Avertir le modérateur

18/02/2008

Les Petits Métiers Du Journalisme: Rin Tin Tin A Villiers-Le-Bel

83262a582e12415039ba007dc41a730d.jpg


Je te le dis franchement: je trouve injuste, et même un peu dégueulasse, de prétendre, comme font certains communistes revanchards (je pense notamment à Sergueï Vissarionovitch Halimi), que les journaleux sont des "chiens de garde".

Pourquoi injuste?

Parce que la profession compte, aussi, quelques chiens policiers, merveilles de dressage, qui accourent, frétillant de la queue, sitôt que leur(s) petit(s) maître(s) les sifflent.

Ainsi de la descente effectuée ce matin, sur le Val d'Oise, par un millier (!) de flics: ces courageux fonctionnaires étaient, nous dit-on, flanqués d'une meute à stylos, micros et caméras.

"Le Monde", ce soir, narre par exemple, je te jure que je n'invente rien, que: "Des dizaines de reporters - télé, radio, presse écrite - patrouillaient pour assister aux interpellations"...

Aaaaah, les fidèles compagnons: ils "patrouillent"!

L'opération en question était, naturellement, n'importe quel enfant de trois ans te le confirmera, l'une (encore) de ces hideuses gesticulations sécuritaires par quoi la droite aux abois, rien de nouveau sous le soleil, cherche depuis toujours à se (re)gagner la confiance des paranoïaques - des faibles d'esprit que tranquillise le déferlement sur nos départements et territoires d'outre-périphérique (DOP-TOP) d'une marée bleue.

Non moins naturellement, ces glauques pantomimes doivent, pour bien fonctionner, faire l'ouverture des jités - histoire que le populo, fût-ce pour quelques minutes, (se) parle d'autre chose que des crasses que lui fait quotidiennement le gouvernement décomplexé qui prétend régner sur sa vie.

Rien de tel, pour te détourner de la onzième semaine de détention de ton pouvoir d'achat, que de jolies nimages comme-aux-Etats-Unis, où la couleur de peau des suspects interpellés ressort très joliment sur le orange des gyrophares.

C'est pour ça, évidemment, que le régime a sifflé ce matin ses fidèles auxiliaires des médias, qui ont, ravis, jappé de plaisir (l'instinct est vif, chez ces braves bêtes.)

Et comme de juste: le vol bleu des perdreaux fera ce soir l'ouverture des "20 heures".

Je te suggère, au passage, de te demander si les mêmes "journalistes" qui "patrouillaient" ce matin à Villiers-le-Bel, guettant l'arrestation d'une racaille exotique, ont mené l'autre semaine la moindre enquête sérieuse sur les trois flics nazis qui ont craché dans un rade leur haine des Juifs, des Noirs et des Arabes?

Je te rassure: la réponse est non.

Ces gars qui filment dans le caniveau que leur indique le régime, et qui te fourguent à la commande, suffit d'appuyer sur le bouton, de valeureux fonctionnaires bien décidés à capturer du banlieusard émeutier, oublient de trop t'informer du côté obscur de la Force (de l'ordre): tu comprends, coco, on voudrait pas non plus salir l'honneur de la police, ça risquerait de fâcher nos sources.

"Faudra Vous Habituer A Voir Les CRS Occuper Le Pavé Avant D'Occuper L'Reste"

ef1face7788e1cab89bc64f417eca821.jpg


Je lis que 1.000 (mille) keufs sont déployés depuis ce matin à Villiers-le-Bel (Val d'Oise), mais aussi à Sarcelles et Gonesse et en Seine-Saint-Denis "dans le but d'interpeller les auteurs de violences contre les forces de l'ordre, fin novembre" - et je me dis, attends, 1.000 (mille) keufs, seulement?

C'est tout?

Ils deviennent mous du cul, au régime, ou quoi?

(Bon, je te laisse, y a ma fille de huit ans qui me demande, hé, p'pa, c'est quoi, l'Etat policier?)

15/02/2008

Mais Quelle Bonne Idée!

Je lis (1) que le (tout) petit chef de l'Etat français, manifestement décidé à s'occuper de nos enfants après s'être occupé de nous, veut "réintégrer" à l'école primaire "l'enseignement moral et civique".

Il précise que: "Cette instruction civique et morale prévoit notamment l'apprentissage des règles de politesse, la connaissance et le respect des valeurs et des emblèmes de la République".

Je ne sais pas toi, mais moi, je trouve que c'est carrément une bonne idée.

d8f5309fd40cf92c82d4026cb6d1a13b.jpeg


Une très.

91ef54377a824e230120b94cab13049f.jpeg


Très.

d085e0b84e51086c1c4a9e63b80f31c6.jpeg


Bonne.

fb19f960d6dd317d27c12f9ccd916197.jpeg


Idée.








(1) NouvelObs.fr

21/01/2008

Et On Se Dira, Merde Alors: Si J'Avais Su, J'Aurais Gueulu

Brice Hortefeux et son Chef Suprême veulent, comme tu sais, instaurer des quotas.

Des quotas laitiers?

Nenni.

Des quotas d'immigrés.

Ils souhaitent par conséquent appliquer à des êtres humains ce qui était jusque là réservé au blanc produit du pis de la vache: on ne saurait mieux démontrer que dans leur esprit l'immigré se réduit à une marchandise.

