Avertir le modérateur

11/01/2008

Calmos, Christophe Barbier!

(Je sais que c'est con, mais ça continue à me faire marrer.)

10/01/2008

Simple Question

c87b8148ed1c0887b8e7aa1578e47b6c.jpg

J'ai une (simple) question - maintenant que Clara Rojas et Consuelo Gonzalez sont en route pour le Venezuela.

Je voudrais juste savoir où sont planqués, ce soir, les sinistres bouffons péteux qui la semaine dernière ont annoncé, avec beaucoup de leur coutumière et cauteleuse componction, on-vous-l'avait-bien-dit-qu'il-fallait-se-méfier-de-ce-menteur-communiste, que l'échec de la libération de ces deux otages des FARC était, dans le meilleur des cas, un gravissime revers pour le président Hugo Chavez?

Et s'ils vont, ces tristes connards, avoir la décence de s'exiler aux Kerguelen pour les dix prochaines années - ou s'ils vont, as usual, continuer, comme si de rien n'était, après s'être en beauté vautré pour la millionième fois la gueule, à délivrer au monde leurs expertises à deux balles?

03/01/2008

Quel Déconneur, Ce FOG!

18d375aa83cd85f213d396a2361d4df2.gif

Il est comme ça, Franz-Olivier Giesbert, aka FOG, patron de "Le Point".

Toujours partant pour la déconne, toujours prêt à lâcher la bonne grosse vanne qui nous fera pouffer.

Il est absolument tordant.

Dans son éditorial de ce matin, par exemple, il promet que son hebdomadaire, bulletin de liaison de la droite décomplexée, va, en 2008, "tenir tête aux puissants du jour" - un peu comme si François Fillon jurait: "Je vais cesser de régler mon pas sur le pas de Laurence (Parisot)".

Il est tordant, vous dis-je.

De fait, le tenage de tête commence très fort, dans "Le Point" du jour, avec, en couverture, un "palmarès des ministres" où Xavier Bertrand est "n°1".

Prends ça dans ta gueule!

(Xavier Bertrand à Nicolas Sarkozy: "J'aimerais assez que FOG arrête de nous tenir tête, ça devient carrément relou".)

Et avec, dès la page 3, un "éditorial de Claude Imbert", célèbre islamophobe, en forme d'appel au soulèvement.

Extraits: "Du changement, Sarkozy nous en met plein la vue!"

"Quant au fond, le bilan reste positif, même si les trompettes présidentielles n'ont pas encore fait tomber toutes les bastilles du statu quo".

"La tornade Sarkozy fait crépiter l'image et les valeurs de la fonction présidentielle".

"(Sarkozy) ne néglige pas les devoirs de la présidence, et même il s'en invente de nouveaux".

"La dispersion voulue des divers fronts des réformes ne doit pas masquer la perspective unique qui partout les inspire: il s'agit bien d'en finir avec les vieilleries de l'exception française".

(Nicolas Sarkozy à Xavier Bertrand: "Moi aussi j'aimerais que "Le Point" arrête de nous tenir tête, tous les jeudis j'ai le fond de pantalon plein de salive sucrée, je suis obligé de me changer, c'est chiant".)

02/01/2008

J'Ai Exercé Mon Droit De Visite Du Blog De David Assouline, Sénateur "Socialiste"

be099b60f3a1ecc7f019e73b06a4ec07.jpg


Aux bals de ceux qui nous prennent pour des cons oublieux, tu n'auras aucun mal à reconnaître les "socialistes": ils se déhanchent sous les boules à facettes, et jamais la honte ne leur éblouit les yeux.

David Assouline est l'un d'eux.

"Sénateur depuis octobre 2004, élu du XXème arrondissement de Paris depuis 1995", il "occupe aussi la fonction de Secrétaire National à la Défense du Parti Socialiste".

