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06/11/2007

"Des Mesures Humaines, Mais Contraignantes"

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Didier Pourquery, big boss adjoint à "Libération", fait ce matin le constat suivant, dans un vigoureux édito: "Pendant que les caméras suivent les pérégrinations de Nicolas Sarkozy au Tchad... pendant ce temps-là, en France, à deux pas de chez nous, il y a des enfants que la France isole et veut renvoyer. Des bébés qui passent par la case centre de rétention. En France. Le pays qui donne volontiers des leçons de droits de l'homme à la terre entière, qui milite pour le droit d'ingérence humanitaire, qui aime tant condamner les conditions de détention dans tel ou tel pays".

Didier Pourquery a, pour le coup, parfaitement raison: l'insupportable se banalise - et on découvre, au passage, des gens faits pour le rôle.

Voyez ce juge des libertés, devant qui la famille Ali comparaît sans papiers: le père, la mère, et leurs deux filles, Léa, 18 mois, Sarah, trois ans et demi.

Voyez ce juge des libertés, devant qui Léa, 18 mois, se met "à pleurer dans la salle du tribunal" - rapporte "Libération".

Voyez ce juge des libertés qui soudain se fâche et crache: "Je ne veux pas de pression sur moi avec des pleurs d'enfants".

Voyez comme ce juge des libertés résiste, courageusement, à la "pression" de Léa, 18 mois - et "(prolonge) la détention" de la famille Ali, père, mère, Léa, Sarah.

(Hhhhh...)

Pourquery a raison encore, quand il observe que la chasse à l'enfant est ouverte - que les temps sont à la capture de nourrissons, comme Kyrill, trois semaines, "plus jeune enfant détenu depuis l'ouverture des centres de rétention au début des années 80".

(Hhhhh...)

Pourquery a raison toujours, quand il observe que ce qui nous arrive là, juste "à deux pas de chez nous", est la rançon des promesses de Nicolas Sarkozy, qu'"il faut" désormais "faire du chiffre: 25.000" sans-papiers viré(e)s, "objectif de l'année pour Brice Hortefeux" - même s'il faut en passer par l'incarcération de Léa (18 mois), de Kyrill (trois semaines) et de leurs parents.

Mais Pourquery est oublieux, quand il déplore le "silence", bien réel, de nos (courageux) médias, et demande, benoîtement: "(Sans) l'action des militants associatifs (...), qui saurait ce qui se passe et dirait qu'il est honteux de traiter ainsi des enfants de sans-papiers?"

Si Pourquery, boss adjoint à "Libération", jette un oeil à ce qui se passe autour de lui, dans son proche entourage professionnel, il va s'apercevoir qu'il y a, dans sa rédaction, des journalistes qui, en effet, ne lâchent pas du tout l'affaire - et qui, en effet, rendent compte, régulièrement, dans les pages de leur canard, c'est tellement rare qu'il faut quand même le souligner, des ravages que fait la persécution des sans-papiers.

Mais Pourquery va aussi tomber sur Laurent Joffrin, qui est le grand patron (barbichu) de "Libération", et qui par conséquent pourrait mener jour après jour de rudes campagnes, pour dénoncer à la une ce qui se passe dans les rues du "pays qui donne volontiers des leçons de droits de l'homme à la terre entière".

Est-ce le cas?

Certes pas.

Laurent Joffrin, que l'on sache, n'a pas lancé de pétition contre la chasse à l'enfant.

Laurent Joffrin, que l'on sache, n'a pas organisé à Paris la moindre petite sauterie, pour appeler entre ami(e)s, et entre deux coupes de champagne, à l'arrêt de la chasse à l'enfant.

Laurent Joffrin, par contre, a pétitionné, avec son vieux complice des justes combats moraux, je veux parler de Philippe Val, grand patron de "Charlie Hebdo", "contre les tests ADN".

Ensemble, Philippe et Laurent ont organisé à Paris une sauterie au Zénith, où l'on fustigea crânement, en buvant du champagne, l"amendement sur les tests ADN" - et certes, c'était courageux, car il faut de l'audace pour oser braver le régime à grands coups de Moët & Chandon.

Dans le même temps, cependant, Philippe Val, répétant avec beaucoup d'application la sévère mais juste leçon des nouveaux maîtres du pays, soulignait dans "Charlie Hebdo" qu'il fallait (vitement): "Trouver les moyens de maîtriser l'immigration".