(C'est à ça que se reconnaît le décomplexé libéral, dans les siècles des siècles: il ne s'interdit pas de regarder l'humanité comme du bétail, il brise quotidiennement, à grands coups de calculatrice, d'archaïques tabous, et te signifie que si les hommes naissaient libres ou égaux en droits, et devaient le demeurer, ben ça se saurait, sans déconner - suffit pourtant de regarder autour de soi pour s'apercevoir qu'entre Laurence Parisot et Chulan Zhang Liu (défenestrée à Paris en septembre dernier) y a quand même quelques différences, alors quoi, c'est pas une preuve, ça, mâme Chabot?

Il appelle ça: faire preuve de réalisme, dans un monde écrasé par la bien-pensance marxiste-léniniste.)

Parce que n'est-ce pas: un immigré, ça va encore.

On le met sur chantier, on lui juche au crâne un casque siglé Je-Vends-du-temps-de-cerveau, et roule ma poule, on rit au MEDEF.

Mais, trois immigrés?

Ca commence à ressembler d'assez près à de la délinquance en réunion, genre ils se sont mis à plusieurs pour nous piquer nos allocs.

Il faut par conséquent maîtriser le cheptel exogène, ainsi que ne cessent de le souligner de hauts penseurs: je pense, notamment, à Philippe Val, de "Charlie Hebdo", et à Philippe Val, de France Inter.

Brice Hortefeux, quant à lui, formule ça en des termes un peu différents, mais qui veulent bien dire la même chos: "Il y a un principe fondateur, c'est que la France a le droit de choisir qui elle veut accueillir".

(Le décomplexé libéral s'identifie, aussi, à ce qu'il n'hésite jamais, plus c'est gros, plus ça passe, à te vendre sa lubie de la veille comme un "principe fondateur", au mépris absolu de toute vérité historique - c'est le b-a-ba de l'orwellisme conquérant, ça te prépare psychologiquement pour le jour où il t'annoncera que la pluie ne mouille pas et qu'après l'hiver vient l'automne, tu vas pas remettre en cause un "principe fondateur", ou si t'es vraiment stalinien?)

Bien sûr, un minuscule détail, mais trois fois rien je te rassure, une vétille, une misère, empêche encore Brice Hortefeux et son Chef Suprême de mettre à exécution leur projet quotique.

Ce détail, c'est notre Constitution - et "certains" de ses "principes", comme par exemple "celui de l'égalité des citoyens devant la loi"(1).

En démocratie, n'est-ce pas: si un ministre, fût-il de l'Immigration, devait choisir entre la pulsion prédatrice de son état-major et la défense de la Constitution, il n'hésiterait même pas une demi-seconde.

Là, au contraire: n'écoutant que son instinct cynégétique, le gars prévient, ni une ni deux, qu'il va de ce pas "modifier la Constitution" (1).

On a des couilles ça comme, et aucune intention de se laisser emmerder par des préceptes gauchistes rédigés sous Néanderthal par des coiffeuses peroxydées - mâme Chabot.

Tu noteras que ça devient chez ces mecs-là une espèce de manie: tous les trois matins, désormais, ils t'annoncent, comme une affligeante banalité, qu'ils vont modifier la Constitution.

Le mini-traité sarkozique se heurte à la Constitution?

Vazi que j'te la change, si y avait en face de moi autre chose que des paillassons, je dis pas que j'hésiterais pas, mais là, objectivement, y a que des "socialistes", alors pourquoi que je me gênerais?

b5da90212417d2bc3eb3b5dd351b0d75.jpg


Mes quotas bétaillers se heurtent à la Constitution?

Vazi que je te la modifie, c'est pas non plus comme si j'avais l'intention de la respecter, non mais sans rire, mâââââme Chabot, où c'est qu'on va, si je dois aussi me plier à des lois communistes?

Je ne doute pas qu'un jour prochain, ils te diront qu'il faut modifier les principes constitutionnels qui empêchent l'investisseur de faire sur l'île de la Jatte des plues-values immobilières sans qu'aussitôt quelque bâtard journalistique joue les Rouletabille du pauvre.

On laisse faire ça, parce que personne, et surtout pas les "socialistes", occupés à se réformer, à se moderniser, à se greffer une langue plus élastique pour mieux, du patronat, lécher demain le cul, et naturellement à se placer en haut des listes municipales - personne, disais-je, ne nous dit que nous sommes, là, confrontés à une atteinte assez gravissime au socle même de notre (chère) démocratie.

On laisse faire ça: on laisse graver dans le marbre que non, finalement, tous les citoyens ne sont pas égaux devant la loi, ah ben non alors, mâme Chabot, et croyez-moi qu'on n'a pas fini d'en trouver de moins égaux que les autres, croyez-moi que la racaille se prépare des lendemains qui déchantent.

On laisse faire ça et en effet, un matin on se réveillera, et la Constitution, telle que nous la connaissons, si imparfaite qu'elle soit, ne sera plus qu'un lointain souvenir - et on se dira, putain de putain, si j'avais su j'aurais gueulu, j'aurais manifestu, mais n'est-ce pas: il sera bien tard.



(1) http://tempsreel.nouvelobs.com/

17/01/2008

Abracadabra!

920a1d4f8d2825623bff7f6445cc8b5a.jpg


Dans l'art, difficile, de la prestidigitation, vazi que je te sors un lapin du chapeau, un homme excelle, et il s'agit, en effet, de Nicolas Sarkozy.

Du temps qu'il faisait campagne, il proclamait, rappelle-toi, qu'il serait "le président du pouvoir d'achat".