Et il te raconte sur son blog: "Aujourd'hui 2 janvier 2008 à 14 h 30 j'ai exercé mon droit de visite, réservé aux parlementaires, du Centre de rétention administrative de Vincennes" (1).

Il précise que ce n'était pas la première fois, mais la "quatrième (...) depuis 2005".

De cette quatrième visite, où il a bien évidemment découvert des choses terribles, David Assouline retient finalement que: "Ces centres de rétention administrative constituent en fait un lieu carcéral sans en avoir les règles et le statut juridique".

Que: "Comme les autres Centres de Rétention, leurs statuts sont hybrides, conçus dans l'urgence il y a de nombreuses années comme lieux temporaires qui se sont pérennisés sans réelles discussions sur leurs statuts, sur les droits, sur les normes et les conditions de vie des détenus".

Qu'"ils sont à l'image de la situation générale des sans-papiers dans notre pays "ni expulsables ni régularisables", symboles d'une hypocrisie du pouvoir qui joue avec des drames humains et un sujet dramatique et complexe par démagogie, souvent électoraliste, et réussir durablement à fusionner les électorats de droite et d'extrême-droite comme à l'élection présidentielle" (2).

David Assouline conclut - et c'est émouvant comme du Rocard, période toute-la-misère-du-monde: "Il est temps d'avoir un vrai débat sur ces centres et de légiférer avec au cr (3) les principes humanistes et respectueux des droits humains que la France devrait s'honorer de défendre sur son propre sol comme dans le reste du monde".

A la fin de l'envoi, il touche: "Cela commence par s'opposer avec force au projet de directive européenne qui prévoit d'étendre à 18 mois la durée de rétention des sans-papiers!"

Les mots importants sont, dans cette longue péroraison: "Conçus dans l'urgence il y a de nombreuses années".

Ces mots, tu l'auras noté, entretiennent un flou chronologique assez travaillé.

Or, c'est amusant: les premiers centres de rétention administrative (CRA) ont été créés, tu sais quand?

Il y a 24 "nombreuses années" - en 1984 (4).

Est-ce que le ministre de l'Intérieur s'appelait Nicolas Sarkozy, en 1984?

Pas.

Du.

Tout.

En 1984, le ministre de l'Intérieur s'appelait Pierre Joxe.

Il était, par conséquent, "socialiste".

Par la suite, "la durée maximum de la rétention", dont l'excellent David Assouline s'offusque aujourd'hui que la droite veuille encore l'augmenter, "n'a cessé de s'allonger", passant par exemple de 7 jours en 1981 à 10 jours en 1993, puis à 12 jours en 1998, sous le règne du cocasse Lionel Jospin, "socialiste" compétitif (4).

Si je te résume le truc: les "socialistes" ont créé les CRA, puis les "socialistes" ont crânement allongé, non moins (du tout) que la droite, la durée de la rétention au sein de ces dignes centres.

Et tiens, pour la route: vois ce "projet de décret relatif à la rétention administrative", soumis au Conseil d'Etat le 26 septembre 2000 par "le Premier ministre, sur le rapport du ministre de l'Intérieur", dont l'article 2 stipulait que: "Les étrangers mentionnés à l'article premier sont maintenus (...) dans des établissements créés, après agrément du ministre de l'intérieur et, le cas échéant, du ministre de la Défense, par le préfet territorialement compétent et dénommés "centres de rétention administrative" (...)" (5).

Dis-moi.

Qui était à Matignon, en 2000?

François Fillon?

Ou Lionel Jospin, derechef?

Est-ce que t'as entendu là-dessus, en 1998 ou en 2000, David Assouline, élu à Paris depuis 1995?

Ou pas?

Dans la vraie vie, les "socialistes" sont, comme la droite, partisans de "construire une politique de l'immigration", pour "apporter des réponses aux inquiétudes et surtout aux réelles difficultés que vivent nos citoyens dans des centaines de quartiers".

