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30/10/2007

Enlarge Your Salaire

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Nicolas Sarkozy veut s'augmenter le salaire de 140 %, histoire de plafonner, comme "Libération" le notait ce matin, à "près de 20.000 euros mensuels".

Je ne doute pas qu'il se trouvera, jusqu'à "gauche", des ânes pour opiner à cette augmentation, qui viendront nous sommer de n'être pas démagogiques, et nous exposer qu'après tout, il est quand même normal qu'un homme qui se donne à un métier si prenant gagne un peu mieux sa vie.

N'oubliez jamais, je vous prie, que les mêmes qui vous chanteront ce minable refrain ne demandent jamais que soit mieux rémunérée la valetaille prolétaire.

29/10/2007

Joies Simples Du "Journalisme"

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Grève à Air France.

Gros sujet d'affliction pour nos médias, qui ont à coeur de comprendre, non ce qui motive ce "mouvement social", mais bien plutôt ce que la direction de la compagnie aérienne a prévu pour le dédommagement des pauvres nusagers pris en notages.

Au "20 heures" de France 2, que présente ce soir la tordante Françoise Laborde, un gréviste rappelle, au détour d'un reportage, que Jean-Cyril Spinetta, big boss d'Air France, vient de bénéficier d'une assez coquette augmentation de salaire de... "82 %".

(Alors que, dans le même temps, vous l'aurez deviné, les salarié(e)s de son groupe n'ont pas (du tout) bénéficié d'une coquette augmentation de salaire de 82 %).

Et justement: Spinetta est sur le plateau de Françoise Laborde, qui a très manifestement la ferme (et courageuse) intention de lui faire dire ce qu'il a prévu, pour dédommager les pauvres nusagers pris en notages.

Le suspense, dès lors, est difficilement soutenable: François Laborde va-t-elle, ou au contraire va-t-elle ne pas, en profiter pour demander à Jean-Cyril Spinetta d'où vient, primo, son ahurissante augmentation de salaire, et, deuzio, qu'après cela il n'a(it) pas même la pudeur de ne plus apparaître en public pendant une grosse dizaine d'années - surtout quans les salarié(e)s d'Air France demandent une infime revalorisation de leurs propres émoluments?

Les minutes passent, Françoise Laborde remercie Jean-Cyril Spinetta, et la tension retombe enfin: la présentatrice n'a bien sûr pas (du tout) importuné son invité avec la moindre question pénible sur sa coquette augmentation de salaire de 82 %.

Hhhhh...

Sur Le Marché Aux Esclaves

T'es là, dans le matin froid et pluvieux, trop tôt levé parce que depuis deux jours t'as pas vraiment réalisé qu'on avait changé d'heure, tu commandes un café allongé, t'ouvres "Libération", comme tu fais tous les matins.

Et là, tu découvres que "Libération" a mis la main sur la "liste des professions élaborée par le gouvernement pour la mise en place d'une immigration plus économique que familiale".

Ou, plus exactement, sur "deux listes de métiers (...) élaborées par les services du ministère de l'Economie, des Finances et de l'Emploi".

L'une de ces listes répertorie "30 professions "susceptibles d'être proposées dans certaines régions régions aux ressortissants des pays tiers (non membres de l'Union européenne)"".

L'autre, "152 métiers qui seraient ouverts aux ressortissants des pays nouvellement membres de l'UE".

Tu ouvres "Libération", tu (re)découvres que ton pays natal devient une espèce de gigantesque dégueuloir, et ça confirme ton pressentiment qu'il y a des jours, nombreux depuis que Nicolas Sarkozy a pris le pouvoir, où tu ferais mieux de rester couché toute la semaine.

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Ces listes, où "Libé" voit un "coup de pouce donné à l'immigration de travail", sont nous dit-on bien accueillies "du côté des patrons".

Et comme on les comprend.

Et comme on retrouve bien, dans leur satisfaction repue, leur coutumière dignité.