Viens chez moi, je te raserai gratis.

Une fois élu, est-ce qu'il te confirme l'heureuse nouvelle?

Du tout.

Le voilà, au contraire, qui te balance, dans le cours d'une conférence de presse, que, ton pouvoir d'achat?

Tu te le prends, tu te le roules, et tu t'en fais une sonde anale - vu que, n'est-ce pas, mâme Chabot, y a pus d'argent dans les caisses.

A ce moment-là, dans tes rêves, un journaleux se lève, et gueule, ben tu m'étonnes, que t'as plus un rond pour le pain des pauvres, Louis XVI: tu viens de balancer 15 milliards d'euros pour les brioches de tes nanti(e)s ami(e)s.

Dans la vraie vie, cependant, ça ne se passe pas comme dans tes rêves.

Dans la vraie vie, les journaleux ferment leurs gueules, et passent à la question suivante.

Nobstant, l'homme de la rue, certes moins veule que les gens de presse, commence à la trouver saumâtre: ça le fait quand même un peu chier, d'avoir voté pour Pinocchio.

Résultat numéro 1: la popularité sondagière du chef de l'Etat commence à ressembler d'assez près à une vue aérienne de La Nouvelle-Orléans, juste après Katrina.

Résultat numéro 2: l'intéressé corrige le tir, et te jure ses grands dieux que, lorsqu'il t'a suggéré que tu pouvais te rouler serré ton pouvoir d'achat, évidemment que ça ne voulait pas du tout dire que tu pouvais te rouler serré ton pouvoir d'achat - c'est quand même ahurissant que tu prennes tout au pied de la lettre, alors quoi, on peut même plus déconner?

Et le voilà qui t'explique, décomplexé comme jamais, que finalement, si, y a du pognon dans les caisses - mais que tu vas devoir aller le chercher avec les dents, non mais qu'est-ce que tu crois?

Il dit, précisément: "Il n'y a pas de création de richesses, pas de redistribution possible, pas de pouvoir d'achat sans travail".

Pas de mains?

Pas de chocolat.

Il précise - car il ose toujours tout: "Lorsque certains font croire aux Français qu'il serait possible de distribuer du pouvoir d'achat tout de suite, sans travail et sans réformes, je reconnais la démagogie qui a fait tant de mal à notre pays depuis trois décennies".

(Mais attends - rappelle-moi: c'était qui, "le président du pouvoir d'achat"?)

NouvelObs.com résume assez bien ce nouveau message présidentiel: "Pas d'augmentation "sans contrepartie"".

Et ça, n'est-ce pas, on connaît.

En sarkozique vernaculaire, ça se dit: "Travailler plus pour gagner plus".

Naturellement, ça n'a aucune espèce de rapport, même très lointain, avec l'augmentation promise de ton pouvoir d'achat: c'est juste le moins que tu puisses attendre, parce que n'est-ce pas, tu ne vas pas non plus travailler plus pour gagner la même chose, t'es pas là non plus, faut pas exagérer, pour faire des cadeaux à ton pansu patron, que Sarkozy déjà ne cesse de gaver.

Si je résume: le gars te fait la promesse que tes heures sup te seront payées - et te présente ça comme une espèce de révolution dans l'histoire du pouvoir d'achat.

C'est vachement sympa de sa part - mais à ce rythme-là faudra pas que tu t'étonnes, s'il t'annonce la semaine prochaine qu'il a gentiment décidé de ne pas te faire payer l'air que tu respires.

Pour Ce Prix-Là, J'Ai Moi Aussi Une Grosse Envie De Ne Pas Mélanger Les Genres

0a364e79cd1fe1bfe453e94971764750.jpg


Un peu après Noël, je sais pas si tu t'en souviens: Christine (Ockrent) Kouchner, qu'on ne présente plus, a tranquillement déclaré à Paul Nahon, directeur de l'information de France 3: "Je n'ai jamais fait le mélange des genres, et ce n'est pas aujourd'hui que je vais commencer à la faire" (1).

Ce qu'entendant, Paul Nahon chopa une terrible crampe à la mâchoire, à force de se bidonner.

Je le comprends assez, remarque - parce que c'est vrai qu'il faut quand même un souffle gigantesque, pour oser affirmer, quand on s'appelle Christine (Ockrent) Kouchner, qu'on ne pratique pas le mélange des genres - qu'on ne l'a même jamais pratiqué.

(A ce compte-là: tu peux tranquillement affirmer que la pluie ne mouille pas.)

J'ouvre, par exemple, à sa page 57, un livre de Guy Birenbaum: "Nos délits d'initiés" (2).

Il écrit: "(...) Dans une agence qui accueille les - nombreux - journalistes soucieux d'améliorer (...) leurs fins de mois (...), j'ai réussi à me procurer le tarif des prestations de Christine Ockrent".

Ah ouais?

Ah ouais.

Ce tarif "est de 18.000 euros (plus un assistant à prévoir) pour l'animation d'une réunion d'une demi-journée".




(Ami(e): j'interrompts ici le cours de ta lecture, pour (te) lancer un appel.
J'ai sous les yeux mon tout dernier relevé de compte (bancaire), quand j'ai vu la somme inscrite à la colonne "débit" j'ai d'abord cru que c'était la date, et par conséquent: je brûle, moi aussi, comme Christine (Ockrent) Kouchner, de ne pas mélanger les genres, ne serait-ce qu'une demi-journée par mois.
Je compte sur toi pour m'appeler, si tu as quelque chose pour moi.)