(A partir d'ici, toutes les citations entre guillemets sont de Malek Boutih, et non de Brice Hortefeux, comme tu pourrais le penser.)

Les "socialistes" veulent, comme la droite (et comme "Charlie Hebdo"), "mettre fin à la non-maîtrise des flux migratoires".

Les "socialistes" veulent, "sans tabous", comme la droite, "sortir d'un simple rapport humanitaire et charitable avec l'immigration", par une "immigration (...) véritablement contrôlée et organisée".

Etc.

Etc.

Evidemment, tout cela suppose et implique le remplissage régulier des CRA: c'est pour ça que les "socialistes", loin de réclamer leur fermeture immédiate, s'en accommodent si bien.

C'est pour ça qu'ils réclament en tout et pour tout, pour donner l'illusion qu'ils s'opposent à la politique de Brice Hortefeux, un "vrai débat" - qu'ils n'ont bien sûr jamais organisé, quand ils étaient au pouvoir.

Les "socialistes" veulent de plus longues chaînes, pour les détenu(e)s des CRA: c'est leur conception de l'"humanisme".

Il faut l'énoncer posément: les "socialistes" ont, sur l'immigration, les mêmes vues, grosso merdo, que Sarkozy.

L'unique différence est que la droite haineuse et revancharde, du moins, ne nous joue pas du violon pour nous faire croire qu'elle est gentille.

Et tu sais quoi?

Je préfère!


(1) http://www.david-assouline.info/
(2) Je suis d'accord avec toi: cette phrase est bizarrement construite.
(3) Camarade, quand tu abordes un sujet si grave, tu pourrais au moins te relire?
(4) http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1849
(5) http://www.gisti.org/doc/actions/2000/retention/projet-decret.html

Les Petits Métiers Oubliés (1): Journaliste Au "Figaro"

0217fec5d43c51128538f55d9befb3ac.jpg


Hier, le proprio du "Figaro", Serge Dassault, sénateur UMP qui vend de la mort venue du ciel quand il ne vend pas du papier, a frénétiquement léché Sarkozy à la une de son baveux, adressant: "Tous (s)es voeux à la France, qui a choisi un président dynamique et courageux".

Précisant: "Nos encouragements et notre appui l'accompagnent pour réformer un pays dont les habitudes ont besoin d'être changées".

Car - ainsi que ne manquait jamais de le souligner feu Jean-François "Je vois des rouges partout" Revel, penseur de gros niveau (1): "La France est encore paralysée par une lutte des classes toujours vivace".

(Hhhhh...)

Evidemment, s'il y avait encore eu ne serait-ce qu'un ou deux journalistes au "Figaro", on l'aurait immédiatement su, car ils auraient, dans l'instant, démissionné - plutôt que de continuer comme si de rien n'était à collaborer à une feuille que son proprio, annonçant à la une qu'il "appuie" Sarkozy, transforme en sous-"Pravda".

Mais tu l'auras noté: les salariés maison n'ont pas bronché.

Merveilles de dressage, ils sont restés cois.

Leur boss peut s'essuyer les semelles sur leurs claviers: ils ferment leurs gueules.

Etienne Mougeotte, célèbe fourgue de temps de cerveau disponible devenu directeur des rédactions figariennes, confirme ce soir, dans "Le Monde" (2), que le visqueux message d'amour de Serge D. au (tout) petit chef de l'Etat français a suscité, en interne, "zéro réaction".

Car, n'est-ce pas: "Le propriétaire a quand même le droit de présenter ses voeux une fois par an".

Le gars fait ce qu'il veut: il est chez lui, oui ou merde?

Y a pas là de quoi fouetter un chien de garde.

Journaliste au "Figaro"?

Encore un petit métier oublié.