Et Laurent Joffrin, il va de soi, n'y trouvait rien à redire, ayant lui-même théorisé, peu de temps auparavant, dans un burlesque livre(✭): "Il faut (...) briser un (...) tabou. Reconnaître d'abord que les mesures de contrôle de l'immigration s'imposent à tous dans un premier temps. Des mesures modérées, juridiquement encadrées, humaines et souples dans l'application, doublées d'une politique énergique de lutte contre les discriminations. Mais contraignantes néanmoins".

Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux, notez-le, ne disent pas autre chose.

Quand il brandit son intention de "maîtriser l'immigration", Nicolas Sarkozy dit, au mot près, la même chose que Philippe Val.

Quand il affirme qu'il sera "humain", certes, mais "ferme", Brice Hortefeux dit, au mot près, la même chose que Laurent Joffrin.

Mais dans les faits, bien sûr: c'est la fermeté qui l'emporte, et Léa, 18 mois, se met à pleurer dans la salle du tribunal.

Nicolas Sarkozy: "Parce qu'on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs, mâme Dupont, y a des gens qui me disent que je fais incarcérer des enfants, mâme Dupont, mais qu'entendrais-je si je ne le faisais pas!"

C'est tout simple: tant que des gens comme Philippe Val et Laurent Joffrin continueront à dire tout haut ce que le régime dit tout haut?

Tant que des gens comme Philippe Val et Laurent Joffrin continueront à répéter (au mot près) qu'il faut une maîtrise de l'immigration humaine mais contraignante?

Ben cherchez pas: y aura des enfants dans les commissariats, dans les centres de rétention, dans les salles des tribunaux.

(Ou si l'"humanité" serait de n'incarcérer que les parents?)

Tant que des gens comme Philippe Val et Laurent Joffrin continueront à nous vendre l'immigration comme un "problème", comme la promesse d'une (coûteuse) invasion, coco, Léa, 18 mois, se mettra soudain à pleurer dans la salle du tribunal.

C'est vachement bien, en somme, quand on est Didier Pourquery, de fustiger le "silence" complice des médias, quand des enfants sont traqués.

Mais tant qu'il y aura des éditorialistes barbichus pour exiger avec Sarkozy "que les mesures de contrôle de l'immigration s'imposent à tous", faudra plus venir geindre, sur un mode assez faux-derche, qu'elles s'imposent vraiment à tou(te)s - et à Léa, et à Kyrill.




(✭) "La gauche Bécassine", Robert Laffont, 2007.

05/11/2007

Rioufol Et "Eurabia"...

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Fayard publie ces jours-ci le nouveau livre d'Ivan Rioufol (aka "Ivan le Terrible").

Titre: "La fracture identitaire".

(Brice Hortefeux: "J'aime beaucoup".)

Rioufol, quand il n'écrit pas des livres, est bloc-noteur au "Figaro", où il exhorte le vendredi le peuple de France à porter haut le drapeau de ses fiertés occidentales.

Dans "Le Figaro", Rioufol fustige, semaine après semaine, une fracture identitaire.

Dans "Le Figaro", Rioufol fustige, semaine après semaine, un processus de déculturation et de défrancisation enclenchée par une école amnésique et un multiculturalisme impensé.

Dans "Le Figaro", Rioufol fustige, semaine après semaine, l'amenuisement du sentiment national qui donne prise aux exigences identitaires des minorités et singulièrement aux surenchères de l'islam politique.

Pourquoi je vous raconte ça?

Parce que là, Rioufol nous annonce, dès la quatrième de couverture de son nouveau livre, qu'il ose (enfin), dans ses pages, dire "ce qui ne se dit pas".

Et de fait, il ose (enfin) dire qu'"une fracture identitaire ébranle le fragile équilibre de la nation", qu'il faut "rapidement mettre fin au processus de déculturation et de défrancisation enclenchée par une école amnésique et un multiculturalisme impensé", ou que "l'amenuisement du sentiment national donne prise aux exigences identitaires des minorités et, singulièrement, aux surenchères de l'islam politique".

De telle sorte, vous l'aurez compris, que Rioufol ose (enfin) dire tout haut, dans son nouveau livre, ce que Rioufol dit tout haut dans le "Figaro", semaine après semaine - un peu comme si Laurence Parisot nous annonçait demain après-midi: "J'ose enfin révéler que je préfère les sévères mais justes lois du Marché aux plans de feu Vladimir Illitch Oulianov".

D'un autre côté: ça fait maintenant un bout de temps qu'on (s')est habitué(e)s aux finasseries des "nouveaux" réacs - on sait qu'à chaque fois qu'ils enfoncent une porte mille fois ouverte, ils présentent ça comme une entrée en Résistance.

Nous avons là des gens dont les sinistres idées sont arrivées à l'Elysée avec Nicolas Sarkozy, mais qui aiment à se donner des frrrrrissons en nous répétant que nous n'aurons paaaaa-aaaaa-aaaaas leur liberté de penser: il est vrai qu'ils auraient l'air assez c***, si dans un accès de sincérité ils reconnaissaient tout soudain, oui, en effet, nous sommes les clercs de chevet du chef de l'Etat et de son fidèle Brice Hortefeux.

Je voulais d'abord faire ici le résumé commenté de ce nouveau bouquin de Rioufol.

Mais je crois que les saillies de l'auteur se suffisent à elles-mêmes: c'est une espèce de long catalogue des imprécations nauséabondes que la "nouvelle" réaction nous sert depuis trop d'années à intervalle régulier, sous le commode prétexte de son iconoclasme de pacotille.

Voyez plutôt.

"Les Français: un vieux peuple, qui, comme un sucre, peut se dissoudre et disparaître".

"Réveillez-vous, assez de honte! (...) Redevenez la grande France!"

"Les manuels d'éducation civique proposés par l'Education nationale (...) en appellent encore, pour nombre d'entre eux, à la dialectique de la lutte des classes dans laquelle l'immigré est assigné à son rôle de nouveau damné de la terre (...) "Demain, citoyens" parle des droits politiques, des nouveaux droits des apprentis, etc. Nulle part le mot devoir. Parmi les exercices: "Tu es l'avocat qui doit défendre Moussa, victime d'une discrimination". Ou encore: "Expulser des mineurs étrangers scolarisés: est-ce acceptable?" Pour ce dernier cas, les jeunes élèves sont invités à "reprendre les arguments du débat" - qui n'est pas exposé - pour argumenter au profit d'une famille guinéenne vivant en France depuis onze ans et menacée de renvoi. Personne ne s'étonne de ce dressage précoce".

"Le nouveau racisme antifrançais se délecte (des) procès en déshonneur qui justifient tous les mépris, toutes les injures".

"Pour les adeptes de la repentance unilatérale qui sont encore pléthore, tout est bon pour salir la nation et son histoire et pour se désolidariser de la mémoire nationale".

"(...) Une société post-nationale est en train de s'édifier sur un trou de mémoire. Il fait oublier que l'islam, porté par la nouvelle immigration africaine et nord-africaine, a, au cours des sicèles, (...) représenté "une menace guerrière permanente" pour le monde chrétien". (...) En réalité, les Européens, régulièrement envahis, n'ont eu de cesse, à commencer par Charles Martel à Poitiers en 732 (...), de chasser l'intrus".

"La France connaîtra-t-elle un jour le sort d'Israël qui a édifié une barrière pour se protéger de l'islam extrémiste (...)?"

(J'ai dit que je ne commentais pas, mais j'aime quand même beaucoup cette dernière considération...)

"La France, comme anesthésiée, s'effrite doucement dans l'indifférence du plus grand nombre. (...) "Bienvenue en Eurabia": c'est ainsi que Bat Ye'or (...) désigne "ce nouveau continent qui est en train d'émerger, un continent de culture hybride, arabo-européenne. (...) Eurabia ressemble beaucoup (...) à cette France amnésique, coupable et désinformée, que soutiennent les chantres d'une diversité comprise comme étant prioritairement musulmane".

Etc.

Ad nauseam.

Comment disait l'autre, déjà?

"Prêcheurs de haine"?

04/11/2007

Le Bel Avenir De La Guerre

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Le "Journal du Dimanche", aka le "JDD", bat des mains ce matin, pour fêter à la une l'excellente nouvelle que: "L'US Army teste le 4x4 sans pilote".

L'US Army, dans la vraie vie, est cette noble troupe que lie, depuis un demi-siècle, un goût pérenne pour le massacre de victimes collatérales - des rizières du Tonkin (où le fourbe nha-que donnait asile aux rouges) aux montagnes de l'Afghanistan (où des barbus haineux appliquent à l'Oncle Sam la médication même que l'Oncle Sam leur enseigna du temps qu'ils boutaient les rouges), en passant, il va de soi, par les sables noirs de l'Irak (où le moindre épicier rebeu dissimule dans ses caves d'épais stocks d'armes chimiques).

On comprend mieux, dès lors, que le "JDD" applaudisse "à (l')objectif fixé en 2001 par le Congrès américain: un tiers des véhicules de combat terrestre (de l'US Army) devra, d'ici 2015, se passer de chauffeur pour ne pas exposer inutilement les G.I. aux dangers de la guerre".

(Hhhhh...)

T'es un brave trou du cul du trou du cul de l'Alabama, t'apportes la civilisation à des peuplades préhistoriques à grands coups de frappes chirurgicales: est-ce que tu crois que ces fils de grandes putains vertes et rouges te remercieraient seulement de les avoir délivrés du Mal?

Peeeeenses-tu.

Loin de t'en savoir gré, ces bâtards ne pensent qu'à t'exposer inutilement aux dangers de la guerre.

T'es là, tu roules dans les avenues de Bagdad libérée, tu lâches une rafale préventive sur une grappe de suspects, tu te dis que les survivants, reconnaissants, vont t'acclamer (comme dans une tribune de l'excellent Dédé Glucksmann), mais voilà que des petits enculés te prennent pour cible: ces métèques de merde osent réellement tout.

Mais c'est fini, ça, les connards.

Bientôt vous pourrez balancer tout votre putain d'arsenal: y aura personne dans les véhicules de combat terrestre.

On les sécurisera de loin, vos carrefours à la con, et ce jour-là, comme le souligne (avec beaucoup de pudique dignité) le "JDD" ce matin: "Adieu taux d'alcoolémie trop élevés et excès de vitesse: (...) les radars automatiques, autres robots fréquentant nos routes, ne vont plus guère faire d'étincelles"...

(Hhhhh...)

Le 4x4 sans pilote, c'est la guerre sans haine, c'est le bel avenir de la guerre, c'est la modernité au service du massacre: on le vérifiera en Iran, et c'est vrai que ça valait bien que le "JDD" tire son chapeau.

03/11/2007

Les Mikoyan-Gourevitch 35 Du Colonel Hugo Chavez Bombardent Une Foule Pacifique: 19.755 Morts

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"Par Paulo A. Paranoïa, envoyé spécial à Caracas.

Le fantoche parlement connu à l'étranger sous le nom d'Assemblée nationale vénézuélienne a donc approuvé hier, à l'écrasante majorité qui souvent caractérise les dictatures sanglantes, les pseudo-réformes constitutionnelles qui.

Sous couvert de lui permettre de se représenter indéfiniment à l'élection présidentielle - comme, certes, Nicolas Sarkozy, mais aussi et surtout comme Enver Hodja, tyran écarlate, et Nicolae Ceaucescu, tyran écarlate.

Etendent si largement les pouvoirs absolus de l'abominable colonel Hugo Chavez, qu'il égale et dépasse désormais, dans le totalitarisme ultra, l'homme dont il ne cesse, avec Noam Chomsky, d'honorer, par mille répugnants hommages, la "mémoire": Joseph Vissarionovitch Djougachvili, tyran écarlate.

Les 6.500 chaînes de la télévision d'Etat vénézuélienne, ont, dans l'instant, interrompu leur programme commun.

(Enième rediffusion d'un rocambolesque "documentaire" d'une durée totale de cinq heures et soixante-six minutes, excessivement chiant au demeurant, consacré à "L'Enfance, Dans Les Monts Du Cantal, Du Glorieux Camarade Chou (En-Lai)".)

Pour annoncer "l'heureuse nouvelle" au peuple qu'exténuent les incessantes vilenies du colonel Hugo Chavez.

Sur fond, évidemment, de marches militaires soviétiques.

Dans l'instant, plusieurs centaines de millions de VDV (Véritables Démocrates Vénézuéliens).

Bravant l'interdiction de se réunir par groupes de plus d'une personne de taille modeste dans leurs cages d'escaliers que le régime, par la voix du glaçant lieutenant (de réserve) Hugo Hortefez, ministre des FPDE (fuerzas paramilitares de Estado), leur impose depuis une longue décennie.

Convergeaient vers les "Champs-Elysées de Caracas" (l'avenue Lavrenti Beria) au cri de: "Nous les trouverons, nous les jugerons et en même temps nous répandrons une idéologie d'espérance et de compassion qui l'emportera sur leur idéologie de haine!" (✭)

Interrogé par le quotidien "Le M****", un manifestant (qui se présentait comme "étudiant à l'Université Félix Dzerjinski de Caracas") déclarait: "Ah, putain, ces cons de VDV n'ont pas du tout attendu le signal, putain, j'aime pas quand c'est le bordel comme ça, putain, ça me rappelle trop le Salvador, putain".

Après quoi monsieur James B. Rumsfeld (c'est son nom) ajoutait: "Maintenant, asshole, tu te casses, mon avion décolle dans vingt minutes, si j'arrive en retard à Langley je vais encore me faire engueuler, putain".

(Preuve nouvelle, s'il en fallait, que le hideux colonel Hugo Chavez pousse vers un exil mortifère la jeunesse du Venezuela.)

A 18 heures, cependant, monsieur Rick B. Rumsfeld, 48 ans, attaché culturel à l'ambassade américaine, dénombrait "quarante-huit millions de manifestants à la hauteur du 48, avenue Lavrenti Beria" - quand les radios colonelhugochavistes en comptaient, quant à elles, "huit ou neuf, grand maximum, retraités de l'armée guatémaltèque, pour la plupart".

C'était déjà plus que n'en pouvait supporter le tyran écarlate qui espère présider le Venezuela jusqu'à un âge avancé: peu après 18 heures, trois petits points noirs grossissaient grave dans le ciel de Caracas, et l'envoyé spécial du quotidien "Le M****", à qui pourtant on ne la fait pas, les prenait d'abord pour des ballons de l'espoir lâchés par les manifestants - mais découvrait (à son grand dam) qu'il s'agissait, en réalité, de chasseurs de type Mikoyan-Gourevitch (Mig) 35, et se précipitait sous le Hummer de son interprète (Condoleezza B. Rumsfeld) au moment où les premières bombes à guidée laser frappaient le défilé pacifique des manifestants bushistes.

Joint par téléphone par l'envoyé spécial du quotidien "Le M****", le célèbre politologue vénézuélien Orlando Ochoa, grand fan de base du rap marseillais vintage, hurlait: "Je reconnais bien là le style des bad boys de Chavez!"

Une demi-heure plus tard, la presse américaine (en la personne du reporter Bruce B. Rumsfeld, envoyé spécial du "Mobile Chronicle") relevait, avenue Lavrenti Beria, 19.755 morts et plusieurs dizaines de millions de blessés, "dont certains dans un état critique".

C'est le moment que choisissait l'atroce colonel Hugo Chavez pour lire à la télévision (d'Etat) ce très sinistre communiqué: "Camarrrrrade Poutine féliciter moi pour grrrrrande ferrrrrmeté contrrrrre foule tchétchénoïde, camarrrrrade Poutine dirrrrre Mikoyan-Gourrrrrevitch trrrrrès bonne came, et si toi vouloirrrrr aussi AK-47, moi vendrrrrre toi".

L'envoyé spécial du quotidien "Le M****" se posait alors, pour la cent millième fois, cette simple question: que fait le monde, pendant que meurent les démocrates vénézuélais?"







(✭) George W. Bush.

La Nuit

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Ce qu'il y a désormais de changé, dans nos vies.

C'est que plus un jour ne s'écoule, qui ne charrie quelque nouvelle particulièrement euphorisante.

Une de ces nouvelles qui, s'ajoutant, nous renvoient l'image, pleine de nuit, de ce que devient notre pays.

Ainsi, aujourd'hui: "Le Monde" relève★ qu'à Dunkerque, dans le département du Nord, les autorités pratiquent le "marquage des réfugiés" - anciens pensionnaires de Sangatte.

A Dunkerque, dans le département du Nord, "des chiffres" sont "inscrits sur les mains des réfugiés" - afin que de les identifier, suppose-t-on, et que de les compter.

Il faut prendre quelques petites secondes, pour bien mesurer ce que ça représente - et naturellement, ça rappelle des souvenirs, qui ne remontent pas tous à la traite négrière et au marquage des esclaves.

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Naturellement, notre mémoire collective retient, et se rappelle, que ce n'est pas la première fois, depuis l'abolition de l'esclavage, que des êtres "humains" entreprennent de marquer d'un numéro d'autres être humains.

Naturellement, quand on ajoute ça aux rafles, on se dit que décidément, le fond de l'air effraie.

(La nuit tombe, et nous faisons comme s'il était midi.)

Je vous rassure, cependant: à Dunkerque, les réfugiés sont marqués au feutre "indélébile" - et non au fer.

C'est tout de suite plus convivial, on a beau être autorité, on n'en est pas moins homme, n'est-ce pas?

Le régime rafle.

Le régime, décomplexé, marque des gens d'un numéro.

Avec beaucoup de retenue, le MRAP juge la méthode "indigne du pays des droits de l'homme": c'est peu dire.

Mais là, qui pétitionne?







★ La camarade B. me l'avait déjà signalé.

02/11/2007

Intrusion(s)

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Y a comme ça des nouvelles qui passent un peu inaperçues, noyées dans le grand-flot-de-l'info-qui-ne-fait-jamais-dodo-coco.

Mais si tu lis de près "Le Canard enchaîné" de cette semaine, tu découvres ça: "Vendredi 26 octobre, un médecin, délégué de l'Association des médecins urgentistes, a été convoqué, toutes affaires cessantes, par le préfet de l'Isère", qui, "pas content du tout", lui a "brandi sous le nez (...) une série de mails".

Qu'étaient ces mails?

Tenez-vous bien: "Il s'agissait des échanges de ce médecin avec son président, (...) Patrick Pelloux", et "les courriels en question n'étaient pas franchement louangeux pour la politique de santé du gouvernement et autres opérations de casse de l'hôpital public".

Alors bien sûr, on se demande, vous et moi, par quelle espèce de miracle ces mails entre un médecin de l'Isère et son pote Pelloux ont fini sur le bureau d'un préfet - pas vrai?

On ne sait au juste - mais "Le Canard enchaîné" observe, et comme on le comprend, que: "L'interception de la correspondance privée entre deux syndicalistes par un haut fonctionnaire de la République est désormais entrée dans les moeurs".

De loin, ça ressemble encore, c'est vrai, à une démocratie, mais dès que tu t'approches un peu...

Comment dire...


(Sinon, si tu veux papoter un peu, tu peux faire un tour ici à 15 heures:
http://www.20minutes.fr/article/190720/Chats-Vous-interviewez-Sebastien-Fontenelle-sur-Nicolas-Sarkozy.php.
Mais t'es pas obligé(e).
C'est ce qui est bien, en démocratie.)

01/11/2007

Hauteur De Vues

Ah: je ne connaissais pas du tout cette sensationnelle image.

Je viens de la pécho sur le blog de Serge Faubert (faubert.20minutes-blogs.fr), où elle ne m'avait d'ailleurs pas spécialement frappé, au premier regard.

Ce n'est qu'au deuxième passage que j'ai enfin réalisé que nous tenions là un document de première importance.

Depuis, je ne vous le cache pas: je suis devenu complètement accro.

Je regarde, et je ris.

Bêtement - j'en conviens.

Hmmmmmpf...

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NB (03.11.2007).
Rendons à César... Et à l'auteur de cette si divertissante image, ce qui lui appartient:
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Rachida Et Les "Racistes"

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L'histoire du vrai-faux diplôme de Rachi2dati devient quand même très puante, quand la droite, fidèle à sa pratique d'un terrorisme intellectuel de gros niveau, la déplace, toute honte bue, sur le terrain du "racisme".

"Le Canard enchaîné" raconte ainsi, dans son édition d'hier, que: "La ministre a téléphoné au "Canard" pour expliquer que c'était en raison de ses origines que la presse s'intéressait à son parcours".

Lâchant "un torrent d'imprécations d'où il ressortait que "Le Canard" allait se faire le complice des pires racistes qui l'attaquent, notamment sur Internet".

Le boss de "L'Express", Christophe Barbier, cité ce matin par "Libération", confirme qu'il a de son côté subi "une "déferlante" de coups de fil de personnes mandatées par (Rachi2dati) pour "relayer des menaces incroyables"", du genre: "Je vais aller à la télévision dire que ("L'Express") est un journal raciste"...

Bien sûr, l'infatigable Franz-Olivier Giesbert, aka FOG, patron du "Point", en rajoute ce matin une couche, et stipule, dans l'un de ces burlesques éditoriaux dont il garde jalousement le secret, que la ministre, "avec (ses) quelques défauts, somme toute assez véniels★, (a) peut-être (...) contribué à provoquer" ce que FOG appelle, avec sa coutumière dignité, une ""chasse à la femme", arabe de surcroît"...

FOG ajoute, pour faire bonne mesure: "Autour d'elle, (...) règne comme un climat d'hystérie★★ qui en dit long sur un certain conservatisme franco-français qui n'aime les immigrés que s'ils sont confinés dans leurs banlieues et assistés, de préférence (...)".

(Voyez comme, au passage, mine de rien, FOG nous ressert la bonne vieille équation réactionnaire immigrés= banlieues= assistés...)

Rachi2dati (qui siège au flanc de Brice Hortefeux en conseil des ministres), victime du racisme?

Il suffit de l'écrire, et les pudeurs s'effacent.

Le procédé, il va de soi, n'est absolument pas nouveau: la droite qui rafle dans nos rues l'étranger n'hésite jamais, c'est même à ça qu'on la reconnaît, à instrumentaliser le "racisme", pour maquiller ses manquements.

De la même façon qu'elle assimile, par exemple, toute critique de l'administration Bush à de l'"antisémitisme", la droite veut maintenant marquer du sceau de l'infamie raciste les outrecuidant(e)s qui oseraient n'être pas d'accord avec Rachi2dati et ses chefs.

Ca porte un nom: c'est, répétons-le, du terrorisme intellectuel.

(Certes, assez minable, mais si révélateur d'un exceptionnel néant conceptuel...)

Evidemment, dans la vraie vie, la xénophobie, polymorphe, n'est pas exactement là où la droite essaie (vainement) de la débusquer.

Dans la vraie vie, on trouve toujours un des (courageux) penseurs de chevet de Nicolas Sarkozy pour considérer, par exemple, qu'il y a quand même beaucoup de nègres, sur nos terrains de foot - et dans ces cas-là, c'est amusant: "Le Point" s'empresse de nous raconter que ce n'est pas duuuuu tout du racisme.

Dans la vraie vie, et puisque nous sommes partis d'une "affaire" de vrai-faux document, voyez ce qui se passe, et que RMC nous apprend: "Un homme de 25 ans est tombé dans un guet apens à la préfecture de l'Essonne le 11 octobre. (...) Une première en France selon la Ligue des Droits de l'homme. (...) Ce Nigérian, marié à une française et vivant en région parisienne, a reçu le 5 octobre une convocation de la Préfecture mentionnant: "vous êtes prié de vous rendre en préfecture pour délivrance d'une autorisation provisoire de séjour". Mais une fois arrivé sur place, il a été en réalité arrêté, placé en centre de rétention puis renvoyé en Afrique. Il n'a jamais vu la couleur de son autorisation de séjour"...

Dans la vraie vie: "Ne nous voilons pas la face, une véritable xénophobie d'Etat s'installe dans notre pays" - comme le relèvent ce matin, dans une lumineuse tribune publiée par "Libé", Stéphane Hessel, Frédéric Tiberghien et Catherine Wihtol de Wenden, "membres du service social d'aide aux émigrants".

Mais dans la vraie vie, notez-le: ni Rachi2dati, ni FOG ne semblent sentir comme le fond de l'air pue le racisme.








★ Sluuuuurp!
★★ C'est le même Giesbert, que désole tant d'"hystérie", qui écrivait sur son blog, au mois de juin dernier: "Rachida Dati est en train de devenir un phénomène de presse et d’édition. Elle a déjà été deux fois de suite en couverture du « Point » et je suis sûr que nos chers confrères ne manqueront pas de nous suivre, dans les prochaines semaines. N’hésitez plus, camarades, on a ouvert la voie. Sept biographies sont en préparation sur le garde des Sceaux. Elle croule sous les demandes d’interviews". (Sluuuuurp!)

31/10/2007

BFM

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30/10/2007

Rama Yade Et "L'Afrique De Papa": FDGC

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A l'Assemblée nationale, cet après-midi, le "socialiste" Jean-Louis Bianco apostrophe le gouvernement.

Pour le sommer de renoncer à sa "maîtrise de l'immigration"?

Nenni.

(Les "socialistes", eux aussi, veulent maîtriser l'immigration.)

Pour le conjurer de renoncer à sa "réforme des retraites"?

Nenni.

(Les "socialistes", eux aussi, veulent réformer les retraites.)

Pour exiger que cesse la moquerie du "mini-traité"?

Nenni.

(Les "socialistes", eux aussi, veulent venger l'affront que leur ont fait les Françai(se)s qui ont répondu NON à l'Europe libérale de monsieur Estaing.)

Jean-Louis Bianco, cet après-midi, veut seulement savoir, et il n'est pas le seul, pourquoi le gouvernement n'a rien fait pour empêcher les gens de "L'Arche de Zoé" de monter l'opération, d'apparence il est vrai assez merdeuse, qui leur vaut d'être aujourd'hui incarcérés au Tchad.

Et là, Rama Yade, posément, lui demande: "Fallait-il envoyer nos militaires à l'aéroport?"

Rama Yade (se) répond (à elle-même): "Non, monsieur Bianco".

Rama Yade conclut - et c'est à ce moment précis qu'elle bascule, de toute sa hauteur, dans la dimension, typiquement sarkozyque, du FDGC (foutage de gueule caractérisé): "L'Afrique de papa, c'est terminé".

Genre, des soldats français qui interviendraient au Tchad?

Sur un aéroport?

Non mais tu rigoles, Jean-Louis Bianco - ou si c'est que t'as la nostalgie des colonies?

C'est terminé l'Afrique de papa - c'est Rama Yade qui le dit, elle est "secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires étrangères", elle doit quand même être un peu au courant de ce genre de trucs.

Moi, n'est-ce pas: je veux bien tout ce qu'on veut.

Je veux bien qu'on me prenne pour un benêt de compétition.

Je veux bien qu'une fidèle féale du gars qui au mois de juillet a sermonné à Dakar "l'homme africain" vienne aujourd'hui me soutenir que "l'Afrique de papa, c'est terminé".

Mais si je vais me promener sur le site (moyennement funky par ailleurs) de l'ambassade de France au Tchad: www.ambafrance-td.org.

Si, une fois connecté, je clique sur: "Eléments français au Tchad".

(www.ambafrance-td.org/article.php3?id_article=345.)

Qu'est-ce que je lis, ébahi?

Je lis que "les éléments français au Tchad (EFT) sont présents sans interruption sur le territoire" tchadien "depuis le 10 février 1986, date du déclenchement de l’opération Epervier".

Je lis que "les éléments français au Tchad ont principalement pour vocation d'assurer la sécurité des ressortissants français, d'apporter un soutien à l’armée nationale tchadienne en contribuant à l’instruction et en apportant une aide matérielle aux différentes armées, de venir en aide à la population civile, sans se substituer aux administrations ou organisations gouvernementales compétentes en apportant notamment une aide médicale gratuite à tous ceux qui en expriment le besoin, de participer au soutien des opérations humanitaires".

Je lis que "les éléments français au Tchad sont directement subordonnés à l’Etat-major des armées", et que, "sur place, le commandement est assuré par un officier supérieur de l’armée de l’air".

Je lis que "1000 femmes et hommes sont présents en permanence sur le territoire de la République du Tchad, pour des séjours variant de un à six mois, (...) détachés des armées de terre et de l’air, de la gendarmerie nationale et des services communs (services de santé et des essences)".

Je lis qu'ils disposent, notamment, de véhicules de l’avant blindés, de chars, d'hélicoptères de combat, de chasseurs, et qu'ils sont "implantés sur trois sites" : Abéché, Faya Largeau, N’Djaména.

Je lis en somme que nous avons au Tchad un appareil militaire de quelque importance.

(Cependant qu'à ma connaissance, le Tchad n'a pas déployé chez nous le dixième de cet impressionnant dispositif.)

Fallait-il envoyer nos militaires, demande posément Rama Yade?

Foutre non: ils sont déjà sur place.

Comme au bon vieux temps!

L'Afrique de papa, telle que Rama Yade la définit elle-même?

Ce n'est donc pas terminé du tout.

Et je trouve ça gênant qu'une secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères fasse comme si elle ne le savait pas.

 
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