Bibi(renbaum) révèle dans son bouquin ce ravissant détail: Christine (Ockrent) Kouchner "anima ainsi notamment, le 16 novembre 2002, une journée des "Assises des libertés locales" à Bordeaux (soit de la communication gouvernementale), présidée par Alain Juppé... qu'elle reçut peu après, le 19 janvier 2003 - c'est bien normal - à "France Europe Express"" - l'émission qu'elle animait, à l'époque, sur France 3.

Christine (Ockrent) Kouchner: "Je n'ai jamais fait le mélange des genres, et ce n'est pas aujourd'hui que je vais commencer à le faire".

Franchement?

C'est chouette.

Mais dans la vraie vie, "Le Point" révèle (3), hier, que, "d'après (ses) informations", Christine (Ockrent) Kouchner palpe, depuis mars 2007, 120.000 euros par an pour une pige, "une fois par semaine sur France 24, la chaîne d'info internationale, qui lui a passé commande d'un billet en français et en anglais".

Déjà, c'est goûtu.

Je te conseille d'aller jeter un coup d'oeil au billet en question (4): ça dure moins de cinq minutes, faut admettre que c'est du pognon vite gagné.

Je te rappelle que c'est l'argent de nos impôts qui passe, là, de nos poches à celles de mâme Kouchner, et je suis bien d'accord avec toi: c'est toujours ça que des salauds de pauvres n'auront pas, c'est donc un motif de joie.




(De nouveau, je te coupe dans ton élan pour (te) lancer un nouvel appel, parce que je viens de recevoir un nouveau relevé de compte.
Je cherche, pour tout de suite, une pige hebdomadaire sur une chaîne publique - afin que de me faire de ma banquière une amie d'enfance.)




"Le Point" relève aussi que: "Lors de sa conférence de presse du 8 janvier, Nicolas Sarkozy a annoncé (...) que France 24 ne devrait parler, à l'avenir, qu'une seule langue: le français".

Avec ce résultat, navrant, que: "La pige de Christine Ockrent se verrait (...) coupée en deux!"

Aussitôt: "Bernard Kouchner a (...) fait savoir son désaccord, (...) et entend plaider auprès du Président, la cause d'une France 24 multilingue".

Ce n'est plus seulement goûtu: c'est carrément onctueux.

Ca fond dans la bouche.

Il va de soi que "ce n'est pas" du tout "la pige de sa compagne qu'il entend défendre, mais bien le rayonnement du point de vue français dans le monde".

Si Bernard Kouchner (qui "lui non plus ne lésine pas sur la déontologie", comme on dit en Birmanie) le dit, c'est que ça doit être vrai, pas vrai?

C'est comme quand Christine Kouchner affirme qu'elle "ne fait pas le mélange des genres": faudrait quand même être un salaud de haut niveau pour en douter.





(1) NouvelObs.com.
(2) Stock, 2003.
(3) www.lepoint.fr/content/medias/article.html?id=218730
(4) http://www.france24.com/france24Public/fr/debats/BILLET-FRANCE-24.html

16/01/2008

On Dirait Du (Philippe) Val (Dans Le Texte)

c7046e04a18a4a207984bcf8f7273ceb.jpg


"Charlie Hebdo", ce matin.

Le taulier, Philippe Val, dans l'un de ses fameux éditos (que Laurence Parisot trouve si follement humoristiques), s'énerve (très fort).

Pourquoi?

Parce que "le président de la République", Nicolas Sarkozy, l'autre jour, pendant sa conférence de presse, "répond un tissu d'absurdités et d'à-peu-près aux journalistes".

Or: que font ces journalistes, à ce moment-là?

Ils "ne relèvent même pas"!

Et ça, tu vois, du point de vue de Philippe Val, c'est franchement pas bien, parce que les journalistes "sont" quand même "censés faire partie de la tribu, désormais affeusement minoritaire, des éduqués".

(Si tu répètes plusieurs fois ces trois mots, journaliste, minoritaire, éduqués?

Tu vas pouffer.)

Philippe Val, qui a du métier, donne à son lectorat "quelques exemples" de cette affligeante réalité, où des gens bien "éduqués" (à la différence de ton poissonnier) s'aplatissent devant le petit chef de l'Etat français.

Il souligne ainsi: "Heureusement que Florence Muracciole", pendant cette conférence de presse, "a posé la question sur le renvoi des étrangers".

(Elle a sauvé l'honneur des minoritaires éduqués!)

Pour le cas où tu ne le saurais pas: Florence Muracciole travaille au "Journal du Dimanche" (propriété d'Arnostradamus Lagardère, "frère" (auto)proclamé de Nicolas Sarkozy), où elle consacre à Nicolas Sarkozy des articles dont tu peux dire beaucoup de choses, mais pas (du tout) qu'ils brille(rai)ent par leur férocité.

"Heureusement" que Philippe Val est là pour nous suggérer que les salariés d'Arnostradamus Lagardère, frère (auto)proclamé de Nicolas Sarkozy, posent à Nicolas Sarkozy des questions incroyablement subversives.

Et donc (c'est toujours Philippe Val qui raconte), Florence Muracciole "a posé la question sur le renvoi des étrangers".

Or: Nicolas Sarkozy lui a "répondu une connerie".

(Sarkozy, connerie: comment qu'il envoie le bois, le Val!)