(1) Il avait notamment pronostiqué, rappelle-toi, que la perestroïka était en réalité une (rusée) ruse du KGB, destinée à mieux affermir l'emprise de l'Union soviétique sur le monde.
Dans le même temps, il avait aussi annoncé, entre autres prophéties hallucinées, que la percée électorale du FN au début des années 1980 serait un feu de paille.
Tu vois que le gars était en effet le génie de gros niveau que ses pair(e)s n'ont cessé de célébrer.

(2) "Le Monde", évidemment, adore trouver des pailles flagorniques dans les yeux de ses concurrents, pour mieux dissimuler à son lectorat les grosses poutrasses, dans ceux de ses propres journaleux - genre le fidèle Ridet.

01/01/2008

Pinocc...

961eb5090210b30927cfa43b75ed5dd3.jpg


Dans la Cérémonie des Voeux du (tout) petit chef de l'Etat français, j'ai bien aimé le moment où il a dit: "Nous pouvons, par l'effort de tous, bâtir une société où la vie sera plus facile".

C'est là que son nez a commencé à s'allonger démesurément.

Il fallait entendre, naturellement: "Vous pouvez, par vos efforts à tous, enculés de salauds de pauvres, contribuer à bâtir une société où vous en chierez comme des chiens, mais où la vie sera toujours plus facile pour les riches - n'oubliez jamais que c'est pour ça qu'ils m'ont élu".

(C'est quand même fascinant, hein, cette façon qu'il a de passer tant de temps à mentir.)

J'ai bien aimé aussi, et dans le même ordre d'idée, quand il a déclaré sans rire: "J'ai mis tout mon coeur à être le président de tous les Français".

(Tu rêves du genou.)

Mais le passage que j'ai (de très loin) préféré, c'est celui où, toute vergogne bue et rebue, il a énoncé que: "La France (...) doit être (...) au service (...) des persécutés, de ceux qui attendent au fond de leurs prisons que la France parle et agisse pour eux".

Pendant ce temps: l'Etat français traque et rafle et persécute et parque dans des camps de la honte des milliers de sans-papiers - hommes, femmes, enfants (de trois semaines).

La droite haineuse et revancharde, la droite ultra, ose absolument tout, c'est à ça qu'on la reconnaît: va falloir qu'on cesse, ami(e)s, quand le mensonge devient dogme à de si hautes hauteurs, d'être si mous du cul.

31/12/2007

L'Année Du Rat

Dans le calendrier noiche, 2008 sera, comme tu sais, l'année du rat.

Ca va nous changer de l'année de "l'homme aux rats" (1).

Je te (et nous) la souhaite bonne, à un point que t'imagines pas.

Je te (et nous) souhaite l'année de toutes les revanches.

790089ae340de5d5b2b68e455ae61370.jpg





(1) Dixit Badiou.

Convivialité A Paris, "Ordre Moral" A Téhéran

cd3532dd49a55caa1194f10dafafa75a.jpg

Dans "Libé", ce matin, à la page 2, l'éditorial (de Fabrice Rousselot) t'entretient, non du projet gouvernemental (d'inspiration parisotique) d'anéantissement de la durée légale du travail, qui doit évidemment ravir les réformistes barbichus, mais de l'interdiction de fumer dorénavant "dans les 200.000 cafés, restaurants, discothèques et hôtels de l'hexagone".

Ca dit que, "bien sûr, les craintes des petits buralistes et cafés de villages quant aux conséquences (de cette loi) sur leur chiffre d'affaires sont compréhensibles".

(Journal de gauche, "Libé" aime à compatir au (triste) sort du petit commerce rural.)

Mais que, pour autant, "les scènes annoncées de semi-émeutes d'accros de la cigarette mécontents (...) n'ont jamais eu lieu".

(Toi, je sais pas: moi, je n'ai jamais entendu parler de semi-émeutes annoncées, mais bon, passons.)

Et que: "D'ailleurs, (...) la majorité des fumeurs et non-fumeurs sont favorables à la fin de la cigarette dans les restaurants".

Car: "Chacun admet que la fumée reste une nuisance pour autrui".

Total: "Au final, la loi s'est appliquée sans (véritables) accrocs et sans (grands) éclats de voix".

Plus convivial, tu ne trouveras pas - sauf, éventuellement, une génuflexion de Jean-Marie Bi(te)gard devant un Autrichien passé du Vaterland au Vatican.

Dans l'art de parler pour ne (strictement) rien dire, tu l'auras noté, Fabrice Rousselot excelle - et je t'aurais naturellement épargné sa désolante péroraison, si, dans le même numéro de "Libé", mais à la page 8, un articulet ne signalait que: "En Iran, l'ordre moral s'attaque au tabac".

Imagine-toi que "les autorités de la République islamiste", lancées, nous dit "Libé", dans une de "leurs campagnes hygiénistes", ont carrément interdit le tabac dans les lieux publics - genre cafés, restaurants, discothèques, hôtels.

Ces foutus mollahs osent décidément tout: c'est pas en France qu'on verrait ça, foi de fille aînée de l'Eglise!

"Libé" en tire, sous la forme d'une question hyper-couillue, de type, tiens, prends-ça dans ta gueule, Sarkozy, la seule conclusion possible: "Quel meilleur moyen que la lutte anti-tabagique pour imposer l'ordre moral?"

Quel, en effet?

22/12/2007

Fidèle Ridet!

7cce6b5ddcb8e248d36175dc0a71a03c.jpg


Tu pensais, naïvement, que la soudaine irruption d'une chanteuse de variété(s) dans la proche proximité du chef de l'Etat français avait pour fonction première de nous faire vite oublier Kadhafi?

Je le croyais aussi, non moins naïvement.

Mais j'ai pour toi une triste nouvelle: nous avions tout faux.

Car, un homme (de bien) se lève et nous le révèle enfin: il n'y avait (absolument) rien de prémédité, dans cette apparition.

Cet homme, c'est un journaliste du "Monde": le fidèle (Philippe) Ridet.

(Un vieux dicton berrichon prétend que "dès que Sarko éprouve un souci un peu lourd, le fidèle Ridet lui porte un prompt secours": c'est pour ça que j'aime tant la poésie populaire de nos marches rurales.)

Dans "Le Monde", ce soir, le fidèle Ridet pose d'abord la question qui taraude l'humanité: "L'Elysée a-t-il volontairement intercalé la "séquence" Carla Bruni" entre la visite de Kadhafi à Paris et celle que le chef de l'Etat a rendue au pape Benoît XVI pour faire oublier les critiques virulentes provoquées par la présence du "Guide" libyen dans la capitale?"

Question à laquelle nous avons, toi et moi, répondu (naïvement) "oui", comme je disais.

Alors qu'il fallait, naturellement, répondre "non" - comme le démontre le fidèle Ridet (au terme d'une exceptionnelle investigation).

Ainsi: "Dans l'entourage de M. Sarkozy, on réfute tout soupçon d'avoir voulu chasser un cyclone médiatique par un autre".

C'est, déjà, un indice (très) important.

(Parce que si l'entourage de M. Sarkozy avait la moindre tendance à nous enfumer, on le saurait, depuis le temps, pas vrai?)

Mais ce n'est pas le seul.

En effet: "Les photographes présents sur le site de Disneyland Paris où M. Sarkozy s'est montré en compagnie de sa nouvelle amie, dimanche 16 décembre, démentent catégoriquement avoir été "incités" par l'Elysée à immortaliser cette scène".

Et je ne sais pas ce que tu en penses, mais de mon point de vue, quand des paparazzi, connus pour leur totale intransigeance déontologique, entérinent une réfutation élyséenne, ça nous fait quand même un solide faisceau de présomptions.

(Je t'avais prévenu(e) qu'on avait là une investigation de (très) gros niveau.)

Mais ce n'est pas tout.