C'est pour eux que se réinvente(nt) sous nos yeux le(s) marché(s) aux esclaves qui fi(ren)t les beaux jours de la traite, en des temps dont les fiers penseurs du sarkozysme décomplexé voudraient bien que nous cessions de nous repentir - et dont effectivement nous nous repentons si peu, que les voilà remis au goût du jour, dans une variante à peine modernisée, où le bon blanc ne tâte plus directement le jarret du pauvre nègre (on s'est un peu civilisé), mais lui vérifie, tout de même, l'envie de trimer comme un chien pour un salaire de merde.

Viens par là, immigré choisi, que je te présente missié Dupont, qui a un urgent besoin de laveurs de vitres qualifiés.

Dis bonjour à missié Dupont, qui est ton nouveau patron: c'est grâce à lui que tu as l'immense privilège d'être accueilli chez nous, pendant que d'autres, vois ces losers pathétiques (✭), sont menés au charter qui les renvoie au diable.

Qu'est-ce qu'on dit à missié Dupont?

Est-ce qu'on ne lui promet pas d'être un esclave modèle?

Taillable?

Corvéable?

De ne jamais récriminer?

De ne jamais revendiquer?

De ne jamais faire grève?

De ne jamais approcher à moins de cinq cents mètres d'un(e) enculé(e) de syndicaliste?

De faire où il voudra qu'on fasse?

(Est-ce qu'on voudrait que missié Dupont appelle missié Hortefeux, pour lui signaler une bévue dans son recrutement?)

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(✭) Dans le même numéro de "Libé", mais dans les pages "Rebonds" - et pour le cas (douteux) où la nausée ne t'aurait pas complètement gagné(e), ami(e).
Une prof de Toulouse, Aline Louangvannasy, a voulu prendre quelques nouvelles d'Armen, 7 ans, qui le 25 septembre dernier avait traversé la cour de son école de Montauban "encadré par deux policiers en uniforme et en armes" - direction: le centre de rétention.
Les nouvelles d'Armen sont mauvaises.
"Le 25 octobre, à 4 heures du matin, Armen Vera, 7 ans, arrêté dans son école par la police française, a été expulsé vers l'Albanie".
Aline Louangavannasy écrit: "Nous avons perdu l'essentiel, le sens de l'humanité. (...) Armen parti, il ne nous reste plus que le poids écrasant de notre responsabilité. Nous étions responsables de lui, et nous n'avons rien fait".

(Et salut à Laflote - qui veille.)

28/10/2007

Rue Soufflot

Imaginez ma surprise.

Je marche peinard dans Paris, je remonte la rue Soufflot, en me disant, putain, puuuuutain, qu'est-ce que ça caille, aujourd'hui.

Et d'un seul coup d'un seul, voilà que j'entends comme une espèce de lointain hurlement: "Hééééé... Hééééé... Hooooon... Heuuuuu... Hééééé... Haaaaa... Hèèèèè... Hèèèèè... Hiiiii..."

Un truc à vous glacer les sangs - genre grosse attaque de zombies sur le cinquième arrondissement.

Traumatisant.

Nonobstant, je réfrène mon envie de fuir à toutes jambes, je continue à cheminer en me disant que dans la vraie vie les morts-vivants n'existent pas, je traverse la rue Saint-Jacques, et je m'aperçois qu'au fur et à mesure que je m'approche du Panthéon, le hurlement se fait plus distinct.

"Fééééélons!

Renégaaaaats!

FMIiiiistes!"

(Je censure le reste, qui est véritablement affreux.)

Et là.

C'est comme si la foudre me tombait sur: je comprends ce que j'entends.

C'est Jaurès qui, hurlant sa rage, agonit du fond du tombeau les clowns à deux balles du Parti "socialiste"!

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Nooooom de Dieu: ça émeut.

Et d'un autre côté: comme on le comprend, Jaurès.

Parce que, franchement, ça doit pas être facile, facile, quand on s'appelle Jaurès, de se fader jour après jour les ignobles divagations de Pierre Moscovici, de Vincent Peillon, de François Hollande.

Sur le traité européen que Nicolas Sarkozy nous impose de force, Pierre Moscovici a, je le rappelle, posément déclaré: "La juste position de notre parti face au traité modificatif est, malgré tout, malgré les insuffisances du texte, malgré la suffisance de Nicolas Sarkozy, plutôt qu'une abstention constructive, un oui critique".

(Hhhhh...)

Vincent Peillon, de son côté, a théorisé que: "En tant que partisan du "non", la solution, c'est de dire "oui"".

(Hhhhh...)

François Hollande, enfin, a précisé hier, toute vergogne avalée, c'est le "Journal du Dimanche" qui le rapporte ce matin, que: "Les socialistes ne s'opposeraient pas à la ratification du nouveau traité" - ajoutant que lui-même "ne demanderait pas explicitement à Nicolas Sarkozy d'organiser un référendum sur la question".

(Hhhhh...)

Les "socialistes", je le rappelle, sont les hideux pitres qui depuis six longs mois, et sans désemparer jamais, règlent obstinément leur pas sur le pas (cadencé) de la droite haineuse et revancharde qui tient désormais le pays.

Quand Nicolas Sarkozy proclame qu'il faut "maîtriser les flux migratoires", les "socialistes" répondent qu'il faut, en effet.

Quand Nicolas Sarkozy proclame qu'il faut "réformer les retraites", les "socialistes" répondent que c'est nécessaire, en effet.

Quand Nicolas Sarkozy, nous impose l'Europe déréglementée, corrigeant par traité l'impudent NON d'il y a deux ans, les "socialistes", ivres de joie, battent frénétiquement des mains.

Foutre, qu'ils sont laids.

Notez s'il vous plaît que les mêmes vont d'ici peu sonner chez nous, à l'heure du laitier, pour quémander nos voix - car jamais la moindre pudeur ne les retient.

Notez qu'ils vont d'abord essayer de nous culpabiliser, genre, c'est grâce à vous, sales bâtards gauchistes, que Sarko a vaincu: n'aviez qu'à pas répéter que Ségolène est de droite.

Notez qu'ils vont, ensuite, une menterie chassant l'autre, essayer de nous faire oublier que depuis six longs mois ils règlent obstinément leur pas sur le pas de la droite haineuse et revancharde (qui désormais tient le pays) - et vont nous répéter sur tous les tons, leurs nez boutonneux s'allongeant, que tout-de-même-nous-à-"gauche"-on-n'est-pas-comme-la-droite-haineuse-et-revancharde-y-a-quand-même-de-grosses-différences...

(Car les "socialistes" osent tout: c'est même à ça qu'on les reconnaît.)

D'avance, j'en ai des nausées.

Hors de ma vue, tristes sires.

27/10/2007

Le Pied De Maurice Szafran Au Cul Des "Nouveaux" Réacs

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Agade comme la vie nous réserve de riches rebondissements.

L'autre fois, remember, je me demandais ici même si le big boss de "Marianne", aka Maurice Szafran, allait encore longtemps lécher "Bernard"(-Henri Lévy) en faisant mine de ne pas lécher "Bernard"(-Henri Lévy), ou s'il avait l'intention de continuer à nous prendre pour des neuneus de compétition.

Et voilà que ce matin Maurice met dans un édito musclé un (très) solide compte à la navrantissime revue néo-réactionnaire "le Meilleur des mondes" (où caquète régulièrement la clique des penseurs de cour).

Maurice, chaud comme la braise, lâche son pied au cul "de quelques porte-flingues qui nous infligent, aujourd'hui, leurs leçons atlantistes dans "le Meilleur des mondes"", et voilà ce que ça donne: "(...) La complexité leur est interdite. (...) La mesure et les nuances leurs sont inconnues. (...) Ils jugent, condamnent, exécutent. Idéologiquement, mais c'est déjà ça. La plupart des néocons français ont été formés dans les rangs staliniens ou maoïstes. Cela n'aurait aucune incidence si, aujourd'hui, ils avaient appris à douter. Ce n'est pas le cas: ils savent tout, ils disent vrai, ils pensent juste, ils portent la morale en bandoulière. Et tous les autres sont criminels de ne pas raisonner comme eux. Hier, stals ou maos; aujourd'hui, bushistes et néo-libéraux. Demain, suppôts inconditionnels, aveugles, d'une éventuelle et délirante guerre contre l'Iran. Ils me font revenir à la mémoire ce mot cruel de Boris Souvarine à propos d'un ex-communiste devenu ultradroitier et tout aussi sectaire: "C'est un peu comme prostituée. Elle a changé de trottoir, mais pas de métier"".

Maurice?

Braaaaavo!

Clapclapclapclapclap!

Maurice?

Pour être complètement complet, faudrait aussi que tu en parles avec le si cocasse Joseph-Macé Scaron et le non moins divertissant Alexis Lacroix, journalistes à "Marianne", transfuges du "Figaro", qui aujourd'hui comme hier frétillent quand passe dans leurs parages (et de fait il y vient souvent) l'inénarrable Finkielkraut - parce que bon, c'est vrai que c'est rigolo de vitupérer les fast thinkers, mais si tu regardes bien, y en a, et non des moindres, qui ont un rond de serviette à "Marianne".

26/10/2007

Le Venin

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On s'habitue, finalement, pas vrai?

On se laisse mithridatiser.

Mithridatisation: "Immunité à l'égard des poisons (...), acquise par accoutumance progressive".

On laisse le régime nous inoculer jour après jour son venin dégueulasse, à doses plus ou moins homéopathiques, une monstruosité par-ci, une abomination par-là, noyées dans le flot des nouvelles, dans le grand fleuve de l'information, qui ne dort jamais, coco.

De telle sorte que nous sommes déjà moins sensibles, donc, au venin, au poison, à la peste innommable qui lentement nous infecte - nous ronge - de l'intérieur.

De telle sorte que nous restons sans vraiment réagir, quand l'ignominie se banalise.

Voyez si nous sommes tolérants.

Rappelez-vous ce que "Libé" a relevé le 20 octobre (✩): "Le plus jeune prisonnier de France a trois semaines.

Arrêté avec ses parents sans-papiers, il a passé une nuit en garde à vue et est détenu depuis le 18 octobre au centre de rétention administrative (CRA) de Rennes.

Autres exemples: le 4 octobre, un bébé de 15 mois est enfermé au CRA de Toulouse avec sa mère enceinte.

Celle-ci fait une fausse couche et perd des jumeaux.

Le même jour, une autre femme enceinte est enfermée au CRA de Cayenne en Guyane.

Transférée à l'hôpital, elle accouche d'un foetus mort.

Ce même 4 octobre, une fillette de 3 ans et sa mère sont placées au centre de rétention administrative de Lyon.

Le 10, un enfant handicapé et ses parents sont enfermés au CRA de Toulouse".

Chronique, au jour le jour, d'une abjection devenue ordinaire.

Mais on s'habitue, finalement - pas vrai?

On reste sans vraiment réagir, à faire, comme ici, des billets à la con sur des blogs à la con.

On reste confits en précautions langagières à deux balles, pendant que pour la première fois depuis soixante et quelques annnées, le régime rafle des enfants - au motif qu'ils ne sont pas nés blancs aux pays des petits blancs.

On a de ces pudeurs, encore - que le régime n'a pas.

Le régime lance des OPA sur le "compagnon" Guy Môquet.

Le régime récrit l'Histoire.

Le régime ranime très opportunément le souvenir d'un Résistant rouge - mais le régime rafle des enfants de trois semaines, dans l'ombre de ces glauques cérémonies.

(Jean Daniel, dans son éditorial de la semaine: "J'ai beau me pincer, je n'arrive pas à trouver ni arbitraire ni suspect le fait de souhaiter la lecture dans les écoles de la lettre (de) Guy Môquet".

Pince-toi encore, camarade - et tu finiras par percuter.)

Et on se retient encore d'écrire ce que parfois ça nous inspire - parce que malgré tout on se rappelle que tout ne se vaut pas, qu'on ne peut pas comparer ce qui n'est pas comparable.

On garde nos retenues - quand le régime se donne à fond à sa décomplexion.

On hésite encore à dire à qu'un pays qui place des nouveaux-nés en garde à vue est un pays qui oublie déjà trop ce que sont la brume et le crépuscule...




(✩) L'info n'a donc pas été "révélée" hier par France Info, comme l'a prétendu "Le Figaro" - mais il est significatif qu'elle ait mis tant de temps à se faire un chemin jusqu'à la radio, où l'on est certes plus rapide à commenter le divorce du chef de l'Etat...

(Merci, Pescade.)

25/10/2007

Joies Simples Du "Journalisme"

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Au "20 heures" de France 2, l'à peine croyable David Pujadas reçoit Nicolas Hulot, pour commenter la fin du "Grenelle de l'environnement" (dont je n'arrive décidément pas à parler sans pouffer).

Et là.

D'entrée.

L'à peine croyable David Pujadas demande: "Alors Nicolas Hulot, on vient d'entendre que vous donniez 18/20 [au gouvernement]: vous êtes satisfait, ou déçu?"

Hhhhh...

Giesbertissimo

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Justement, je me demandais ces jours-ci: where the fuck is FOG?

En français: où diable a disparu Franz-Olivier Giesbert, top of the bosses à "Le Point"?

Ca fait des mois que sur son blog, il n'a plus déposé la moindre notice.

Le gars ouvre dans la nuit sans fin de la bien-pensance un espace de (grande) liberté, fidélise un lectorat épris d'iconoclasme, et tout d'un coup ferme boutique?

Mais bouffre: ce n'est pas sérieux.

Puis dans "Le Point", depuis quelques temps, ses courageux éditoriaux, je parle des fières envolées rachi2datistes qui faisaient dire à François Fillon que "Franz-Olivier Giesbert est comme chez lui chez moi", n'étaient plus que l'ombre d'eux-mêmes - réduits grosso modo à de burlesques joutes avec l'excellent Barbier, de "L'Express", sur le thème, agade comment que je te pique des lecteurs, agade comment que la mienne est plus grosse que la tienne, agade comment que je fais pipi à vingt mètres, est-ce que t'aurais pas des images Panini à m'échanger à la récré?

Et donc, me demandais-je, where the fuck is passé FOG?

Et ce matin?

Le revoilà!

Hip!

Ulcéré comme jamais par le prurit socialisant qui fait de la France la dernière des républiques soviétiques de l'Occident chrétien!

Hip!

Décidé comme jamais à flinguer du communiste - la sale engeance rouge qui fait grève tous les trois matins, et dont feu Jean-François Revel avait bien prévenu qu'elle n'était qu'endormie!

Hip!

Fidèle, comme jamais, à l'idée, simple mais belle, que plus c'est gros, plus ça passe!

Hourra!

FOG is back!

Il écrit ce matin, dans son éditorial, que: "La France s'en retourne peu à peu à ses habitudes, ses psychodrames et ses grèves du service public".

Il explique ce matin que: "C'est une maladie nationale".

Dont les symptomes sont: "Un mélange d'aigreur, de nombrilisme, de haine de soi et de la société".

L'"argument" de la "haine de soi", totalement inepte, a tellement servi, chez les "nouveaux" réactionnaires, qu'il est usé jusqu'à la corde, et ne tient plus que par miracle - mais FOG n'est pas du genre à se laisser arrêter par si peu: l'important, on l'aura compris, est de montrer que le gréviste, évidemment de service public, est un malade.

Un psychotique.

Aigre.

Nombriliste.

Haineux.

Le gréviste, vu par FOG, ne se mobilise pas (du tout) pour la préservation d'un demi-siècle d'acquis sociaux: il se tord dans les convulsions de sa maladie mentale - et ça fout les jetons, mais pas de panique, le bon docteur Giesbert a trouvé une médication.

Où ça?

"Dans un petit livre qui en dit très long et qu'il faut lire d'urgence", puisque ses deux auteurs "apportent une explication à ce mal-être français".

Laquelle, je vous le donne en mille, tient dans ces quelques mots: "Immobilisme, réglementation, corporatisme".

(Avec en prime un peu de "corruption", histoire de faire cool dans le paysage - comme si la corruption n'était pas la marque de fabrique du marché déréglementé.)

La guérison, pour nos grévistes, passe donc par une adhésion pleine et entière au réformisme (qui est le contraire de l'"immobilisme" dans la novlangue néo-libérale), par le renoncement à toute espèce de réglementation (comme ne cesse de l'exiger le MEDEF), par l'abandon enfin du corporatisme étroit qui les fait (encore) se mobiliser quand la droite haineuse et revancharde entreprend de bousiller leurs sécurités sociales.

Je suis content que le véritable FOG nous soit enfin revenu, en pleine forme, prêt à nous balancer long comme le bras, comme au bon vieux temps, du bon gros tract patronal.

24/10/2007

Mouloud (Môquet) Prend L'Avion

Dans "Charlie Hebdo", ce matin, il y a, sous un appel (vibrant) à signer "la pétition [de "Charlie Hebdo"] contre l'amendement sur les tests ADN", ce cocasse dessin de Charb - qui officie aussi chez Fogiel.

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(Qu'est-ce qu'il est caustique, ce Charb: on comprend que Fogiel ait souhaité l'embaucher.)

Ce cocasse dessin n'a aucun rapport, on le remarque, avec l'amendement sur les tests ADN - mais il dit bien ce qui désormais rythme au quotidien la vie de milliers de nos concitoyen(ne)s, dans la France décomplexée du colonel (de réserve) Brice Hortefeux: Mouloud (Môquet) s'appelle Mouloud, Mouloud est presque aussi foncé de peau que les nègres qui sur nos terrains de football font ricaner toute l'Europe, Mouloud a par conséquent été contrôlé au faciès, Mouloud n'avait pas de papiers, Mouloud va donc "prendre l'avion".

C'est en effet ce qui se passe dans nos rues, depuis que Nicolas Sarkozy, mâlement décidé à "maîtriser l'immigration", a demandé à son fidèle colonel (de réserve) Brice Hortefeux de bouter cette année 25.000 "clandestins" - car la troupe dévouée du colonel (de réserve) Brice Hortefeux n'a rien trouvé de plus efficace, pour trier le bon grain "immigré" de l'ivraie sans papiers, que de contrôler tout ce qui pourrait s'appeler Mouloud, ou Ming, ou Mamadou.

Le cocasse dessin de Charb décrit donc une réalité, fondée sur la traque obscène des malheureux qui ont (sottement) gobé que la France était pour de bon le pays des solidarités.

Cette réalité-là, d'aucuns, dans la presse, fût-elle satirique, trouvent à s'en accomoder, au motif qu'il faut, en effet, comme le dit si bien Nicolas Sarkozy, "maîtriser l'immigration", parce que bon, vous comprenez bien, mâme Dupont, qu'on peut pas non plus accueillir chez nous toute la misère du monde - comme on dit chez nous, à gauche, rue de Solférino.

(N'est-ce pas, mâme Dupont?

Au fait, mâme Dupont?

Ca serait bien que vous fassiez un peu moins de bruit, le soir, quand vous sortez les poubelles: on s'entend plus débattre, avec mes ami(e)s de gauche.)

C'est le cas de Philippe Val, boss de "Charlie Hebdo", qui, dans le même temps qu'il initiait (avec BHL) sa (courageuse) pétition "contre les tests ADN", prenait grand soin de souligner (dans l'un de ces roboratifs éditos qui font dire à Nicolas Sarkozy que "Philippe Val est un opposant de grande valeur") que, oui, neffet, il faut "trouver les moyens de maîtriser l'immigration".

Sans rappeler, bien sûr, que cette belle et noble mission passe, dans nos rues, par le contrôle au faciès de tout ce qui a la couleur de peau d'un potentiel "clandestin".

En sorte que, si le Mouloud Môquet du cocasse dessin de Charb est voué à "prendre l'avion", c'est (aussi) parce que Philippe Val partage la soif de maîtrise (de l'immigration) de Nicolas Sarkozy.

De mon point de vue, ce cocasse dessin de Charb, ainsi resitué, illustre assez bien la fonction dévolue à son auteur, dans les pages de "Charlie Hebdo".

Pendant que de la main droite, et après avoir lancé de burlesques pétitions, Philippe Val torche de coruscants éditos appellant, comme Nicolas Sarkozy, à "maîtriser l'immigration", Philippe Val, de la main gauche, laisse publier de cocasses dessins qui fustigent la politique de "maîtrise des flux migratoires" de Nicolas Sarkozy.

Bon: ça maintient, dans "Charlie Hebdo", l'apparence d'un pluralisme de bon aloi, et de ce bel esprit d'ouverture qui fait que Philippe Val aime débattre sur i-Télé avec des mecs de l'UMP - mais à la fin des fins, devinez ce qui se passe?

Mouloud prend l'avion.

23/10/2007

57.000 Euros? Seulement? Putain, Mais C'Est Donné!

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"Le Monde" est, comme on sait, notre "journal de référence".

(C'est "Le Monde" qui le dit: ça doit être vrai.)

C'est pas rien, saperjeu, et je sais que ça fait des gros jaloux, du côté, notamment, d'un éditorialiste barbichu dont par charité je tairai le nom - mais je trouve, quant à moi, qu'en effet "Le Monde" est, peu ou prou, un canard sérieux, déontologique, et tout, et tout.

(Un peu moins déontologique, peut-être, depuis le départ de Jean-Marie Colombani - mais je n'en suis même pas sûr.)

Tant de talent(s) dans si peu de centimètres carrés, c'est pas donné à tout le monde, et je comprends que Laurent Joffrin soit un peu envieux.

(Ah merde, j'avais dit que je tairais son nom.)

Hier après-midi, par exemple.

J'ouvre "Le Monde".

Vous savez, provinciaux arriérés, que nous autres, Parisiens, recevons "Le Monde" l'après-midi, cependant que vous devez dans vos ruralités pourries attendre le matin pour vous informer sérieusement: bien fait pour vos gueules, n'aviez qu'à pas vous enterrer aux trous du cul du monde.

Donc, hier, j'ouvre "Le Monde", et je tombe, à la page 29, sur la rubrique: "Vous".

C'est à dire: nous.

(J'espère que vous suivez.)

C'est une page où l'on s'intéresse, ai-je cru deviner, à nos "modes de vie", et que généralement je ne lis pas, mais là: si.

(Je sens que mon histoire commence à vous galoper sur les parties génitales, vous êtes à deux doigts de vous faire chier, où veut-il en venir ce con - mais ne partez pas, s'il vous plaît.)

Je lis, donc, et j'apprends, gros titre, que: "Les hommes s'entichent du croco, malgré son prix".

Et qu'ainsi: "En sacs, chaussures, mais aussi en vestes et blousons, la garde-robe masculine s'enrichit".

Foutre: ça ne m'avait pas (du tout) frappé.

Aucun de mes potes ne s'habille en croco, je suis formel, et pour ce qui me concerne, la dernière fois que je me suis acheté des "chaussures", c'était une paire de "Panther" à trois bandes en rat musqué retourné (54 euros).

Intéressé, je continue ma lecture, en me disant que "Le Monde", journal de référence, va me révéler, comme dans une chanson de Patrick Juvet, où sont les hommes en croco.

Or: non.

En fait de scoop(s) sur la ruée vers "ce cuir précieux", je tombe sur un hallucinant publireportage, qui nulle part n'est signalé comme tel - mais qui pour le coup en dit long sur la vision que "Le Monde" se fait du monde.

J'apprends ainsi que "la précieuse peau de reptile est très présente cet hiver, dans les boutiques de luxe de prêt-à-porter pour homme", où, par exemple, "Hermès propose un blouson mat bleu tempête composé de sept peaux".

Un vêtement "d'une souplesse inouïe, grâce à des passages répétés au foulon, une machine servant à assouplir les cuirs".

Une "pièce rare", qui "a nécessité quarante heures de labeur".

(Il se dit que les attaché(e)s de presse de chez Hermès ont poussé, en découvrant cette ahurissante lècherie, de longs gémissements de plaisir, et je le crois volontiers, car il n'est pas si courant qu'un "journal de référence" prenne ainsi l'apparence d'un communiqué publicitaire.)

Voyez comme, sous ce nouvel éclairage, l'info soudain s'affine: quand "Le Monde" affirme que "les hommes s'entichent du croco", il s'agit, dans la vraie vie, des hommes-qui-ont-les-moyens-de-s'habiller-dans-les-boutiques-de-luxe-de-prêt-à-porter-pour-hommes.

"Le Monde", cependant, continue à caresser la maison Hermès, rappelant que: "Ce n'est pas la première fois que Véronique Nichanian travaille le croco au masculin".

(Hhhhh...)

Qui est, me demanderez-vous, cette Véronique Nichanian?

"La créatrice des lignes homme pour la maison du Faubourg Saint-Honoré".

(Hermès, donc.)

Déjà, Véronique Nichanian, "Le Monde" nous le révèle, "avait, il y a une dizaine d'années, coupé des gilets dans ce cuir précieux".

(Hhhhh...)

La beauté, naturellement, a un prix: "57.000 euros pour le modèle de l'hiver".

(Le blouson mat bleu tempête composé de sept peaux dont les hommes s'entichent.)

"Le Monde" signale (tout de même) que c'est "astronomique": je ne trouve pas.

57.000 euros seulement?

57 fois le SMIC?

C'est tout?

Je crois que je vais en acheter deux: justement, j'ai là 114.000 euros à dépenser.

Entendons-nous, je vous prie.

Je sais parfaitement (je suis de gauche) que vous n'avez pas tous 114.000 euros d'économies, et que cette menue facilité fait de moi un privilégié: il paraît (je me suis documenté) qu'il y a des gens qui ne sont pas aussi à l'aise que moi dans leurs comptes en banque (numérotés) - et je trouve ça dommage, parce que bon, à quoi sert de voter pour la droite haineuse et revancharde qui ne v(o)it que par le fric, si on reste un salaud de pauvre - mais d'un autre côté ça explique sans doute pourquoi je ne croise, dans les rues de Paris, aucun des hommes dont "Le Monde" assure qu'il se ruent sur le croco.

Plus sérieusement, je ne voudrais pas non plus désespérer Billancourt, et je m'empresse de préciser que "Le Monde" propose, pour les radins qui n'auraient pas, là, tout de suite, 57.000 euros à investir dans des peaux de qualité, quelques modèles plus directement accessibles à n'importe quel chômeur un peu économe.

Je pense, notamment, à ce qui se fait cette année chez "Dolce&Gabbana" (longs gémissements de plaisir chez Dolce&Gabbana), où "le crocodile reste une des matières fétiches de Roberto Cavalli, qui le travaille en ceintures et sacs, vendus jusqu'à... 10.625 euros".

(Notez les points de suspension, que "Le Monde" met là pour nous signifier que "Le Monde" sait compatir à la misère du monde...)

10.625 euros, franchement: qui s'en priverait?

Qui oserait encore, à ce prix-là, ne pas s'enticher?

Personne, mais bon: pour les méga-rapiats, je signale quand même que "Testoni associe croco et iguane ou croco et cuir pour ses modèles derbys".

C'est, "Le Monde" le relève, "une façon de réduire le coût", et de fait, ça nous met "le tout-reptile" à 2.490 euros, et "la version mixte cuir-croco" à, tenez-vous bien, 610 euros.

Alors évidemment, vous aurez toujours un pauvre tue-la-joie de RMIste pour venir vous les briser avec de hideuses jérémiades, genre, ouiiiii, mais tu comprends, c'est vrai que 610 euros, c'est pas cher du tout, ça met de la démocratie dans la godasse, mais bon, tu comprends, ça fait quand même une fois et demie mon revenu mensuel.

Et alors, pauvre mec?

C'est de ma faute à moi, si tu te donnes pas les moyens de t'enticher?

C'est de ma faute à moi, si tu refuses, obstinément, de travailler plus?

Au large, assisté: retourne chez Tati.



(Vous savez ce que répondent généralement les sinistres provocateurs qui osent nous entretenir, dans leurs canards, des nouveautés à 57.000 euros de chez Hermès - quand vous leur suggérez de revenir à plus de pudeur.

Ah ben oui, disent-ils, mais les riches ont quand même le droit de vivre - ou si t'es un bandit bolchevique?

Les mêmes, quand la rue brûlera, feront dans l'étonnement naïf, non mais regarde-moi ce con, il m'a escarbillé mon blouson mat bleu tempête composé de sept peaux.)

 
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