Qu'est-ce qu'il a répondu, comme connerie, le chef?

Il a répondu: "Vous voulez qu'ils viennent manger chez vous", les étrangers, mâme Florence Muracciole?

Commentaire de Philippe Val: "On dirait du Le Pen dans le texte".

Jusque là, tout va bien.

C'est juste après que ça part sévère en sucette, quand Philippe Val ajoute: "Personne ne nie qu'il faille reconduire certaines personnes à la frontière".

(Hhhhh...)

C'est, bien sûr, un gigantesque mensonge: dans la vraie vie, t'as plein, plein de gens qui nient assez volontiers, avec un farouche enthousiasme, qu'il faille reconduire certaines personnes à la frontière.

(Des gauchistes fous, naturellement.)

Mais surtout: on dirait du Sarkozy (ou du Hortefeux) dans le texte.

(Ou du "socialiste", en effet.)

Donc, si je te résume le truc: Philippe Val, sous couvert de fustiger Nicolas Sarkozy, met son pas dans le sien, et entonne avec lui, et à pleins poumons, l'air traditionnel du aaaaah-ben-oui-mâme-Chabot-mais-on-a-quand-même-le-droit-de-choisir-qui-on-invite-ou-si-la-bien-pensance-fait-encore-des-ravages?

Variante: "Vous voulez qu'ils viennent" tous "chez vous", mâme Chabot?

Finalement, t'as vu: ça ressemble assez à du Le Pen (en mieux éduqué) dans le texte.

Philippe Val s'en justifie: "Lorsqu'on expulse des personnes qui travaillent, qui vivent et qui ont une famille en France, les gens qui aiment le droit républicain ont honte".

Deuxième bobard, en moins d'une minute: le gars est carrément très fort.

Parce que dans la vraie vie, comme tu sais, on est quand même quelques un-e-s à ne pas aimer, tout court, qu'on expulse des gens qui vivent en France, qui ont en somme trouvé en France une patrie - même si ces gens n'ont pas de travail, même si ces gens n'ont pas non plus de famille.

Travail, famille, patrie, comme critères définitifs d'une intégration réussie?

On dirait du Val dans le texte.

15/01/2008

Une Expertise De "Libération": Alvaro Est Beau, Hugo Est Un Salaud

654e8cd490b518682383fdb40adb2486.jpg


Vendredi matin (11 janvier).

Au lendemain de la libération de mesdames Rojas et Gonzales.

Dans un éditorial de niveau 9, sur l'échelle d'Alexandre Adler.

Un géostratège de génie.

La mère de tous les gros experts ès-guérilla colombienne.

Je veux parler, tu l'auras deviné, du brillantissime François Sergent, de "Libération".

Ecrit: "Méfiance".

Oui: "Méfiance".

Car, certes, on ne peut "que se réjouir que ces deux femmes si longtemps enfermées et humiliées aient été libérées".

Certes.

Mais, pour autant, Sergent n'est pas né de la dernière pluie.

(Ni même de l'avant-dernière, maintenant que j'y pense.)

On ne la lui fait pas (du tout), à Sergent.

Les deux otages ont été libérées, mais il ne "faut pas pour autant croire à une soudaine conversion humaniste des FARC" - énonce-t-il, avec beaucoup de la docte gravité qui souvent signale qu'un journaleux n'a rien à dire.

Naturellement, dans la vraie vie, personne, à ce moment-là, ne croit le moins du monde à une soudaine conversion humaniste des FARC.

Mais ce minuscule détail ne gêne pas du tout Sergent: décidé à prêcher la défiance, il a, tu l'auras compris, un vif besoin de faire comme si l'humanité s'était soudain convertie au FARCisme.

Ca lui permet d'affirmer, du haut de sa légendaire expertise, qu'"il faut se méfier de ce geste des FARC accompli (...) avec la couverture politique du président Chavez".

D'un seul coup d'un seul, tout s'éclaire: Hugo Chavez et les FARC, main dans la main, conspirent.

Confirmation immédiate, signée Sergent: "Leur tactique est de faire" du président colombien, Alvaro Uribe, "le "méchant" de leur sinistre comédie".

Car: "Tant les FARC que Chavez" veulent "un affaiblissement" de ce bon Alvaro, et "une déstabilisation de son pays".

Du point de vue de "Libé", Hugo Chavez est un salaud, quand il échoue à délivrer les otages des FARC.

Mais, toujours du point de vue de "Libé", Hugo Chavez est un salaud, quand il délivre les otages des FARC.

Un esprit un peu simple pourrait en tirer l'idée que Chavez est, du point de vue de "Libé", un permanent salaud.

Par contraste, Uribe, vu par "Libé", a le profil du baby-sitter idéal.

Sergent te signale qu'Uribe, "deux fois élu, (...) a le soutien de son peuple".

Et tu vas me dire que dans la vraie vie, Chavez, également élu, a également le soutien de son peuple - mais faut que tu saches qu'à "Libé", ça marche pas comme ça.

Dans le même temps que "Libé" te rappelle avec beaucoup de méticulosité qu'Uribe a été démocratiquement élu, "Libé" oublie, avec le même soin, de te rappeler que Chavez a été aussi démocratiquement élu: c'est à ces petites manipulations que se reconnaissent les journaux de référence.

C'est d'ailleurs par ces mots que Sergent, toujours prêt à te remettre une deuxième couche, termine son papier: "Uribe, démocratiquement élu".