Sherlock Ridet observe encore que: "Cette version d'un "scoop naturel" paraît confirmée à la lecture de "Paris Match" du 19 décembre, qui consacre au chef de l'Etat un reportage photo de seize pages réalisé par Bettina Rheims".

Car, tiens-toi bien: le "message implicite de ce reportage" est qu'"à l'approche des fêtes, le président de la République est un coeur à prendre".

C'est pas une preuve, ça, dis-moi?

Le fidèle Ridet, au terme de la rigoureuse enquête qui l'a mené de l'Elysée à "Paris Match", conclut, et comme on le comprend, que: "Dans ces circonstances, la "séquence" consacrée à l'apparition de Carla Bruni dans la vie du chef de l'Etat prend des allures d'un "accident" dans l'univers médiatique bien huilé du président de la République".

Elémentaire, mon cher Martinon.

D'ailleurs, "un proche du chef de l'Etat", évidemment impartial (comme source objective, on peut difficilement rêver mieux), le confirme au fidèle Ridet: "Il ne s'agit pas d'une mise en scène".

Tu as compris le principe de base: "Paris Match" confirme le message de l'Elysée, puis l'Elysée confirme le message de "Paris Match".

C'est rond, c'est chaud, c'est passionnant, et, n'est-ce pas: indépendamment de son extrême rigueur journalistique, ce genre de papier a ceci de commode qu'il fixe notre attention ailleurs que sur la guerre sociale que nous mène le gouvernement.

C'est toujours ça de pris.

"Badiou Compte Encore Parmi Ce Qu'Il Nous Reste De Plus Lucide"

cc7ab3418b052a7bcbe59814b57d2ec1.jpg


Alain Badiou (1): "Il y a en France une tradition particulière qui est l'exact symétrique de la France universelle des Lumières et des droits de l'homme. Face à la Révolution de 1789, aux mouvements ouvriers du XIXe siècle, au Front populaire, à la Résistance et à Mai 68, il existe un autre courant, droitier et conservateur, qui combine un certain nombre de traits. Ses aspects sont connus: présenter comme révolutionnaire une politique réactionnaire; valoriser les modèles étrangers en laissant croire que la France est en retard; désigner une minorité comme suspecte et proposer son contrôle et sa répression de manière énergique; enfin, montrer dans le passé un événement mauvais avec lequel il faut en finir. Mai 68 dans le cas de Sarkozy, le Front populaire pour Pétain. Cette tradition remonte en réalité à 1815, au moment où ceux qui avaient fui le pays à la Révolution sont revenus avec l'idée de la Contre-Révolution. Il existe depuis dans notre pays un conservatisme particulier qui apparaît régulièrement dans les moments de changements qui inquiètent. (...) J'appelle "pétainisme" ce courant dont le lien avec le sarkozysme est à mes yeux évident. (C'est un peu provocateur) et c'est voulu ainsi. Sarkozy est aussi l'homme d'une minorité revancharde qui instrumentalise la peur pour son intérêt. On a des indices de cette revanche: une droite enfin décomplexée clamant que c'est très bien d'être riche et considérant que ce qu'il y a à dire aux pauvres, c'est qu'ils travaillent plus pour l'être moins".

Alain Brossat (2): "Pour peu que l'on fasse abstraction de son insupportable séquelle d'adulateurs et de sa monomanie platonicienne appliquée notamment à la Révolution culturelle, Badiou compte encore parmi ce qu'il nous reste de plus lucide".




(1) Dans "Le Parisien" (!) de ce matin.
(2) "Politis" publie cette semaine un irrésistible pamphlet d'Alain Brossat: "Bouffon Imperator. Les Cent (premiers, hélas) Jours du Bouffon Morbide". Et tu vas, d'urgence, te le procurer. Ca va te coûter 3,50 euros, mais crois-moi: tu ne vas pas (du tout) les regretter.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu