils réclament - t'es assis(e)?

Une "augmentation"!

Et voilà comment ces gens sont (tu changeras pas le prolétariat): tu leur donnes ça, ils te chient dessus et réclament ça.

Tu leur donnes le doigt - le majeur, dûment vaseliné - mais naturellement: les voilà qui au bout d'à peine quelques années d'esclav... De salariat te bouffent le bras.

Ces tristes salauds, je te le dis, outre qu'ils puent l'alcool de prune (leur gigantesque émolument ne les a pas détournés de leurs sinistres habitudes alimentaires), sont littéralement obsédés par le fric.

Et les voilà qui tout soudain psalmodient le si laid refrain de chevet de la racaille altermondialiste, partageons-les-richesses, partageons-les-profits, toutes ces conneries obscurantistes.

Et les voilà qui vagissent, avec leur sale accent de créatures des Carpates: "Aaaaah, oui, mais (Rrrrrenault-)Dacia fairrrrre grrrrrâce à nous grrrrros bénéfices, avoirrrrr gagné 150 millions eurrrrros cette année, mais nous pas voirrrrr couleurrrrr arrrrrgent".

Mais attends, sale petit salaud égoïste, (Renault-)Dacia te file 285 euros bruts à la fin de chaque mois, PLUS des "réductions dans les transports en commun" (1), et tu oses encore ouvrir ta gueule?

Ah, putain, ça me fout en rogne.

Reusement: les big bosses de (Renault-)Dacia ont réagi avec toute la vigueur nécessaire.

Si tu crois qu'on est du genre à négocier avec des preneurs d'otages, ont-ils expliqué en substance, tu te mets le doigt dans l'oeil jusqu'à l'épaule (et t'as qu'à en profiter pour te chatouiller un peu l'intestin grêle).

Ton augmentation, tu te la prends, tu te la roules, et tu t'en fais une sonde.

Noutre, si tu n'es pas content: je délocalise vite fait la fabrication de ma Logan en Tamoulie orientale.

Et tu vas me dire: oui mais, si demain les Tamouls orientaux à leur tour te font chier à grands coups de revendications ouvertement staliniennes?

Ben tu vois, je m'en cogne, agade comment que je m'en tamponne: je délocaliserai ailleurs.

Et quand la Terre entière fera grève: j'irai m'installer sur Vénus.

Là-bas les miséreux ont le sens du travail bien fait, je devrais m'en tirer pour 17 euros par mois - et il va de soi une réduction sur le transport.

J'en ai rien à foutre, mon gars, de tes pleurnicheries.

Pour que ceux qui ont tout continuent de s'empiffrer?

Faut que ceux qui n'ont rien continuent d'avoir faim.

C'est la juste loi de la nature.

Tant que t'auras pas compris ça?

Nous deux, ça n'ira pas.






(1) "Libération".

24/03/2008

Qui Donc Est Ce Preux Chevalier?

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Est-ce le vaillant Bayard?

Nenni, ami(e): ce n'est que Ménard.

Ce n'est que Robert Ménard, le fameux big boss des Reporters sans frontières, qui s'est comme tu sais donné pour double mission de protéger (presque) partout (1) sur cette foutue planète l'indépendance des journaleux (et des blogueurs), et (dans le même temps) d'éradiquer le communisme, tel que l'incarne ces jours-ci le très hideux Hugo Chavez.

On (ne) le dit (que trop) peu, mais Bob Ménard, outre qu'il fait trembler partout la vermine bolchevique, est un homme qui pense - exactement comme font d'autres intellectuels de poids de l'ère du tout-au-Sarko.

Bob Ménard, par exemple, estime que "la publicité doit être considérée comme une nécessité économique", pour la simple et bonnasse raison que: "Le siècle qui s'est éteint fut suffisamment furieux pour que l'on se rende à l'évidence que les idées alternatives conduisaient directement au goulag" (2).

(Pour Bob Ménard, tu l'as compris, le monde comme il va est le terrain où s'affrontent, sans la moindre issue de secours, le stalinisme et Publicis - et où naturellement il a, en Kravtchenko des temps nouveaux, choisi la liberté.)

Bob Ménard trouve, aussi, que "la presse française est corsetée d'interdits législatifs, qui n'existent pas ailleurs, sur le racisme, l'homophobie, la mémoire", et que: "Ces barrières doivent sauter".

(Il appartient, par conséquent, à la grande (et noble) famille des briseurs de tabous.)

Bob Ménard, enfin, rebel with a lot a causes, en a salement: "Ras le bol des bons sentiments dégoulinants - ces jeunes des banlieues forcément victimes des forces de l'ordre, ces "sans-papiers" qu'on devrait accueillir sans jamais fixer de limite, ces anti-mondialisation tellement plus sympathiques que l'affreux FMI - nouvelle incarnation de l'ogre dévoreur d'enfants du tiers-monde -, de tout ce bric-à-brac à la mode qui nous empêche de réfléchir".

En résumé, tu l'observes: Bob Ménard souvent réfléchit (je me comprends) comme Sarkozy.

Dès lors, je te pose la question: est-ce qu'une telle proximité de vues ne méritait pas d'être officiellement reconnue - par l'un de ces hochets dont le régime gratifie celles et ceux qui ne lui ont pas déplu?

Si, bien sûr.

Et justement: c'est chose faite.

Bob Ménard vient d'être fait chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur.

Une garantie, naturellement, de son entière indépendance: la décoration d'un homme libre.






(1) Mais pas dans la Seine-et-Marne, où un secrétaire d'Etat peut tranquillement porter plainte contre un blogueur qui a eu le front de le traiter d'"apparatchik", sans que cela émeuve RSF plus que de (petite) mesure.
(2) Toutes les citations illustrant ici l'himalayesque hauteur de vues de Bob Ménard viennent de: "Le procès de... Robert Ménard", in "Le Plan B" n° 11, décembre 2007.

23/03/2008

Patrice Leconte Ouvre La Chine (Populaire) A La Démocratie (Et Tu Vomis Ton Petit Déjeuner)

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C'est dimanche, c'est le matin, les enfants sont chez leur grand-mère, t'as traînassé au lit pendant moulte plombe, y a un morceau de ciel bleu dans le coin de la fenêtre, et tout va bien, merci, comment que la vie est belle - t'as presque envie de chanter une chanson de Charles Trénet, ça te changera un peu des Angelic Upstarts.

Puis tu ouvres, à sa page deux, le "Journal du dimanche" du jour, et tu tombes sur un entretien avec Patrice Leconte (j'insiste sur le "-te" final), qui a "tourné un clip de promotion pour" les JO de Pékin, Chine populaire.

(Cette Chine si populaire, tu sais, qu'elle entrevoit souvent que le bonheur de son populo passe par l'assassinat de quelques Tibétain(e)s, liste non exhaustive.)

Et là, faut admettre: t'es assez tôt saisi d'une assez forte envie de gerber (à longs traits) qui te plombe ton début de journée.

Patrice Leconte, il va de soi, ne "comprend" absolument pas "le débat actuel sur le boycottage des Jeux" - non parce que le régime totalitaire qui les ordonne lui a refilé du gros flouze pour lui flatter le cul, penses-tu, mais parce que: "Si on refuse d'aller en Chine, comment voulez-vous que ce pays s'ouvre à la démocratie?"

C'est l'évidence même, Anthelme: si que tu fais pas un effort de sociabilité (naturellement rémunérée) avec monsieur Hitler, comment que tu veux que monsieur Hitler s'ouvre aux joies du libre débat?

Patrice Leconte, penseur hautement nivelé, considère que: "Boycotter, c'est la meilleure chose pour que rien ne change jamais".

Alors que, tu l'auras noté: quand Patrice Leconte refuse le boycottage, tout change, d'un seul coup, dans les rues des villes du Tibet, où le sort de l'indigène s'améliore de beaucoup de crans (de sécurité).

Patrice Leconte, cependant, n'est pas seulement l'irréductible défenseur des minorités opprimées: sous la houppelande lumineuse du militant humanitaire, le coeur d'un citoyen du monde assoiffé de connaissance(s) bat - au rythme lourd du staccato des rafales de PM qui déchirent le silence des rues matées de Lhassa.

"Moi", explique-t-il: "J'ai accepté de travailler pour Pékin parce que je n'avais jamais mis les pieds en Chine et que je suis curieux de nature" - et non, évidemment, mais tu vois le mal partout, parce que Pékin m'a fait un gros chèque pour mon tourisme.

(Je connaissais pas le Sichuan: c'est quand même charmant, nonobstant les camps de travail, je me demande si je vais pas faire un Guide du Routard.)

Noutre, Patrice Leconte l'affirme, on exagère beaucoup les pulsions éradicatrices du régime sino-populaire, qui ne l'a, pour ce qui le concerne, pas (du tout) censuré: "Pendant les cinq jours du tournage (...), j'ai filmé tout ce que je voulais".

Glousse-t-il.

Et, certes, Patrice Leconte n'avait aucune "velléité de filmer quelque chose de moins flatteur" que l'effort d'un pays uni dans l'organisation de Jeux divertissants: il n'a pas voulu, par exemple, filmer l'exécution d'un opposant éliminé d'une balle dans le crâne, qui eût été c'est vrai sans rapport avec les saines joies du sport, de la compétition, et du libre commerce.

Pas question de mordre la main qui t'engrosse le compte bancaire: on est des pros, on est là pour faire le boulot que réclament nos commanditaires.

Pour autant, Patrice Leconte l'énonce avec beaucoup de calme: "Cela n'est sans doute pas très compliqué d'avoir accès à certains quartiers défavorisés de la ville".

(Qui a dit que les vieilles salopes du Parti communiste chinois (PCC) étaient moyennement réceptives aux vertus de la transparence?)

Mais Patrice Leconte, lui, n'était pas là pour ça: "J'étais là pour faire un film délibérément positif, (...) pas pour être subversif".

Il n'a ni remords, ni regrets: "Moi, j'assume mon choix. (...) Je suis fier de ce que j'ai fait".

Je ne vous dirai bien sûr pas combien le régime qui hache des moines bouddhistes m'a mis au portefeuille, pour que je lui pourlèche le bronzage olympique - mais croyez bien qu'au fond, je suis resté un rebelle un peu fou: "Mon film (est) plutôt culotté par rapport à la commande".

Mon film n'est: "Pas dérangeant mais pas convenu non plus".

D'ailleurs tous ces mecs du PCC l'ont positivement adoré - sûr qu'ils ont eu le sentiment d'en avoir pour leur gros pognon.


Bon dimanche, camarades: la prochaine fois que sortira sur nos écrans un film d'auteur de Patrice Leconte, genre "Les Bronzés font la Grande Muraille", n'oubliez surtout pas "le débat sur le boycottage".





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22/03/2008

Prêcheur De Haine

"Le Figaro" publie comme tu sais le vendredi, sous la forme d'un "bloc-notes", les sermons terrifiants d'un prédicateur halluciné.

Son nom est: Rioufol.

Ivan.

Rioufol.

Et son cas intéresse évidemment la science, car le gars, dans le même temps qu'il régurgite, semaine après semaine, les slogans de la droite régimaire, haineuse et revancharde, qui étend sur nos vies son emprise, continue de se regarder comme un iconoclaste, un briseur de tabous, un Résistant - avec un grand "R", comme par exemple dans: "Réactionnaire".

(Ainsi procédaient, rappelle-toi, les "penseurs" de chevet du feu petit père des peuples, travestissant leur allégeance derrière le masque d'un "réalisme" de carton-pâte...)

Ivan R. est l'homme, principalement, d'une obsession: maladivement, il explique par l'immigration, dans ses prêches vendrediques, les souffrances des Français de souche.

Cette semaine, il énonce par exemple que "la France est pauvre, l'Etat sans le sou".

Il va de soi que c'est faux, et que dans la vraie vie l'Etat (UMP) dispose au moins d'assez de sous pour fabriquer à ses rebondis commanditaires de luxurieux paquets fiscaux.

Mais cela permet à Ivan R. d'exiger, juste après, que l'on réduise "le périmètre des solidarités", puis de préciser par ces mots sa pensée: "L'immigration serait responsable des trois quarts du déficit de la France".

Tu as compris, Ducon, ou s'il faut que l'intellectuel du vendredi te repasse la main sur le poil dans le sens de tes phobies?

Si tu n'as pas d'argent, c'est parce que l'immigré vient jusque dans tes bras te le piquer au porte-monnaie (avant que d'égorger tes fils et tes compagnes).

C'est ce que notre bloc-noteur, qui l'aborde semaine après semaine dans l'un des principaux journaux du pays, appelle, sans rire, "l'inabordable crise identitaire", et je suis d'accord avec toi: ce n'est jamais que la énième déclinaison, sous sa plume, de l'orthodoxie droitière la plus conventionnelle.

Rien de nouveau, donc, sous le soleil.

Ah ben oui, me dis-tu, mais si c'est pas nouveau, à quoi bon en parler encore - est-ce qu'on ne ferait pas mieux de laisser nos Charles Martel du pauvre s'entre-palucher en famille?

Là encore, je suis assez d'accord: les pignolades collectives de nos bouteurs professionnels sont de peu d'intérêt.

Je t'en reparle ici parce que, dans son libelle d'hier, cependant, Rioufol repousse d'un large empan les limites, connues, de sa haine ordinaire - et nourrit sa coutumière vindicte d'un argument nouveau, où se mesure soudain toute sa fine finesse, en même temps que la déliquescence de la droite française: les immigré(e)s nous sont, explique-t-il posément, ce que sont les troupes chinoises au Tibet occupé.

(Hhhhh...)

Sa démonstration témoigne d'une vive intelligence.

Il énonce d'abord, un peu comme s'il tenait meeting en territoire pénique, ou en fief UMP, que: "L'immigration familiale a continué à croître".

Il demande ensuite (exactement comme si Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux n'existaient pas): "Ne serait-il pas temps de s'interroger sur ses conséquences?"

Puis: "Pourquoi serait-il honteux de défendre (l') identité française?"

(Mâme Chabot?)

Il répond: "Il est potentiellement explosif de vouloir jouer avec un métissage culturel qui peut être vécu comme une spoliation, voire une violence", comme le "rappelle ces jours-ci (...) l'insurrection des jeunes moines tibétains".

Il ajoute, comme pour mieux signifier que nulle indécence ne l'arrêtera, que ces bonzes "reprochent aux Chinois de favoriser une immigration de substitution aboutissant à un "génocide culturel"" - comme lui-même déplore en France une "diversité" porteuse, tu l'auras deviné, des mêmes périls génocidaires.

Je ne vais pas commenter plus que de raison cet affreux délire - où se trouve si commodément galvaudée la notion même de génocide.

Je voudrais juste, une fois encore, attirer ton attention (affûtée je le sais) vers un phénomène dont le nouveau hurlement de haine d'Ivan Rioufol n'est qu'une manifestation parmi beauuuuucoup d'autres: la droite régimaire, au fur et à mesure que la vraie vie lui balance, par sa réalité, coup de pied au cul sur coup de pied au cul, n'en finit plus de se réfugier, comme faisait naguère le stalinisme, dans une réalité-bis, totalement paranoïaque, où elle se libère jour après jour, au prétexte minable d'un iconoclasme pour cour de récré de maternelle, de ses dernières pudeurs.

Quand tu y réfléchis, c'est véritablement flippant, parce que si déjà ils en sont, comme on le constate ici (et comme pour mieux signaler qu'ils n'ont aucun respect pour les victimes des authentiques génocides), à te présenter l'immigration comme un péril génocidaire - où s'arrêteront-ils?

N'oublie pas que dans le monde réel:

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21/03/2008

Simple, Direct, Informatif

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20/03/2008

Une Révélation De Sylvie Pierre-Brossolette?

Dans l'hebdomadaire "Le Point" de la semaine, pendant que Jacques Marseille, prédicateur halluciné, somme le chef de l'Etat français de mettre le cap "à droite toute" (1), Sylvie Pierre-Brossolette, cheffe du service politique, pose la question suivante: Nicolas Sarkozy "peut-il changer?"

Elle ne (se) demande pas, tu l'imagines bien (on parle ici de "Le Point", et non d'une publication qui serait, fût-ce de très loin, hostile au régime) - elle ne (se) demande pas, disais-je, si le chef de l'Etat français pourrait changer de politique, mais bien plutôt s'il pourrait modifier un peu son comportement, comme le (lui) suggèrent ses communiquants.

Genre, s'il pourrait par exemple cesser de distribuer au passant du casse-toi pauvre con.

La droite, ces derniers jours, ça ne t'a pas échappé, veille à focaliser l'attention de l'opinion sur le (prétendu) nouveau "style" du chef de l'Etat français - à la seule fin de la détourner un peu mieux de la réalité de son règne, inchangée, elle, et qui se résume comme tu sais à chourer dans les poches des pauvres de quoi remplir celles des riches.

En d'autres termes: Sarkozy va, évidemment, continuer, de plus belle, à déchiqueter nos liens sociaux, mais du moins enlèvera-t-il dorénavant ses Ray-Ban, avant de nous mettre à mal - et n'est-ce pas le plus important?

C'est le message, rassurant, que l'Elysée veut faire passer dans le grand public au lendemain de la très grosse branlée municipale des 9 et 16 mars, et que Sylvie Pierre-Brossolette, observant que l'intéressé "revient à l'orthodoxie", répercute gentiment (pendant que Jacques Marseille te confirme comme je te disais, dans le même hebdomadaire, que pour ce qui est du fond, un grand bond à droite s'impose).

Et de tout ça, de ces coutumières scansions de la presse décomplexée, je suis assez d'accord avec toi, camarade: nous n'avons que foutre.

Ah ben ouais, te dis-tu, mais pourquoi tu nous en parles, du papier de Pierre-Brossolette, si on s'en fout si fort?

Bonne question.

Merci de l'avoir posée, ami(e).

Ce qui me fait marrer, dans ce papier, je t'explique: c'est le passage où l'auteure, soucieuse d'illustrer que Sarko change un peu, observe que ce changement "s'accompagne du retour en force", dans son entourage (très) proche, "des fidèles de longue date".

Notamment: "Claude Guéant, (...) sacré homme fort de l'Elysée".

Ou encore: "Franck Louvrier", qui "pilotera le pôle communication" de Sarkozy "dans son ensemble".

Ou enfin: "Catherine Pégard", qui "chapeautera une cellule politique" - et que tu vois ici accompagnant un homme dont je ne prononce plus jamais le (marti)nom, de peur de succomber encore à une crise d'intarissable hilarité.

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Et c'est là que c'est drôle, si tu relis attentivement.

Voire: cocasse.

Parce que, tu m'arrêtes si je me trompe, mais si mes souvenirs sont bons, Claude Guéant et Franck Louvrier sont en effet dans la besace de Sarkozy depuis des siècles - "de longue date", par conséquent.

Mais Catherine Pégard?

Ca fait même pas un an qu'elle bosse avec le chef de l'Etat français.

Juste avant, qu'est-ce qu'elle faisait?

Elle était cheffe du service politique à "Le Point"!

Pégard, "fidèle de longue date"?

Je n'y crois évidemment pas - tu penses bien que s'il y avait (eu) à "Le Point" des ami(e)s de Sarkozy, le patron de "Le Point", l'impérialissime FOG, nous l'aurait dit: le gars est cramponné à la déontolomachin comme une moule à son rocher.













(1) Je suppose que j'y reviendrai un de ces jours!

19/03/2008

Mens Sana Incorporated

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Tu les as vus, qui ces jours-ci tortillent sauvagement du cul au rythme du (traditionnel) "débat" sur faut-y-que-je-boycotte-les-JO-de-monsieur-Jiabao-du-Parti-communiste-chinois-qui-durant-qu'il-me-caresse-le-fondement-hache-du-Tibétain-ou-faut-y-que-j'assume-de-n'avoir-que-foutre-du-sort-de-quelques-bonzes-de-merde?

Tu les entends, sans déconner, touiller leurs états d'âmes?

Dans ce bal des faux-derches, Bernard Kouchner, évidemment, se déhanche grave sous les sunlights, et te fait savoir, du haut de sa gigantesque expérience de riziculteur humaniste, comme le signale ce matin "Libération", que l'hypothèse d'un boycott "ne rencontre pas le soutien du gouvernement français", mais qu'"il n'est pas exclu que l'Europe "se concerte"".

(Et rien, en effet, n'interdit que "l'Europe" se pignole pendant que les Tibétains crèvent.)

Au-delà de la sphère des intellectuels de renom, le gros des tortilleurs vient naturellement des "athlètes" qui énoncent gravement, comme au terme d'une longue et difficultueuse réflexion, que "ce n'est pas aux sportifs d'assumer le choix de Pékin", passe-moi le Ponce je te passerai le Pilate, et que nous, hein, ne pas se tromper, on fait pas de politique, tu as d'un côté le sport et ses nobles valeurs, et tu as de l'autre côté ce hachis de moines bouddhistes - bon, tu le constates: aucun rapport, merci de ne pas tout mélanger, on est là pour tomber du record.

(Pour te prendre un exemple ancien, c'est vrai que ce monsieur Hitler était un peu rugueux, mais pouvions-nous, en conscience, renoncer à sauter de la haie au motif, très politicien, qu'il exterminait ça et là?)

Tu les as entendus?

J'aimerais juste qu'ils cessent de nous prendre pour des con(ne)s - et qu'ils arrêtent, notamment, de nous fourguer long comme le bras les joies saines du sport(-de-haut-niveau), qui transcende les clivages et brise les frontières.

(Et autres noeuderies du même style.)

Tout le monde sait, jusqu'au dernier des sous-connards, que les JO n'ont plus aucune espèce de rapport, même lointain, même très, très, très lointain, avec l'heureuse-émulation-de-la-compétition.

Tout le monde sait que nous "découvrirons", comme à chaque fois, sitôt éteinte la foutue flamme olympique, que d'élégants sportifs (apolitiques évidemment) s'étaient chargés le sang de substances dont l'ADN filerait des nausées à un junkie terminal - si tu veux sauter haut, tu bouffes de l'EPO, comme dit le vieux dicton.

Tout le monde sait, en vérité, que les JO sont, de leur début à leur fin, une affaire de trèèèèès gros pognon: l'un de ces moments où s'épanouit le capitalisme dans toute sa fière décomplexion; l'un de ces moments où de pansus possédants, soucieux de toujours se gaver (fût-ce au prix du massacre d'une poignée d'indépendantistes), entrepreneurs, politiciens, follement épris ça va de soi des beautés-de-la-démocratie, passent leurs mielleuses langues aux fesses des pires tyrans de l'univers - tuez du bouddheux, mon cher, mon très, très cher ami, éliminez vos résidus, mais faites-moi la grâce, de grâce, de me confier ce marché que vous me promîtes avant-hier.

Tout le monde sait que le Très Saint Fric, autrement plus vénérable que les cocasses bondieuseries du Dalaï et de sa "clique", vaut largement le sacrifice de quelques gueux du trou du monde.

Un peu de pudeur, commerçants: cessez de verser des larmes sur les misères du Tibet en vous caressant le portefeuille.

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18/03/2008

Joe's Not Dead

De passage à بغداد (Bagdad).

(Ainsi qu'il sied, une fois l'an, aux tueurs étatsuniens d'Irakiens collatéraux - qui toutes les douze années les massacrent sur une échelle industrielle.)

Dick Cheney, vice-président américain.

Dont le faciès d'ecclésiastique enamouré justifierait que l'on succombât, éventuellement, au délit du même nom.

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Dick Cheney, disais-je, a déclaré - du ton qu'adopte, aux soirs de grosse marave électorale, l'excellent Jean-François Copeaux (celui même qui nous fit la burlesque promesse d'"arrêter la langue de bois") pour nous annoncer que, non, le votant n'a pas (du tout) souhaité sanctionner l'UMP en lui administrant une branlée d'anthologie, merci de ne pas interpréter.

Dick Cheney a déclaré que la guerre d'Irak (on parle ici des tueries chirurgicales d'il y a cinq ans) a été "couronnée de succès".

(NouvelObs.com rappelle, non sans quelque mesquinerie, que juste après cette crâne proclamation: "Un attentat suicide commis par une femme a fait 40 morts et 71 blessés à Kerbala", cependant que "d'autres attentats ont fait quatre morts et 13 blessés à Bagdad".)

Ce triomphalisme officiel n'est certes pas nouveau (plus près de nous, le bloc-noteur vendredique du "Figaro", prédicateur old school, considère lui que son ami le Yankee a gagné en Irak une belle victoire): il confirme que décidément, la droite ultra n'en finit plus d'adapter la réalité à ses pulsions propagandaires - exactement comme faisait jadis le râpeux Joe Staline.

 
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