Alvaro est beau, Hugo est un salaud: le monde, vu par "Libération", est d'une simplicité qui ravit les enfants.

J'ouvre maintenant "Le Monde" (celui d'aujourd'hui), aux pages "Débats".

J'y trouve "quelques vérités sur Alvaro Uribe", que nous remémore un certain Nicolas Joxe.

Merci, Nicolas Joxe.

Il écrit - c'est un peu long, mais tu vas voir que ça vaut le coup: "(...) La violence politique qui ravage la Colombie ne se résume pas aux seules FARC. Depuis vingt ans, sous prétexte de lutter contre la guérilla, des milices paramilitaires d'extrême droite ont commis des crimes de masse contre la population. Ces derniers mois, des fosses communes ont été découvertes dans toutes les régions du pays. Le procureur général de Colombie a affirmé qu'elles pourraient contenir les restes de près de 10.000 civils assassinés par ces groupes paramilitaires".

Il écrit: "Les derniers rapports d'enquête d'Amnesty International, de Human Rights Watch ou de la FIDH montrent comment les forces de sécurité colombiennes ont encadré, coordonné, voire participé, aux massacres paramilitaires".

Il écrit: "Les paramilitaires ne se sont pas cantonnés à ce travail de répression, ils ont bâti une redoutable organisation mafieuse qui contrôle l'essentiel du trafic de cocaïne vers les Etats-Unis et l'Europe. En s'infiltrant dans l'appareil d'Etat, les paramilitaires ont pu faire prospérer leur trafic et généraliser le détournement de fonds publics grâce à la complicité d'une partie de la classe politique au pouvoir".

Il écrit (on y arrive): "La carrière du président Uibe est étroitement liée à cette expansion du narco-paramilitarisme. Dans un rapport de la DIA (Defense Inelligence Agency) datant de 1991, les services de renseignement militaire américains présentaient Alvaro Uribe, alors sénateur au Congrès, comme un "politicien collaborant avec le cartel de Pablo Escobar aux plus hauts niveaux du gouvernement". Quelques années plus tard, en tant que gouverneur de la région de Medellin, Alvaro Uribe autorise la formation de coopératives de sécurité privée servant en réalité de couverture légale à des groupes paramilitaires peuplés de tueurs de la mafia".

(Je suppose qu'il s'agit de ce que l'excellent Sergent appelle une "couverture politique"?)

Tu en veux encore?

"L'ancien chef des services de renseignement, un proche du président Uribe, est actuellement détenu pour sa collaboration active avec les paramilitaires. (...) Les paramilitaires ont joui du soutien de larges secteurs de la classe politique colombienne. Cette année, malgré les menaces, les juges de la Cour suprême ont ordonné l'arrestation de quatorze députés et sénateurs. Tous sont des proches du président Uribe. Ils sont accusés d'avoir truqué des scrutins électoraux, ordonné des assassinats et servi les intérêts des groupes paramilitaires depuis le Parlement".

Tu en veux encore?

"Depuis 2005, le président Uribe a tout mis en oeuvre pour parvenir à une amnistie générale des paramilitaires (...)".

C'est ce brave homme, ce modèle de vertu, que Sergent te vend comme un irréprochable démocrate - pas comme Hugo-le-salaud: dans la désinformation par omission, il est quand même assez difficile d'aller plus haut.

Nicolas Joxe (qui n'a certes pas les compétences des journaleux de "Libé") conclut: "Présenter la guérilla comme le "diable" et tenter de blanchir un président colombien compromis dans l'entreprise criminelle du paramilitarisme est quelque chose d'inacceptable".

Transmis à l'éditorialiste du vendredi.

14/01/2008

Salir Badiou

5e7c0fb425df372021e7cba471c194b5.jpg




1.
L'autre jour (1), dans "Libération", aux pages dévolues aux (barbichus) "Rebonds", un triste mec a tranquillement craché qu'Alain Badiou serait antisémite.

Je ne sais pas si tu as noté comme, depuis quelques années, dès que des intellectuels un peu radicaux dénoncent les glauques dérives de l'époque, des petits clercs s'empressent de les salir - au moyen, toujours, du même dégueulasse procédé?

L'avantage de ces calomnies est (au moins) double.

D'une part, les insulteurs (se) donnent l'illusion de réfléchir aux mêmes hauteurs que leurs victimes.

(Ce qui, le plus souvent, n'est certes pas le cas.)

D'autre part, ils contribuent à la préservation de la pensée dominante - et ça, n'est-ce pas, c'est important: c'est le sésame qui peut leur ouvrir un accès au carré VIP (very important philosophes) des médias où l'on aime conchier, sous le commode couvert d'un goût pour le "débat", tout ce(ux) qui pense(nt) à gauche de Pierre Méhaignerie.

C'est ainsi que des Fouquier-Tinville du pauvre t'exposent depuis vingt ans que Chomsky est, parmi d'autres similaires joyeusetés, "négationniste".

C'est ainsi qu'ils te suggèrent éventuellement, et en toute décomplexion, que Bourdieu était "antisémite".

(Pourquoi se gêner, hein?)

C'est ainsi qu'aujourd'hui, obéissant toujours à la même pulsion, ils te suggèrent, cauteleux, que Badiou le serait aussi.

Naturellement: jamais Chomsky, jamais Bourdieu, jamais Badiou n'ont écrit la moindre ligne, le moindre mot qui puisse, même de très loin, justifier ces divagations infectes.

Bien au contraire.

Mais le terrorisme intellectuel ne s'embarrasse ni de la vérité, ni de la réalité: l'important, pour les accusateurs publics de la droite désinhibée, n'est pas ce que Chomsky écrit, ni ce que Bourdieu a démontré ou ce que dit vraiment Badiou - penses-tu.

En staliniens rigoureux, ils n'hésitent jamais à forger des preuves - à inventer ce que leurs victimes ont certainement voulu dire; quoiqu'elles ne l'aient jamais dit.

Un exemple (incroyablement) caricatural de cette façon de réviser la réalité nous a récemment été donné par l'essayiste halluciné qui a posément énoncé une "théorie" sur l'antisémitisme de Bourdieu: théorie fondée, je te le rappelle, sur la suggestion que l'auteur des "Héritiers", quand il parlait (justement) desdits, voulait en fait parler des Juifs.

(A ce compte-là, évidemment, n'importe qui peut démontrer en moins de trois minutes que "Oui-Oui et les charentaises" est un pamphlet nazi.)

Même Alain Finkielkraut avait trouvé ça complètement ahurissant - mais est-ce que, pour autant, ce flot de fiel s'est tari?

Evidemment pas.

C'est Badiou, j'y reviens, qui en fait aujourd'hui les frais.



2.
Le triste mec de l'autre jour a ainsi écrit, et "Libé" s'est fait une joie de publier ça, que Badiou, dans son dernier livre, appelle Sarkozy "par hommage (...) à Freud, "l'homme aux rats" - mais que cet "hommage" est "perfide".

Pourquoi cet hommage est-il perfide?

Parce que, d'après le triste mec, Badiou aurait pu choisir, plutôt que le mot "rats", le mot "chiens".

Or, Badiou a plutôt choisi "rats".

Pourquoi?

Parce que Freud a écrit "L'homme aux rats", et non "L'homme aux chiens" - réponds-tu (et moi aussi).

Mais le triste mec répond, lui, et tu comprends soudain pourquoi il avait à tout prix besoin de trouver "perfide" la référence à Freud, que Badiou a choisi "rat" parce que ce mot "est plus virulent, plus excrémentiel" - et parce que "l'un des sens du mot est "radin, avare", et rappelle la rhétorique de l'antisémitisme de gauche associée à l'anticapitalisme".

(A ce niveau de terrifiante errance, tu n'as plus envie de commenter (moi non plus), mais je te prie quand même de relever que l'antisémitisme est ici présenté comme "de gauche" - un peu comme si Raymond Barre n'avait jamais vécu.)

Est-ce tout?

Pas complètement.

Le triste mec énonce encore, pour faire bonne mesure (tant qu'à y aller autant y aller à fond) qu'il n'y a: "Nul besoin de revenir sur les effets, sinon les intentions antisémites de la pensée de Badiou".

Sommet de vilenie: le racisme de Badiou, qui est tout sauf raciste, est finalement présenté comme si évident, que tu n'as plus besoin de le démontrer.

Comme c'est commode...



3.
Dans la vraie vie, Badiou écrit, par exemple (2), qu'il est "tout à fait inexact de dire que l'antisémitisme a disparu", et rappelle que face à une telle infection de l'esprit, "la vigilance est un impératif qui n'admet pas d'intermittence".

Veux-tu me dire où seraient, dans ce propos, les "intentions antisémites" que le triste mec de "Libé" te présente comme si évidentes?

Réponse: elles ne sont nulle part.



4.
Ou plutôt, elles sont dans les diffamations à répétition de ces gens qui passent tant de temps, pour disqualifier tous ceux qui refusent de se plier à la pensée (unique) dominante, à t'entretenir de "l'antisémitisme de gauche".

De ces gens qui consacrent tant d'énergie à salir, par le biais d'accusations aussi infamantes que mensongères, les rares penseurs qui résistent encore à l'air sarkozyste du temps.

(Il est vrai qu'en l'espèce, il y a urgence, puisque le dernier livre de Badiou, "De quoi Sarkozy est-il le nom?", fort peu amène pour le chef de l'Etat, se vend beaucoup ces jours-ci - et risque de contribuer à ouvrir les yeux du bon peuple sur la réalité du régime décomplexé qui prétend régner sur sa vie.)



5.
Les mêmes (sauf exceptions), tu le retiendras pour finir car c'est tout sauf anodin, regardent ailleurs, avec beaucoup d'application, quand leur viennent sous les yeux des cas précis, tangibles, documentables, d'antisémitisme - et/ou de négationnisme.

Tu ne les entends pas (du tout), quand un journaleux désinhibé crache qu'on devrait quand même pouvoir, dans ce pays, "discuter de la Shoah".

(Avec Bruno Gollnisch?)

Tu ne les entends pas (du tout), quand une académicienne décomplexée regrette publiquement qu'on ne puisse "pas tout dire", dans ce pays, "sur la Seconde guerre mondiale" - et qu'on ne puisse pas, non plus, compter les Juifs et les Noirs.

(Qu'est-ce qu'on ne peut pas dire, sur la Seconde guerre mondiale?)

Et non seulement tu ne les entends pas, quand s'énoncent de si gigantesques saloperies - mais le plus souvent tu les vois se pâmer, oooooh, mais queeee d'iconoclasme!

Ils font dire à Bourdieu ce que Bourdieu n'a jamais dit, pour le flétrir en toute quiétude - mais quand un misérable briseur de tabous écrit noir sur blanc qu'il y a trop de Juifs à la radio, ils t'expliquent, obstinément, que non, bien sûr, voyons, ce n'est pas de l'antisémitisme.

C'est juste que le gars ne se laisse pas museler par la-tyrannie-de-la-bien-pensance, t'assurent-ils.

Dangereux tartuffes, en vérité (qui sous couvert de la combattre, laissent prospérer la gangrène antisémite): Badiou observe dans "Libé", ce matin, que ces "tontons flingueurs de la nouvelle extrême droite (...) n'aiment, ni qu'on repère dans l'histoire de France une structure réactionnaire fondamentale (...); ni qu'on dise que le mot "communisme" reste apte à nommer l'avenir politique de l'émancipation".

Badiou observe ce matin "qu'ils n'aiment ni l'efficace du passé historique ni la libre amplitude politique de l'avenir".

Que finalement "ils n'aiment que l'étroitesse du présent, de leur présent: comme Sarkozy, à vrai dire".

Et pour cause.







(1) Vendredi, pour être précis.
(2) "Circonstances, 3; Portées du mot "juif"", éd. Lignes. Voilà ce que Badiou écrit "concernant le "retour" de l'antisémitisme: ""Avait-il cependant jamais disparu? Ou faut-il plutôt penser que la question de ses formes, de ses critères, de son inscription dans le discours a, dans les trente dernières années, considérablement changé de nature? Souvenons-nous qu'à la fin des années soixante-dix, après l'attentat conte la synagogue de la rue Copernic, le Premier ministre en personne, Raymond Barre, avait, en toute tranquillité, distingué parmi les victimes les juifs qui se rendaient au culte et les "Français innocents" (sic) qui ne faisaient que passer. Outre qu'il distinguait benoîtement les juifs et les Français, le bon Raymond Barre semblait bien vouloir dire qu'un juif, aveuglément visé par un attentat, doit être par quelque biais coupable de quelque chose. On a dit que la langue lui avait fourché. Bien plutôt, cette remarquable façon d'analyser la situation révélait la subsistance en quelque manière normale d'un subconscient racialiste venu des années trente. Cette assurance dans la discrimination serait aujourd'hui, s'agissant des usages du mot "juif", inconcevable au niveau de l'Etat, et on ne peut que s'en réjouir sans restriction. Les provocations verbales antisémites calculées, les fausses naïvetés discriminatoires, comme le négationnisme concernant l'existence des chambres à gaz et la destruction des juifs d'Europe par les nazis, sont aujourd'hui réfugiées, ou cantonnées, à l'extrême droite. Et il est bien vrai que, s'il est tout à fait inexact de dire que l'antisémitisme a disparu, il est juste de soutenir que ses conditions de possibilité se sont transformées, de ce qu'il n'est plus inscrit dans une sorte de discours naturel, comme il l'était encore du temps de Raymond Barre. En ce sens, Le Pen est en France le gardien quelque peu fatigué de l'antisémitisme historique, celui qui était un thème d'opinion tout à fait ordinaire dans les années trente. Il se pourrait en somme que la sensibilité nouvelle aux actes et aux inscriptions antisémites soit une composante essentielle du diagnostic de "retour" de l'antisémitisme, en sorte que ce retour ne serait, pour une grande part, que l'effet d'un considérable et positif abaissement du seuil à partir duquel l'opinion moyenne ne supporte plus ce genre de provocation racialiste. En ce qui concerne la genèse d'un antisémitisme de type nouveau, articulé squr les conflits du Moyen-Orient et la présence dans notre pays de fortes minorités ouvrières de provenance afrcaine et de religion musulmane (...) disons (...) que l'existence d'un tel antisémitisme n'est pas douteuse, et que le zèle mis par certains à nier cette existence, généralement au nom du soutien aux Palestiniens ou aux minorités ouvrières en France, est tout à fait néfaste. Cela étant, il ne me semble pas non plus que les données quantitatives, parfaitement disponibles, soient de nature à susciter une alerte générale entièrement neuve, étant entendu que, sur de telles questions, la vigilance est un impératif qui n'admet pas d'intermittence".

Je N'Irai Pas

Quelle question débile!

Evidemment que j'irai pas, au concert de Fred Alpi, mercredi 30 janvier 2008 à 21h15 au Café de Paris, 158 rue Oberkampf, 75011.

6eb95f3e42a050d729791c7c4f4d0a90.jpg


Pour Johnny Hallydalpi ou Didier Barbalpi, je dis pas: j'aurais sans doute fait un effort.

(J'ai toujours aimé la variété engagée.)

Mais là, de quoi on parle?

D'un gars qui fait pling, pling, pling sur sa putain de guitare, tu vas me dire que ça nous change (un peu) de ses blam, blam, blam d'avec la Brigada Flores Magon, et je te concède que ça repose, mais bon, entre nous, on va pas se la raconter: y a encore beeeeeaucoup de boulot pour être le Gérard Lenormalpi des années 2000.

Bref, tout ça pour dire que le mercredi 30 janvier, au Café de Paris, 158 rue Oberkampf, 75011, ça sera sans moi, sans façon, merci, je passe.

(Rue Oberkampf, sans déconner: en plein milieu de la zone bobo.

Et pourquoi pas un brunch au bord du canal, genre singalong-with-Fred-Alpi, tant qu'on y est?)

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu