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12/11/2007

Vérité Vespérale

Et voilà encore une info qui m'avait complètement échappé - mais dont fort heureusement "Le Monde" fait ce soir sa une: c'est dans ces moments-là qu'on mesure la vraie valeur de notre quotidien vespéral, en même temps que l'utilité qu'il y a, en démocratie, à (disposer) librement, pour la modique somme d'1,30 euro par jour, d'un journal de référence - un vrai.

Cette info, la voici, telle que "Le Monde" (nous) la délivre: "Les syndicats de la SNCF et de la RATP engagent l'épreuve de force sur les retraites".

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Vous en aviez entendu parler, vous, sincèrement?

Parce que moi: non.

Jamais.

Ja.

Mais.

J'en étais (sottement) resté à l'idée que c'était Nicolas Sarkozy, qui avait engagé "l'épreuve de force sur les retraites", en prévenant les cheminots (mais pas que) de son intention de leur serrer la ceinture (cependant que lui-même se la desserrait de presque 210 %), et de ce qu'ils avaient dès lors le choix, démocratique, de fermer leur gueule à double tour, ou de fermer à double tour leur gueule.

C'est vous dire si j'errais dans l'erreur - et si je sais gré au "Monde", journal de référence, de rétablir ce soir la vérité, en posant que ce n'est pas (du tout) le chef de l'Etat, qui a engagé "l'épreuve de force" - mais la racaille syndicale.

Je ne sais pas vous, mais moi?

Ca me rassure quand même vachement, d'observer à intervalle régulier (de 24 heures) que la presse (vespérale) reste un puissant contre-pouvoir.

J'en profite pour vous signaler que "Le Monde" (nous) livre ce soir le témoignage de Patrick Devedjian, qui souhaite justifier "la position avancée du chef de l'Etat" quand le chef de l'Etat prévient qu'il ne cèdera pas un pouce de terrain à la racaille syndicale, et qui trouve, pour ce faire, ces mots très forts: "Il ne faut pas oublier que c'est l'homme de la maternelle de Neuilly".

Je suis absolument d'accord avec Patrick Devedjian: au-delà de la digne pudeur où baigne son opportun rappel, je trouve qu'en effet, maintenant qu'il en parle, il ne faut pas oublier.

Il ne faut pas oublier que Nicolas Sarkozy est, si mes souvenirs sont bons, l'homme qui a longtemps expliqué au preneur d'otages de "la maternelle de Neuilly" qu'il était son "ami", son meilleur "ami", qu'il se faisait fort de maintenir avec lui ce lien amical privilégié, que bien évidemment il ne lui serait fait aucun mal, et caetera.

Et juste après: le gars s'est fait buter.

Quand on sait que le régime et la presse (qui ment) nous gavent ces jours-ci de grévistes "preneurs d'otages": c'est vrai que ça donne à réfléchir.

Sacré Devedjian.

L'homme des rappels qui tuent.

Laids "Socialistes"

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Rien, décidément, n'est aussi indiciblement laid qu'un "socialiste" à guillemets, imposteur, félon, renégat, profanateur.

Vous me direz que déjà ces gens-là ne sont presque plus rien, que le monde entier a compris qu'ils ne sont capables de rien, qu'ils n'ont pas une idée, que leur seule motivation est l'envie de régner sur de pathétiques fiefaillons qui jour et nuit les taraude, que par conséquent ils n'ont, de longue date, ayant senti que les vents dominants soufflaient de la gauche vers la droite, plus d'autre ambition (mais celle-ci les dévore) que de se laisser (em)porter par la bourrasque.

Et je sais tout cela, mais eux font mine de ne pas le savoir, et continuent à pérorer - inconscients que des temps approchent où leur effectif se comptera sur les doigts d'une main de Maurice Herzog, retour de l'Annapurna.

Je lis ainsi, dans "Libération", que deux minuscules apparatchiks, "rénovateurs" autoproclamés du P"S", Gaëtan Gorce et Manuel Valls pour ne pas les nommer, ont additionné leurs neurones pour appeler samedi, et à l'Assemblée nationale, à une "modernisation du clivage droite gauche" - qui est bien entendu, et comme d'habitude, une droitisation à marche (très) forcée.

Les "socialistes" sont laids, disais-je, et cela se vérifie jour après jour, et cela ne se dément jamais: les enfants, les voyant, hurlent d'effroi, et sitôt qu'ils ouvrent la bouche, des citoyen(ne)s pris de nausées, par centaines de milliers, montent à l'assaut des pharmacies (afin que de vider leurs stocks de Vogalène royal).

Pour désigner désormais la poignée de caciques, ultraminoritaire, qui au sein de leur parti n'est pas complètement résolue à brader sa pudeur, ces rénova-de-mes-deux-teurs ont trouvé ce mot, singulièrement élégant: "Fondamentalistes".

Du point de vue de cette burlesque nomenklatura, je le répète lentement parce qu'il est rare que l'indignité se donne si complaisamment à voir, "l'aile gauche" du P"S" est un ramassis de "fondamentalistes".

Le mot, évidemment, a été soigneusement pesé.

Il renvoie, il va de soi, vers ce que cette appellation désigne, dans notre imaginaire collectif - où les fondamentalistes sont grosso modo les pileux fanatiques des monts de l'Asie centrale que l'Oncle Sam, jadis, arma.

On voit par là que les "socialistes" ont un bel avenir dans le néant conceptuel: à bout d'arguments depuis que tout le monde a compris qu'ils disent à mi-voix ce que Nicolas Sarkozy hurle sans complexe(s), les voici réduits à meugler, entre deux brisages des mêmes "tabous" qu'ils ne cessent de briser depuis 20 ans, que la gauche de leur parti est quelque chose comme un nid benladiste.

(Pauvres, pauvres, pauvres mecs.)

Après quoi, posément, cramponnés aux sièges dont un peuple dupé leur a trop vite fait le cadeau, ils réclament pour la cent trente millième fois "une révision complète et sans tabou de (leur) projet politique", et finalement appellent, je vous jure que je n'invente rien, à: "Faire de la gauche le "parti de l'entreprise"".

Evidemment cela fait bondir la concurrence, et dans "Le Parisien", Julien Dray, ulcéré d'être pour un temps doublé sur sa droite, essaie de reprendre la main: "Occuper les voies de chemin de fer et même les facs me semble contre-productif".

Déclare-t-il.

(Hhhhh...)

Le dernier mot cependant revient à une femme qui n'est pourtant pas Louise Michel, puisqu'il s'agit de Josiane Balasko.

Elle a demandé hier, avant une manif de soutien aux mal-logés: "Je me demande ce que foutent les mecs du Parti socialiste; où est l'opposition?"

Bravo, Josiane Balasko.

Et voici la réponse: les mecs du Parti "socialiste", conscients de leur infinie laideur, ne paraissent plus aux manifs, non seulement parce qu'ils n'ont que foutre des misères de la plèbe, mais parce qu'aussi, lucides, ils craignent, et comme on les comprend, d'y être accueillis par des lancers d'oeufs pourris et de tomates.

Les gens du Parti "socialiste", pendant que la gueusaille manifeste pour les sans (papiers ou logis), planifient la prochaine étape de leur absolue soumission aux magnifiques lois du Marché.

Désormais un monde les sépare de la gauche, et pour finir je ne sais pas où est l'opposition, mais je sais où elle n'est pas: rue de Solférino.

11/11/2007

Grèves: Le Gouverne Ment

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François Fillon le révèle dans le "Journal du Dimanche" (aka le "JDD") ce matin: le régime, (pres)sentant que l'automne sera décidément chaud pour sa gueule, use, pour se protéger, d'un artifice dont naguère (et toutes choses égales par ailleurs) le stalinisme abusa: le procès d'intention.

Bien sûr, François Fillon ne le dit pas aussi nettement.

Faut pas non plus rêver.

Mais à la question: "A propos du malaise dans les universités, peut-on se contenter de dire, comme certains, que c'est politique?"

François Fillon répond: "Je ne fais pas de procès d'intention".

Or, qui a dit que le mouvement étudiant était "politique"?

C'est Valérie Pécresse, ministre UMP de l'Enseignement supérieur.

François Fillon, par conséquent, nous révèle ce matin, mais reconnaissons que ce n'est pas vraiment une révélation, que Valérie Pécresse fait aux grévistes des facs un (laid) procès d'intention.

Merci, François Fillon.

Ne pas trop se réjouir, toutefois: au-delà de cet accès de sincérité, François Fillon lui-même ne se prive (certes) pas de substituer à la réalité (où la rue prépare des lendemains déchanteurs à ceux qui, l'éreintant, s'augmentent cependant le salaire de, non plus 140 %, non plus 172 %, mais 209 %) une réalité-bis où tout va très, très bien, madame la marquiiiiise.

Par exemple, François Fillon proclame, avec la mâle assurance du gars qui a de longue date pris le pli de considérer les sondages (qui mentent) comme l'alpha et l'omega de la vérité révélée: "Je sais qu'une majorité de Français souhaitent que la France soit modernisée".

(Je peux me tromper, mais je crois me rappeler que ce magnifique morceau de langue de bois est au mot près celui que nous interpréta en 2005 le crâne Alain Juppé, juste avant que ne lui pète à la gueule un automne qui le fit, si mes souvenirs sont bons, vaciller dans ses bottes.)

François Fillon déclare aussi, à propos de sa "réforme" des retraites: "Nous avons été le plus loin possible dans les discussions avec les salariés".

François Fillon ajoute: "Ils savent que le statu quo n'est plus possible".

Deux phrases: deux bobards.

On a beau être habitués: ça récure.

D'abord, "les salariés" ne se sont pas laissés prendre à l'épaisse propagande que nous vendent le gouvernement et ses journaleux de chevet, et "savent" qu'il y a (évidemment) d'autres moyens de sauver les retraites que celui que Nicolas Sarkozy leur impose, et qui est de leur serrer la ceinture pendant que lui-même se la desserre de 209 %.

Mais ces moyens supposeraient que le patronat mette (un peu) la main à la poche: c'est pour ça que le régime et ses fidèles médias lécheurs ont si soigneusement occulté ce facile sauvetage des retraites.

D'autre part, deuxième bobard, le gouvernement n'a pas (du tout) "été le plus loin possible dans les discussions avec les salariés".

Cette légende, complaisamment colportée par la presse couchée, permet, certes, à François Fillon de se poser en homme ouvert au dialogue au nez de qui des syndicats rouges auraient brutalement claqué la porte des négociations, et de nous préparer à l'idée, mensongère, que le gouvernement aura vraiment tout fait pour maintenir un lien de paix avec les manifestants, avant que de leur dépêcher la troupe.

Mais dans la vraie vie?

Le boss de la CGT, Bernard Thibault, vient de proposer à Xavier Bertrand, ministre du Travail, une réunion "entre les syndicats, le gouvernement et les entreprises concernées par la réforme des régimes spéciaux".

Et Xavier Bertrand a refusé.

Bernard Thibault a donc parfaitement raison, quand il déclare, dans le "JDD" ce matin: "J'ai maintenant la conviction que le gouvernement veut le conflit pour l'exemple".

C'est, en effet, une évidence - qui nous apparaît jour après jour pour ce qu'elle est.

Le régime, lancé dans une guerre de classe(s) de grosse intensité (cependant que son chef se grossit le salaire de 209 %), fait le pari que le salariat cèdera ici et maintenant devant Sarkozy comme il a cédé ailleurs et naguère devant l'ignoble dévoreuse connue sous le nom de Maggie Thatcher.

Mais ce n'est pas du tout ce qui va se passer.

10/11/2007

"Aymeric Et Ses Camarades" Ne Sont "Absolument Pas Politisés"

Ca va être, ces jours-ci, la nouvelle pulsion de nos journaleux couchés.

Maintenant que Valérie Pécresse, ministre UMP de l'Enseignement supérieur, a déclaré que le mouvement étudiant était "politique" et "noyauté par des groupes d'extrême gauche", la presse va, évidemment, nous balancer long comme le bras du carabin de bonne volonté, empêché de travailler par une minuscule minorité fanatisée.

J'ouvre ainsi "Le Parisien" du jour, et je découvre, à la page 9, que: "Les étudiants antiblocages sortent du silence".

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Six mots, et, déjà, un mensonge, car dans la vraie vie, évidemment, les "antiblocages" (dont nul(le) ne sait au juste combien ils sont) ne sont pas du tout silencieux: les télés, qui n'aiment rien tant que lécher le fondement du gouvernement, se sont même fait une priorité absolue de leur tendre leurs puants micros - ainsi qu'elles font désormais, en tout temps et tout lieu, avec n'importe quel(le) pauvre con(ne) de passant(e) "pris en otage" par des salauds de grévistes.

Mais ce minuscule détail n'empêche absolument pas "Le Parisien" de faire comme si une "majorité silencieuse" de "milliers d'étudiants mécontents d'être privés de cours" était aussi privée de tout moyen de communication.

"Le Parisien" a donc "donné" ce matin "la parole" à ces milliers de vrais-faux sans-voix.

Pour ce faire, "Le Parisien" a rencontré, à Jussieu, "Aymeric et ses camarades" - soit, tout de même, six témoins.

(Quand "Le Parisien", affirme que des milliers d'étudiants sortent du silence, qu'est-ce que ça veut dire, par conséquent?

Ca veut dire que six étudiants ont répondu aux questions d'un (courageux) envoyé spécial du "Parisien".

C'est un peu comme si je demandais l'heure à Patrick Devdejian, pour pouvoir annoncer ensuite à la cantonnade qu'une immense majorité de responsables sarkozystes pense qu'il est cinq heures et demie.

Le journalisme d'investigation, coco, reste un métier hyper-exigeant.)

"Le Parisien" l'affirme: Aymeric et ses potes "sont des étudiants de 20 ans "absolument pas politisés"".

Or, tu le sais, ami(e): quand un mec se pointe, et te balance crânement qu'il n'est pas (du tout) politisé, il s'agit, soit d'un pauvre neuneu égocentré, soit d'un admirateur (plus ou moins) caché du régime qui veut privatiser les facs.

(Il peut aussi être l'un et l'autre.)

Là, par exemple?

"Le Parisien", je le répète, nous assure qu'Aymeric et ses copains ne sont absolument pas politisés.

Penses-tu.

Mais si tu regardes bien ce qu'ils disent, tu réalises qu'ils mettent leurs pas dans les pas de Valérie Pécresse (et des médias qui mentent), et caquètent, au mot près, que le gréviste moyen est une "caricature" de "gaucho".

D'ailleurs, "Le Parisien" finit par cracher le morceau - sans même réaliser, je le crains, que ces quelques mots trahissent un foutage de gueule de très gros niveau: "Les six amis comprennent d'autant moins les blocages prévus qu'ils n'ont rien contre la loi Pécresse".

Et en effet, non seulement ils n'ont rien contre, mais ils seraient même plutôt pour, estimant que: "Si elle peut encourager les entreprises privées à investir chez nous (à Jussieu), c'est une bonne chose".

Voilà donc des gens qui parlent exactement comme le régime, qui disent tout haut ce que Valérie Pécresse (et le MEDEF) disent tout haut - mais "Le Parisien", où l'on doit quand même nous prendre pour des gros(ses) débiles, nous promet qu'ils ne sont pas du tout politisés.

Ca porte un nom: c'est de l'intoxication.

Et bien évidemment, elle a une fonction: elle vise à entériner le discours officiel d'un régime qui a finalement compris que l'automne serait chaud pour sa gueule, et qui essaie, de toutes ses forces, de minimiser l'ampleur d'un mouvement social qui ne cesse de gagner en puissance.

D'un régime qui met partout son idéologie dégueulasse, mais qui veut nous faire croire que l'enfer idéologique, c'est les autres, les grévistes.

D'un régime qui sait pouvoir compter, pour klaxonner partout cette propagande éhontée, sur ses fidèles journaleux de chevet.

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09/11/2007

Mordre Et Tenir

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Valérie Pécresse, ministre UMP de l'Enseignement supérieur, l'a très gravement énoncé hier: ces grèves, dans les facs?

C'est "politique".

Ces "blocages", dans les facs?

"Sont d'abord politiques".

Elle a dit ça, vous savez, avec cette mine un peu exaspérée, en même temps que pincée, qu'elle a souvent - parce que bien sûr, Valérie Pécresse, elle, ne fait pas de "politique", pensez-vous: quand elle planifie la privatisation de l'enseignement supérieur, ce n'est pas du tout "politique", ah non alors, fi donc, l'affreux mot - c'est de la modernité funky.

Dans le discours démagogique de Valérie Pécresse, un blocage "politique", c'est quelque chose de sale, de vaguement répugnant, à mi-chemin entre les deux salissures qui jonchent les trottoirs de Paris: les clochards, et les selles du petit chienchien à son pépère qui le matin fait ses besoins devant les pas des passant(e)s.

Mais du haut de son dégoût, et de la répulsion que ce mot lui inspire si manifestement, Valérie Pécresse a rigoureusement raison: l'étincelle qui ces jours-ci met le feu à toutes les facs est, en effet, politique.

Les grévistes qui lèvent bien haut le majeur vers le gouvernement signifient par ce geste qu'ils n'ont pas (du tout) l'intention de rester sans réagir pendant que le régime essaie de leur grignoter le service public - oui, da, c'est politique, et même, tiens-toi bien: idéologique.
`
C'est ce qui est, au fond, ravissant, au début d'un mois de novembre qui porte, reconnaissons-le, beaucoup de nos espoirs de révolte: chacun(e) se retrouve à sa place, la poudre aux yeux des six derniers mois se dissout enfin, et qu'est-ce qu'on découvre, juste là, juste derrière "l'ouverture" (et autres foutages de gueule de gros niveau)?

La droite au garde à vous, haineuse et revancharde - qui enserre le pays dans un brutal étau idéologique, mais qui tord la bouche dès qu'elle entend parler de "politique".

On revient aux fondamentaux, comme dit l'autre: on a en face de nous un régime qui cherche et trouve son inspiration dans le règne dégueulasse de la triste Maggie Thatcher, un régime qui baisse rapidement culotte et se retrouve le cul à l'air devant le petit patronat des ports de pêche de la Bretagne, mais qui pour autant prévient que jamais il n'hésitera, contre la gueusaille estudiantine (et bientôt salariale), à faire donner la troupe - quitte à détourner quelques mâles fonctionnaires de leur mission première, qui est comme on sait de chasser les sans-papiers.

On a en face de nous la même camarilla qui a toujours léché de près le fondement des puissants et matraqué les misérables - sous les applaudissements nourris du Parti de la presse et de l'argent: si tu n'as pas lu dans "Le Point" de la semaine l'éditorial de Claude Imbert et la tribune de Jacques Marseille, tu ne peux pas vraiment savoir ce qu'est la haine de classe(s).

Imbert: "Que la grève et la rue abolissent une réforme approuvée par le vote, c'est le but proclamé des grévistes de novembre. Qu'ainsi la démocratie française soit violentée dans un principe essentiel, c'est la vérité toute nue que les politiques font semblant d'ignorer".

Marseille: "Le mardi 13 novembre et les jours qui suivront seront décisifs. Soit ce mardi marquera le premier jour de l'an I d'une République nouvelle plus équitable et plus solidaire. Soit il sera le jour de grisaille d'une société d'ancien régime où la "rue", comme ils disent, aura imposé sa loi, non pas seulement à un gouvernement légitime, mais aussi, et surtout, à une majorité écrasante de Français littéralement abasourdis, sinon indignés, par une telle coalition d'égoïsmes".

(Jeu: dans ces deux phrases de Jacques Marseille, Jacques Marseille a glissé 429 gros mensonges - sauras-tu les retrouver?)

Les mêmes, qui depuis six mois sautent à pieds joints sur tout ce qui pourrait de près ou de loin ressembler à de la démocratie.

Les mêmes, qui par exemple nous laissent le choix entre fermer notre gueule et fermer notre gueule, quand ils confectionnent de jolis paquets fiscaux pour leurs ami(e)s riches, et quand ils s'augmentent la rémunération de 172 %.

Vomissent aujourd'hui, plus c'est gros, plus ça passe, que "la rue", quand elle interrompt ces noces perpétuelles du fric et du pognon, menace la démocratie.

C'est commode: ça permet, par avance, de justifier la répression policière qui, n'en doutons pas, va s'abattre sur "la rue", si "la rue" fait trop de "politique" - ainsi que dit Pécresse.

(Mais ça, n'est-ce pas, ce n'est pas du tout idéologique, allons, allons, qu'allez-vous encore imaginer.)

C'est comme ça, aussi, que les démocraties finissent: quand "la rue" est, d'avance, jugée, condamnée, réprimée.

Dès lors, quand t'es "la rue", tu n'as plus guère le choix que de mordre, et tenir.

Mordre.

Et tenir.

08/11/2007

Dans Le "Journal De Référence" (2)

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Je résume, pour ceux qui n'étaient pas là.

Hier, "Le Monde" évoque, longuement, le projet de loi gouvernemental qui vise à "faire en sorte qu'il devienne possible de" juger "des malades mentaux".

Le "journal de référence" précise que ce projet se fonde sur "deux faits divers" singulièrement atroces.

Un: "L'affaire Romain Dupuy, un schizophrène qui a tué une infirmière et une aide-soignante en 2004", à Pau.

Deux: le "viol d'Enis, 5 ans, à Bordeaux, par un malade en permission de l'hôpital psychiatrique".

Mais.

Dans la vraie vie.

Ce n'est pas du tout à Bordeaux, mais à Roubaix, qu'Enis a été agressé - puis son agresseur, Francis Evrard, n'était pas du tout "un malade en permission de l'hôpital psychiatrique", mais un pédophile récidiviste, jugé, condamné, incarcéré, qui venait d'être libéré en fin de peine, avec une série d'obligations judiciaires.

C'est quand même, en soi, un peu gênant, que "Le Monde" se trompe aussi lourdement, sur un sujet aussi grave.

Mais ce qui est presque plus gênant (l'erreur est humaine), c'est que personne, au "Monde", ne semble vraiment lire "Le Monde", sans quoi, il est du moins permis de l'espérer, quelqu'un aurait quand même fini par se rendre compte que "Le Monde" venait de se planter dans les grandes largeurs - et "Le Monde" aurait publié aujourd'hui, ne serait-ce que par l'effet d'un minimum de respect, un rectificatif.

Or: tel n'est pas le cas.

"Le Monde", certes, signale ce soir, en page 9, que: "Le professeur Belpomme admet des "inexactitudes" dans son rapport sur les pesticides aux Antilles".

Mais nulle part "Le Monde" n'admet une volumineuse "inexactitude" dans son papier d'hier sur le projet de loi visant à faire juger les fous.

Comme quoi il n'est pas inutile de lire, quand tu es journaliste, le journal qui t'emploie - surtout s'il est "de référence".

Scène De La Vie Quotidienne, Dans La France (Décomplexée) De Nicolas Sarkozy

Allez regarder ça: franchement, ça vaut le détour.

http://www.dailymotion.com/video/x3ez3d_sarkozy-insulte-par-les-pecheurs-au

07/11/2007

Dans Le "Journal De Référence"...

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Je vais vous la faire courte.

"Le Monde", ce soir, annonce, à la une, que nous allons vers la "fin du non-lieu pour folie", puisqu'un "projet de loi en préparation permettra" désormais "la tenue d'audiences sur les crimes commis par des malades mentaux", ainsi que Nicolas Sarkozy l'avait promis "aux associations de victimes".

Fort bien, se dit-on: ce n'est qu'une vilenie de plus.

Mais.

A la page 12 du "Monde", la journaliste Nathalie Guibert observe que "deux faits divers ont motivé la volonté" de Nicolas Sarkozy "de faire en sorte qu'il devienne possible de (...) faire comparaître des malades mentaux".

Deux.

Faits.

Divers.

D'une part: "L'affaire Romain Dupuy, un schizophrène qui a tué une infirmière et une aide-soignante en 2004", à Pau.

D'autre part, l'été dernier, l'abominable affaire du "viol d'Enis, 5 ans, à Bordeaux, par un malade en permission de l'hôpital psychiatrique".

Et là.

Problème(s).

Ce n'est pas du tout à Bordeaux, qu'Enis, rappelez-vous, a été agressé.

Mais à Roubaix.

Et surtout.

Son agresseur, Francis Evrard (c'est à lui, rappelez-vous, qu'un médecin avait prescrit du Viagra en prison), n'était pas (du tout) "un malade en permission de l'hôpital psychiatrique" - mais un pédophile récidiviste, jugé, condamné, incarcéré, qui venait d'être libéré en fin de peine, avec une série d'obligations judiciaires.

Et voyez-vous, ça me gêne (pour une fois je n'en rajoute pas), que "Le Monde", qui serait notre "journal de référence", puisse, quand il s'agit d'affaires si tragiques, et en même temps si médiatisées, se tromper à ce point.

Tout mélanger de la sorte.

Ca me laisse l'impression, pénible, que "Le Monde" a déjà intégré, digéré, entériné les glauques ambiguïtés sur lesquelles, pour nous vendre son envie de juger les malades mentaux, le régime surfe sans vergogne...




(Merci, Guillaume.)

Les Durs A Cuire

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Nicolas Sarkozy, chef de l'Etat, et François Fillon, chef du gouvernement, aka Nico et Fanfan (✭), les nouveaux maîtres du pays, nous jouent depuis deux jours (et cependant que partout se multiplient de nouvelles grognes), sur le thème droitier (classique) du tu-fais-la-grève-tant-que-tu-veux-mais-tu-me-feras-jamais-plier, une scène qui rappelle assez, dans la burlesque rodomontade, les défis de basse intensité qui se lancent parfois dans les cours de récré, genre agade-comment-que-je-te-pisse-loin-devant.

Le message, il va de soi, est au fond celui que théorisa naguère la sinistre Margaret Thatcher, et qui se résume comme suit: tu es pauvre?

Tu vas morfler, morfler, morfler - puis, juste après?

Tu vas morfler.

Mais la forme est celle d'une accumulation de bravades qui m'ébahit, personnellement, pour ce qu'elle révèle de la psychologie du big boss et de son fidèle second: je commence vraiment à me demander si ces deux-là ne s'imaginent pas jouer dans un western où ils seraient Pat et Garrett - et nous, Billy the Kid.

Jugez plutôt.

François Fillon, hier ("Le Monde" le rapporte), lâche devant de bons amis de l'UMP, afin que de résumer "la ligne choisie par le gouvernement à la veille des mouvements sociaux de la mi-novembre", cette mâle réplique: "Attachez vos ceintures".

Genre, ça va tanguer velu, mais croyez-moi j'en ai maté de plus coriaces que François Chérèque.

Aussitôt Sarkozy "affiche sa fermeté devant les entrepreneurs franco-américains du French American Business Council" (ne riez pas), et proclame: "Il y aura des grèves, des manifestations, mais je tiendrai".

C'est hardi, mais ce n'est pas non plus complètement nouveau.

Il y a peu, rappelez-vous, Sarkozy avait déjà prévenu les cheminots: "La rue, elle (me) fera pas plier, parce qu'on est en démocratie" - et ça m'avait incommodé, parce que bon, ça me fait de la peine d'avoir à le rappeler à quelqu'un d'aussi versé dans la démocratie que Nicolas Sarkozy, mais dans la vraie vie, si.

Dans la vraie vie, la démocratie, veux-je dire, permet justement à "la rue" d'influer, si nécessaire, sur le cours de son gouvernement: c'est même à ça qu'on la reconnaît.

Quand le seul droit de "la rue" est de fermer son clapet, quand "la rue" ne fait jamais plier ses gouvernants, on appelle ça la Birmanie - pas la démocratie: et quant à moi j'aimerais assez qu'"on" ne l'oublie jamais.

Bref.

Sarkozy proclame qu'il "tiendra", et Fillon renchérit: "J'ai démontré dans le passé que je n'étais pas du genre à céder".

(Fillon ajoute: "Il y a de mauvaises habitudes qui ont été prises, des gouvernements qui cédaient en permanence devant un certain nombre de groupes de pression" - et là, bien sûr, Fillon se gausse.

Quand le (haut) personnage qui a inauguré son règne en confectionnant pour ses riches ami(e)s un paquet fiscal de jolies proportions et dont le souci constant est de complaire au MEDEF se met soudain à déplorer que d'aucun(e)s aient cédé à des groupes de pression, je vous le dis franchement: y a que deux possibilités.

Soit le gars est fou.

Soit le gars se gausse (et nous voit comme des neuneus oublieux).

Or, Fillon n'est pas fou: il se gausse, par conséquent.)

Nous avons là, si je résume, des gens qui, lorsqu'ils ne s'augmentent pas la rémunération de 178 %, distribuent libéralement des cadeaux à leurs supporteurs - mais qui dans le même temps somment la plèbe des "privilégiés" de se rationner un peu, et qui la préviennent: c'est nous qu'on pliera pas.

Il va de soi que si j'étais François Chérèque, je la jouerais comme eux, sur un mode okcorralesque, type ah ouais, ah c'est comme ça, ben tiens, agade voir un peu ma grève, générale et illimitée, agade comment que "la rue" gronde, agade comment que "la rue" aussi veut son augmentation de 178 %, agade comment que tout d'un coup t'es moins vaillant, Wyatt Earp.

Las: je ne suis pas (du tout) François Chérèque.




(✭) Private joke à balles cent qui ne devrait que peu faire marrer deux de mes potes.

06/11/2007

Le Mieux Est De Marcher Au Milieu De La Rue Tant Que La Chasse Aux Clandestins Est Ouverte: Les Trottoirs Deviennent Dangereux

MARSEILLE (Reuters) - Un sans-papiers de 37 ans s'est jeté du troisième étage d'un foyer Sonacotra pour échapper aux policiers, apprend-on de source policière.

 
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